LES CONQUISTADORES et CHRISTOPHE COLOMB.

 

(3°) : l'Amérique Précolombienne.

 

Les anciennes civilisations d'Amérique, dites précolombiennes,

ont l'originalité absolument unique de s'être développées sans aucun contact avec le reste de l'humanité.

 

C'est sans doute la raison pour laquelle des peuples comme les Toltèques, les Mayas, les Aztèques, les Incas,

tout en ayant mis au point des systèmes politiques et religieux, des écritures et des méthodes

de calcul complexes, en étaient restés, au XV° siècle, au stade du néolithique.

 

L'histoire, au sens strict du terme,

c'est-à-dire le document gravé qui permet de dater une époque, commence très tard en Amérique.

 

À l’arrivée de Christophe Colomb, le continent américain est déjà habité par des millions d’hommes et de femmes qui ont des cultures très distinctes : petites sociétés et grands empires, nomades et sédentaires, villages et cités-États, patriarcats et matriarcats, zones polaires et tropicales. Les civilisations qui se distinguaient alors des autres se trouvaient pourtant en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Les Aztèques, les Incas et les Mayas avaient les organisations sociales et architecturales les plus avancées.

 

Les origines asiatiques.

 

Les premières stèles des Mayas correspondent au début du IV° siècle après Jésus Christ.

Mais l'apparition de l'homme y est très ancienne. C'est sans doute il y a plus de 20.000 ans

avant notre ère que les avant-gardes de tribus venues de Sibérie franchirent le détroit de Behring,

qui étaient alors un isthme, car les énormes calottes glaciaires avaient abaissé le niveau marin.

Elles se répartirent peu à peu vers le sud.

 

Pointes Clovis du site Rummells-Maske, comté de Cedar, Iowa.

Les premiers ensembles d'outils de pierre ont été découverts dans le Nevada, le Nouveau Mexique

et l'Arizona, et semblent s'échelonner de 15.000 à 5.000 avant notre ère.

C'est à partir de cette dernière date que se serait effectué le passage de la préhistoire à la protohistoire,

c'est-à-dire au stade de la culture du maïs, du tissage, de la céramique.

 

Les premières civilisations.

 

Ces premières civilisations d'Amérique du Nord et du Mexique se manifestent vers 1500 avant Jésus Christ

et nous sont connues par des vestiges de poteries, de statuettes d'argile

et de pyramides primitives en terre amoncelée.

Ces agriculteurs sédentaires enterraient leurs morts avec des armes et des outils de pierre,

adoraient sans doute des divinités qui symbolisent la fécondité,

comme les "déesses mères" de Mésopotamie.

 

Plus au nord, dans l'Arozona actuel, apparaît la civilisation dite des vanniers (basket-makers), qui donnera plus tard celle des pueblos, avec des villages groupés, bâtis en adobe, ou briques de terre sèche, ancêtres des tribus actuelles du sud-ouest des Etats-Unis, comme les indiens Hopis.

 

¬ Têtes colossales Olmèques.

 

Au cours des derniers siècles avant Jésus Christ, le développement de la culture du maïs permit l'éclosion des civilisations supérieures, avec des structures sociales et religieuses évoluées. Les petits centres agricoles se transformèrent en bourgades plus importantes, et sur le littoral du golfe du Mexique, se serait constituée la civilisation des Olmèques, liée à la représentation d'hommes-jaguars" au visage mi-humain, mi-félin.

C'est donc à partir de la région côtière que cette civilisation aurait essaimé vers les hauts plateaux de l'intérieur.

 

Ce peuple, contemporain de la splendeur romaine mit en valeur le versant du golfe du Mexique

entre le V° siècle avant Jésus Christ et les premiers siècles de l'ère chrétienne.

 

Les principaux sites archéologiques des Olmèques se situent autour de Tres Zapotes, du Cerro de Las Mesas et la La Venta, dans les actuelles provinces mexicaines de Veracruz et le Tabasco. Ces vestiges comprenaient un grand nombre de tertres où furent retrouvées beaucoup de poteries et de têtes, dont des animaux, parmi lesquels le jaguar, considéré comme une divinité.

 

Tête d'Olmèque et site archéologique de Tres Zapotes, au sud du Mexique,

découvert dans la partie orientale de la province de Veracruz.

Cet emplacement se compose d'une succession de terres s'étendant sur une distance supérieure à 2 km.

Les fouilles ont révélé un important usage de la poterie et une indéniable maîtrise dans l'art sculptural.

 

Site archéologique de La Venta, découvert dans le sud-est de ce pays, dans la province de Tabasco.

Cette région aurait été occupée par les Olmèques voici une vingtaine de siècles.

Les fouilles, commencées au début du XX° siècle, ont révélé une société communautaire assez évoluée.

 

Centre historique de Oaxaca et zone archéologique de Monte Alban (Mexique).

Ville du Mexique méridional, située au coeur de la sierra Madre du Sud,

à environ 150 km du littoral du Pacifique.

Elle a été fondée par les Espagnols dans le premier quart du XVI° siècle.

 

Le serpent à plumes. Les Toltèques.

 

Nous arrivons au stade des cités de pierre, centres religieux et politiques,

des pyramides, des vastes monuments ornés de sculptures et de fresques,

des systèmes complexes d'écriture et de chronologie.

Ces civilisations évoluées s'ordonnent autour de trois grands centres :

Teotihuacán, El Tajin, Monte Albán, dans la vallée  d'Oaxaca, et se situent en gros, du 1° au X° siècle.

 

Perspective sur "l'Allée des Morts", depuis la pyramide de la Lune.

 

Cité sainte préhispanique située à une cinquantaine de kilomètres de Mexico, édifiée entre le 1° et le VII° siècle, Teotihuacan, « lieu où sont créés les dieux », se caractérise par les très grandes dimensions de ses monuments dont les plus célèbres sont le temple de Quetzalcoatl et les pyramides du Soleil et de la Lune, et par leur ordonnance géométrique et symbolique. Teotihuacan, l'un des plus puissants foyers culturels méso-américains, imposa son élan culturel et artistique dans toute la région, et même au-delà de ses frontières.

 

▪ Site archéologique d'El Tajin, dans l'actuelle province de Veracruz. Là, se développa à une époque

évaluée à une quinzaine de siècles, la civilisation totonaque.

Elle possède de nombreux tertres, plusieurs vestiges de pyramides, des bas-reliefs

et des pierres sculptées dont on a retrouvé l'équivalent en pays Maya.

 

▪ Site archéologique de Monte Albán, sur le versant du Pacifique.

C'était la métropole des Zapotèques. Il s'agit d'une ancienne colline

aplanie par les Indiens de cette communauté, qui l'entourèrent de terrasses et de tertres.

 

Les dimensions colossales des pyramides, comme la pyramide du Soleil de Teotihuacán (61 m de hauteur, 45.000 mètres carrés de base), les villes s'étendant sur des centaines d'hectares prouvent l'existence de véritables Etats, avec une hiérarchie politique et religieuse, dont nous ignorons malheureusement l'histoire.

 

Parés de somptueux vêtements, de coiffures en plumes d'oiseau quetzal, les prêtres, qui constituaient

peut-être une caste dominante, adoraient de nombreux dieux personnifiant les forces naturelles.

 

 

 

Les plus importants étaient Tlaloc, dieu des pluies et Quetzalcoatl, dieu du vent,

symbolisé par le serpent à plumes, aux effigies entourées de papillons.

Au XI° siècle, Teotihuacan s'efface, et un peuple nouveau, les Toltèques, hérite des civilisations "classiques".

On ignore les conditions de leur arrivée : infiltration ou conquête brutale.

 

Les Atlantes de Tula, guerriers de pierre haut de 5 mètres, placés sur le faît de la Pyramide de Quetzalcoatl,

sont l'ultime lègue de la culture toltèque.

 

Les Toltèques parlaient une langue nahuatl de la même famille que celles des Aztèques et étaient probablement venus du nord  attirés par les riches villes du plateau central. Ils s'organisèrent autour de Tula, et, peu après la conquête espagnole, des Indiens recueillirent des aperçus de leur histoire dans les Livres de Chilam Balam.

 

Copie du Livre du Chilam Balam d'Ixil exposé au Musée national d'anthropologie de Mexico.

Il s'agissait de livres écrits par les Mayas sur de la peau ou sur du papier fabriqué à l'aide de feuilles d'agave. Ce nom désignait les scribes, en général des prêtres, chargés de la transcription des textes.

Celle-ci a dû s'effectuer vers le XVI° siècle, car certains passages présentent parfois des caractères latins.

 

Le Temple de Quetzalcoátl, Teotihuacán - Quetzalcóatl, "Le Serpent à plumes".

Les Toltèques adoptèrent les acquis des civilisations précédentes : les fresques et les bas-reliefs,

les symboles de l'aigle et du jaguar, les dieux de Teotihuacán.

Un de leurs rois s'appropria même le nom de Quetzalcoátl

et fit graver son effigie entourée d'un serpent à plumes.

 

Les fouilles de Tula ont exhumé d'importants vestiges : stades où l'on jouait avec des balles de caoutchouc, canalisations, colosses avec des javelots à propulseurs, colonnes en forme de serpents. C'est à partir de cette période toltèque que se multiplièrent les sacrifices humains, dont les origines sont inconnues, et que se répandit la métallurgie du cuivre.

 

Après deux siècles d'apogée, les Toltèques furent victimes d'autres envahisseurs venus du nord,

de langue nahuatl également, prédécesseurs des Aztèques.

 

Les traditions conservent le souvenir des combats  de Quetzalcoátl, le serpent à plumes, roi-prêtre de Tula, contre les barbares. Vaincu Quetzalcoátl se réfugia avec ses fidèles au Yucatán, il devaient se mêler aux Mayas, créant ainsi un nouvel empire au XI° siècle.

 

L'ancien Empire Maya.

 

La jungle de Yucatán, le nord du Guatemala et le Honduras recèlent les ruines de la plus prestigieuse

des anciennes civilisations d'Amérique centrale, celle des Mayas,

qui prit son essor de l'Uaxactún et de Tikal, de Palenque et de Copan.

 

Surnommée la "jungle morte" en raison de la relative faible hauteur de ses arbres, la jungle ("selva")

mexicaine s'étend sur toute la péninsule, au sud de Cancun. Si les arbres n'atteignent pas des vingtaines

de mètres d'altitude à l'instar de la forêt amazonienne ou brésilienne, la végétation n'en demeure pas moins

dense. Cette forêt s'est établie sur l'arrière-pays et abrite une végétation et une faune variées.

 

Face Nord du temple des Masques, Bâtiment au centre du complexe E, Uaxactun, Guatemala.

De ce temple on peut observer trois plus petits temples, à l'est, parfaitement alignés avec le lever du soleil

aux équinoxes et solstices (Le soleil se lève à la même place aux 2 équinoxes).

 

Dès le IV° siècle, l'écriture hiéroglyphique maya, restée indéchiffrable, et le calendrier  ont été mis au point. Le temps écoulé était gravé sur des stèles à la fin de chaque période d'environ vingt ans. L'année solaire se divisait en 18 mois de 20 jours, donc 360 jours, auxquels on rajoutait 5 jours à la fin de l'année.

 

Temple de Tikal (47 m de haut).

Au cœur de la jungle, dans une végétation luxuriante, Tikal est l'un des sites majeurs de la civilisation maya qui fut habité du VI° siècle avant Jésus Christ au X° siècle de l'ère chrétienne.

Son centre cérémoniel comporte de superbes temples et palais et des places publiques auxquelles

on accède par des rampes. Des vestiges d'habitations sont disséminés dans la campagne avoisinante.

 

Les Mayas connaissaient le zéro, savaient calculer avec exactitude les éclipses et la révolution de la planète Vénus. Les cités n'étaient pas des centres d'habitation. Le peuple vivait dans des villages de huttes faites de bois ou de terre battue, couvertes de palmes. Les magnifiques ensembles architecturaux étaient réservés à l'aristocratie militaire au sommet des acropoles, et beaucoup de temples étaient construits sur la terrasse supérieure des pyramides. Les prêtres s'y assemblaient pour y célébrer les cérémonies rituelles et saluer chaque jour le soleil levant.

 

Cité préhispanique et parc national de Palenque, situé dans la province de Chiapas.

Les fouilles ont révélé un ensemble de tertres et de plates-formes entourant un très important

édifice dénommé le Palais. Tous ces vestiges attestent l'importance des cérémonies religieuses

qui se déroulèrent sur chacun de ces emplacements.

 

Site maya de Copán, découvert en 1570 par Diego García de Palacio, mais des fouilles

n'y ont été entreprises qu'à partir du XIX° siècle. C'est l'un des sites majeurs de la civilisation maya.

Les ruines de son acropole et de ses places monumentales témoignent des trois grandes étapes

de son développement, avant son abandon au début du X° siècle.

 

Le rôle prépondérant joué, sur le plan scientifique et religieux, par la cité de Copán, l'Athènes du Nouveau Monde, est attesté par un ensemble de stèles et d'autels qui relatent un  grand congrès astronomique et astrologique. Il n'y avait pas d'empire unifié, mais des cités-Etats qui se faisaient souvent la guerre : des rois dirigeaient les castes guerrières et sacerdotales, vivant du travail des paysans et des esclaves. Malgré leur haut degré de civilisation et leur art raffiné, les Mayas ignoraient cependant les métaux.

 

Le déclin et le Nouvel Empire.

 

Après cinq siècles d'expansion, la civilisation décline vers l'an mil.

Les villes cessent l'érection des stèles chronologiques, rite qui avait été la marque de leur grandeur :

elles dépérissent et sont souvent abandonnées.

 

Carte des principaux sites Mayas.

Les historiens se perdent en conjonctures pour expliquer cette brutale décadence :

luttes sociales, invasions, trop nombreuses pour les faibles rendements du maïs cultivé sur brûlis ?

Les Mayas ne pouvaient plus lutter, avec leurs outils de pierre polie,

contre la forêt toujours plus envahissante et, sous la conduite des prêtres,

ils auraient décidé d'entreprendre une nouvelle migration à la recherche de lieux plus hospitaliers.

 

Toujours est-il que, à l'époque de la conquête espagnole, cinq siècles plus tard, les villes abandonnées étaient déjà rongées par la brousse et la forêt. Mais la civilisation maya allait renaître plus au nord du Yucatán, avec le Nouvel Empire. En effet, d'après les chroniques des Mayas, les émigrés toltèques, chassés du plateau central par des envahisseurs, seraient venus réoccuper les villes désertes, donnant le départ à une renaissance toltéco-maya.

 

Une des capitales du Nouvel Empire s'appelle Mayapán, la 'bannière des Mayas".

La vieille cité de Chichén Itzá se relève, mais ses monuments sont sculptés

de nombreux motifs d'origine Toltèque. Aigles, jaguars, serpents à plumes recouvrent le temple des guerriers.

La Ligue de Mayapán domine toute la péninsule,

et les Toltèques ont apporté avec eux la pratique des sacrifices humains.

 

Mayapan : vue panoramique depuis le temple de Kukulcan.

Le site archéologique de Mayapan occupe une superficie de 4 km à l'intérieur d'une enceinte

de 8 km de long et de 2 m de haut, protégeant quelque 600 structures, pour la plupart résidentielles.

On pense que Mayapan abritait entre 6 000 et 15 000 personnes.

 

Aujourd'hui, le site de Mayapán est loin d'être un des sites maya les plus impressionnants. Ceci est dû en partie au fait qu'à la fin de la révolte, tous les bâtiments ainsi que leurs fondations ont été brûlés et détruits. Cependant, Mayapán n'a jamais atteint le niveau architectural de Chichen Itza ou Uxmal. Une pyramide centrale est une version plus petite du "Castillo" de Chichen Itza, il y avait aussi quelques temples de taille modérée et un palais (dont existent seulement les fondations). De plus, Mayapan avait une architecture publique réduite.

 

A la fin du XII° siècle, la Ligue se disloque et d'âpres combats opposent les cités.

Mayapan fait appel à des mercenaires pour conserver son hégémonie sur les "Vieux-Mayas" révoltés.

Pendant deux siècles, les guerres épuisent le pays, jusqu'à l'écroulement de Mayapán.

Ces luttes interminables favoriseront la conquête espagnole, mais il faudra cependant attendre 1697

pour que la dernière capitale maya, celle de la tribu Itza, tombe aux mains des envahisseurs.

 

Les conquérants Aztèques.

 

Depuis le départ des Toltèques, les hauts plateaux du centre avaient été progressivement occupés

par des tribus semi-barbares du nord, désignées sous le nom de Chichimèques,

qui assimilèrent peu à peu, à partir du XII° siècle, les leçons des civilisations antérieures.

 

Des Etats avaient grandi, déchirés par les luttes pour l'hégémonie : Texcoco, Chalco, Atzcapotzalco, Colhuacán, etc... Parmi ces peuples s'infiltra, après une lente et sanglante migration, la tribu des Mexicas, venues d'Aztlán, d'où son nom d'Aztèques. Ayant traversé les plateaux septentrionaux du Mexique, où, au contact des civilisations autochtones, ils connurent la culture du maïs. Les Aztèques, armés d'arcs et de flèches, poursuivirent leur route vers les terres des Chichimèques, leurs lointains parents, qui s'étaient civilisés depuis leur installation.

 

Femmes Toltèques - Guerriers revêtus de vêtements protecteurs en tissus ou en coton matelassé,

(Miniatures de la BnF, Paris).

Les Aztèques procèdent souvent à des sacrifices humains, (Codex BnF, Paris).

Au XIV° siècle, les Aztèques étaient encore un  peuple secondaire, payant tribut aux souverains d'Atzcapotzalco et guerroyant pour leur compte en mercenaires, car ils s'étaient imposés par leur bravoure.

 

 

 

▪ Au centre de ce folio du Codex Mendoza, on reconnaît le glyphe de la capitale aztèque

faisant référence au mythe de la fondation de la cité.
▪ Plan de Mexico-Tenochtitlan publié en 1524

avec la deuxième lettre d'Hernán Cortés à l'empereur Charles Quint.

 

Vers 1325, les Aztèques fondèrent leur capitale Mexico-Tenochtitlán, sur les îlots d'une vaste lagune où ils honoraient leur terrible dieu, Huitzilopochtli. Dans les débuts du XV° siècle, des guerres féroces se déroulèrent entre l'Etat de Texcoco et celui d'Atzcapotzalco. Le souverain aztèque Itzcoatl (1428-1440) s'allia à Texcoco, et les deux vainqueurs furent les maîtres des plateaux. En un  siècle, sous la direction des Aztèques, un véritable empire allait s'étendre jusqu'aux régions littorales des deux océans et, vers le sud, jusqu'au Guatemala.

 

▪ Portrait d'Itzcoatl.

▪ Moulage en bronze d'Itzcoatl fait  par Jésus Contraras dans le jardin de la Triple Alliance

situé dans le centre historique de Mexico.
▪ Moctezuma 1er dans le Codex Telleriano-Remensis, usant du glyphe du diadème.

▪ Les conquêtes d'Ahuizotl répertoriées dans le Codex Mendoza.

 

Les successeurs d'Itzcoatl, Moctezuma 1er (1440-1469) et son  fils, Axayacatl, portèrent la guerre à l'ouest contre les Tarasques, peuple de la côte du Pacifique, et au sud contre les Zapotèques et les Mixtèques. La puissance de Tenochtitlán-Mexico connut son apogée sous le règne d'Ahuizotl, prédécesseur de Moctezuma II, qui conquit certaines provinces mayas. Toutes ces expéditions se soldaient par des pillages et des massacres, des rafles  d'esclaves, des sacrifices monstrueux en l'honneur des dieux aztèques. Au cours de ces cérémonies, 20.000 prisonniers, alignés sur deux rangs, avaient la poitrine incisée et on leur arrachait le coeur. On comprend pourquoi les Espagnols furent accueillis en libérateurs par les peuples vassaux, qui leur fournirent des vivres et des contingents armés.

 

Une tyrannie militaire.

 

Les anciens Etats indépendants soumis par les Aztèques étaient considérés par eux comme des régions

d'où les nouveaux maîtres devaient soutirer toutes les richesses.

L'armée Aztèque représentait la première force de l'Empire.

 

Revêtus de costumes de plumes,

les prêtres aztèques procédaient aux rituels sacrifices humains (BnF, Paris).

 

Les prêtres inculquaient également aux enfants le respect des vertus guerrières.

Dès l'âge de quinze ans, les adolescents de famille noble devaient décider s'ils seraient prêtres ou soldats.

 

En dehors de l'aristocratie guerrière existait une caste de négociants et d'artisans,

organisée en un système de corporations.

 

Les édifices du Mexique furent entièrement détruits par les Espagnols. Ils ressemblaient à ceux des civilisations "classiques" antérieures qu'ils avaient plus ou moins assimilées. Le peuple habitait des cabanes de bois ou d'argile. Les statues aztèques étaient plus grossières que celles des Mayas, mais produisaient une impression de force terrifiante. L'orfèvrerie était très développée.

 

Les dieux aztèques.

 

La récompense suprême était réservée aux guerriers morts dans les combats.

Ils entraient dans l'empire du dieu-soleil et revenaient sur terre sous forme de colibris ou de papillons.

Les morts ordinaires erraient dans un monde inférieur.

 

Les fêtes et les rites suivaient le calendrier, selon l'année solaire de 18 mois de 30 jours,

fastes ou néfastes : ils étaient accompagnés de sacrifices humains,

et les Espagnols furent frappés d'horreur par les idoles sanglantes.

 

A l'égal des Incas, les Aztèques ignoraient la roue, le blé et l'orge, le verre, le fer. Leur outillage en était resté au Néolithique, et ils firent merveille avec leurs instruments de pierre dure. En revanche, ils devaient apporter aux Européens le maïs, le tabac, le cacao, le caoutchouc. Les Andes, avec la culture de la pomme de terre, permirent néanmoins une révolution agricole de l'Ancien-Monde.

 

L'empire Inca des Andes.

 

Très peu de renseignements sur les origines des peuples de la cordillère des Andes,

de la Colombie au Chili actuels.

L'empire des Incas fut précédé d'autres civilisations comme celle de Chavin, des Mochicas,

de Tiahuanaco, près du lac Titicaca, au Pérou.

 

Elles furent toutes absorbées par la conquête des Incas dans les débuts, relativement récents, se situent vers l'an 1200 de notre ère. La tribu se développa dans la vallée de Cuzco, au Pérou. Son fondateur légendaire est Manco Capac et l'on compte après lui douze empereurs incas. C'est à la fin du XIV° siècle, avec Uiracocha, que se place l'expansion foudroyante achevée par Tupac Yuoanqui un siècle plus tard, donc peu avant l'arrivée des Espagnols, qui profiteront de la rivalité des fils du 11° Inca : Huáscar et Atahualpa.

 

¬ Le Royaume de Cusco en 1438, (en rouge sur la carte).

 

L'Empire s'étendait de l'Equateur aux Tropiques, et la langue quechua, qui se parle encore aujourd'hui, atteste la vigueur de son implantation. Conquérants, les Incas surent maintenir dans chaque province institutions et coutumes particulières. Ils imposèrent cependant un système rigoureusement centralisé et planifié, avec une hiérarchie de fonctionnaires. Chaque rang social avait son uniforme. Le régime politique des Incas était celui d'un despotisme éclairé, avec des structures communautaires et même collectivistes. L'inca régnant distribuait vivres et vêtements suivant les besoins de la population. Les terres étaient groupées en plusieurs catégories : celles des temples et du clergé ; celles des veuves, des orphelins, des malades, des familles de soldats en campagne ; celles des paysans, des hauts fonctionnaires, et enfin, les domaines de l'Inca.

 

Les paysans devaient cultiver certains jours les terres de l'Etat, du clergé, des dirigeants, mais, pendant les journées de prestations, ils étaient entretenus avec leurs familles. Les mines, les champs de coca appartenaient à l'Inca. Seuls les hommes travaillaient dans les mines, alors que les Espagnols y enverront des femmes et des enfants.

 

Calendrier et poterie Inca, (Musée national d'anthropologie, anciens artefacts mayas aztèques, Mexico).

 

Un admirable réseau de 16.000 kilomètres de routes, avec des ponts, des relais, des magasins d'Etat, tressait un lien entre toutes les provinces de l'Empire. Les routes ne servaient qu'aux fonctionnaires, à la police, aux collecteurs d'impôts et aux statisticiens qui utilisaient en guise d'aide mémoire des cordes à noeuds : les quipus.

 

 

 

Statuettes Incas, (Musée national d'anthropologie, anciens artefacts mayas aztèques, Mexico).

 

Les Incas ignorant l'écriture, des dignitaires spécialisés enregistraient le savoir dans leur mémoire ! Le peuple connaissait en revanche admirablement les techniques agricoles de culture en terrasses, étalées sur des dénivellations de plus de trois mille mètres. Ils cultivaient la pomme de terre, le maïs, les plantes équatoriales et tropicales.

 

 

▪ A gauche : Ornement frontal avec un alliage or, argent, cuivre laminé, repoussé, ajouré, ciselé.

Décor de félins et d’oiseaux. Probablement destiné à être cousue sur un tissu, par les trous encadrant le visage – Culture Mochica (100 av. J.C, -850 après J.C), Intermédiaire ancien, (Musée Larco, Lima).

▪ A droite : Pectoral constitué de 410 plaques carrées d’or laminé et 32 plaques circulaires avec perforation centrale permettant de les coudre sur un vêtement. Laminé, découpé et cuit. Zone de Lambayeque,

Intermédiaire récent (900 – 1400 après J.C. (Musée archéologique national Brüning, Lambayeque).

 

Malgré la beauté des bijoux d'or, le génie des Incas résidait encore d'avantage dans leur organisation politique et économique que dans l'art ou la vie intellectuelle. Ils pratiquaient l'irrigation et l'amendement des terres au moyen du fumier de lama, seul animal de charge et de trait des Précolombiens.

 

La religion tenait une place prépondérante dans la culture inca du fait de l'importance accordée aux forces

de la nature. Le soleil apportait ainsi chaleur et lumière aux incas. Il apparaît comme la divinité "officielle"

(mais ni la première ni la plus haute divinité de l'univers magique des anciens Péruviens selon les historiens) à la fois politique et agraire à partir du XIV° siècle.

 

▪ Chaque jour Inti parcours le ciel vers l'ouest, puis plonge dans la mer pour nager et revenir

le lendemain matin à l'est et reprendre sa course céleste. Les incas avaient peur lors du coucher du soleil

à l'ouest qu'il ne puisse pas nager pour réapparaître le matin suivant à l'est.

▪ Dieu Soleil tribal des Incas, il fait partie de la trinité supérieure avec Viracocha.
Tici Viracocha, le dieu suprême que les Incas adoptèrent des Aymaras.

▪ Illapa, qui est le dieu du tonnerre.
Le culte qui lui était voué le distinguait des autres puissances divines traditionnellement vénérées

dans les Andes en ce qu'il était étendu à tout l'Empire.

 

Le culte du soleil, dont l'Inca suprême était le représentant sur terre et le descendant, réunissait une religion unique, les différents peuples de l'Empire. Mais dans le temple du soleil, à Cuzco, on adorait d'autres divinités : celles de la pluie, de l'éclair et la déesse de la lune, Mamakilya ou des boissons ; les sacrifices humains étaient cependant rares.

 

Pachacámac était l'un des principaux lieux de cérémonie de la côte centrale du Pérou,

où des monuments étaient érigés à la gloire du dieu-Soleil. Au sein de la hiérarchie cléricale,

le prestige qui s'attachait aux prêtres qui célébraient le culte de l'Inti était inégalable.

Sa représentation, le punchao, consistait en une statue en or de forme humaine,

surmontée d'un disque en or, et conservée à Cuzco dans le Coricancha,

le célèbre temple du Soleil, qu'aucun autre édifice religieux inca ne surpassa

en force majestueuse. Le culte rendu à l'Inti, dieu du Soleil et fondateur de la dynastie,

tendit bientôt à se confondre avec celui de l'Inca lui-même.

La construction de temples érigés en l'honneur d'Inti revêtait un caractère politique et religieux.

 

Les Incas connaissaient la technique du cuivre et du bronze, dont ils fabriquaient même des haches et des têtes de massues, à côté de leurs outils et de leurs armes de pierre. La fronde était leur arme favorite, et ils utilisaient, comme les Aztèques, des cuirasses de coton pressé. Dans ce domaine encore, la supériorité des Incas sur les autres peuples des Andes ne provenait pas seulement d'une avance technique, mais aussi d'un sens de l'organisation absolument unique, de leur discipline, de leur dévouement à l'Etat, qualités qui faisaient leur originalité parmi toutes les civilisations précolombiennes.

 

 

Le site de Machu-Picchu au coeur des grandioses montagnes du Pérou.

Le Machu Picchu (qui signifie “Vieille Montagne” en quechua) se situe à 2430 mètres d’altitude.

Créés par les Incas au moment de l’apogée de cette civilisation, les nombreuses terrasses, rampes,

murs de pierre minutieusement assemblés, ont remarquablement bien traversé les époques.

Son cadre, à la fois forestier et montagneux, se situe sur le flanc supérieur du fleuve Urubamba.


D’une superficie de 13 km², il est divisé en deux grandes zones :

▪ La première est une zone agricole

composée d’un ensemble de terrasses cultivées. Cette zone est exposée plein sud, ce qui la rend propice

à l’agriculture et à la pousse d’un large panel de plantes.

▪ La zone au Nord, quant à elle, est une zone urbanisée. C’est dans cet espace que les archéologues supposent que vivaient les habitants et où se déroulaient de nombreuses activités de société

ainsi que des activités religieuses. La zone urbaine était scindée en plusieurs quartiers :

le quartier sacré, le quartier des ecclésiastiques, le quartier noble et enfin, le quartier populaire.

 

Le Machu Picchu aurait été érigé par l’Inca Pachacútec, qui était un des plus éminents dirigeants du Tahuantinsuyo. Cet Inca gouverna de 1438 à 1471. La construction de la citadelle remonterait donc au XV° siècle. Cette époque était synonyme de croissance pour nombre de civilisations incas. Et selon certains archéologues, la victoire des Incas sur les Chancas aurait même été célébrée dans la zone où fut érigée le Machu Picchu.

Après plusieurs décennies de fort dynamisme et d’activité humaine sur ce site, la vallée du Machu Picchu devint vers la fin du XV° siècle, l’un des derniers refuges des Incas de Vilcabamba. Ces derniers résistèrent très fortement, pendant plusieurs décennies, à la suprématie des conquistadors espagnols. Atahualpa fut le dernier empereur inca à résister. Il fut finalement assassiné par l’Espagnol Pizzaron, marquant ainsi la fin de la civilisation inca.

 

 

 

Huayna Cápac

(A gauche, sur un dessin de Felipe Guamán Poma de Ayala dans Nueva crónica y buen gobierno (1615).

Huayna Capac a été l’empereur inca, qu’on appelait aussi Sapa Inca, de 1493 à 1527.

On le surnommait le "Grand" ou le "Conquérant" parce que sous son règne, l’empire inca a atteint

le plus grand territoire de son histoire. Durant son règne, il a conquis plusieurs régions

et on dit qu’il menait lui-même ses troupes à la guerre.

Il est mort de la variole en 1527 alors qu’il menait ses armées dans le nord de l’empire.

 

Le dernier Sapa Inca : après sa mort, les deux fils d’Huayna Capac, Atahualpa et Huascar se sont disputés le pouvoir de l’Empire. Huascar s’est finalement emparé du pouvoir, mais l’empire a été affaibli par la lutte entre les deux frères. Lorsque les Espagnols sont arrivés en 1532, l’empire inca était désorganisé et s’est écroulé devant les attaques des conquistadors.

 

Lorsque l'Inca Huayna Capac monta sur le trône,

Christophe Colomb regagnait la péninsule Ibérique

après avoir découvert les îles de Antilles.

Il ne se doutait pas encore des empires fabuleux que la traversée de l'Atlantique allait livrer à l'Espagne.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.vivamexico.info/

L'Amérique Précolombienne, Leonard, Jonathan Norton, Editions Time-Life, 1967
L'Amérique précolombienne, Marion Wood, Casterman, 1993
L'Amérique Précolombienne, Jean Torton et Estelle Desombre, éditions Hachette jeunesse, 2002

"Conquistadors", Eric Vuillard, Editions Actes sud, 2015

"Christophe Colomb & les conquistadores", Histoire Universelle illustrée, (volume 10),1968

Photos et montage, Chantal Guyon, le 12 juin 2020

 

 

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