LES CONQUISTADORES et CHRISTOPHE COLOMB.

 

(4°) : les conquistadores.

 

Dans le domaine des explorations maritimes,

les Portugais avaient pris une sérieuse avance sur les Espagnols.

 

Dias avait découvert le cap de Bonne-Espérance dès 1487, préparant ainsi le voyage de Vasco de Gama

et l'accès direct aux richesses de l'Asie,

alors que les Rois Catholiques en étaient encore à organiser la phase finale de la Reconquista :

la prise de Grenade, dernier bastion musulman d'Andalousie.

 

L'image du monde selon le géographe du II° siècle, Ptolémée,

que le XV° siècle vient de découvrir... et qui est la plus haute autorité cosmographique

à la veille de la découverte de Christophe Colomb.

 

Cependant, presque par hasard, un homme, Christophe Colomb,

va donner à l'Espagne un immense empire en traversant l'Atlantique.

D'ailleurs, le célèbre navigateur fut un élève des Portugais.

 

C'est en effet à Lisbonne qu'il mûrit l'idée de gagner les Indes directement par l'ouest,

évitant ainsi le long détour de l'Afrique, et c'est au roi du Portugal qu'il proposa tout d'abord ses services.

 

La Géographie de Ptolémée est composée d’une carte générale du monde et de vingt-six cartes régionales. Pour lui, l’océan Indien est une mer fermée au sud par un continent austral, qui relie l’Afrique à l’Asie. La Malaisie et l’Indonésie sont représentées comme une seule grande péninsule courbe à l’extrémité du monde. Les rivages de l’océan Indien apparaissent en détail dans les cartes régionales de l’Asie et de l’Afrique. L’Inde n’a pas la forme triangulaire que nous lui connaissons, et s’étend peu vers le sud. L’île de Ceylan est appelée Taprobane. Madagascar est inconnue.

 

La jeunesse de Christophe Colomb.

 

Onze villes italiennes se flattent de l'avoir vu naître !

Mais c'est sans doute à Gênes qu'il vit le jour en 1451. Salvador de Madariaga lui donne

une ascendance juive, et ses parents auraient quittés l'Espagne à la suite des persécutions.

 

¬ Illustration représentant Christophe Colomb lors de ses années d'étudiant, un compas à la main, à l'université de Pavie (Italie).

 

C'était le fils d'un tisserand, Domenico Colombo. Refusant cette vie d'artisan, Christophe Colomb décide très tôt de devenir marin. Le jeune homme étudie la navigation et les sciences. Il part en 1476 à bord d'un navire à destination de Lisbonne et de l'Angleterre. Suite à une attaque de Français, Colomb se retrouve à Lagos, puis rejoint son frère au Portugal. Il fait la connaissance de Filipa Perestrelo e Moniz, la fille d'un des colonisateurs de Madère. Il l'épouse en 1479 et aura avec elle un fils, Diego.

 

Christophe Colomb était convaincu de la rotondité de la terre. Si, comme il le pense, la terre est ronde, il est persuadé qu’il peut atteindre la Chine plus rapidement en prenant le chemin du Ponant. À cette époque où les navires portugais parcourent les mers et vont jusqu’aux Indes en empruntant une longue route avec une navigation difficile, il est persuadé que son projet intéressera les Portugais. En 1477, il s’installe à Lisbonne où son frère est déjà établi comme cartographe. Il y peaufine son projet et recherche de quoi financer son expédition. Quelques années plus tard, il expose son projet au roi João II qui décline sa proposition.

 

Christophe Colomb devant le conseil de Salamanque, peinture d'Emanuel Leutze en 1841,

exposée au Musée des Beaux-arts de Lyon en 2014.

 

En fréquentant avec assiduité les églises et les archives maritimes de Lisbonne, Colomb eut connaissance d'une carte et d'une lettre de Paolo Toscanelli, médecin naturaliste de Florence, adressée au prêtre Martinez, confesseur du roi du Portugal. Cette lettre affirmait que la route des Indes était plus courte par l'ouest. Deux ans après la mort de ce dernier, Colomb sollicita une audience de Jean II le Parfait, roi du Portugal. Le souverain ne fut pas convaincu par ce nouveau parcours, alors que ses capitaines venaient de trouver la route des Indes par le sud. Déçu, Colomb modifia ses plans et quitta le Portugal pour la Castille. Une audience royale lui fut accordée. En avril 1492, par un traité, les exigences de Colomb furent acceptées.

 

Ceux qu’on appelle « les Rois Catholiques », Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon,

réunissent par leur mariage, en 1469, les deux plus grands royaumes d’Espagne.

L’un et l’autre deviennent souverains de leur territoire mais leur entente politique

les mets en position de force. Ils vont ainsi œuvrer ensemble à l’expansion de leurs possessions :

▪ Vers le sud, en terminant la Reconquista et en prenant le royaume de Grenade,

▪ Vers le nord, en récupérant le Roussillon cédé par Charles VIII, enfin vers l’ouest, vers l’inconnu,

à la recherche des richesses des Indes.

 

Les Rois Catholiques furent les bénéficiaires du projet de Colomb, qui aboutit à un résultat inattendu : Colomb ne trouva pas les Indes, mais la formidable barrière américaine dont personne ne soupçonnait l'existence. Ce fut un continent tout neuf que les Cortez et les Pizarre allaient conquérir, avec ses fabuleuses richesses, bouleversant à jamais l'histoire du monde.

 

La traversée de l'Atlantique.

 

Avec l'aide de Martin Alonso, contrôleur des Finances de Quintanilla,

trois caravelles furent réquisitionnées.

 

▪ Portrait posthume de Christophe Colomb peint par Sebastiano del Piombo.

▪ Christophe Colomb lui-même, auteur supposé de la carte où, à gauche, figure ce petit planisphère

enveloppé dans les cercles du ciel, se représentait les trois continents connus de notre Vieux Monde

comme couvrant les deux tiers de la surface terrestre,

et les eaux comme n'en constituant qu'un sixième,

le reste étant occupé par des terres inconnues à la recherche desquelles il se lança.

 

L'expédition de Colomb s'est embarquée le 3 août 1492, pour la 1° traversée de l'océan Atlantique,

sur trois bateaux : le plus grand, la Santa Maria, la Pinta, la plus rapide,

et le 3° bateau, la Niňa, le plus petit. Seules la Pinta et la Niňa devaient revenir en Europe.

 

La Santa Maria en mer avec Christophe Colomb à la proue, un tableau de Michael Zeno Diemer.

 

90 Hommes d'équipage furent embauchés dans les bas quartiers de Palos, certains d'entre eux étant même tirés des prisons ! A ce contingent de marins on ajouta des notaires et des fonctionnaires royaux, des amis, des serviteurs. Le ravitaillement fut calculé sur la base d'une livre de biscuits, 2 litres de vin, 300 g de viande ou de poisson par homme et par jour, plus de l'huile, vinaigre, fromage, légumes, surtout des oignons.

 

Le premier voyage en 1492 - 1493.

En escale aux Canaries du 9 août au 6 septembre,

Christophe Colomb s'approvisionne en bois, en eau et en vivres.

 

Carte du Premier voyage : 3 août 1492 - 15 mars 1493.

 

Christophe Colomb n’aura pas tout à fait découvert l’Amérique : le 12 octobre 1492, après des semaines de mer, avec son équipage, ils accostent sur une terre qu’aucun européen n’a encore foulé. Alors qu’ils croient avoir atteint les Indes, but initial de leur périple, ils arrivent sur une île de l’archipel des Bahamas, qu’ils baptisent San Salvador. Ils continuent ensuite vers Cuba, puis découvrent Haïti avant de repartir vers l’Europe. C’est à un autre navigateur d’origine italienne au service de la couronne espagnole, que fut attribuée quelques années plus tard la découverte du continent américain : Amerigo Vespucci, dont le prénom a servi à baptiser ces nouvelles terres.

 

Départ pour le premier voyage.

Portraits de Christophe Colomb et de Martin Alonson Pinzōn.

Après une escale aux îles Canaries, Colomb leva l'ancre le 6 septembre pour affronter "sept cents lieues"

de mers qui, d'après ses plans, devaient le séparer des terres du grand khan. La flotte suivit avec rigueur

le vingt-huitième parallèle, ce qui devait la conduire tout droit vers les côtes de Floride.

 

Colomb et Martin Alonson Pinzōn s'efforcèrent de minimiser la distance couverte par la Santa Maria et la Pinta, pour ne pas semer la panique parmi les équipages.  Après un mois de voyage, l'angoisse et le découragement des marins étaient cependant sur le point de se transformer en révolte. Mais des signes avant-coureurs de la terre calmèrent tous les esprits.

 

Le 6 décembre, Colomb débarque dans l'ile de Guanahani où il est accueilli par les Indiens.

Il la nomme Saint Salvador (Saint Sauveur en Français)

pour exprimer son soulagement d'avoir enfin touché terre et remercier Dieu.

 

Débarquement au large d'Hispaniola.

 

Le 6 décembre Colomb mouille au large d'Hispaniola que les indiens appellent Bohio et qui serait peuplée elle aussi de cannibales. Les habitants de l'île pensent que ces visiteurs sont venus du ciel et les relations entre européens et amérindiens sont plutôt bonnes. Dans la nuit de Noël de l'année 1492 la Santa Maria va s'échouer sur des récifs. Le navire sera perdu, Christophe Colomb est contraint de laisser 39 hommes d'équipage sur place et de constituer un petit fortin qui sera le premier établissement européen du nouveau monde. Le 16 janvier 1493 Christophe Colomb repart pour l'Espagne avec les deux navires : la Pinta et la Nina.

 

 La Fête de l'Hispanité.


Tous les ans, le 12 octobre, les habitants de l'Espagne et les communautés de langue espagnole,

en Amérique du Nord et du Sud, commémorent cet événement. C'est le jour de l'Hispanidad (ou Hispanité),

aussi appelé Día de la raza (jour de la race). Aux États-Unis, la découverte du Nouveau Monde

est commémorée chaque année par un jour chômé, le Columbus Day

(Jour de Colomb), le deuxième lundi d'octobre.

 

¬ Christophe Colomb,

Gravure du XVII° siècle.

 

En voyant l'aspect des hommes étonnés qui se pressaient sur la plage, Colomb conclut rapidement qu'ils n'étaient pas sujets du grand khan. Il pensa alors que l'île devait être l'une des 7000 parcelles de terre signalées par Marco Polo dans l'entourage de Cipangu, le Japon. Les Espagnols rembarquèrent et s'en furent d'une île à l'autre, sans cependant pousser plus loin vers l'ouest, où, en rencontrant la Floride, ils auraient vraiment découvert le continent américain.

 

Le 16 septembre 1492, les trois bâtiments sont dans la mer des Sargasses, les équipages croient découvrir la terre en voyant les paquets d'algues et en prenant ceci pour des paquets d'herbes en provenance d'un rivage. Cette zone sans beaucoup de vent immobilise les navires et le moral des équipages diminue.


Le 25 septembre Christophe Colomb pense avoir dépassé les Indes. Le 7 octobre en observant les oiseaux, il décide de changer de cap vers Ouest-Sud-Ouest. Le 12 octobre à deux heures du matin un marin de la Pinta voit la terre. Dans la matinée Christophe Colomb débarque et nomme la terre que les indiens Taïnos appelle Guanahani ; San Salvador et en devient vice-roi et gouverneur général. Les Taïnos lui indiquent une île plus grande au Sud-Est où se trouve beaucoup d'or et des ennemis cannibales... Ainsi Christophe Colomb débarque le 28 octobre à Cuba.

 

▪ Réception de Christophe Colomb par la Cour d'Espagne à Barcelone (1493)
Joseph Nicolas Robert-Fleury, (Musée du Louvre).
▪ "Le retour de Christophe Colomb", Eugène Delacroix, peint en1839, (Musée du Louvre).

 

Aussi bon metteur en scène que pilote, Colomb organise le défilé triomphal de son retour.

Il parade dans les rues avec ses dix Indiens emplumés, les perroquets,

des masques ornés de pierres précieuses et d'or, et les produits des îles.

 

Colomb n'a pas le temps de savourer sa gloire toute neuve.

Il faut repartir assurer la possession en installant une colonie à demeure,

approfondir la découverte, toucher la terre ferme.

Autre fièvre ! Autres difficultés !

Et déjà les négateurs de la veille deviennent les envieux du jour, les ennemis de demain.

L'humble aventurier d'hier s'est changé en amiral impérieux,

tandis que la lie d'Espagne se rue vers le mirage de l'or facile.

 

Carte du deuxième voyage : Christophe Colomb repart le 20 avril 1496 et arrive à Cadix le 11 juin.

 

C'est épuisé par deux ans de transactions de toutes sortes, Colomb repart de Cadix le 9 mai 1502 avec une flottille de 4 caravelles (La Capitana, Le San Yago de Palos, Le Gallego, la Vizcaina)

et 135 marins dont son fils, Hernando âgé de 13 ans, pour son ultime expédition de 1502 à 1504.

Le deuxième voyage (25 septembre 1493-11 juin 1496).

Dès son retour à Palos, Colomb, reçu en héros par le roi et la reine d'Espagne, prépare rapidement

une nouvelle expédition beaucoup plus ambitieuse avec une flotte de 17 navires et environ 1 500 hommes,

dont 700 colons et 12 missionnaires, ainsi que des chevaux (les premiers importés sur le continent américain), des bêtes de somme et du bétail. Son objectif est de fonder une colonie sur Hispaniola

et de retrouver les 39 hommes qu'il a laissés dans la baie de la Navidad.

 

Les découvertes maritimes de la fin du XV° siècle et du début du XVI° siècle entraînèrent la floraison de cartes. Le manque de renseignements et des erreurs typographiques furent à l'origine des tracés souvent fantaisistes.

 

¬ Cet extrait de l'atlas de Lazarro Luis représente le golfe du Mexique, la Floride, les Antilles et le littoral américain. (Académie des Sciences de Lisbonne).

 

La première terre qu'il aperçoit, 21 jours après avoir quitté les îles Canaries est La Désirade qu'il baptise ainsi Desirada, tant la vue d'une terre fut désirée par l'équipage. Les autres îles ne sont pas loin.

Le dimanche 3 novembre 1493, une autre île est en vue, que Colomb nomme Maria Galanda (Marie-Galante), du nom du navire amiral.

Une troisième se présente à l'horizon, où il débarquera : ce sera Dominica (la Dominique) puisqu'elle apparaît un dimanche matin.

 

Le lendemain matin, 4 novembre, ils reprennent la mer vers une île plus grande dont ils avaient aperçu

au loin les montagnes. Colomb décide alors de jeter l'ancre devant cette île afin d'accorder quelques jours

de repos à ses hommes. C'est la Basse-Terre de la Guadeloupe qu'il nomme Caloucaera

(d'après le nom donné par les Caraïbes : «Karukera). Cette terre sera rebaptisée "Santa María de Guadalupe de Estremadura" pour honorer une promesse (donner le nom de leur monastère à une île)

initialement faite à des religieux lors d'un pèlerinage,

où qu'il s'était faite à lui-même lors des tempêtes de son précédent retour.

 

Le 28 novembre, Colomb revient à La Navidad, où il avait laissé un fortin de 39 hommes à la suite du naufrage de la Santa María : tous sont morts et le fort est détruit. Il l'abandonne pour fonder "La Isabela" le 2 janvier 1494, première colonie permanente du Nouveau Monde (actuellement localisée près de la ville domicaine de Puerto Plata), et passe les quatre mois suivants à organiser la première colonie espagnole du Nouveau Monde dont Bartolomeo a été nommé gouverneur, secondé par Giacomo, son troisième frère.

 

(Gravure de Théodore de Bry, (Académie des Sciences de Lisbonne).

Puis Colomb repart vers le nord en direction d'Hispaniola. Il aperçoit ensuite une petite île

qu'il baptise Montserrat en référence, selon les sources, soit au massif de Montserrat,

une montagne voisine de Barcelone, soit à l'abbaye de Montserrat située dans ce massif.

Le 11 novembre 1493, jour de la fête de saint Martin de Tours, Colomb baptise Saint-Martin

une île aperçue au large ; une autre petite île aperçue à l'horizon

reçoit le nom de Saint-Barthélemy en référence à son frère Bartolomeo.

 

Le 2 février, il renvoie en Espagne douze bâtiments sous le commandement d'Antonio de Torres, à qui il confie un rapport destiné aux souverains catholiques, document qui a été conservé. Le 24 avril, Colomb décide de reprendre une activité d'exploration et il part avec trois navires, dont la Niña, explorer l'Ouest pour, comme l'écrit Morison, "suivre la côte jusqu'au moment où il obtiendrait la preuve définitive du caractère continental de cette terre et, si possible, prendre contact avec le Grand Khan qui semblait toujours se dérober devant lui".

 

Il suit la côte sud de Cuba. De là il part le 3 mai pour atteindre la côte nord de la Jamaïque. Il reprend le 14 l'exploration de la côte sud de Cuba et continue de faire voile vers l'ouest. À moins de cinquante milles du cap Corrientes, Colomb décide que Cuba est bien une péninsule du continent asiatique. Il ordonne à tous les hommes qui l'accompagnent de le certifier par écrit et de s'engager à ne jamais affirmer le contraire sous peine d'une amende de mille maravédis.

 

Le débarquement, (Gravure de Théodore de Bry, (Académie des Sciences de Lisbonne).

 

Le 13 juin, Colomb s'engage sur la route du retour et en profite pour faire le tour de la Jamaïque. La navigation dans les cayes est difficile. Il revient à La Isabela le 29 septembre, malade et déprimé, premiers signes d'une dégradation de son état de santé, due en grande partie à l'arthrite.

À Hispaniola, selon l'expression de Denis Crouzet, "un immense désastre a débuté". Les Espagnols exploitent les Indiens en leur imposant un tribut d'or et de coton. Ils sont nombreux à être réduits en esclavage. Les mauvais traitements, dont la torture, entraînent une très importante mortalité de la population. Les Indiens fuient et se réfugient dans les montagnes, abandonnant leurs activités agricoles, cédant au désespoir. Les rares insurrections sont matées avec la plus extrême férocité. Colomb déploie son énergie à "pacifier" l'île.

 

Cette mise en esclavage d'Indiens et leur transport en Espagne ne furent pas acceptés par les Rois catholiques qui firent libérer les survivants et en tinrent rigueur à Colomb. Jacques Heers y voit l'origine de sa disgrâce, les souverains catholiques s'efforçant de protéger les populations des régions découvertes, qu'ils considéraient comme leurs sujets.

 

Ce tableau de 1846 représente Christophe Colomb et les membres de son équipage sur une plage des Antilles après leur arrivée à bord de son célèbre navire Santa Maria, le 12 octobre 1492. Le tableau a été commandé

par le Congrès américain et installé dans la rotonde du Capitole en 1847.

 

Après avoir renvoyé une partie de sa flotte le 2 février, il décide ensuite de repartir en exploration

avec trois navires, en longeant les côtes de Cuba et il découvre la Jamaïque le 3 mai.

Dans un même temps sur l'île d'Hispaniola, les espagnols commencent à réduire les amérindiens à l'esclavage,

à les torturer, à les spolier de leur or, beaucoup d'indiens n'en réchapperont pas, d'autres s'enfuient

dans les montagnes. Les espagnols matent la moindre insurrection dans des bains de sang...

 

Le troisième voyage en 1498 - 1500.

Ce sont six navires qui partent le 30 mai 1498. Christophe Colomb a pour projet d'explorer

le Sud des Antilles et il met le cap sur les îles du Cap Vert pour ensuite partir plein Ouest.

Ainsi il découvrira ; Saint Vincent, Grenade, Trinité, Margarita et le Venezuela.

Le 31 août, Christophe Colomb revient à Hispaniola où se déroulent des troubles majeurs dus

à un certain Francisco Roldan que le frère de Christophe Colomb, Bartolomeo alors capitaine général

n'arrive plus à circonscrire. Au mois d'août 1500 un émissaire du roi arrive sur l'île

et fait jeter les trois frères Colomb en prison. A la fin du mois d'octobre de cette même année

Christophe Colomb est débarqué à Cadix enchaîné et humilié.

 

Le Retour de Christophe Colomb, Robert Fleury, 1892, (musée du Luxembourg).

 

Le quatrième voyage en 1502 - 1504.

De nouveau reconnu par le souverain Christophe Colomb se rend à Grenade en décembre 1500

pour réparer l'injustice dont il a été victime, mais rien y fait. Un autre que lui sera nommé gouverneur général et magistrat suprême des îles des Indes. Colomb décide ainsi de repartir en voyage, son objectif :

découvrir plus à l'Ouest des Antilles le passage menant aux riches royaumes d'Asie,

on demeure toujours persuadé à cette époque que Cuba est une province de Chine...

 

Gravures figurant l'explorateur Christophe Colomb : tenant une bannière représentant un crucifix

(il porte la religion chrétienne dans le Nouveau Monde), sur un de ses navires,

entouré de créatures marines (nymphes, tritons, sirènes).

 

Quatre caravelles partent le 11 mai 1502. Après avoir découvert les côtes du Panama, le 25 juin 1503, les navires en avaries s'échouent sur les plages de Jamaïque. Christophe Colomb et ses hommes vont y survivre durant une année avant que des secours ne viennent en juin 1504. Les survivants repartent pour l'Europe en septembre 1504.

 

Carte présentant les quatre voyages effectués par Christophe Colomb.

 

Les Rois Catholiques tinrent leurs engagements, et Colomb fut autorisé à porter dans ses armes un lion et un château. Un ministère de la Découverte fut créé et dirigé par l'archevêque Juan da Fonseca. Mais l'entente tacite entre le Portugal et l'Espagne se trouvait en danger. Alors le Pape Alexandre VI Borgia édicta la célèbre bulle du 4 mai 1493 qui partageait le monde en deux par une ligne passant à cent lieues à l'ouest de la dernière des Açores. Tout ce qui serait découvert à l'est de cette ligne appartiendrait au Portugal, alors que l'hémisphère occidental serait espagnol.

 

Christophe Colomb, portrait publié en 1551 par Paul Jove.

Tombeau de Christophe Colomb dans la cathédrale de Séville.

Il est mort le 21 mai 1506, à Valladolid, aveugle, paralysé,

convaincu qu'il avait bien exploré des îles d'Asie proches de l'Inde.

C'est pourquoi les colonies espagnoles conservèrent le nom d'Indes Occidentales.

Contrairement à l'histoire que l'on sait, il n'est pas mort dans la misère et l'oubli, il est décédé riche

et entouré de sa famille et de bons et fidèles amis dont certains étaient d'illustres personnages.

 

Balboa atteint l'océan Pacifique.

 

Depuis des années déjà, Colomb n'était plus le seul découvreur.

Les expéditions se succédaient, s'entrecroisaient parfois.

 

Alonso de Hojeda (1470-1515), et carte de ses 2 voyages effectués.

 

Au cours du 2° voyage entrepris aux Antilles en 1493 par Christophe Colomb, Alonso de Hojeda pénétra à l'intérieur de l'île d'Hispaniola et en ramena de l'or. Revenu six ans plus tard avec Juan de la Cosa et Amérigo Vespucci, Hojeda atteignit les côtes vénézuéliennes, où il s'efforça de fonder une colonie deux ans plus tard. Une tentative similaire échoua dans l'isthme de Panama en 1509 et, découragé, le marin se retira à Hispaniola où il vécut jusqu'à sa mort.

 

 

Statue de Pedro Alonso Niño (1455-1505), oeuvre du sculpteur asturien Anselmo Iglesias Poli.

Il est actuellement situé dans le couvent de San Francisco de Moguer.

Première pièce du futur monument, qui comprend ses frères et le Nao Santa María.

 

Pedro Alonso Niño, également surnommé El Negro accompagna Christophe Colomb au cours d'une de ses expéditions aux Antilles, puis dirigea lui même, après 1500, une opération de reconnaissance des côtes vénézuéliennes. Accusé de malversations, le marin encourut une peine d'emprisonnement au cours de laquelle il mourut vers 1505.

 

¬ Juan de la Cosa (1460-1510).

 

Ayant acquis une flatteuse réputation de marin par ses voyages le long des côtes d'Afrique occidentale, Juan de la Cosa accompagna Christophe Colomb en 1492 lors de sa première traversée de l'Océan Atlantique. Attaché dès lors à l'amiral, de la Cosa participa à la seconde expédition, au cours de laquelle il procéda à d'intéressants relevés cartographiques.

 

De 1499 à 1504, ce marin reconnut les côtes des différentes îles antillaises, ainsi que le littoral du Venezuela. Après un court séjour en Europe, le navigateur revint en Amérique en 1509 et longea les rivages de l'isthme de Panama à la recherche d'un éventuel passage vers l'ouest. C'est au cours d'un combat avec des Indiens qu'il succomba, en 1510, des suites de ses blessures.

 

Amerigo Vespucci, (1454-1512,
▪ Portrait posthume d'Amerigo Vespucci tiré de la collection de Giovio de la galerie des Offices de Florence, (attribué à Cristofano dell'Altissimo  1568).

▪ Amerigo Vespucci découvre l'Amérique. Gravure de Jan Galle, d'après Jan van der Straet, 1638.

 

Ce navigateur Florentin est entré au service des Rois Catholiques espagnols. Ses études très détaillées du littoral de la mer des Antilles servirent aux cartographes, qui utilisèrent en outre son prénom pour qualifier le nouveau continent découvert par Christophe Colomb.

 

Agissant pour le compte des Rois Catholiques espagnols, le Florentin Amerigo Vespucci

effectua plusieurs expéditions vers l'embouchure de l'Orénoque, c'est-à-dire sur les rivages

de l'actuel Venezuela. La relation de ses voyages incita les cartographes à donner son nom

au nouveau continent. Les rapports avec les indigènes furent souvent amicaux.

Mais il arriva aussi que des querelles dégénèrent en luttes sanglantes.

(Gravure de Théodore de Bry, (Académie des Sciences de Lisbonne).

 

Vers 1510, les Antilles et les côtes du Venezuela, de la Colombie actuelle,

de l'isthme de Panama commençaient à être bien connues.

Leur barrière infranchissable faisait pressentir l'existence d'un vaste continent que Vespucci

voulait appeler Nouveau-Monde. Ce fut un cartographe lorrain

qui proposa le nom de Terra America en l'honneur de son confrère italien Amerigo,

dont le rôle avait été pourtant bien inférieur à celui de Colomb !

 

La royauté espagnole installa aussitôt une administration. Les colons, les aventuriers affluaient d'Espagne, où les immenses territoires accaparés par les moutons de la Meseta réduisaient les terres cultivables. Le gouverneur d'd'Hispaniola, Diego Colón (fils du découvreur dont le nom a été hispanisé), ordonna la conquête de l'intérieur de la grande île de Cuba. Elle fut effectuée en 1511 sous le commandement de Velázquez qui avait sous ses ordres Fernand Cortez. Cuba devint une nouvelle base de départ. D'autres expéditions établirent des bases sur les côtes de Colombie à Carthagène, et de l'isthme de Panama.

 

Vasco Núñez de Balboa.

 

C'est un conquistador espagnol né à Jerez de los Caballeros (Royaume de Castille)

vers 1475 et mort à Acla, au Panama actuel, le 15 janvier 1519.

 

Gravure ancienne montrant Vasco Nuñez de Balboa pénétrant dans les eaux de la “Mare australe”

pour en prendre possession au nom de la couronne d’Espagne.

 

En septembre 1513, Vasco Nuñez de Balboa s'enfonça avec ses hommes dans la forêt, vers le sud, non loin de l'actuel canal de Panama, malgré la résistance des indigènes. Il subit des pertes sévères. le 25 septembre, Balboa escalada une dernière montagne et aperçut l'infini de l'océan Pacifique ! 4 jours après, avec ses 27 compagnons survivants, il atteignit la côte. Le commandant s'avança dans l'eau jusqu'à la poitrine et, trempant son épée dans les vagues, prit possession pour l'Espagne de cette mer du sud et de tous les territoires qu'elle baignait !

 

En janvier 1514, l'expédition revint avec un butin appréciable :

460 kilogrammes d'or dont le cinquième fut envoyé au roi d'Espagne.

 

Nommé gouverneur de la mer du sud et de Panama, Balboa, dur et cruel, décima la province, y faisant un grand carnage d'indigènes. Le découvreur du Pacifique fut arrêté, condamné à mort et eut la tête tranchée. L'homme qui l'avait arrêté n'était autre que François Pizarre, ce conquistador espagnol qui conquit l'Empire Inca et fut aussi gouverneur de l'actuel Pérou.

 

▪ Les Espagnols découvrirent au Mexique une société pratiquant encore les sacrifices humains.

 

▪ Du Yucatán au golfe du Mexique, beaucoup de débarquements s'effectuèrent sous une grêle de flèches.

Mais la puissance des armes à feu provoqua des ravages dans les rangs indiens.

(Gravure de Théodore de Bry, (Académie des Sciences de Lisbonne).

 

Cortez, et la conquête du Mexique.

 

Le nord de l'isthme demeurait inconnu.

L'honneur de la découverte revint à Fernandez de Cordoba, envoyé en expédition par Velasquez,

devenu gouverneur de Cuba.

 

Fernández de Córdoba, (1475-1517), et gravure de l'expédition de 1517.

Envoyé de Cuba en 1517 par le gouverneur Velasquez pour reconnaître les côtes méridionales du Mexique.

Ce fut le premier contact des Européens et des Mayas.

 

Fernández de Córdoba contourna une importante presqu'île à laquelle ses marins donnaient le nom de Yucatán. Blessé au cours d'un engagement avec un groupe d'Indiens en 1517, il mourut peu après son retour à La Havane. Son aventure incita Cortez à poursuivre ses reconnaissances vers le nord, prélude à la conquête du Mexique central.

 

L'or ramené par la dernière expédition éveilla aussitôt l'intérêt du gouverneur.

Les richesses entrevues étaient bien supérieures à tout ce qui avait été trouvé aux Antilles !

 

 

Juan de Grijalva, né vers 1490 à Cuellar, en Espagne, et mort le 21 janvier 1527.

L'année suivante, Velasquez confia une expédition à son neveu Grijalva.

 

Un gentilhomme, Bernal Diaz del Castillo, qui faisait partie du premier voyage, repartait avec lui. Il devait écrire plus tard un document d'importance majeure pour les historiens : "La vraie histoire de la conquête de la Nouvelle Espagne". Grijalva, sans s'en douter, pénétra au Mexique, dont il aperçut les volcans lointains, couverts de neige. Il ne savait pas non plus que les hommes qu'il rencontra près de la future cité de Veracruz étaient envoyés par l'empereur aztèque Moctezuma, prévenu de l'apparition de ces étranges créatures barbues à peau blanche qui possédaient des armes terribles...

 

Diego Velázquez de Cuéllar, (1465 - 1524).

 

Conquistador espagnol, il fut gouverneur de Cuba de 1511 jusqu'à sa mort.
Né à Cuéllar (Ségovie), il accompagne Christophe Colomb dans son deuxième voyage en 1493.

Il collabore avec le gouverneur Nicolás de Ovando pour la pacification d'Hispaniola

et fait massacrer les caciques de Xaragua. Le gouverneur Diego Colón le pousse à monter une expédition

pour conquérir et coloniser Cuba en 1511.

Il fonde Baracoa la première ville de Cuba en 1512, puis en 1514 La Havane,

qui deviendra la capitale du pays ainsi que Trinidad (1514). Il organise l'importation d'esclaves d'Afrique.

 

Portraits de Velásquez.

 

Velásquez soutient l'expédition d'Hernández de Córdoba au Yucatán, en 1517, et celle de Juan de Grijalva et Pedro de Alvarado sur les côtes du Mexique en 1518. Cette année-là, il forme une société avec Hernán Cortes pour organiser une expédition à Culúa mais des désaccords surgissent entre eux. Après le départ de Cortéz il envoie une expédition sous les ordres de Pánfilo de Narváez pour le capturer, mais c'est l'inverse qui se produit. Plus tard, il incite Cristóbal de Olid à se rebeller contre Cortéz en 1524. Il meurt dans la nuit du 11 au 12 juin 1524 à Santiago de Cuba où il possède plusieurs grandes fermes.

 

Velásquez jugea que son neveu avait manqué d'audace et il confia la grande entreprise à Fernand Cortez.

Mais il se brouilla bientôt avec lui, car l'homme lui apparaissait ambitieux et dangereux.

Cortez le défia et agit de lui-même.

 

Hernán Cortéz (1485-1547).

 

C'est un personnage ayant eu un destin hors du commun : devenu l’un des hommes les plus puissants

du Nouveau Monde grâce à ses conquêtes et aux richesses accumulées au cours des premières années

de la colonisation, il meurt en disgrâce, isolé en Espagne dans la campagne sévillane

et affaibli par des procès à répétition. Si Cortéz joua un rôle central dans la conquête du Mexique,

il ne fut pas le seul conquistador : d’autres capitaines (Pedro de Alvarado, Gonzalo de Sandoval,

Bernal Díaz del Castillo, etc.) l’accompagnent, voire le devancent dans ses faits d’armes.

Enfin, la conquête n’aurait guère été possible sans l’aide de traducteurs et de porteurs.

 

▪ Portrait de Cortez d'après l’œuvre originale obtenue par l'historien Paul Jove.
▪ Portrait anonyme du célèbre conquérant espagnol Hernán Cortez (1485-1547), basé sur la peinture

envoyée par la personne elle-même à Paulo Giovio, dans laquelle il est apparu de profil et portant un chapeau,

servant de modèle pour de nombreuses représentations de son buste à partir du XVI° siècle.
▪ Cortez se rendant auprès de Moctezuma à Tenochtitlan (Mexico), 1519, enluminure, (BnF).

 

Né d'une famille de pauvres hidalgos, il avait fait des études à Hispaniola avec quelques notions de droit. Secrétaire de Velasquez après la conquête de Cuba, il reçut d'importantes terres aux environs de Santiago dont il devint l'alcade. La conquête des terres fabuleuses récemment approchées lui parut enfin digne de son exceptionnelle valeur. Il réunit 500 soldats espagnols, 16 chevaux importés d'Europe et 10 pièces d'artillerie. C'était apparemment peu pour mettre à genoux un empire !

 

¬ Antón de Alaminos, (1482-vers1520) navigateur espagnol, ancien compagnon de Christophe Colomb, dont Cortez tint à s'attacher ses services. Ce sagace marin découvrit en 1517 le courant attiédi auquel on devait plus tard donner le nom de Gulf Stream.

 

En 1519, l'expédition s'embarqua pilotée par Alaminos et débarqua dans une île proche de la côte du Yucatán. Il y rencontra un castillan, le prêtre Aguilar, l'un des deux survivants d'une expédition envoyée par Balboa en 1511 ! Il avait échappé par miracle au sort de ses compagnons, sacrifiés devant les idoles et fut un précieux interprète.

 

Mexico, Palacio Nacional, Peinture murale de Diego Rivera montrant la vie à l'époque aztèque,

c'est-à-dire la ville de Tenochtitlan.

 

La flotte remonta la côte et relâcha à l'embouchure du rio Tabasco.

La poudre et les chevaux épouvantèrent les riverains.

Des pourparlers se déroulèrent entre Espagnols et indigènes.

 

Tableau du XVII° siècle représentant le siège de Tenochtitlan,  en 1521,

dans la conquête espagnole de l'empire aztèque.

 

La ville fournit de nombreux soldats pour les expéditions espagnoles vers le Guatemala ou la Floride et pour mater les révoltes internes, comme la guerre du Mixton, contre les Indiens chichimèques. Les habitants de Tlaxcala continuèrent de servir d'auxiliaires aux Espagnols dans leur œuvre de conquête : ils participèrent à la conquête du nord du Mexique, où ils fondèrent des établissements. Ils participèrent également à la fondation de Santa Fe du Nouveau-Mexique. On les retrouve également accompagnant les Espagnols aux Philippines au XVII° siècle.

 

▪ Avec une poignée de combattants, mais supérieurement armés,

Cortez conquit le puissant royaume Aztèque de 1519 à 1521.

(Peinture anonyme du combat d'Otumba, Mexique, (Musée de l'Armée, Madrid).

 

▪ Entouré de guerriers aztèques, Cortez échappa de peu à la capture le 30 juin,
au cours du siège de tenochtitlan, (Détail d'un tableau au Museo de América, Madrid).

 

La chute de l'Empire aztèque s’est produite entre 1519 et 1521 lors du conflit qui a opposé l'Empire aztèque (composé des membres de la Triple Alliance qui dominait le centre du Mexique et des peuples mésoaméricains qui en étaient tributaires) aux troupes armées d'Hernán Cortez (composées au départ d'un demi-millier de conquistadors espagnols auxquels se sont alliés un nombre variable d'indigènes amérindiens finissant par regrouper plusieurs dizaines de milliers de combattants).

 

Entrée de Cortez à Tabasco.

 

Les indigènes offrirent à Cortez 20 jeunes esclaves fort belles, dont une noble personne, Marina, qui fut dès lors sa plus fidèle compagne, une conseillère précieuse, une interprète indispensable à la réussite du conquérant, car elle était animée d'une haine profonde à l'égard des aztèques. Elle fut naturellement baptisée comme d'autres Mayas prêts à servir les arrivants. En avril, les Espagnols s'établirent dans un endroit favorable, et leur camp devait devenir la ville de Veracruz.

 

Codex de Tlaxcala: "Cortez et La Malinche", 8 de Novembre de 1519

La Malinche traduisant le langage des mexicas à Cortez. (Lienzo Tlaxcala), XVI° siècle.
(La Malinche est une femme amérindienne, originaire d'une ethnie nahua du Golfe du Mexique

et devenue esclave d'un cacique maya du Tabasco.

 

En avril, les Espagnols s'établirent dans un endroit favorable,

et leur camp allait devenir la ville de Veracruz.

 

Le dimanche de Pâques, ils reçurent la visite du gouverneur aztèque de la province,

et des cadeaux furent échangés.

Les forces espagnoles défilèrent, la cavalerie et l'artillerie impressionnèrent à souhait le gouverneur.

Il composa son rapport et l'envoya à l'empereur Moctezuma.

 

"La rencontre de Cortez et Montezuma", seconde moitié du XVII° siècle, Huile sur toile.

Le siège de Tenochtitlán par Hernán Cortez en 1521 (30 mai-13 août) fut le point culminant de la conquête

du Mexique par les Espagnols. La chute de la capitale aztèque, au bout de 75 jours de siège,

marqua la fin de l'empire de la triple alliance aztèque.

 

Cortez apprit plus tard que les Aztèques le considéraient comme la réincarnation du dieu héros Quetzalcóatl, qui, d'après la légende, devait un jour revenir de l'est, avec un visage blanc, orné d'une abondante barbe ! Moctezuma, pressentant le danger, donna l'or, mais fit savoir à Cortez que la route de Mexico lui était interdite. Cortez se proclama chef de la nouvelle municipalité de la Villa Rica de Veracruz et envoya un messager et des trésors à Charles Quint. Lorsque Velasquez ordonna à Narváez de châtier le rebelle, Cortez était déjà parvenu à Mexico.

 

Pánfilo de Narváez (né à Valladolid ou Tudela de Duero (Espagne) en 1470, et mort en Floride en 1528.

C'est un conquistador espagnol connu pour avoir conduit deux expéditions,

la première en 1520 contre Hernán Cortez, puis la seconde, dramatique, en Floride en 1527.

 

Pánfilo de Narváez remet son armée à Cortez près de Veracruz, en 1520. (Gravure sur bois).

 

Pánfilo de Narváez, lieutenant de Velasquez reçut de ce dernier mission d'appliquer les sanctions décidées à l'encontre de Cortez au printemps de 1520. Mais, lors de l'engagement de Saint Jean-de-Ulloa, ses soldats se rallièrent à ceux du prestigieux conquistador, mettant fin à l'entreprise.

 

Carte de l'expédition de Narvaez.

Par la suite, en 1529, Narvaez effectua une reconnaissance des côtes de Floride

et du golfe du Mexique proches du Mississippi, où une violente tempête fit chavirer

son navire entrainant la mort du navigateur.

 

Cortez à Mexico.

 

Durant l'été, les Espagnols avaient reçu des émissaires du peuple totonaque, opprimé par les Aztèques.

Cortez comprit aussitôt toute l'aide qu'il pourrait retirer des populations asservies et terrorisées.

Des collecteurs d'impôts aztèques, venus exiger une livraison de jeunes gens destinés aux sacrifices humains de Mexico-Tenochtitlán, furent arrêtés sur les ordres de Cortez.

Les Totonaques voulaient les immoler, mais, habilement les Espagnols les renvoyèrent à Moctezuma.

 

L'Empereur de Mexico, effrayé, indécis, paralysé par les légendes qui tendaient à faire passer Cortez pour un dieu, renouvela ambassades et présents. L'or et les pierres ne firent qu'exciter davantage les Espagnols, et, en août 1519, le conquistador décida de marcher vers l'intérieur. La petite armée se mit en route avec 400 fantassins, 15 cavaliers et 7 canons, escortée par des guerriers Totonaques et aide par plusieurs centaines de porteurs.

 

Hernan Cortez et ses alliés Tlaxcalan.
Ville de Tlaxcala, Palacio de Gobierno : Peintures murales : Fêtes rituelles pour Camaxtli.

 

Arrivée sur le territoire de Tlaxcala, Etat qui avait pu préserver son indépendance, mais craignant les Aztèques, il fallut d'abord se battre contre une armée de 50.000 hommes. Leur défaite par une poignée de soldats persuada les Tlaxcaltèques qu'ils avaient bien affaire à des dieux porteurs de la foudre, montés sur des animaux surnaturels, donc invincibles. Ils se joignirent à leur tour aux Espagnols pour attaquer les Aztèques. Cortez s'empara ensuite de Cholula, qui l'avait accueilli au milieu de fêtes et réjouissances, mais dont les habitants, fidèles à Moctezuma, s'apprêtaient à massacrer les étrangers. Prévenu à temps, Cortez dévasta la ville, laissant le butin aux Tlaxcaltèques.

 

Une illustration de la rencontre entre Moctezuma II, qui dirigea Tenochtitlán de 1502 à 1520,

et le conquistador espagnol Hernán Cortez.

 

Moctezuma envoya une ambassade exprimant ses regrets de l'accueil de Cholula. Il invitait même Cortez dans sa capitale. Peut-être pensait-il que, sur son propre terrain, ses divinités et ses sortilèges rendraient l'Espagnol vulnérable. Cortez accepta, mais les guerriers de Tlaxcala n'osèrent pas l'accompagner.

 

 

Après avoir franchi le défilé entre les volcans, le Popocatépetl qui grondait et l'Ixtaccihualt,

les Espagnols virent au loin la fantastique capitale au milieu de sa lagune.

Ils y firent leur entrée le 8 novembre 1519.

 

Moctezuma, désespéré, sentait que ses dieux l'avaient abandonné. Hallucinés, les Espagnols, qui avaient installé des canons aux points stratégiques, découvrirent les palais, les marchés, les temples, avec les idoles recouvertes de sang coagulé. Les réserves contenaient de prodigieuses quantités d'or et de joyaux.

 

▪ "Cortez se rendant auprès de Moctezuma à Tenochtitlan (Mexico)", 1519,

enluminure, Paris, Bibliothèque nationale.
 

▪ Vignette du Codex de Florence : "les Espagnols se débarrassent des corps de Moctezuma

et de Itzquauhtzin, gouverneur de Tlatelolco".

 

Durant les mois d'hiver, le gouverneur de Cuba, Velázquez, furieux de l'audace de son subordonné,

qui agissait pour son propre compte, le dénonça comme traître. En avril 1520,

il envoya même 20 vaisseaux et 1.300 hommes sous les ordres de Narváez pour se saisir de Cortez.

 

La capitale est bâtie sur le lac.

 

Intrépide, le conquérant quitta Mexico et revint vers la côte pour affronter Narváez. Renforcé de contingents totonaques, il culbuta et le fit prisonnier. Quant aux soldats et aux officiers, il les enrôla dans son armée ! Renfort appréciable, car Mexico s'était soulevé contre la faible garnison espagnole restée sur place. Cortez regagna la capitale à toute hâte.

 

Cortez fit intervenir immédiatement Moctezuma, qui était toujours gardé prisonnier :

mais déjà, le peuple de Mexico ne voulait plus obéir à son empereur.

Les Espagnols étaient assiégés dans le palais, et Cortez exigea que Moctezuma s'adresse à son peuple.

Ce dernier fut reçu à coups de pierres et de flèches et tomba sans connaissance.

Il devait mourir quelques jours plus tard, refusant, durant son agonie

tout soin, arrachant les pansements posés sur ses blessures.

 

La "Noche triste" et la reconquête.

 

La position des Espagnols devenaient de plus en plus critique : Cortez décida alors de quitter Mexico

et de rejoindre la terre ferme en empruntant, avec son armée,

la plus courte des digues qui traversaient la lagune.

Ce fut la plus triste nuit, la "Noche triste du 30 juin 1520,

le sauve qui peut vers la terre, sous la grêle des flèches.

Quand Cortez sortit de la lagune, il avait perdu la moitié de son armée.

 

Fuyant la ville-île, les Espagnols et leurs alliés se retrouvent sous les tirs de flèches des Aztèques.

Une charge désespérée à travers les rangs supérieurs en nombre des Aztèques ;

une stratégie qui se révélera payante.

 

Une représentation du XVII° siècle de la bataille d'Otumba, miraculeusement gagnée,

qui permit à Cortez de rejoindre Tlaxcala, qui le sauva en restant fidèle.

L'Espagnol prépara aussitôt sa revanche, ralliant la plupart des vaisseaux de Mexico,

se renforçant grâce à l'arrivée à Veracruz de quelques navires.

 

Cortez repartit pour la capitale en avril 1521. Le siège dura 3 mois, mais la vengeance devait être terrible. Le 13 août 1521, les Espagnols et leurs alliés traversèrent le glacis qui les séparait du réduit aztèque. Cortez commanda le suprême assaut, qui fut bref, Les Indiens survivants tentèrent de s'enfuir par la lagune.

 

Cuauhtémoc (1497-1522), dernier souverain de l'Empire Aztèque, qui succéda à Moctezuma II en 1520.

La Torture de Cuauhtémoc, de Leandro Izaquirre.

 

Il opposa l'ultime résistance indienne aux forces de Cortez en défendant Mexico. Pris, torturé, soumis au supplice du feu, il résista obstinément à la souffrance et ne révéla pas l'emplacement du trésor impérial. Mais, les richesses récoltées étaient suffisantes pour que la plainte déposée par Vélásquez tournât en faveur de Cortez. Celui-ci fut nommé par Charles Quint capitaine général de la Nouvelle-Espagne. La phase coloniale allait commencer.

 

Fernand de MAGELLAN, (1430-1481), et le premier tour du monde.

 

Pendant que les Espagnols s'emparaient du Mexique, la flotte de Magellan entreprenait le tour du monde.

A la suite de la découverte du Pacifique par Balboa,

Charles Quint avait en effet résolu de trouver la route des Indes par l'ouest

afin d'accéder au domaine que lui réservait le Traité de Tordesillas.

Il ne voulait absolument pas laisser le monopole des épices aux Portugais.

 

Fernand de Magellan (Fernão de Magalhães en portugais, Fernando de Magallanes en castillannote ),

très probablement né à Porto aux environs de 1480 et mort sur l'île de Mactan aux Philippines le 27 avril 1521.

Il manifesta très jeune une passion pour la mer et les voyages.

A droite, portrait anonyme de Fernand de Magellan, XVI°ou XVII° siècle, (Mariners' Museum, Newport).

 

Entre 1500 et 1521, il servit aux Indes et en Extrême Orient, où il encourut toutefois une disgrâce qui l'incita à passer au service des Espagnols. Il devait trouver dans ce pays d'adoption avantages matériels et encouragements propres à tenter de nouvelles aventures.

 

Le passage de l'Océan Atlantique vers le  Pacifique par les mers australes

était un  de ses projets.

Séduit, Charles Quint fit armer cinq vaisseaux, et Magellan cingla en 1519 vers l'Amérique du Sud.

 

La reproduction de la caraque Victoria au musée Nao Victoria à Punta Arenas, Chili.
La flotte de cinq navires quitte l’Espagne le 20 septembre 1519.

 

En 1519, une flottille commandée par Magellan quitte Séville. Son objectif : ouvrir une nouvelle route vers les Moluques, les îles des épices, en Indonésie. Comme Christophe Colomb, le Portugais met le cap à l’Ouest, espérant trouver le passage vers l’océan qui borde l’autre rive de l’Amérique…

 

▪ Gravure de la Victoria, où sont représentés Ferdinand Magellan, en haut à gauche,

et Juan Sebastian del Cano, en haut à droite.

▪ Le Victoria à Séville, gravure 1807.

 

Mais bientôt la tentative parut si osée à certains marins qu'une révolte manqua de faire tourner

court l'opération. A force d'entêtement et de persuasion, le hardi capitaine imposa sa détermination à tous.

 

Magellan découvrit le détroit qui aujourd'hui porte son nom, dans le sud de l'Argentine et du Chili.

 

A gauche, première carte du détroit en 1520 par Antonio Pigafetta.

 

Le détroit de Magellan (en espagnol : estrecho de Magallanes) est un passage maritime situé au sud du Chili

en Patagonie, dans la région de Magallanes et de l'Antarctique chilien.

Il sépare, du côté nord, le continent sud-américain, et du côté sud, la grande île de la Terre de Feu.

Ce détroit de 611 kilomètres est le plus long et le plus important passage naturel

entre les océans Atlantique et Pacifique.
Il est nommé ainsi en l'honneur de Fernand de Magellan, premier Européen à l'avoir découvert et traversé.

Les Amérindiens Selknams le nommèrent "Atelili".

 

Magellan traversa d'une traite le détroit pour parvenir au mois de mars 1521 dans l'archipel des Philippines.

 

Mais s'étant mêlé aux querelles d'un souverain indigène, protégé des Espagnols, en lutte contre un de ses ennemis, le grand marin périt massacré par les indigènes le 27 avril 1521, sur le rivage de l'île de Cebu. Son lieutenant, Sébastián de El Cano, devait ramener la Vittoria en Espagne, chargée d'épices, accomplissant le premier tour du monde, réalisant le rêve entrevu par Magellan, après trois ans moins douze jours.

 

L'Empire Inca.
 

On les confond souvent avec les Aztèques et pourtant les Incas étaient le plus grand Empire

de toute l'Amérique du Sud. De simple tribu à véritable civilisation enracinée au Pérou, le peuple du Soleil

a rayonné pendant plus de 200 ans jusqu'à l'arrivée des conquistadors Espagnols.

 

Cuzco, la capitale Inca.

Avec la puissance des Aztèques du Mexique, la civilisation des Incas du Pérou,

de l'Equateur et d'une partie de la Colombie représente une des plus prodigieuses aventures humaines

de l'Amérique précolombienne.

 

Cette petite communauté indienne, établie dans la région de Cuzco, s'imposa à partir du XIII° siècle aux groupes voisins et, sous l'impulsion de souverains remarquables, constitua deux siècles plus tard un embryon d'empire qui allait s'imposer sur une grande partie de la Cordillère des Andes.

 

Cet Etat, très centralisé était à la fois une monarchie absolue, une théocratie et une communauté au sens socialiste du terme, dans la mesure où la terre appartenait à l'Etat, impliquait un travail organisé selon des règles très strictes. Les prestations de service étaient également codifiées. L'organisation de l'Etat impliquait aussi une hiérarchie très compartimentée avec à sa tête l'empereur. Puis venaient les membres de la noblesse, ceux du clergé, les descendants des princes et notables, les hauts fonctionnaires, puis les notables locaux et les gouverneurs.

 

Une poignée d'Espagnols, dont Pizarre, suffit toutefois, à l'instar de l'Empire Aztèque, à jeter bas cet imposant édifice, qui disparut presque aussi rapidement qu'il avait prit son essor.

 

François Pizarre, (1475-1541).

 

A la suite de l'exploration de l'isthme de Panama par Balboa, les Espagnols entendirent vers 1522

les Indiens parler de l'Empire Inca et de ses extraordinaires richesses.

Parmi les compagnons de Balboa se trouvait François Pizarre, originaire, comme Cortez,

d'Estrémadure, mais d'humble origine. Il était en effet gardien de porcs dans sa jeunesse.

 

 

¬ Portrait de Francisco Pizarre (vers 1540).
 

Francisco Pizarro Gonzalès, marquis de los Atabillos, connu sous le nom de François Pizarre, (en Français) est un conquistador espagnol. Conquérant de l'Empire inca et gouverneur de l'actuel Pérou, il fait partie de ces éléments de la noblesse espagnole (cousin de Hernan Cortez au deuxième degré) qui cherche l'aventure loin de ce qui n'est pas encore une métropole. Il participe à la guerre entre conquistadores au Pérou, dont il sort perdant, comme beaucoup...


Il est connu pour avoir emprisonné et condamné à mort en 1533 l'empereur inca Atahualpa après la bataille de Cajamarca.

 

Après maintes aventures et expéditions, Pizarre décida de tenter une grande exploration vers cet "Eldorado" du sud en descendant le long de la côte du Pacifique à partir de l'isthme.

Il s'associa avec un soldat, Diego de Almagro.

 

▪ "Diego de Almagro" est un conquistador espagnol né vers 1475 à Almagro, et mort en 1538 à Cuzco.

Il a notamment participé à la conquête de l'empire Inca en association avec Francisco Pizarro,

avant d'entrer en conflit avec lui. (peinture de Domingo Mesa, 1873).

▪ "Diego de Almagro avec Francisco Pizarro en Castille", dessin de 1615.

▪ "Almagro prend possession du Chili dans la vallée de Copiapó",

(peinture de la première moitié du XX° siècle, tableau de Pedro Subercaseaux).

 

Le conquistador Pizarro, désireux de monter une expédition en direction du Pérou, adjoignit en 1524 à sa flottille un groupe de soldats commandés par Diego Almagro. Tous deux entreprirent la conquête de l'Empire des  Incas, dont les fabuleuses richesses provoquèrent une profonde discorde entre les deux aventuriers. Cet antagonisme aboutit finalement à l'exécution d'Almagro à Cuzco, sur ordre du conquistador. Pizarre rejeta sur Almagro la responsabilité du meurtre du souverain Inca Atahualpa. Diego de Almagro, fils du défunt, voua à Pizarre une haine implacable et lui fit payer à son tour sa vie pour le meurtre de son père.

 

Au cours de deux expéditions de reconnaissance menées entre 1525 et 1526 sur la "mer du Sud",

les deux conquistadors purent deviner l'existence d'une grande civilisation qui s'imposait

dans les montagnes de l'intérieur, avec des villes, des routes, des trésors. Mais la conquête semblait difficile.

 

Carte de la conquête de l'Empire Inca.

Lors de la 2° expédition qui les mena vers Tumbez, aux confins de l'Equateur et du Pérou,

les Espagnols furent repoussés par une forte armée d'Indiens et se réfugièrent sur un îlot non loin de la côte.

Déjà des heurts avaient éclaté entre Pizarre et Almagro au sujet du partage du futur butin.

 

Pizarre restait seul avec une poignée d'hommes qui jugeaient insensés les projets de conquête et voulaient retourner à Panama. C'est alors que se produisit la scène fameuse. Pizarre traça sur le sol un trait : "Ici, dit-il, montrant le sud, le danger, la faim, la mort, mais aussi la gloire, l'or. Là, le nord, Panama, la pauvreté. Je choisis le Pérou ! Qui veut me suivre ?" Treize hommes le rejoignirent. Il restèrent isolés sept mois, sans navires, attendant des renforts ! Quand ils les eurent reçus, ils reprirent leur reconnaissance sur le continent, vers Trumbez. Le Grec Pedro de Candie se risqua dans la ville, chargea son arquebuse, fit feu, et la balle pulvérisa une planche épaisse. Les indigènes, stupéfaits, se prosternèrent, et le Grec fut mené au temple du soleil, dont l'intérieur était couvert d'or.

 

Malgré sa cupidité et son audace, Pizarre se rendit compte qu'il lui fallait d'autres moyens et,

devant la mauvaise volonté des autorités de Panama, il regagna l'Europe en 1528.

 

Pizarre fut d'abord jeté en prison pour dettes ! Mais Charles Quint, instruit par l'expérience de Cortez le fit libérer. Le Conseil des Indes lui accorda le droit de conquête et le titre de gouverneur et capitaine général de la "Nouvelle Castille". Almagro recevait le commandement de Túmbez.

 

Une caravelle aborde sur le littoral péruvien. Ralliement d'indigènes péruviens.

Pendant que Cortez et Pizarre faisaient la conquête du Mexique et du Pérou,

d'autres conquistadores occupaient l'Amérique centrale.

 

Après avoir réuni 180 hommes et 27 chevaux, Pizarre quitta Panama en 1531, accompagné de son frère Gonzalès et d'un dominicain. La tête jeta les navires sur l'île de Puna, où il fallut à nouveau faire la guerre aux Indiens. Mais Pizarre recueillit de précieux renseignements sur les Incas et les luttes qui opposaient Huáscar et Atahualpa, les deux fils de Huayna Cápac. De plus, il fut renforcé par l'arrivée de Hernando de Soto, le futur explorateur du Mississippi.

 

Atahualpa, dernier Empereur Inca.

Après une guerre civile, Atahualpa avait conquis Cuzco et fait prisonnier Huáscar.

 

Atahualpa avait entendu parler de ces hommes barbus qui étaient apparus sur la côte avec leurs navires et leurs armes incroyables. Il se trouvait alors dans le nord du Pérou et envoya un message à Pizarre, qui avait occupé Túmbez. Sans doute escomptait-il son appui pour achever l'occupation des hauts plateaux contre les forces ennemies restées fidèles à Huáscar.

 

La fatalité voulut que l'Empire Inca, jusqu'alors modèle de discipline et d'unité,

fut déchiré par le premier grand conflit intérieur de son histoire !

 

En 1532, la minuscule armée espagnole s'enfonça vers l'intérieur des Andes et, après une pénible marche à travers les défilés, arriva à Cajamarca. Atahualpa ne pouvait supposer que cette poignée de soldats, isolée désormais de la mer, était si dangereuse. Il tomba dans le piège, alors qu'il pensait avoir les étrangers à sa merci. Entouré d'une escorte, le souverain se rendit au camp espagnol en litière, alors que des serviteurs balayaient le chemin devant lui.

 

16 novembre 1532 : sur la place de Cajamarca, dépeinte ici par Juan B. Lepiani, (Museo del Arte).

l'empereur Atahualpa et ses sujets tombent dans le piège tendu par le conquistador Francisco Pizarre.

 

Au moment de leur rencontre en 1532, Atahualpa et Francisco Pizarre ont chacun une armée sous leurs ordres. Le premier a sauté sur le trône inca à la mort de son père, au prix d'une lutte musclée contre son demi-frère Huáscar, et il poursuit les conquêtes impériales avec des soldats qui se comptent par dizaines de milliers.

 

Le second, récemment élevé par la couronne au rang de capitaine général, s'est lancé à la conquête du Pérou en 1531 et avance aux commandes de quelques centaines d'hommes. En chemin, des ambassadeurs d'Atahualpa se présentent régulièrement à l'Espagnol pour lui offrir femmes, serviteurs, victuailles, lamas et objets précieux : selon le rituel local, celui qui reçoit se soumet à l'autorité de celui qui offre. Pizarro, qui accepte volontiers ces dons, n'a évidemment pas la même conception des choses.

Leurs destins vont donc se croiser ce jour de 1532, à Cajamarca. Accompagné de moins de deux cents soldats qui ont établi leur campement dans la petite ville, le conquistador invite l'Inca dont l'armée impressionnante est positionnée aux alentours.

 

La capture de Atahualpa, huile sur toile de Juan Lepiani, vers 1920-1927.

Les Espagnols lurent une proclamation qui faisait du Roi très Catholique, au nom du pape,

le souverain de tous les pays. Le compagnon dominicain montra une bible à l'Inca, qui,

après l'avoir feuilletée, la jeta à terre avec mépris. Ce fut le signal de l'embuscade.

 

Atahualpa fut prisonnier, puis soumis à une parodie de justice, et condamné à mort en 1533, pour le meurtre de son frère. Des monceaux d'or furent versés, dont un cinquième, le quinto, devait grossir le trésor de guerre de Charles Quint. Ces fortunes allaient toutefois déchaîner à leur tour les passions des Espagnols.

 

Pizarre descendit vers le sud pour conquérir la capitale de l'Empire, Cuzco.

Entre temps, Almagro était arrivé avec ses bandes et réclama sa part.

Pizarre lui dit qu'il lui laissait tout le Sud, et ce dernier partit en expédition dans les montagnes du Chili.

Il ne trouva rien de comparable à Cuzco, et une honteuse guerre civile éclata entre les Espagnols.

Almagro fut pris par les hommes de Pizarre et exécuté près de Curzo, en 1538.

François Pizarre fut assassiné à Lima, nouvelle capitale qu'il avait fondée près de la côte.

 

"La Mort de Francisco Pizarre" peint par Marie Auguste De Saunhac, (Lima Pérou, Salon 1877).

L’oeuvre représente à droite Francisco Pizarre assassiné, autour les assassins dans son palais de Lima.

On peut voir au fond la carte de l’Amérique du Sud avec ses territoires.
Francisco Pizarre est assassiné le 26 juin 1541 dans son palais de Lima au Pérou par le fils d’Almagro,

Almagro el Mozo, c’est à dire "le jeune" qui rassemble autour de lui

les anciens partisans de son père afin de venger son meurtre.

 

L'arrivée des fonctionnaires de Charles Quint rétablit enfin l'ordre,

et la dure exploitation du pays fut systématiquement entreprise.

A leur tour, les Andes entraient dans l'ère coloniale.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

"Christophe Colomb", Amiral de la mer Océane", Michel Lequenne,

Découverte Gallimard, 2002

"Conquistadors", Eric Vuillard, Editions Actes sud, 2015

"Christophe Colomb & les conquistadores", Histoire Universelle illustrée, (volume 10),1968

"Les Conquistadors, La Découverte et La Conquête de l'Amérique Latine"
Jean Descola, Editions Tallandier, 2019

Photos et montage, Chantal Guyon, le 17 juin 2020.

 

 

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