CHINE ANCIENNE :

 

Architecture funéraire et culte des ancêtres.

 

Les fouilles archéologiques, grâce à la construction des routes et des aéroports,

ont permis de mettre au jour de nombreuses sépultures princières,

conçues selon un esprit aux antipodes de l'obsession actuelle d'économiser l'espace et le temps.

Les Chinois croyaient alors en l'au-delà et s'y préparaient de bonne heure.

 

Depuis la dynastie des Shang, entre 1500 et 1050 avant notre ère,

jusqu'à la période des Cinq Dynasties, au X° siècle,

des tombes où le défunt était rarement seul, puisque enterré

avec des objets en bronze, en jade, en laque, en terre cuite dont les techniques de travail

et de fabrications ont été élevées à un grand niveau de maîtrise dans les principaux foyers de création.

 

¬ Offrandes funéraires, (Musée du Quai Branly).

 

Pour les Chinois, la manière d'envisager la mort était différente : l'âme hun survit dans l'au-delà.  La tombe du noble défunt était un palais funéraire rempli de peintures, de vases rituels, d'instruments de musique, de soldats en terre cuite destinés à accompagner cette âme et à la distraire dans son voyage d'éternité.

 

1700-1500, avant notre ère : Culture d'Erlitou, près de Yanshi (Henan) :

premiers instruments agraires et récipients rituels en bronze.

 

L'ARCHITECTURE FUNERAIRE.

 

Les Shang autrement nommés les Yin sont une dynastie de l’âge du Bronze, entre 1570 et 1045

avant notre ère, caractérisée par ses tombes imposantes découvertes dès les années 1920

et un rayonnement culturel et économique majeur de la part des élites qui se faisaient construire

ces sépultures. Ce rayonnement culturel et économique majeure se retrouve tout autour de la cité capitale

de la dynastie, Anyang au sein de la province du Henan, bordant la mer Jaune et la mer de Chine.

 

Sous les Shang, des hommes et des animaux sont sacrifiés et enterrés avec le défunt,

pour qu'ils continuent de le servir dans l'au-delà.

 

Carte du rayonnement de la dynastie Shang et des principales cités.
Le plus grand cimetière caractéristique de cette dynastie est celui de Xibeigang situé à proximité de la ville

de Anyang et qui témoigne d’une grande richesse dans le mobilier funéraire : bronze, jades,

coquillages et objets en os auxquels s’ajoutent des sacrifices d’animaux et d’individus humains.

 

Outre les proches du défunt qui avaient le privilège d'être enterrés dans des cercueils, on sacrifiait également, dans la chambre funéraire, des gardiens armés et, dans les fosses annexes, les cochers des chars, ensevelis avec les chevaux. D'autres étaient décapitées dans la rampe d'accès principale.

 

Tombe d'un reste d'homme retrouvé dans cimetière royal de Xibeigang.

On a exhumé les restes de 60 victimes. Des inscriptions oraculaires indiquent qu'elles étaient choisies

parmi les prisonniers des tribus Qiang (proto-tibétains)

que les rois Shang apparemment chassaient comme du bétail.

 

Intérieur de la tombe de la reine Fu Hao (vers -1200), découverte en 1976.

Le cercueil est placé au centre, contenant 750 jades censés protéger la défunte,

tandis que les principaux bronzes étaient disposés le long des parois de la chambre funéraire.

Des centaines d'armes en bronze, 3800 cauris (coquillages servant de monnaies),

un cormoran sculpté en marbre et un gobelet en ivoire incrusté de turquoise complètent le tout.

 

Les Zhou protègent leurs tombeaux contre les raids des peuples des steppes.

 

La dynastie Zhou est la troisième dynastie chinoise, fondée au XII° siècle avant Jésus Christ,

et qui domina le pays jusqu'en 221 avant Jésus Christ. Elle a duré plus de 770 ans.
La dynastie Zhou de l'Ouest a établi sa capitale à Hao, près de Xi'an dans la province du Shaanxi,

au Sud-Ouest de la Chine. Elle a régné sur la moitié Nord de la Chine et sur la vallée du Fleuve Jaune.

 

La société Zhou vivait essentiellement d'agriculture (riz, sorgho, haricots, fruits etc...) et d'élevage. Les terres étaient réparties en parcelles carrées divisées en neuf parties égales. Huit familles de paysans se partageaient les huit parcelles extérieures et associaient leurs efforts et leurs ressources pour cultiver la parcelle centrale, dont la récolte était destinée aux nobles. Ce système a été considéré par les dynasties suivantes comme le mode de répartition des terres arables, le plus juste.

 

Dans la province chinoise de Shandong, des archéologues ont découvert 136 anciennes tombes

qui appartiennent à l'ère de la dynastie des Zhou de l’Est, qui remonte au VIII° siècle avant notre ère.

Les tombes de moyenne et grande taille appartenaient très probablement à des aristocrates et à des

représentants des classes supérieures, comme en témoigne la taille et l'agencement des sépultures.

L'origine géographique des personnes défuntes dans ces cryptes doit encore être clarifiée par les scientifiques.

 

Ces tombeaux, étaient surmontés de superstructures cultuelles et entourés de fossés pour les protéger contre les raids des peuples des steppes. Pour les mêmes raisons les Zhou de l'Est (-771-476) construisirent leurs tombes à l'intérieur des remparts de leur capitale (Luoyang), alors que les souverains Shang les édifiaient à l'extérieur.

 

Sarcophage intérieur du marquis Yi de Zeng. Deux rangées de gardiens encadrent la porte,

en bois laqué et peint. Pour entrer dans l’éternité, tous les propriétaires de classe supérieure

exigeaient des artisans d’apporter tous les soins à orner leurs cimetières.
Succédant aux dynasties des Zhou occidentaux, le Royaume de Chu se trouvait à la période des Royaumes

combattants (475-221 avant Jésus Christ). Sous les Chu, l’art de la guerre et celui des rituels

étaient les deux choses capitales et avaient une importance inimaginable.

 

A la même époque, on assiste dans le sud et en particulier à Chu, à une multiplication des cercueils en bois laqué, qui s'emboitent les uns dans les autres pour mieux conserver le corps. La fosse se compartimente en plusieurs pièces, à l'imitation des demeures d'habitation.

 

Sous les Royaumes Combattants,

la brique remplace le bois et les sacrifices commencent à disparaître.

 

La construction de ces tombeaux nécessitait une quantité de bois ou de pierres considérable,

planchers, séparations et plafonds étant constitués soit par des troncs équarris, soit par des blocs de pierre.

Devant une demande croissante de sépultures, des matériaux de substitution tels que les briques de terre

cuite apparurent dans le moyen bassin du fleuve jaune de la période des Royaumes combattants (-475-221).

 

Les différents compartiments de la tombe du marquis Yi de Zeng.
Les tombes des riches sont plus profondes, accessibles par des rampes et constituées de plusieurs

compartiments séparant le ou les cercueil(s) d'espaces où sont entreposées des offrandes.

Leur structure est réalisée en madriers séparant les différentes parties de la tombe et elles sont entourées

de couches d'argile et de charbon pour assurer leur étanchéité. Un tumulus les surmontait couramment.

Les tombes des plus pauvres, à l'inverse, sont petites, à compartiment unique, avec peu voire pas d'offrandes

et parfois aucun cercueil. Quelques variantes apparaissent : des tombes dont la structure est constituée

de briques creuses à la place des grosses planches de bois, surtout dans le Henan occidental,

et des tombes à chambre souterraine, surtout à Qin.

 

Les pratiques de sacrifice humain du proche entourage du défunt disparurent progressivement jusqu'à l'interdiction du suicide par fidélité promulguée en l'an -2. Il fut désormais admis que les épouses survivent après la mort du prince jusqu'à leur mort naturelle. Cela explique la construction de tombeaux à accès plus aisés et à portes ouvrables permettant la pratique de plusieurs inhumations à des années d'intervalles, comme dans nos caveaux actuels. Des cérémonies avaient parfois lieu dans le vestibule de ces demeures tombales sous les Han.

 

La peinture investit les parois des tombes, à partir des Han.

 

Les tentures qui habillaient parfois les murs des tombes princières construites en bois ou en pierres à Chu,

furent remplacées, dans les sépultures en briques, soit par des peintures,

soit par des reliefs imprimés.

Le décor pariétal connut un essor à partir des Han et pendant tout le 1° millénaire de l'ère chrétienne.

 

Peinture murale des tombes de Dahuting représentant des cavaliers et des chariots.

Ces peintures datent la période des Han orientaux (25-220),

et les tombes qui les abritent se trouvent à Zhengzhou, Henan.

 

Dès le VI° siècle la peinture investit les grandes parois des rampes d'accès des tombes de la Chine septentrionale, offrant une contre partie temporairement visible, lors des obsèques, aux autres signes de rang, plus permanents, que sont la forme et les dimensions des tumulus, la stèle commémorative et son support, parfois en forme de tortue, et les sculptures délimitant l'allée des esprits.

 

Sous les Tang, la construction de ces édifices funéraires

fut soumise à une réglementation plus élaborée.

 

Entrée et intérieure de la tombe de Wang Jian (847-918), fondateur du royaume Shu antérieur,

pendant la période des Cinq Dynasties et Dix Royaumes.

En 719, la construction d'un tumulus d'une hauteur de 15 m au-dessus de la tombe de Wang Jiao,

le père de l'impératrice, lui fut refusée sous prétexte que son rang n'autorisait que 12 mètres.

 

Une figurine de cheval en céramique sancai de la tombe de Li Chongrun,

maintenant exposée au Musée d'histoire de Shaanxi.
Le long des murs de Tang-era Chang'an, peinture murale du VIII° siècle de la tombe de Li Chongrun

au mausolée de Qianling dans le Shaanxi.

La tombe construite pour le ré-enterrement du prince Li Chongrun en 706, témoigne d'un faste très important,

et demeure la plus grande tombe princière Tang connue à ce jour.

 

Les peintures de la dynastie Tang étaient le pinacle des peintures sociales féodales chinoises,

et leurs réalisations artistiques ont largement dépassé celles du passé.

Comme l’âge d’or de la civilisation chinoise dans la dynastie des Tang,

la peinture chinoise a été grandement développée en termes de matière et de technologie.

L’avancement des techniques et des styles des peintures de la dynastie Tang a eu un impact durable

sur l’art des autres pays, en particulier en Asie de l’Est (Corée, Japon, Vietnam) et en Asie centrale.

 

Le jade.

 

Comme chez d'autres peuples qui ont vécu au bord du Pacifique, tels les Mayas d'Amérique centrale

ou les Maori de Nouvelle-Zélande, le jade a été travaillé avec beaucoup de soin en Chine,

dès le V° millénaire avant notre ère.

Il y a gardé une aura plus durable qu'ailleurs et a continué d'être porté jusqu'à nos jours

sous la forme de pendentifs protecteurs et porte-bonheur.

 

Dans la Chine ancienne, le jade a des connotations religieuses, culturelles et politiques très fortes,

qui en circonscrivent l'usage à un nombre relativement restreint d'objets. Sous forme de plaquettes,

il a également servi à la réalisation d'instruments de musique rituels que sont les lithophones.

 

La matière du jade chinois est la néphrite, un composé de silices de calcium, de fer et de manganèse. Les couleurs varient du blanc au vert en passant par le brun et le gris, en fonction des proportions des composantes dérivées du fer et du manganèse, et de leur degré d'oxydation.

 

▪ Jade en forme d'oiseau, fin de la Dynastie des Shang , IX° siècle, (Musée Cernuschi, Paris)
▪ Jade Huang avec motif dragon, (Partie Musée provincial du Hubei).
Huang était utilisé pour honorer les dieux du nord. Il ressemble à la moitié d'un Bi et une théorie

est que la forme est une imitation d'arc-en-ciel. Cette paire de Huang est reliée par trois fils d'or.

C'est le seul artefact qui combine de l'or et du jade dans la période.

 

Ses fonctions et ses formes ont varié dans le temps et dans l'espace, mais on peut souligner dans l'ensemble, la prédilection des Chinois pour les objets plats que pour les sculptures en ronde-bosse. Les fouilles ont légué une multitude de figurines plates, tandis que les animaux taillés en ronde-bosse sont plus rares, tels que ceux découverts dans la tombe de la reine Fu Hao des Shang ou du marquis Yi de l'Etat méridional de Zeng.

 

Tigre en jade tombe de Fu Hao.
Le jade est une pierre dure, taillable par le quartz ou le silex.

 

▪ Jade dragon pendant Late Shang (1300–1046).

5.6 cm x  8.1 cm, (Anyang, Henan Province).
▪ Jade personnage agenouillé tombe Fu Hao.

 

Les spéculations sur la technique employée par les tailleurs de jade de la Chine néolithique peuvent se résumer à l'aspect laiteux des jades le Langzhu paraît résulter d'un traitement thermique à plus de 900° c. par lequel le jade serait devenu plus maniable.

 

▪ Cong de jade, Culture Liangzhu, 5200-2200 av. Musée de Shanghai.
▪ Jade chinois, zhejiang, culture liangzhu, blanc de poulet, Apollon et tête.

En archéologie chinoise, le terme Cong désigne un objet de jade sculpté, de forme tubulaire,

datant de l'âge néolithique. Les plus anciens datent de la culture de Liangzhu (3300-2000,

qui en a produit en grand nombre. On en trouve encore sous les dynasties Shang et Zhou.
Sa spécificité réside dans l'imbrication de deux formes : sa section externe est carrée mais sa section

interne est ronde. Par ailleurs, sa surface est décorée de différents niveaux ou registres représentant

de façon stylisée ce que l'on interprète comme des masques d'homme-dieu ou d'animal mythique.

 

Des scies circulaires auraient débité le jade brut, extrait des carrières. La maîtrise du tour par les potiers de Liangzhu permet d'imaginer des techniques de percement des jades circulaires (bi) et tubulaires (cong), ainsi que des haches rituelles, à l'aide de forets en bambou au bout desquels étaient fixées des pointes de quartz ou des alênes de silex. Le sable de quartz, dont des cristaux ont été observés  constituait l'abrasif utilisé pour le polissage, en association avec l'eau. Le polissage était complété par le frottage au cuir et au bambou.

 

▪ Masque figurant une tête de jaguar en jade. Chine, dynastie Zhou occidentaux, 1027¬770 avant J.-C.

▪ Pendentif : dragon au corps noué, III° siècle avant Jésus Christ.
Superbe jade de la Chine ancienne, ce pendentif a la forme d’un mince dragon dont le corps serpentin dessine une boucle gracieuse. Creusé de sillons profonds, le corps présente l’aspect d’une corde torsadée, ce qui donne une impression de puissance. L’animal aux courbes sinueuses et aux mâchoires menaçantes, motif décoratif fréquent à la fin de l’époque des Zhou orientaux, est inspiré de l’art de la zone occidentale,

que les nomades des steppes eurasiennes ont fait connaître à leurs voisins chinois.

▪ Deux Cervidés en Jade, dynastie des Zhou Occidentaux, X°-IX° siècle avant Jésus Christ.

 

La fonction des jades découverts dans les tombes n'est pas toujours connue, mais les liens avec les pratiques funéraires sont souvent manifestes, même si les objets étaient parfois employés du vivant de la personne. Etant donné le coût de la matière première et de son travail, les objets de jade sculptés étaient réservés à l'aristocratie.

 

Le disque "bi" (appelé aussi disque "pi") est une sorte d’artefact circulaire en jade,

remontant à la Chine Néolithique.

Ce sont les premiers objets cérémoniels apparus et ceux qui ont eu l'usage le plus long.

 

Les jades intervenaient par ailleurs dans les cérémonies religieuses. La diversité de leurs formes a donné lieu à une nomenclature complexe : disques (bi), arcs de cercle (huang), tablettes allongées (réparties en gui et en zhang selon la forme symétrique ou dissymétrique de leur pointe). Les disques bi, dont l'origine remonte à la culture de Liandzhu, vers 2500 avant notre ère, sont les formes les plus répandues. Ils ont été utilisés tant à des fins rituelles qu'à des fins ornementales, et ils sont chargés d'une valeur précieuse, à connotation politique probablement des l'époque des Royaumes combattants.

 

▪ Disque de Jade Bi avec motif de tigre chi, dynastie des Song du Sud (-1127/1279.)

Diamètre 10,3 cm D. 0,7 cm (Musée national du Palais, Paris).
▪ Jade Pi chinois, sculpté avec un dragon Chi, finement sculpté de motifs floraux,

de motifs géométriques, (Norwood Gallery à MA).
▪ Grande tablette de cérémonie, "yu mei gui", (Paris, musée Guimet).
 

▪ Sceptre Zhang, (Paris, musée Guimet, (musée national des Arts asiatiques).
Sceptre rituel (Zhang), vers 1200-1000 avant ère commune,
Les sceptres et les dagues en jade, dont la forme s'inspirait des anciennes armes en pierre, puis en bronze, deviennent des symboles d'autorité au Néolithique et au début de l'âge du bronze.

Le matériau précieux et la taille raffinée font de ces objets des marques de pouvoir,

témoignant de l'accès privilégié de leur propriétaire aux ressources et aux artisans qualifiés.

Les archéologues spéculent que la forme ronde du disque symbolise le pouvoir du soleil,

des cieux ou de l'au-delà. Il a été utilisé dans la vie quotidienne comme un symbole de rang et de statut.

Un seigneur de guerre vaincu remettra un Disque Bi de jade au vainqueur comme un signe de soumission.

 

Le plus souvent, le bi se présente sous la forme d’un disque plat en jade avec un trou circulaire au centre. Les disques bi du néolithique ne sont pas décorés, tandis que ceux des périodes ultérieures, tels que ceux de la dynastie des Zhou, ont leur surface nettement plus ornée par des sculptures en relief, dont les motifs représentent des divinités associées au ciel, ainsi que certaines qualités et pouvoirs que le porteur du disque voudrait invoquer ou incarner. En tant qu’objets laborieusement conçus, ces disques témoignaient de la concentration du pouvoir et des ressources dans les mains d’une petite élite. À la suite de la diffusion de la technologie du verre depuis le monde antique méditerranéen et le moyen Orient, des disques bi en verre ont été produits dès l'époque des Royaumes combattants. Le dos est alors mat et sans aucun décor.

 

Cavalier de jade, Xianyang (Shaanxi), Han antérieur, (Musée du Xianyang).

 

C'est à l'époque Han que de nouvelles connotations morales se greffèrent sur le jade, et sur certains insignes, devenus la marque de la vertu de leur porteur. Ces connotations morales et honorifiques du jade devaient avoir des répercussions sur le décorum protocolaire de la cour et sur le système de récompense des mérites militaires ou politiques durant toute l'histoire de la Chine dynastique.

 

Les métaux.

 

Les premiers outils agricoles en bronze sont apparus en Chine vers le début du II° millénaire avant notre ère.

Par rapport au cuivre dont la fonte à l'état pur a été très éphémère en Chine, le bronze est doté

d'une grande solidité. Il est obtenu par alliage à l'étain, ou au plomb, plutôt qu'à l'arsenic

comme dans les bronzes égéens. Cette dureté était souhaitable pour les armes, depuis les pointes de flèches jusqu'aux lames des ge, et pour les renforts de boucliers, comme les masques zoomorphes

 

▪ Poignard provenant de la tombe Sanmenxia (Henan) Zhou de l'Ouest,

fer et jade, (Musée de la province de Henan).

 

▪ Plaques en forme de masques zoomorphes.

Exhumées à Sucun (Shaanxi), époque des Shang, bronze, (Musée d'histoire du Shaanxi).

 

La présence d'étain favorise une légère contraction de l'alliage  au refroidissement, qui facilite le démoulage. De surcroît, le bronze fondu solidifie plus lentement que le cuivre. Cela permettra de savantes coulées successives, mises au point par les Chinois à la fin du II° millénaire, où des moules subsidiaires s'ajouteront au moule principal pour fondre les parties (anses, pieds, décors).

 

Bien que découvert beaucoup plus tard qu'au Proche Orient, le bronze a connu en Chine un essor rapide,

lié à des méthodes de fonte et de moulage très développées,

dont certains mystères n'ont pas encore été percés.

 

▪ Yu, dynastie Shang, période Yinxu
Hauteur : 14 cm, (Collection privée).
.

▪ hu, dynastie Zhou. (Musée Guimet, Paris)
Le hu sera très populaire pendant toute la dynastie des Han

(environ 206 avant Jésus Christ - 222 après Jésus Christ.), époque où son corps est

soit en forme de poire, soit carré, et se prolonge d’un long cou. Ses parois sont d’une fonte très fine.

A cette époque il est normalement sans décor à l’exception d’une paire de masques de taotie,

sur l’épaulement, servant de point d’attache à des anses mobiles en forme d’anneaux.

 

Ces développements favorisés par une demande massive et continue en armes, mais surtout en récipients rituels pour le culte des ancêtres, dont les premiers exemplaires furent découverts dans le nord-ouest et le bassin moyen du fleuve jaune, se sont étendus sur un peu plus d'un millénaire, d'environ -1600 au V° siècle avant notre ère.

 

Le prestige lié aux récipients rituels fabriqués en bronze, qui allait de pair

avec tout un système hiérarchique nobiliaire, a pendant plusieurs siècles

préservé l'alliage de la concurrence du fer, connu en Chine les IV°-VIII° siècles avant notre ère.

 

Les méthodes très sophistiquées du moulage.

 

La matière et le travail du bronze chinois sont mieux connus que ceux du jade, grâce à la découverte

de mines anciennes (cuivre, plomb, étain) et de sites de fonderies,

tel celui de Louma au Shanxi (-VI°-V° siècles) où moules et matrices ont été retrouvées.

 

▪ Ding, dynastie Shang, période Yinxu (environ XIV°-XII-XI° siècles avant Jésus Christ).
Hauteur : 24 cm, (Collection privée).
Le vase ding utilisé pour la cuisson et la conservation des aliments,
constitue la catégorie la plus large du corpus des vases rituels. Il est constitué d’un bol rond orné

de deux anses verticales fixées sur la lèvre, et est soutenu par trois pieds.

Sa morphologie et la forme de ses pieds subiront de multiples modifications au cours des siècles.
 

▪ Ding carré en bronze (chaudron) à visages humains.
Vase tétrapode à cuire les aliments (fanding). Découvert en 1959-1960 à Ninxiang, Hunan. Bronze. H. 38,5 cm. XI° siècle avant notre ère. Musée de Ninxiang, République populaire de Chine.

Les ding carrés (fangding) trouvent leur origine dans la céramique de l’époque néolithique.

Ces vases à aliments, supportés par quatre pieds cylindriques, sont fréquents à l’époque des Shang

et au début des Zhou de l’Ouest et subsistent en grand nombre.

 

Contrairement au Proche-Orient, où la technique du martelage était très répandue, permettant d'étirer l'alliage en de très fines épaisseurs, en Chine le bronze était directement coulé dans des moules, sans souci d'économie. On explique cette différence par l'abondance du minerai, ce qui a pu donner de très lourds récipients rituels, intransportables par les pilleurs de tombe. La grande maîtrise de la céramique a également dû favoriser la mise au point des modèles et des moules utilisés dans la fonte des récipients. Les formes des céramiques chinoises, néolithiques ou de l'âge du bronze, ont elles-mêmes nettement influencé celles des vases de bronze, dont les destinations étaient identiques : cuisson, présentation et conservation des aliments et des boissons.

 

▪ Le dui, est un vase rond surmonté par un couvercle de même forme et souvent de même taille

que le corps du vase lui-même. Le dui était très vraisemblablement utilisé pour contenir

et servir de la nourriture.
Bien que décrit dans le Erya dictionnaire rédigé au III° siècle avant Jésus  comme un vase

entièrement sphérique, ce n’est que sous la dynastie des Song que les antiquaires commencèrent

à utiliser le terme dui pour ce type de vases sphériques.
Utilisé vers la fin du VI° siècle avant Jésus Christ, ce type de vase disparaîtra vers le milieu

du IV° siècle avant Jésus Christ, pendant la période des Royaumes Combattants.

▪ Gong, début de la dynastie des Zhou Occidentaux (environ XI° siècle avant Jésus Christ).
Hauteur : 27,5 cm, longueur : 27 cm, (Collection Meiyintang).
Le gong, parfois prononcé guang, est un vase pour les boissons fermentées. Son corps,

en forme de "saucière" soutenue par un pied annulaire, possède une anse semi-circulaire

et est surmonté d’un long couvercle représentant le dos et la tête d’un animal.

Très rarement, la tête de l’animal est fondue avec le corps du vase.

 

La fabrication des vases rituels commençait par l'élaboration de leur modèle en terre, confiée aux artisans potiers. On appliquait ensuite de l'argile crue sur le modèle, cuit à basse température (600 ° c.) pour former un négatif. Ceux-ci étaient également eux-mêmes cuits après séchage. Il restait à confectionner le noyau du moule, en terre réfractaire, pour délimiter l'intérieur du vase. Les décors des vases pouvaient être incisés en négatif sur les segments de moulures d'argile cuite ou directement modelée sur le modèle en argile crue.

 

▪ Gui, début ou milieu de la dynastie des Zhou Occidentaux (environ X° siècle avant Jésus Christ)
Hauteur : 15,2 cm, longueur : 21,8 cm, (Collection Meiyintang).

 

▪ He, période des Royaumes Combattants (environ 475 - 221 avant Jésus Christ)
Hauteur : 22,3 cm, (Collection Meiyintang).
Pendant la période des Printemps-Automnes, (environ 770 - 476 avant Jésus Christ)

le vase est parfois rond et soutenu pas quatre petits pieds en forme d’animaux stylisés.
Le he disparaît vers la fin de la période des Royaumes Combattants (environ 475 - 221 avant Jésus Christ

ou le début de la dynastie des Han (environ 206 avant Jésus Christ).

 

C'est vers les VI°-V° siècles avant notre ère que la décoration des bronzes connut son apogée. Par la technique des coulées successives, les soudures étaient évitées ce qui renforçait la solidité de la pièce. Des évents étaient placés aux endroits les moins visibles des pièces afin d'éviter la formation de bulles d'air au moment où le métal était coulé. Les moules segmentés présentaient l'inconvénient de laisser la trace des raccords sur les récipients. Ce défait technique n'a pas tardé à être exploité par les artisans bronziers, qui ont exacerbé ces arêtes pour en faire un élément décoratif, dès le XII° siècle avant notre ère.

 

▪ Vase et couvercle en bronze archaïque, fangyi, fin de la dynastie Shang,

XIII°-XI siècle avant Jésus Christ, hauteur 20,3 cm.
 

▪ Vase à eau carré "Fang-yi", bronze, époque des Tcheou Occidentaux

(XI° siècle,-770 avant  Jésus Christ), découvert en 1963 au Chensi.

 

▪ Vase fanghu de Lajialou, fin VII° début vie siècle avant Jésus Christ, (musée de la province du Henan).
 

▪ Vase fanghu en bronze à anses zoomorphes, Dynastie des Zhou orientaux.
Période des Printemps et Automnes (771-481 avant Jésus Christ, (Musée national de Chine).

 

▪ Vase fanghu (Musée du Quai Branly)
 

▪ Paire de jarres à section carrée fanghu pour les boissons fermentées exhumées à Xiasi, Henan,

milieu du VI° siècle avant Jésus Christ.

 

La fonte à la cire perdue, qui permettait la fabrication des pièces de monnaies au Proche-Orient dès le IV° millénaire et qui permit la fonte des grandes sculptures grecques, est apparue en Chine tardivement vers le milieu du VI° siècle avant notre ère. Son application aux bronzes rituels a été éphémère et limitées aux royaumes méridionaux de Chu, de Wu et de Cai (tombes des rois Helü, -514-497, au Jiangsu et Zhao, - 518-491, en Anhui).

 

▪ Hallebarde ge. "Printemps et Automnes", V° siècle (Museo nazionale d'arte orientale, Rome).
 

▪ Manche d'épée ou de dague en or, à décor moulé formant des dragons entrelacés.

Sa fonction est manifestement pour l'apparat, l'or étant trop fragile pour le combat.

(V° siècle avant Jésus Christ, British Museum).

 

L'usage était restreint à la fonte de pièces de décor ajouré sophistiquées, ajoutées sur des bronzes somptuaires. Cette technique a également été employée pour la fonte de manches d'épées en or au décor complexe, découvertes à Baoji, dans l'ouest du Shaanxi.

 

▪ Boucle de ceinture d'apparat, ornée d'un animal mythique et d'oiseaux, or martelé et ciselé,

époque des Han postérieurs, 1°-2° siècle, (Musée Guimet, Paris).

 

▪ Créature mythique, tombe n° 9 de Xujialig, Xichuan (Henan), Printemps et Automnes

Bronze incrusté de turquoises, haut de 48 cm, (Musée de la province de Henan).

La malachite anime ses yeux et ceux des petits dragons perchés sur son dos).

 

C'est probablement sous l'influence de l'art des steppes où cuir et feutre se mêlaient, que les incrustations sur métal se sont développées en Chine. Des ivoires incrustés sont connus dans la plaine de la Chine centrale depuis -1200 (tombe de la reine Fu Hao), mais l'incrustation des pierres précieuses sur l'or ou sur le bronze ou du cuivre sur le bronze, s'est multipliée aux VI-V° siècles avant notre ère.

 

L'indépendance accrue des seigneuries vis -à-vis de la maison royale des Zhou

est allée de pair avec une transformation du système rituel.

Les récipients en bronze se sont progressivement détournés de leur fonction religieuse

pour devenir des pièces ostentatoires de luxe.

 

▪ Chaudron, ding, pour cuire les viandes et poissons, bronze" incrusté d'or et d'argent,

"Royaume combattants", (Musée du Loaoning).

 

▪ Bodhisattva Crypte de la pagode du monastère Famen si, dynastie des Tang, 871,

en argent, haut de 38,5 cm, (Famen, Musée du Famen si).

 

Cette évolution allait favoriser la décadence des industries régionales des bronzes rituels, dont celle de Houma, encore très productive au V° siècle avant notre ère, et leur future centralisation et réorientation vers le mobilier domestique de cour, orchestrée au II° siècle par les empereurs Han. C'est à cette époque que se sont développés les motifs historiés par incrustation de cuivre rouge sur bronze, figurant des scènes mythologiques, rituelles ou de chasse.

 

▪ Cheval, fosse funéraire près de la tombe n° 1 Maoling (Shaaxi), Han ouest,

bronze doré, format 62 x 76 cm, (Musée de la nécropole de Maoling).

Cette technique allait bientôt s'appliquer aux pièces d'ornements de chars et de chevaux.

 

▪ Brule-parfum, exhumé à Maoling, en bronze doré et agent, haut de 58 cm,

(Musée d'histoire de la province du Shaanxi).

 

Ces précieux reliquaires ont été découverts avec toute une série d'objets liturgiques dans la crypte construite sous la pagode du monastère Farnen si, situé à l'ouest de Xi'an, qui entretenait des relations privilégiées avec la cour des Tang, à l'époque où le bouddhisme bénéficiait encore de la protection du souverain.

 

LE LAQUE.

 

Le mot viendrait du latin au Moyen Age "lacca" dérivé du persan "lakh" peinture rouge,

ou de l’hindi "lakh" désignant une laque utilisée en inde. En Asie, cette gomme vient du "Rhus verniciflua",

"originaire du centre et du sud de la Chine et probablement du Japon.

Cet arbre pousse à l’état sauvage. Son exploitation devrait remontée au 1° millénaire avant notre ère.

L'art du laque est une invention chinoise. Il consiste à déposer successivement un grand nombre de couche

de laque, en prenant soin de les poncer soigneusement après séchage.
Le laque est décoré par des effets de gravures, de peinture ou de dorure.

 

Les laques de la tombe du marquis Yi de Zeng.

 

▪ Cervidé, tombe du marquis VI de Zeng, (Leigudun (Hubei), vers -433.

Laque Wuhan, (Musée de la province de Hubei).

 

▪ Zhenmushou, Gardien des tombes, Époque des Royaumes combattants-Chu, IV°,

(Musée Guimet, Paris).
A l’heure actuelle, l’une des tombes les plus remarquables dans l’étude de ce royaume

est celle dite du Marquis Yi de Zeng (Yi signifiant Marquis et Zeng étant la principauté d’appartenance

du marquis), qui n’est pourtant pas évoquée comme faisant partie de ce royaume mais qui témoigne

d’une influence majeure, vraisemblablement et selon une inscriptions gravée

sur une cloche du mobilier funéraire, un cadeau de la part d’un roi Chu en 432 avant notre ère.

 

Cette tombe procède d’innovations architecturales avec une pièce centrale où ont été disposées le mobilier rituel à savoir des instruments de musique : une soixantaine de cloches, une quarantaine de pierres sonores gravées selon le son qu’elles produisent, deux tambours, des instruments à cordes et des flûtes.

 

Cercueil du marquis Yi de Zeng, laque peint de couleurs vives. Dynastie Zhou,

époque des "Royaumes Combattants", 433 avant notre ère. Ancien état de Chu.

Format 46 × 46 × 184 cm.

Tous les côtés sauf le dessous sont décorés de 72 dragons et d'oiseaux mythiques stylisés.

Ce cercueil était placé au cœur de deux autres cercueils emboités, tous laqués. (Musée provincial du Hubei).

 

Les cercueils des vingt-et-une personnes sacrifiées lors des obsèques ont été mises mise au jour en 1978. Celui du marquis lui-même est double. Le cercueil interne est recouvert de laque rouge à l'intérieur et de motifs noirs rehaussés d'or, appliqués sur fond rouge, à l'extérieur.

 

▪ Petit cercueil du marquis Yi de Zeng, représentation de portes et de fenêtres

sur les côtés entourés d’animaux mythiques.
 

Détail du sarcophage intérieur du marquis Yi de Zeng. Gardiens munis de hallebardes.

Bois laqué et peint. Ces divinités gardiennes du cercueil accompagnent des représentations de portes

qui permettent de manière symbolique à l'âme du défunt de se déplacer à l'intérieur de la tombe.

 

▪ Sarcophage extérieur du marquis Yi de Zeng avec l’ouverture sur le côté. Bois laqué et peint.

 

Parmi les deux cents objets laqués de la tombe de Yi de Zeng, on compte de nombreux instruments de musique en bois sculpté, des boucliers, des armures composées chacune de deux cents plates de cuir laqué et des éléments destinés à la protection du cheval, ainsi qu'une boite de fards en forme de canard dont les scènes de musique et de danses rituelles représentées sur ses flancs devenues célèbres.

 

Les progrès techniques permettent une grande variété d'objets, une palette de couleurs plus riche.

La production d'objets laqués s'est accrue et démocratisée dès le IV° siècle avant notre ère,

s'étendant à des objets plus usuels (plats, coupes à boire, carafes à vin...).

Le laque sec et la maîtrise du bois courbé semblent être à l'origine de cette évolution.

 

▪ Bronze gun et bronze à section ronde et sculptée.
Le royaume Chu possède ainsi une grande influence comme en témoigne cette tombe du marquis Yi de Zeng qui concentre en un seul point la richesse, la technicité et les pratiques funéraires caractéristiques de Chu sans pour autant faire partie de ce royaume. Les Chu vont avoir des pratiques funéraires nouvelles en lien avec un changement de conception de la mort qui arrive en parallèle de l’établissement de nouvelles dynastiques fortes se concluant par l’arrivée du premier empereur de Chine :

Qin Shi Huang dont la tombe est mondialement connue et parmi les plus extraordinaires et les plus riches.

 

▪ Le coffret laqué en bois en forme de canard mandarin
Ce coffret est à la fois pratique et décoratif. Trouvé dans un cercueil d'accompagnement de la chambre

de l'ouest dans le tombeau du Marquis Yi de Zeng, il devrait être un objet chéri appartenant

à l'une des femmes enterrées avec le propriétaire. Il y a à deux côtés de l'abdomen des photos

de danser et jouer des cloches en bronze et des tambours,

qui sont un reflet rare de la musique, la danse et la peinture de la Chine ancienne.

 

Au lieu de venir en couverture d'un objet taillé dans le bois massif, le laque pouvait désormais s'appliquer sur de fines feuilles de bois, comparables aux feuilles de contreplaqué moderne, que les artisans courbaient au moyen de la chaleur et de moules. Il pouvait également s'appliquer directement sur une âme de tissu, selon le procédé appelé jiazhu. Les objets gagnèrent ainsi en légèreté et en rapidité de fabrication.

 

"Souverains modèles et ministres exemplaires", Fragment de paravent laqué peint,

(tombe de Sima Jinlong, Datong (Shanxi, 484, Musée de Dalong).

Une plus grande maîtrise des mélanges laque-pigments permit d'obtenir une palette plus riche,

comportant, en sus du rouge et du noir, le jaune, le blanc, le brun et le bleu.

 

"Panier de Lelang", où le laque recouvre la vannerie de base.

Scène de parangons confucéens, début du II° siècle, panier de bambou avec des panneaux peint laqués,

long de 39,1 cm, (Central Historical Museum, Pyongyang).

 

Découvert dans une tombe datant du 1° siècle ou du II° siècle, il témoigne de l'étendue du commerce de ces objets de luxe entre les régions productrices et les colonies chinoises à l'extrémité de l'empire, Lelang se trouvant dans l'actuelle Corée du Nord. Les personnages peints sont nommés par des inscriptions. Ils illustrent des exemples de piété filiale.

 

Les couleurs se sont encore enrichies par la suite, comme sur les panneaux du paravent laqué retrouvés dans la tombe de Sima Jinlong (mort en 484), où sont peintes des figures de rois et ministres exemplaires et de femmes vertueuses, bien antérieures aux versions peintes sur soie qui nous sont parvenues.

 

Un laque peinture de la tombe Jingmen  de l'État de Chu (-704-223 avant Jésus Christ),

représentant des hommes portant des précurseurs de Hanfu (c'est-à-dire une traditionnelle soie robe)

et de l'équitation dans l'un deux attelées à un chariot.

 

Les terres cuites.

 

L'art de la céramique en Chine est très ancien et important.

Sa fonction dans l'art funéraire est connue sous la forme de mingqi,

c'est-à-dire d'objets spécialement fabriqués pour accompagner le mort dans sa sépulture,

et sous celle des briques des tombes, décorées par des motifs peints ou imprimés.

 

Les mingqi, des figurines en remplacement des sacrifiés.

 

Ces premières imitations de bronzes rituels en terre cuite, apparues dès le V° siècle avant notre ère,

proviennent d'une industrie soignée. Il en est de même des ensembles de figurines découverts dans les fosses

attenant à la tombe du Premier Empereur et dans celle de l'empereur Jing des Han († en -141).

 

Ces objets coexistent d'abord avec les récipients de bronze et les victimes humaines,

et ce n'est que progressivement que leur usage exclusif s'imposera.

 

Le tombeau de l'empereur Shi Huangdi des Qin se situe dans le district de Lintong, à 35 km à l'est

de la ville de Xi'an. C'est le premier tombeau impérial dans l'histoire chinoise.

 

Sur ce site archéologique qui ne fut découvert qu'en 1974, des milliers de statues restent sans doute à mettre au jour. C'est là que Qin, premier unificateur de la Chine, mort en 210 avant Jésus Christ, repose au centre d'un ensemble qui évoque le schéma urbain de sa capitale Xianyang, entouré d'une armée de guerriers en terre cuite devenus rapidement célèbres dans le monde. Ces personnages, tous différents, avec leurs chevaux, leurs chars et leurs armes, sont des chefs-d'œuvre de réalisme, qui constituent aussi un témoignage historique inestimable.

 

 

Tombe de l'empereur Oiun, archer agenouillé.

Puits, tombe de Yanshi (Henan), hauteur 24,5 cm, (Zhengzhou, Musée de la province du Henan).

 

Colonnes de soldats.

Le recours à la figuration des hommes au service de l'empereur, au lieu de leur sacrifice,

prit alors des proportions extravagantes :

environ sept mille soldats reproduits à l'identique de la taille humaine,

sans compter une centaine de chars à chevaux.

Le visage de chaque soldat a été travaillé de manière à être unique.

 

Un soldat de terre cuite, avec son cheval, et Char en bronze de l'empereur.

 

Les fouilles du mausolée de l'empereur Jing des Han (-157-141), entreprises depuis 1991 près de Xianyang,

révèlent une évolution des Mongqi vers des dimensions plus réduites,

mais dont le nombre total paraît avoir été de plusieurs milliers.

 

Dans la fosse n° 20, plus de 400 personnages en terre cuite, alignés sur 13 rangs, ont été découverts encore debout, encastrés sur des planches de bois. Hauts de 62 cm, il figurent probablement des soldats de la garde personnelle de l'empereur, mais aussi des artisans munis de leur rabot, de la scie et de l'herminette, et des ouvriers agricoles portant sur le dos bêche et houe.

 

La construction du mausolée de l'empereur Jing a duré douze ans (-153-141),

mais la fabrication des personnages a dû occuper les artisans des ateliers impériaux

pendant une période plus longue encore.

 

▪ Six statuettes funéraires. Fosses de l'empereur Jung (Yangling (Shaanxi),

Han antérieurs -141, en terre cuite polychrome.

Presque toutes ont perdu leurs bras de bois, conçus pour être plus ou moins relevés,

comme le laisse deviner le trou central perforé à la base de l'épaule.

▪ Soldats, en terre cuite, (Musée de Xianyang).

 

Par rapport aux figurines fabriquées en terre cuite, sur lesquels les vêtements étaient peints,

celle du mausolée de l'empereur Jung sont beaucoup plus sophistiquées

et sont parées de robes de rubans de soie et d'armures réduites.

 

Les décors peints ou imprimés sur brique.

 

Avec la substitution des briques au bois dans l'architecture funéraire,

le décor s'est emparé des surfaces offertes par ce nouveau matériau.

Il pouvait être peint sur les briques cuites ou imprimé sur les briques humides, avant la cuisson,

les deux techniques étaient parfois mêlées.

La peinture offrait l'avantage d'une plus grande personnalisation et couleurs.

 

Vue intérieure d'une tombe de Qianjintou, Luoyang (Henan, vers -89-49.

Tigre, brique creuse estampée (Musée des tombes de Han).

La tombe devient une demeure qui, par son décor et son mobilier, rend compte du statut social du défunt.

 

Les tombes du début de la dynastie sont caractérisées par la recherche du luxe le plus extravagant possible. Ces débordements suscitent les critiques virulentes des lettrés confucéens, qui contraignent le pouvoir à réglementer les pratiques funéraires, afin d’éviter toutes dérives et rivalités.

Les pièces en jade, métaux précieux, bronze sont souvent remplacées par des figurines en bois ou en terre cuite, les mingqi, et les sacrifices humains définitivement bannis, témoignent d’une poursuite des principes confucéens de modération et de respect de la vie.

Dans la Chine antique jusqu’au début des royaumes combattants, les fosses sacrificielles pouvaient receler jusqu’à 1200 cadavres, serviteurs, gardes, prisonniers de guerre, chevaux, chiens, qui avaient "l’honneur" d’accompagner le défunt !

 

 

Cet imposant bas-relief est le premier objet offert par la société des Amis du musée, créée en 1922.

En raison de son format, il a pu avec vraisemblance constituer le linteau au-dessus des deux portes jumelles,

qui séparaient l’intérieur d’une tombe en deux pièces. (Musée Cernuschi, Paris).

 

Son décor participe à des spéculations d’inspiration taoïste de la fin de l’époque des Han. La figure d’un immortel de type "homme oiseau", peut-être un exorciste "déguisé, assurant par des rites la sécurité de l’accès par l’âme à l’au-delà, et divers animaux fantastiques ailés se succèdent en frise. Ce bestiaire fantastique comprend plusieurs félins et dragons, un ours et un cerf, animaux réputés psychopompes. Cette composition n’est pas sans évoquer la frise peinte de la tombe de Bu Qianqiu à Luoyang datée de la fin de l’époque des Han de l’Ouest (226 avant J.-C.-9 après J.-C.), qui décrit l’ascension de l’âme (hun) du défunt jusqu’aux contrées célestes.

 

▪ Immortel et tigre, tombe du cimetière impérial des Qi du Sud (470-502),

(Danyng Jiangsu, Musée de Nankin).

▪ Distillation et vente d'alcool. Brique moulée décorée en relief exhumée à Xindu

(Sichan), Han postérieurs, hauteur 28 cm. Chengdu, (Musée de la province de Chengdu).

 

A partir de la fin du III° siècle et jusqu'au V°, les motifs estampés sur briques s'adaptèrent aux briques pleines de petit format des sépultures princières dans des dynasties du Sud, à proximité de Nankin. Les scènes représentées sont réparties sur plusieurs briques, pouvant former des compositions de plus de 2 m de long, dans lesquelles le dessin linéaire est parfois en relief.

 

La pierre.

 

La taille de la pierre a connu son apogée sous les Han, grâce à l'amélioration de l'outillage

(gouges de fer et d'argent).

La demande de sépultures construites et de chambres à offrandes s'est particulièrement accrue

à cette époque où le culte aux ancêtres s'est progressivement déplacé vers le monument funéraire.

 

Les bas-reliefs lapidaires.

 

Les dalles sculptées de motifs en relief étaient destinées à orner les parties les plus importantes

de la tombe, souvent les plus visibles pour qui venait rendre un culte au défunt :

la porte et les linteaux, les couloirs d'accès et le vestibule.

Les surfaces sculptées étaient de dimensions variables,

et la technique employée changeait d'une région à l'autre.

 

Bas-relief sur brique représentant une scène de marché, période des Han postérieurs,

Guanghan (Sichuan), Musée national de Chine.

 

Le relief était creusé plus ou moins profondément. Le fond le moins travaillé, pouvait être évidé soit à coups de gouge linéaires réguliers, soit par une succession de petits éclats ponctuels. La surface laissée en relief pouvait être traitée comme de grands aplats lisses simplement incisés par un couteau fin, qui traçait en dessin essentiellement linéaire, comme dans les grandes scènes pariétales.

 

L'évolution majeure dans l'organisation des tombes riches qui se produit durant la période Han est le passage de tombes creusées dans des puits verticaux et hermétiquement isolées de l'extérieur à des tombes constituées sur un plan horizontal, accessibles par une rampe d'accès constituant un corridor conduisant à des chambres souterraines généralement disposées de façon axiale et séparées par des portes en pierre.

 

▪ Détail d'un fragment d'un des classiques sur pierre, 172-178.

▪ La Reine-Mère de l'Occident (Xiwangmu) associée à des animaux mythologiques (tigre, dragon, renard à neuf queues, etc.), bas-relief d'une tombe de la période des Han postérieurs. Musée provincial du Sichuan.

 

▪ Scène de festivités. Estampage d'un linteau d'une tombe découverte près de Xuzhou (Jiangsu),

dynastie des Han. (Musée des stèles lapidaires).

 

▪ Processions de voitures à cheval (détail).

Estampage d'une stèle de la chambre des offrandes du cimetière de la famille Wu.

Jiaxiang (Shandong), Han postérieurs.

 

Scène de tauromachie. Bas-relief provenant de Nanyang (Henan), Han postérieurs.

(Musée des bas-reliefs lapidaires).

 

Les artistes de la région du Jiangsu septentrional s'appliquaient à rendre le détail des tuiles sur les toits des pavillons par des traits droits réguliers et les vêtements des personnages par des courbes concentriques, comme le montre la scène des festivités. L'espace y est densément rempli, à la différence des reliefs de Nanyang, où un grand sens du mouvement est atteint, en particulier dans les scènes animalières.

 

Des dizaines de milliers de tombes de la période Han ont été mises au jour par les archéologues dans les provinces de l'empire. Elles concernent avant tout le milieu des élites sociales. Les tombes des couches populaires, généralement de simples fosses avec peu d'objets funéraires, n'ont pas retenu l'attention des fouilleurs. Les tombes aristocratiques des débuts des Han sont caractérisées, dans la droite ligne de la fin de la période des Royaumes combattants, par la recherche du luxe le plus extravagant possible. Les grandes tombes des "rois" appartenant au lignage impérial vastes et disposaient d'un matériel funéraire important. Elles suscitèrent de plus en plus les critiques des lettrés confucéens.

 

Chambre à offrandes de la tombe de Liu Sheng.

 

Ce modèle, dérivé des tombes à catacombes du pays de Qin (surtout le Henan actuel) durant les derniers temps de l'ère pré-impériale, admet de nombreuses variantes régionales. Certaines de ces tombes à chambres multiples étaient creusées dans des montagnes, mais la plupart l'étaient dans le sol et disposaient d'une structure en briques ou en pierre, et étaient surmontées par un tumulus artificiel signalant leur emplacement. Les différentes chambres des tombes riches présentaient une organisation renvoyant à celle d'une résidence terrestre : une antichambre, une pièce de réception servant à l'exécution des rituels funéraires, des pièces annexes servant de magasins, et une chambre funéraire où le cercueil était disposé. Les tombes à caissons en madriers formant divers compartiments, populaires durant la période pré-impériale, en particulier au pays de Chu, restèrent courantes aux débuts des Han, comme à Mawangdui, mais se retrouvent aussi plus au nord à Dabaotai (près de Pékin).

 

L'art lapidaire connut un sommet comparable dans la seconde moitié du II° siècle au Shandong.

Les scènes incisées sur les pierres qui décorent les chambres à offrandes du cimetière de la famille Wu

livrent de remarquables exemples, qu'ont malheureusement usés les nombreux estampages

collectionnés par les Chinois depuis mille ans.

 

Un art qui perdurera jusqu'au X° siècle.

 

Le recours aux pierres sculptées en relief dans l'art funéraire s'est étendu bien au-delà des Han.

 

▪ Danseur barbu, tombe de Fenghui, Bin (Schaanxi), 958,

Terre cuite et pigments, hauteur 70 cm, (Musée du district de Bin).

 

▪ Joueuse de cliquettes, tombe de Fenghui, Bin (Schaanxi), 958,

Terre cuite et pigments, hauteur 72 cm, (Musée du district de Bin).

 

▪ Joueuse de flûte de Pan, tombe de Fenghui, Bin (Schaanxi), 958,

Terre cuite et pigments, hauteur 73 cm, (Musée du district de Bin).

Briques qui décoraient le couloir souterrain conduisant à la chambre funéraire de Genf Hui, † en 958.

La rondeur des personnages s'inscrit dans la continuité du style tardif des Tang.

 

Bien que ces briques, rehaussées de peinture rouge et noire, aient été déposées des parois par les pilleurs, la position des 28 personnages représentés (prêtres, musiciens et danseurs) permet d'imaginer leur répartition initiale : les hommes figuraient sur le mur est, face aux femmes. En tête de chaque partie du cortège funéraire, un prêtre paraît se convulser, agenouillé sur une natte.

 

Figurines de musiciens. Han occidentaux. Bois, bambou. Hauteur 31 cm. Découvertes en 1972, tombe n°1,

Mawangdui (Changsha, province du Hunan). Musée provincial du Hunan.

 

Tambour et tambourin, claquettes en forme de longues tablettes, petits lithophones, harpe, flûtes à bec, flûtes traversières et flûtes de pan, orgues à bouche et guitare pipa ont rythmé les obsèques du chef du secrétariat de l'éphémère dynastie des Zhou postérieurs (951-960).

 

LE CULTE DES ANCÊTRES :

une tradition millénaire.

 

Le culte des ancêtres était au coeur de la religion chinoise depuis au moins la première dynastie historique

des Shang, d'où les inscriptions oraculaires et les premiers écrits portés sur les bronzes

témoignent de la consultation des ancêtres par les rois.

 

▪ Jarre zun en forme de bovidé surmonté d'un tigre, Xhanxi, VI° siècle, bronze haut de 24 cm,

(Xhaanxi Provincial Museum, Xi'an).
 

▪ Rhinocéros en bronze datant des Han occidentaux.

▪ Vase You à conserver les boissons, dit : la Tigresse. Bronze, Hauteur 35,2 cm

loin au Sud du territoire Shang. Hunan, XI° siècle avant notre ère. (Musée Cernuschi, Paris).

 

Sous les Zhou (-1050-256), le lignage royal et les alliances qui en dérivaient reposaient sur un culte des ancêtres très hiérarchisé. Les inscriptions figurant sur les bronzes employés lors des cérémonies qui leur étaient adressées attestent de façon tangible les consultations des ancêtres par les vivants et leur enjeu : outre le succès des campagnes militaires, les faveurs requises concernaient principalement l'abondance des récoltes ou la longévité personnelle.

 

Afin d'asseoir leur autorité, les rois des Zhou de l'Ouest (-1050-771) ont distribué les territoires

situés aux marches du royaume à des descendants de la maison royale par alliance,

c'est-à-dire aux fils des épouses secondaires.

Pour entretenir leur soumission, les souverains leur offraient des ensembles d'instruments rituels,

en fonction de leur rang et en récompense de leurs bienfaits,

afin qu'ils prennent part au culte des ancêtres de la lignée royale.

 

Les vases rituels.

 

Depuis le début du II° millénaire, différentes régions de Chine ont développé un art du bronze très abouti.

Reposant sur des ressources en minerais très importantes, il privilégie la méthode de la fonte

dans des moules en argile, qui s'est complexifiée peu à peu avec le développement de techniques

permettant de réaliser des objets plus standardisés tout en étant d'une qualité remarquable :

moules à sections, fonte en coulées successives par plusieurs moules ajoutés.

 

A l'époque des Zhou, les récipients :

ding, destinés à cuire les viandes au cours des banquets cérémoniels,

▪ et dui, destinés à contenir les céréales,

étaient au coeur du mobilier rituel, tandis que les vases à boisson,

prédominants sous les Shang, avaient une importance moindre.

 

Tripode Ding Fuleng (Shaanxy), Zhou de l'Ouest, bronze haut de 57 cm (Musée de la province du Shaanxi).

Chaudron ding à visage humain, une très inhabituelle décoration.
Dans l' histoire chinoise et la culture, la possession d'un ou ding plus anciens est souvent associée

à la puissance et la domination sur la terre. Par conséquent, le ding est souvent utilisé

comme un symbolisme implicite pour le pouvoir.

Le terme "interrogative des ding" est souvent utilisé de manière interchangeable avec la quête du pouvoir.

 

En raison de leur poids et de leurs dimensions, les ding étaient transportés au moyen d'une barre transversale qui traversait les anses supérieures conçues à cet effet. Ces barres ont d'ailleurs constitué une unité de longueur de référence dans la construction des portes des temples des ancêtres. Ding ont été utilisés pour faire des sacrifices rituels, à la fois humaine et animale, aux ancêtres. Ils varient en taille, mais étaient en général assez grandes, ce qui indique que les animaux entiers ont probablement été sacrifiés. Les sacrifices étaient destinés à apaiser les ancêtres en raison de la croyance que les esprits Shang avaient la capacité d'influer sur le monde des vivants. Si les ancêtres étaient heureux, la vie serait bénie avec la bonne fortune.

 

Au cours du début de la dynastie des Zhou de l'Ouest,

le peuple a subi un changement politique et culturel.

Roi Wu de Zhou a cru que le peuple Shang était ivrogne. Il croyait que leur surconsommation de vin

a conduit leur roi à perdre le mandat du ciel, ce qui conduit à la chute de la dynastie Shang.

En raison de cette croyance, les vaisseaux alimentaires (et ding en particulier) ont remplacé

les navires de vin en importance. Vases en bronze ont subi ce qui a été appelé la "Révolution rituelle".

 

▪ Tripode ding Fufeng (Shaanxi), Zhou de l'Ouest, bronze de 57 cm

 

▪ Vase tripode jia, utilisé pour chauffer les boissons fermentées, est toutefois plus grand

et n’a pas de bec verseur. Son corps, cylindrique ou rond, à fond plat ou arrondi, possède

une anse latérale demi-circulaire parfois surmontée d’une très belle tête d’animal

en ronde-bosse, et deux tenons verticaux.

 

▪ Vase pour l'eau des ablutions Zhangjlia (Shaanxi), dynastie des Shang, bronze de 19,2 cm (Musée Yang).

Le mufle de ce quadrupède évoque celui du tapir, mais des éléments empruntés à des animaux divers apparaissent également modelés en bas-relief sur un fond typique de spirales carrées :

serpents lovés sur le front, têtes d'oiseaux sur le corps...

 

Cette troisième catégorie de récipients rituels concerne ceux affiliés aux ablutions par lesquelles commençaient les cérémonies, où les officiants se lavaient mutuellement les mains en signe de respect. Sous les Shang, il n'était pas rare que ces récipients empruntent une forme zoomorphe.

 

Les instruments de musique.

 

Le troisième type d'objet caractéristique des tombes de la Chine antique est la cloche rituelle.

Depuis la fin des Zhou occidentaux, les cloches suspendues sont devenues la norme pour les rituels.

 

Les ensembles de cloches et les lithophones (pierres sonores frappées avec des baquettes)

constituent une autre composante majeure du mobilier rituel employé dans le culte ancestral.

Ils sont particulièrement développés sous les Zhou, pour connaître leur apogée au V° siècle.

 

▪ Cloches bo et yongzhong, du duc Wu de Qin, retrouvée à Baoji, Shaanxi, (musée de Shanghai).
 

 La tombe du duc Wu de Qin, au début de la période des Printemps et Automnes, a livré un ensemble

de huit cloches, dont cinq yongzhong, modèle le plus courant, à bouche concave

et disposant d'un manche et d'un anneau pour une suspension inclinée,

mais aussi d'autres modèles appelés bo, de forme plus arrondie et à bouche plate,

aux ornements souvent exubérants (notamment des ailettes) ;

l'autre type courant est les niuzhong, proches des yongzhong mais à suspension droite.

 

Les cloches, quel que soit leur type, n'ont pas de battant et sont donc frappées de l'extérieur. Leur bouche a généralement une section en amande, ce qui permet de produire deux tons selon qu'elles sont frappées au centre ou sur les côtés. Des tombes postérieures ont livré des carillons plus imposants : 26 cloches dans la tombe n° 2 de Xiasi, et 64 dans celle de Leigudun au début des Royaumes combattants, l'ensemble le plus impressionnant de la Chine antique où sont présents les trois types de cloches les plus courants.

 

Cloches de la tombe du marquis Yi de Zeng
Cette tombe procède d’innovations architecturales avec une pièce centrale où ont été disposées

le mobilier rituel à savoir des instruments de musique : une soixantaine de cloches, une quarantaine

de pierres sonores gravées selon le son qu’elles produisent,

deux tambours, des instruments à cordes et des flûtes.

 

Ces cloches portent le nom de vingt-neuf notes différentes, que les fondeurs savaient atteindre précisément, ainsi que de précieuses indications sur la durée et les intervalles qui ont révolutionné la connaissance de la musique chinoise ancienne. La fonte en un bloc était un élément de garantie de l'harmonie et de la justesse du ton. Les protubérances au-dessus du tambour contribuaient à éliminer les sons parasites susceptibles d'apparaître lorsque la cloche était frappée sur les parties excentrées du tambour, pour produire une note plus aigüe que celle qui résonnait lorsque le milieu du tambour était frappé.

 

Carillon de cloches bo de la tombe du marquis Yi de Zeng.

Le regroupement de cloches bo, initialement destinées à être sonnées individuellement,

se produisit à partir du IX° siècle dans la Chine du Nord.

Les carillons s'agrandirent progressivement, jusqu'à comprendre un maximum de 64 cloches capables

de produire une gamme de tons étendue sur plus de trois octaves.

 

Le lithophone du marquis Yi de Zeng, Leigudun (Hubei), vers -433, Wuhan, (Musée de la province du Hubei).

 

C'est un instrument de musique datant de la Préhistoire, rencontré en Chine notamment.

Il s'agit d'un instrument de percussion formé d'un ensemble de pierres sonores, soit posé à terre

soit suspendu par divers moyens, qui est frappé au moyen de baguettes en bois ou d'autres pierres.

 

Parmi les objets trouvés dans la tombe du Marquis Yi de Zeng, datant du V° siècle avant Jésus Christ, se trouvait un instrument colossal, regroupant 65 cloches de bronze, toutes retenues sur une charpente finement ouvragée. La découverte de cet instrument dans la tombe du roi d’une petite province de la période des Royaumes Combattants indique à quel point les arts prenaient une place importante dans les cours des petits royaumes d’alors.


La carillon est une pièce de taille ; le portant le plus long mesure un peu moins de 8 mètres, le plus court environ 3 mètres, pour un poids total de 7 tonnes si l’on compte les soixante-cinq cloches de bronze qui composent sa structure. Ces cloches couvrent 5 octaves et demi et comptent 12 demi-tons, et selon l’inclinaison, elles ne produisent pas le même son si elles sont frappées par devant ou par derrière. Elles ont également la particularité d’avoir figurés sur leur panse plus de 2800 signes indiquant la manière dont on joue du bianzhong, ce qui en fait un témoignage inestimable dans l’histoire de la musique chinoise.

 

La piété filiale.

 

Après les décrets édictés par Gaozu en -197 ou par Jingdi (l'empereur brillant) en -156,

promulguant la construction de répliques du temps ancestral de la capitale dans tout l'empire,

le culte des ancêtres se transforme :

l'esprit de l'ancêtre, au lieu de s'incarner dans un jeune représentant du clan,

fut désormais représenté par des peintures murales ou par des poupées de bambou placées sur un autel.

 

▪ En tant qu'empereur, il s'appelait Gaodi (Kao-ti), ce qui signifie "grand empereur"; après sa mort,

il s'appelait Han Gaozu, ce qui signifie "grand ancêtre des Han". Il était admiré pour ses capacités,

sa générosité et ses conseils de ses ministres.

▪ Han Jingdi (-188 et -9 mars 141) est un empereur chinois de la dynastie Han.

Son nom personnel est Liu Qi.
Durant son règne, il y eut plusieurs manifestations d'indépendance de grands féodaux face à l'intention

de centralisation de pouvoir, avec pour point culminant la rébellion des sept États en -154.
Après la victoire sur les princes rebelles, Jingdi écarta pour longtemps les désirs d'indépendance de ces États.
Vis-à-vis des Xiongnu, Jingdi adopta autant qu'il put une politique de paix

en donnant des princesses Han en mariage aux chefs Xiongnu.

▪ Han Jingdi est un empereur de la dynastie Han de -156 à -9 mars 141 avant Jésus Christ.

Son nom personnel est Liu Qi. Comme son père Han Wendi, Jingdi pratiquait le wuwei, dans l'art de gouverner.

Empereur soucieux du sort de ses sujets, il diminua à plusieurs reprises les impôts, encouragea l'agriculture

en favorisant la construction des systèmes d'irrigation, veilla à éviter des erreurs judiciaires

et mena lui-même une vie simple. Le règne de Wendi et celui de son père sont considérés

par les historiens comme une période de paix, de prospérité et de justice.

 

Sous les Han postérieurs, aux 1° et II° siècles de notre ère, le culte revint au deuil préconisée par Confucius ou, du moins, par son disciple Zengzi : "Du vivant de ses parents, les servir par l'amour et le respect ; morts, les servir par le deuil et l'affliction". (Livre de la piété filiale).

 

Confucius, et le livre des Rites.

Confucius est né le 28 septembre 551 avant Jésus Christ à Zou et mort le 11 avril 479 avant Jésus Christ

à Qufu dans l’actuelle province du Shandong. C'est un philosophe chinois. Son patronyme est Kong,

son prénom Qiu, et son prénom social Zhongni. Il est le personnage historique qui a le plus marqué

la civilisation chinoise, et est considéré comme le premier "éducateur" de la Chine.

 

Son enseignement a donné naissance au confucianisme, doctrine politique et sociale érigée en religion d'État dès la dynastie Han et qui ne fut officiellement bannie qu'au début du XX° siècle, avec une résurgence en 1973. Ses principaux disciples sont nommés les Douze Philosophes et honorés dans les temples confucéens.

 

Le Livre des Rites : les Entretiens de Confucius se lisent comme un poème méditatif qui fait lever les yeux vers la lune tout en ancrant les pieds solidement au sol. L'être humain, l'étude, les rites, la musique, l'art de gouverner, l'ambition, la décadence, l'exaspération… tous les aspects de la vie humaine y sont commentés sous forme de paragraphes très courts et résolument philosophiques.

 

A la même époque, la vénération des anciens souverains héroïsés par la littérature confucéenne,

se démocratisa. Ainsi, l'officiel Zhao († en 176) fit inscrire sur les plafonds de sa sépulture

les paroles qui ouvrent le "Livre de la piété filiale" :

"Les anciens rois possédaient une vertu suprême (et une doctrine parfaite,

au moyen desquelles tout l'empire était obéissant et travaillait dans la concorde".

 

D'autres lettrés, tel Wu Liang († en 151), firent graver, dans la chambre à offrandes où allaient se recueillir leurs descendants, les effigies de ces "anciens souverains vertueux" : Shen Nong (le "Divin Laboureur"), et l'Empereur jaune (à la suite des créateurs Fu XI et Nu Wa), Yao, Shun et Yu le Grand, mais aussi le despote Jie, dernier empereur décadent des Xia (figuré assis sur deux femmes).

 

1), Shennong - (2), L'Empereur Jaune - (3), Empereur Yao, imaginé par le peintre de la dynastie Song Ma Lin.

(4), Yu le Grand imaginé par le peintre de la dynastie Song Ma Lin.

 

1), Hommage à Shennong sur le mur d'une tombe Han : « Shennong enseigna le travail des champs et la culture du millet, encourageant toute la population ».

 

(2), L'Empereur Jaune est selon la tradition chinoise un souverain civilisateur de la haute Antiquité qui aurait régné de 2697 à 2597 ou de 2698 à 2598 avant Jésus Christ. Il apparaît à l’époque des Royaumes combattants et occupe une place prééminente chez les historiographes de la dynastie Han. Il est le premier des cinq Empereurs dans le Shiji et le troisième des trois Augustes dans la préface du Shujing par Kong Anguo. Il est considéré comme le père de la civilisation chinoise, particulièrement à partir du XIX° siècle où la définition de la nation chinoise fait l’objet de nombreux débats.

 

(3), Yao est un souverain mythique de l’antiquité chinoise, l'un des Cinq empereurs. Il aurait eu pour nom de famille Yi, pour nom personnel Fangxun, et pour nom de clan Taotang. Selon le Shiji, il était fils de l’Empereur Ku et d’une femme nommée Qingdu. Il aurait obtenu le trône après que le premier héritier, Zhi, fils d’une autre mère, le lui ait cédé, de bonne grâce devant ses qualités supérieures ou contraint par son échec, selon les glosateurs. Sa capitale se trouvait au Shanxi. Il fut un souverain modèle, inventeur d’un calendrier. Il aurait chargé Gun, père de Yu le Grand, de lutter contre les inondations. Yao laissa son trône à Shun, plus vertueux que son propre fils Danzhu, et lui fit épouser deux de ses filles, Ehuang et Nüying. C’est de son temps que dix soleils seraient apparus dans le ciel, brûlant la terre. Il ordonna à Houyi d’en abattre neuf.

 

(4), Yu, souvent appelé Yu le Grand, (vers 6 juin 2297 avant J.-C – 2197 avant J.-C), portant le nom de naissance Si Wenming est le premier monarque légendaire chinois de la Dynastie Xia, considéré comme le fondateur de la dynastie. Il est identifié, à tort, comme l'un des Trois Augustes et Cinq Empereurs. Il est associé à l'invention des techniques d'irrigation ayant permis la maîtrise des fleuves et des lacs chinois.

 

"Les anciens souverains". Estampage d'une stèle de la chambre à offrandes du cimetière de la famille Wu.

Jiaxiang (Shandong), Han postérieurs.

 

Avant de devenir accessible à un grand nombre de lecteurs, grâce à l'imprimerie, les illustrations des histoires de fils pieux se perpétuèrent sur toutes sortes d'objets à destination funéraire ou quotidienne. Par ailleurs, la pensée confucéenne mettait en avant le devoir de remontrance incombant aux enfants vis-à-vis de leurs parents et aux ministres vis-à-vis de leur souverain. La légende du laideron Zhong Lichun, représentée dans la chambre à offrandes de Wu Liang († en 151), en illustre l'esprit.

 

Immortel sur un cheval ailé, sculpture en jade (néphrite bleutée), Han antérieurs,

tombes de Xinzhuang (Shaanxi), musée de Xianyang.

 

Le Taoïsme tenta de combler les vides métaphysiques laissés par les confucéens.

C'est ainsi que les sages, "les Immortels" entrèrent dans l'iconographie funéraire,

accompagnés souvent d'éminents poètes qui leurs étaient assimilés.

 

La représentation de ces sages dans les tombes serait ainsi la traduction plastique de l'aspiration de leurs habitants au triomphe sur la mort, ce en quoi elles sont comparables aux images d'un Lazare ressuscité ou d'un Daniel sauvé de la fosse aux lions figurées dans les catacombes ou les sarcophages paléochrétiens.

 

Estampage d'un relief mural recomposé d'après une peinture de Lu Tanwei.

De gauche à droite : Xi Kang, Ruan Ji, Shan Tao et Wang Rong. Tombe princière de la période des Song du Sud (2° moitié du V° siècle). L'ensemble, sur deux murs,

représente les Sept Sages de la forêt de bambous (des Trois Royaumes)

et Rong Qiqi (penseur des Printemps et Automnes), buvant, fumant et célébrant les trois arts :

poésie, calligraphie et musique, format 1,80 x 240 cm.

Le port d'amples vêtements est parfois expliqué comme étant destiné à limiter les démangeaisons

provoquées par la consommation d'arsenic,

lequel produit était vraisemblablement lié aux recherches alchimiques de Xi Kang.

 

Les Sept Sages de la forêt de bambous ont vécu pendant la période troublée des Trois Royaumes (220-280) à proximité de la capitale du royaume de Wei, Luoyang, en Chine du Nord. Ils ont laissé des poèmes et des compositions musicales mais aussi des écrits sur le taoïsme qui témoignent de fortes individualités, d’une grande sensibilité et pour l’un d’entre eux, Xi Kang, d’une remarquable sincérité dans sa foi au taoïsme naturaliste. Tous se sont éloignés du pouvoir politique et des responsabilités qu’on voulait leur confier dans cette période de guerres incessantes. Ils ont choisi de se retirer. Le refus d’un tel poste par Xi Kang a provoqué la réaction du pouvoir : il a été exécuté.

Pour des générations de gens cultivés, et surtout à partir du V° siècle, les Sept Sages sont devenus des modèles d’hommes libres. La tradition veut qu’ils se soient réunis dans un "bosquet de bambous" de la demeure de Xi Kang et se soient livré à des "causeries pures", buvant, fumant et célébrant les trois arts : poésie, calligraphie et musique. Des comportements excentriques leur sont attribués : excès de boisson, nudité… et surtout irrespect des rites dans un monde encore soumis aux conventions du confucianisme.

 

¬ Xi Kang jouant du qin. Illustration de la dynastie Ming, né en 223, mort en 262, est un poète, musicien et penseur chinois de l'époque des Trois Royaumes.

Xi Kang est la figure centrale du groupe des Sept Sages de la forêt de bambous. Haut dignitaire, le plus grand poète et le philosophe le plus célèbre de son temps. Après la fin de l'empire unifié des Han, il est l'un des premiers poètes à manifester l'intérêt grandissant pour le taoïsme (mouvement connu sous le nom de néotaoïsme). Musicien, Xi Kang a aussi écrit un traité sur la musique.

 

Xi Kang, qui a rédigé des œuvres parmi les plus marquantes de la logique et de la dialectique chinoise médiévale, s'est consacré surtout à la réflexion sur les moyens d'atteindre l'immortalité selon l'angle taoïste, qui peut être atteinte par des réflexions sur la nature du dao, ou encore la pratique d'une musique libérant l'esprit des émotions et contraintes extérieures.

Étant lié maritalement avec le clan royal au pouvoir des Wei, il refusa un poste proposé par Sima Zhao transmis par son ancien ami Shan Tao (le doyen du groupe des « Sept Sages de la forêt de bambous »). Son refus coïncida avec une lettre restée fameuse dans laquelle il annonçait à Shan Tao leur rupture définitive. Il fut exécuté sur ordre de Sima Zhao, mais joua de la cithare (qin) jusqu'au dernier instant. L'année suivante, en 263, Sima Zhao envahissait le royaume de Shu-Han et recevait, peu de temps après, la soumission de l'Empereur Liu Shan.

 

Le paravent de Sima Jinlong.

 

Outre les modèles de fils pieux et de ministres dévoués à leur souverain,

le paravent met en scène des femmes exemplaires, telles les trois concubines du Roi lettré des Zhou

qui sont de parfaites éducatrices dès avant la naissance.

 

 

 

▪ Paravent laqué, tombe de Sima Jinlong, Datong (Shaanxi), 484, (Musée de Datong).

▪ Panneau en laque de Sima Jinlong (ici le devant),

représentant sur quatre registres des histoires édifiantes à valeur morale.

Ces illustrations de biographies de femmes vertueuses, dont le bibliothécaire impérial Liu Xiang

-86-14) fut le premier compilateur, visaient à parfaire l'éducation des femmes de l'aristocratie.

 

Comme le montre le cartouche, "lorsque Dame Ren" était enceinte, elle n'avait pas de mauvaises pensées et n'entendait pas les propos obscènes. Avant de s'endormir, elle invitait le poète aveugle à déclamer des poèmes. C'est ainsi qu'elle donna naissance à des princes cultivés. De même, Dame Si, fille de Yu le Grand, était une "mère cultivée", qui sut faire de ses dix fils des sages parfaits (xiansheng). La scène inférieure montre l'épouse de l'Empereur accompli des Han (Chengdi) qui refuse de monter dans son palanquin, afin d'observer les règles de bienséance.

 

LE VOYAGE DE L'AU-DELÂ.

 

Probablement en raison de sa provenance souterraine, les Chinois attribuait au jade

des vertus de communication avec les forces de l'au-delà.

Dès le Néolithique, des objets de jade étaient placés sous la tente du mort, sur son visage

et sa poitrine, ainsi qu'aux extrémités de ses membres.

 

▪ Masque funéraire en jade, haut de 27,6 cm, nécropole de :

l'Etat de Guo, Gorges des trois Portes (Henan), Zhou de l'Ouest, (Musée de la province de Henan).

 

▪ Masque de jade, Han occidentaux (206 avant - 9 après Jésus Christ).

Tombe du roi de Jibei. (Jinan, province de Shandong).

Les différentes pièces composant ces masques étaient cousues sur des linceuls de soie. D'autres pièces

de jade étaient placées dans la bouche, selon une pratique qui allait bientôt s'étendre

à l'ensemble des orifices, afin de prévenir la putréfaction de la dépouille.

 

Dès le III° millénaire et jusqu'au IX° siècle avant notre ère, on disposait dans les mains du défunt des tortues, symbole de longévité, sculptées dans le jade. Dès le IX°-VIII° siècles avant notre ère, la pratique des masques funéraires s'est développée dans le bassin moyen du fleuve Jaune, dans les nécropoles des Etats de Guo, près des Gorges des Trois Portes (Henan) et de Jin (Shanxi). Elle s'est répandue ensuite à l'Est jusqu'au Fangshan, près de Pékin (Etat de Yan) et à l'Ouest jusqu'à Baoji (Shaanxi, Etat de Yu).

 

Cette coutume allait déboucher sur la fabrication des linceuls de jade des princes feudataires

des Han antérieurs, constitués par un ensemble de plates carrées reliées par des fils d'or ou de soie,

mais dont il faut bien dire que l'effet de conservation attendu a échoué,

à l'inverse des techniques d'embaumement et d'inhumation des cercueils laqués multiples pratiquées à Chu.

 

Costume funéraire en jade et fils d'or, Long de 176 cm, et large de 68 cm, découvert en 1995,

Han occidentaux (206 avant - IX° après Jésus Christ).

Tombe royale de Chu, Shizishan (Xuzhou). Musée de Xuzhou).

Un écho de cette pratique d'envelopper le corps dans un linceul précieux se retrouve mille ans plus tard

dans le fief de Chen de la dynastie des Liao, d'origine khitane,

qui régna sur le Nord de la Chine de 907 à 1125.

 

▪ Linceul en fil d'argent. Tombe de la princesse de Chen, Jerim, dynastie des Liao, 1018.

Long de 168 cm. (Huhehote, Institut d'archéologie et des biens patrimoniaux de Mongolie-Intérieure).

 

▪ Bottes en argent, à décor doré, hautes de 37,5 cm.

(Huhehote, Institut d'archéologie et des biens patrimoniaux de Mongolie-Intérieure).

 

Le linceul de la princesse est tissé en fils d'argent. Il allait de pair avec un ensemble de bottes, ceinture, oreiller et coiffe, fabriqués dans les matières considérées par ces peuples du Nord comme les plus précieuses, à savoir l'argent et l'or.

 

Des armes et des gardiens pour le défendre.

 

Pour se prémunir contre les puissances néfastes qu'ils craignaient de rencontrer dans l'au-delà,

les Chinois enterrèrent avec eux des armes ou des gardiens armés, sacrifiés, puis figurés,

ainsi que diverses figures empruntées au monde animal auxquelles se rattachent les masques zoomorphes sculptés sur les cercueils dès le XIV° siècle, puis les nombreux bronzes et les jades.

 

▪ Lame de hache-poignard (ge) en bronze, arme courante sur les champs de batailles

de la période des Zhou orientaux.
 

▪ Épées de bronze incrustées de turquoise. Tombe de Hougudui, Xinyang Museum (Henan).

 

Des armes étaient déposées juste autour du cercueil dès l'époque des Shang, dans l'espoir, sans doute, qu'elles défendent le défunt. Celles-ci étaient en bronze ou en jade et comprenaient des armes de main, d'estoc et d'hast, sans compter le matériel de protection, boucliers et armures.

 

 

Hallebarde ge, V° siècle. (Museo nazionale d'arte orientale, Rome).

Outre les lances, épées et pointes de flèches, on peut citer le ge, parmi les plus usitées.

 

Sous les Chang, le ge était une arme de main semblable au poignard, à usage sacrificiel : il se transforma ensuite, entre le XII° et VIII° siècle, en fer d'arme d'hast "à crochet". Proche de la hallebarde, cette longue arme était principalement maniée depuis le char de guerre, comme l'usage s'en répandit alors.

 

▪ Gardiens armés, détail du cercueil du marquis Yi de Seng, vers -433,

Wuhan (Musée de la province de Hubei).

Les plus anciennes représentations picturales de gardiens armés apparaissent sur le cercueil laqué

du marquis Yi de Zeng. Il s'agit de figures animales hybrides,

dont certaines têtes évoquent celle du chacal.

Ces gardiens sont postés debout, une hallebarde dressée dans la main,

près de la porte représentée sur la face latérale du cercueil.

 

 ▪ Gardien de chambre funéraire peint, tombe de Lou Flui, (Taiyuan (Shanxi), 570.

Les gardiens en terre cuite peinte, disposés à l'entrée des tombes Tang

peuvent être considérés comme leurs successeurs.

 

▪ Créature protectrice d'une tombe de Nantiwang, dynastie des Tang

terre cuite avec traces de pigments et d'or,  haute de 136 cm.

Chang'an (Shaanxi), Institut d'archéologie de la province du Shaanxi.

 

Mille ans plus tard ce sont des gardes humains qui sont représentés sur les faces antérieures des sarcophages ou à l'entrée des chambres funéraires des princes Qi septentrionaux. Des éléments empruntés au bouddhisme, tels que le lotus et la perle auspicieuse dite muni, sont venus s'ajouter au décor, mais la position et la fonction de ces gardiens paraissent comparables.

 

L'ascension céleste.

 

La croyance des Chinois en la survie de l'âme Hun est très difficile à évaluer.

Certains voient dans les orifices percés dans les urnes funéraires de l'âge néolithique

une précaution  prise pour autoriser la sortie de l'âme.

Ce thème de l'ascension céleste allait être figuré d'une façon similaire jusqu'au V° siècle,

pour céder progressivement la place à des scènes d'excursion cavalière ou de cortège funèbre.

 

▪ Femme et phénix en vol.

▪ Homme debout sur un dragon.

Encre sur soie, (Musée de la province de Hunan).

Le passage dans le monde de l'au-delà est lui-même figuré sur ces bannières

découvertes près de Changsha (Hunan), III° siècle avant notre ère.

Bien qu'exhumées de tombes différentes, ces deux effigies sont techniquement et formellement proches.

Les motifs géométriques présents sur les manches de la robe

évoquent la richesse des motifs développés sur les laques Chu.

 

La bannière de la marquise Dai.

 

C'est la plus belle peinture sur soie de l'antiquité chinoise qui nous soit parvenue.

Appelée "habit d'envol", elle avait dû être brandie lors de la procession funéraire

pour rappeler l'âme de la morte, selon un usage encore observé à Taïwan.

Elle fut déposée sur le cercueil interne de la marquise Dai, la face peinte tournée contre la défunte.

 

Peinture sur soie provenant du cercueil interne de la marquise Dai,

Tombe n° 1 de Mawangdui, Changsha (Hunan), Han antérieurs, (Musée de la province du Hunan).

Sa composition symétrique met en scène l'ascension céleste de la marquise, portraiturée de profil,

avec trois suivantes et deux serviteurs, sur une plateforme qu'emportent

deux dragons dont les corps se croisent au milieu d'un disque de jade.

 

En dessous du jade suspendu, a lieu une cérémonie, indiquée par les différents récipients rituels posés sur un autel, et qui n'est peut-être que l'oraison funèbre prononcée pour la marquise. Des oiseaux à tête humaine appelés Mille Automnes ainsi que des tortues surmontées par des hiboux symbolisent la longévité ou l'immortalité souhaitée à l'âme. Deux émissaires de l'Empereur céleste sont postés à la porte du ciel, tandis que deux cavaliers aux traits félins, comparables aux figures contemporaines taillées dans le jade, hissent vers le haut un récipient d'om s'échappe de la fumée.

 

DE RICHES DÉFUNTS.

 

La Chine ancienne était socialement très hiérarchisée.

A chaque échelon correspondaient des privilèges et des obligations distincts,

qui devaient être visuellement perceptibles.

Tout cela était réglementé par des conventions strictes

décrites dans le Livre des rites et les rites des Zhou. Parallèlement,

les rites d'infractions à l'étiquette par des seigneurs qui s'arrogeaient des droits de princes,

nourrissent la littérature chinoise classique.

 

A chacun selon son rang.

 

Détail d'une ceinture, et une coiffe à ailettes, tombe de la princesse de Chen,

Jerim, dynastie des Liao, 1018, en or et argent,

Huhehote, (Institut d'archéologie et des biens patrimoniaux de Mongolie intérieure).

 

A chaque rang son temple et ses cérémonies, plus ou moins fastueuses, accompagnées par telle ou telle musique réglementaire. De même, à chaque catégorie sociale les insignes qui lui reviennent : depuis la tenue vestimentaire, les coiffes, les insignes de fonction à présenter au cours des audiences, ceux portés à la ceinture ou dans les cheveux, jusqu'à l'ornement des voitures à chevaux.

 

Les chars et chevaux.

 

A l'époque de la Chine pré-impériale, la population avait le devoir de fabriquer un certain nombre de chars

de guerre pour les seigneurs, que ces derniers faisaient ensevelir avec eux pour leur vie dans l'au-delà,

avec les chevaux et les conducteurs, du moins dans les tombes métropolitaines Shang (à Anyang).

 

▪ Char n° 1, de combat, servant aussi aux inspections, muni d'un parasol inclinable.

Bronze doré, peint et laqué. (Modèle réduit (H 168 cm, poids 1 000 kg).

 

▪ Au centre, la paire de trait attachée à l'aide d'un collier en « V » renversé,

les deux bêtes externes munies d'un harnais pouvaient se dégager en cas de danger.

 

Figurines de cavalier. Chine, Han occidentaux (206 avant - 9 après Jésus Christ). Terre cuite.

Découverte en août 1965, site de Yangjiawan (Xianyang, province du Shaanxi). Musée de Xianyang.

 

Les fouilles ont légué de remarquables chars, dont le bois décomposé a été remplacé par un agglomérat de particules de terre qui s'est durci avec le temps. Dès les Qin et sous les Han, les chars furent remplacés par des copies de dimensions réduites, fabriquées en bronze ou en bois.

 

▪ Scène d'excursion à cheval. Chameaux et leurs éleveurs, Peintures murales de la rampe d'accès

à la tombe de Mou-Rui, Talyuan (Shanxi), 570.

 

▪ Lou Rui Qi peintures murales de la tombe.

Les peintures murales qui décorent la rampe d'accès à la tombe de Lou Rui († en 570)

accordent une place prépondérante à la cavalerie, ce qui reflète peut-être la passion personnelle

pour les chevaux de cet aristocrate des Qi Septemtrionaux.

 

Sur le registre médian, la scène d'excursion à cheval peut être considérée comme un sommet dans son genre, encore sans égale dans l'art funéraire à la grande dynastie des Tang. Une autre scène montre, en outre, quelques chameaux marchant au pas avec leurs éleveurs, dont il faut rappeler le rôle essentiel dans le transport des marchandises en Chine septentrionale.

 

Sous les Tang, la cavalerie est présentée au pas et de façon plus figée.

Il était plus courant de dépeindre les chevaux, tenus par leurs palefreniers, à la suite de la garde armée.

Ils prenaient généralement place assez loin de la rampe d'accès inclinée,

ou dans le couloir qui menait à la chambre funéraire.

 

▪ Palefrenier menant deux chevaux par Han Gan, vers 720.
Deux chevaux et palefrenier copie Song d'après Han Gan actif vers 740-760,

encre et couleurs sur soie, (National Palace Museum, Taipei).
 

▪ Cheval et son éleveur. Paravent de soie provenant de la tombe n° 188, Astana, Turfan (Xinjiang),

dynastie des Tang. Urumqi, Musée de la province de Xinjiang).

 

▪ Harnachement d'un cheval, peinture de la tombe de la favorite Wei de l'empereur Taizong,

cimetière impérial de Qianling (Shaanxi), dynastie des Tang.

 

La dynastie Tang imposa en effet sa suprématie grâce aux milliers de chevaux qu'elle pouvait aligner sur le champ de bataille. Elle doit à sa cavalerie la plupart de ses victoires militaires. Les cavaliers étaient principalement des archers. Au début de la dynastie, l'armée des Tang ne disposait que de cinq mille chevaux. Un siècle plus tard, vers 650, on évalue à plus de sept cent mille le nombre de montures disponibles dans les haras impériaux, au travers des provinces du Shaanxi et du Gansu.

 

▪ Chamelier probablement sogdien, reconnaissable par son chapeau,

sur un chameau de Bactriane : figurine sancai. (Musée de Shanghai).

 

▪ Homme à cheval, environ du VIII° siècle, en terre cuite, hauteur. 41 cm.

 Représentation d'un cavalier portant une coiffe noire classique, la main droite en position de tirer

sur les rênes de sa monture. La tête de l'animal est légèrement tournée, dents découvertes,

arrière train légèrement abaissé, dans la logique de l'attitude de l'animal qui marque l'arrêt.

 

▪ Joueuse de polo, du VIII° siècle.
Au delà du rôle militaire essentiel du cheval sous les Tang, la cour va développer un engouement important

pour cet animal. C'est ainsi que se développe la pratique du polo parmi les aristocrates chinois.

 

Un ré-enterrement en grande pompe.

 

Les peintures qui décorent les rampes d'accès des tombes de Li Chongrun (682-701)

et de Li Xian (653-684) indiquent, de façon frappante,

la pompe déployée lors du ré-enterrement qui accompagna leur réhabilitation en 706,

lorsque leur frère rétablit la dynastie des Tang après avoir destitué l'usurpatrice Wu Zetian.

 

Tombe du prince héritier Yide, ou Li Chongrun, fils de l'empereur Zhongzong dans la dynastie Tang, Xian.

Li Chongrun, né Li Chongzhao, ancien prince héritier Yide, était un prince impérial de la dynastie Tang

et de la dynastie Zhou de Wu Zetian. Il était le fils unique de l'empereur Zhongzong

et de la deuxième épouse de l'empereur Zhongzong, l'impératrice Wei.

 

Li Chongrun fut réhabilité au titre de "Prince à la noble vertu". On lui organisa un mariage posthume

et l'on transporta sa dépouille dans l'enceinte du cimetière impérial

avec une pompe plus grande encore que pour Lion Xian.

 

Le mausolée de Qianling est un site de tombes de la dynastie Tang (618–907) situé dans le comté de Qian, province de Shaanxi, et se trouve à 85 km au nord-ouest de Xi'an, l'ancienne capitale de Tang. Construit en 684 (avec construction supplémentaire jusqu'à 706), les tombes du complexe mausolée abritent les restes de divers membres de la famille royale Li. Cela comprend l'empereur Gaozong de Tang (649–683), ainsi que son épouse, l'impératrice Wu Zetian (690–705). Le mausolée est réputé pour ses nombreuses statues en pierre de la dynastie Tang situées au-dessus du sol et de la muraille.

 

▪ Hallebardes et hallebardiers. Peinture du couloir d'accès à la chambre funéraire de Li Chogrun, 706,

(Cimetière de l'empereur Gaozong, Qianling (Shaanxi), Musée de l'histoire di Shaanxi).

 

▪ Figures d'un cortège, sur une peinture murale de la tombe de Li Xian, datant de l'an 706.

 

193 personnes figurent dans le cortège qui s'ouvre par des fantassins, suivi par la cavalerie, puis par 6 chars ornés d'oriflammes dont aucun équivalent n'est encore connu dans les tombes des cimetières impériaux des Tang. Viennent ensuite les éleveurs de lévriers, de faucons et de léopards, puis les hallebardiers. Plus loin, 2 groupes de 7 fonctionnaires munis des tablettes d'audience, figurent le personnel administratif du prince réhabilité. Tous ces hommes sont figurés à la suite du Tigre blanc et du Dragon bleu, tournés vers l'extérieur. Ils semblent avoir été mis là pour saluer l'ascension céleste de l'âme de leur maître. Dans la partie finale du couloir d'accès à la  chambre funéraire, le sens de la procession s'inverse et la place est cédée aux femmes, principalement des musiciennes et des porteuses d'offrandes.

 

Les ambassadeurs étrangers.

 

Chaque guerrier est considéré comme le symbole du pays et devient un ambassadeur

à chaque voyage dans les musées étrangers, présenté comme un événement.

 

Peinture provenant de la tombe de Li Xian, cimetière de l'empereur Gaozing, 706,

(Qianting, Musée de l'histoire de Shaanxi).

Sur le mur de la rampe d'accès à la chambre funéraire de Li Xian, un groupe de trois fonctionnaires

similairement vêtus, dépendant vraisemblablement du ministère des Rites,

reçoit trois émissaires étrangers venus prendre part aux obsèques.

 

L'identification de ces ambassadeurs a fait l'objet de spéculations variées, dont la plus convaincante concerne le 2° personnage. La description de l'apparat des ambassadeurs coréens livrés par l'histoire des Tang semble conforme : un bonnet de gaze décoré par 2 plumes d'oiseau, une veste aux manches amples, un pantalon large, une ceinture de cuir non teinte et des bottes de cuir jaune. La couleur rouge du bonnet de gaze paraît indiquer un émissaire de second rang.

 

LA VIE APRÈS LA MORT.

 

Les Chinois emportaient avec eux de quoi se nourrir dans leur éternité.

En dehors de l'argent (cauris, pièces en bronze, arbres à pièces du Sichuan),

il faut évoquer les provisions de vivres alimentaires, réelles ou figurées.

Si l'empereur Jing des Han a enseveli avec lui de pleins greniers de céréales,

d'autres, comme la princesse Dai, n'en emportaient que quelques sacs.

 

Le décor des tombeaux et des temples ancestraux.
Jusqu'alors limité au cercueil et à la bannière le recouvrant, les décors-peintures ou bas-reliefs

ornent à partir du premier siècle, avant notre ère, les murs des tombes.
Les décors renvoient aux préoccupations d’intégration du défunt dans le cosmos,

animaux mythiques, divinités et symboles protecteurs.
Certaines scènes de la vie quotidienne illustrent l'idéal confucéen, auquel se rattache la famille

commanditaire, banquets, réceptions, labours, chasse, pêche, agriculture,

ou dépeignent des évènements historiques à finalité édifiante.

 

 ▪ Banquet (détail), peinture de la tombe n° 2 de Dahuting,

Mix (Henan), Han postérieurs, II° siècle.

 

Dans la société féodale de la Chine, le banquet le plus raffiné et le plus élégant de la fête de Mi-Automne

est le banquet de la famille royale et des nobles.

 

Les inventaires des tombes énumèrent de nombreux mets cuisinés, dont on a découvert des restes à Mawangdui. Il comprenaient par exemple des brouets de viandes de cerf et de tubercules de taro, d'esturgeon frais, de poisson salé et de racines de lotus, des gâteaux de riz gluant ou à la pâte de jujubes.

 

Peinture murale de la tombe Dahuting, datant de la période des Han orientaux (25-220),

située sur la rive sud de la rivière Suihe, a Zhengzhou, Xian de Xi, Henan.

Cette fresque représente des scènes de banquet, de danse et de musique, d'acrobaties

et de combat à main nue.

Les surfaces murales des tombes des Han postérieurs se prêtaient à une évocation plus complète encore

de la préparation et de la dégustation de ces mets.

 

Détail de la peinture murale ci-dessus : le banquet.

 

Les banquets mettent en scène un nombre plus ou moins élevé de personnes, autour du défunt ou du couple de défunts. A Cangshan (Shandong), le mort, attablé seul, est servi par quatre "filles de jade". La scène est plus fastueuse ailleurs, comme à Helingol ou a Dahuting (Henan), où elle s'étend sur toute la longueur de la pièce. Le maître de maison et son épouse sont assis sous une tente, à l'extrémité gauche. Une longue table basse est disposée devant eux. Leurs nombreux invités sont alignés sur les trois autres côtés de la pièce, assis sur les talons, sous des rideaux régulièrement relevés. Au centre, musiciens, danseurs et jongleurs sont là pour les distraire.

 

Jeux et spectacles pour se divertir.

 

A côté des spectacles de lutte, de la chasse ou du polo, l'aristocratie chinoise

s'adonnait à des divertissements plus intellectuels, tels que les jeux de stratégie.

 

A vivre quotidiennement dans le luxe et la richesse du palais impérial, dans un cadre à la fois immense et somptueux, l'on ne pouvait toutefois pas se délester d'un sentiment pesant de solitude. Par conséquent, les jeux de la cour étaient devenus une part indispensable du quotidien des femmes qui possédaient le statut de dame de compagnie, tout comme de celui des eunuques, des fonctionnaires de la cour, voire de l'empereur lui-même dans ses appartements en son gigantesque palais. Ces jeux avaient donc été conçus pour aider à tuer le temps, tout en apportant un réel divertissement et beaucoup de plaisirs à ses participants.

 

En dehors de xiangqi ou jeu d'échecs chinois et du Weiqi ou jeu de go, le Liubo représentait un autre jeu populaire dans la Chine ancienne. C'est un jeu entre deux joueurs, chacun d'eux ayant six pièces d'échecs, d'où le nom de Liubo ou six coups de bâton. L'attirail du jeu comprend un dé, des pièces d'échecs, un échiquier, des copeaux, un couteau de coupe, un couteau de raclage et un étui. Il y a un total de 12 pièces d'échecs, 6 noirs et 6 blancs (ou rouge) dont chaque couleur représentait un côté. L'échiquier, autrement connu comme planche de bois ou qudao, est généralement un plateau carré en bois avec des rainures de différentes formes rectangulaires et des points ronds gravés en creux sur la surface blanche ou noire.

 

▪ Le woshuo ou littéralement, la détention de pièce d'échecs était un jeu étranger qui est passé

dans les régions de l'Ouest, sous le règne de l'empereur Xuanwu, dans l'État de la dynastie des Wei du Nord.

Le jeu est similaire au Liubo, Shuanglu et Changxing. Le shuo se réfère à une pièce d'échecs

ou un échiquier, et en jouant le jeu, un dé est jeté pour décider qui doit déplacer la pièce.

 

▪ xiangqi ou jeu d'échecs chinois.

 

Les échecs à six pions furent pratiqués entre le IV° siècle avant notre ère et le III°,

comme le prouve les échiquiers en pierre ou en bois laqué trouvés dans les tombes (du roi Zhongshan,

IV° siècle et du fils de la marquise Dai, Mawangdui, -II° siècle).

 

Joueurs de liubo, dynastie Han (206 avant - 220 après Jésus Christ). Bois Table de jeu : L. 29 cm, l. 19,5 cm ; figurines : hauteur 27,5 cm et 28,5 cm. Découverts en 1969, site de Mozuizi (Wuwei, province du Gansu). (Musée provincial du Gansu et Musée provincial du Gansu).

La date précise de l'invention du jeu de liubo n'est pas connue mais la légende veut que ce soit

Wu Cao  au début du II° siècle (par le dictionnaire Shuowen Jiezi), un ministre de Jie Gui,

dernier monarque de la dynastie Xia, qui selon la chronologie traditionnelle

régna de 1728 à 1675 avant Jésus Christ.

Cependant, aucun élément archéologique ne vient confirmer cette théorie, les premières données

vérifiées datent au plus tard de l'époque des Royaumes combattants (476-221 avant Jésus Christ).

 

¬ Joueuse de go, aux formes généreuses et fardée à la mode du IX° siècle, paravent de soie provenant de la tombe 187, Astana, Turfan (Xinjiang), dynastie des Tang, Urumqi, Musée de la province de Xinjiang).

Le weigi (équivalent du jeu de go japonais) nous est plus familier puisqu'il est encore pratiqué. Des échiquiers taillés dans la pierre ont été découverts dans de nombreuses tombes des Han postérieurs, dont celle de Wanddu. Sous les Tang, on retrouve ce jeu évoqué dans la peinture ou dans l'orfèvrerie.

 

La coupe du Vin flottant le long d'un enroulement d'eau est la plus célèbre activité dans la Chine ancienne

et surtout celle qui s'est tenue dans la ville de Shaoxing de Lanting le 3 Mars. Ce jour-là, Wang Xizhi,

le célèbre calligraphe, en a tenu une. Les joueurs sont chacun assis sur le sol avec une tasse de vin

mis dans le tronçon supérieur de l'eau, flottant et avec l'enroulement en aval. Comme règle,

une fois que la coupe a cessé de se déplacer, ils devaient prendre un verre et improviser un poème.

 

La musique et la danse demeuraient néanmoins les divertissements les plus appréciés,

à en juger par la fréquence et la diversité de leurs représentations.

Outre les lithophones et les carillons anciens, les ocarinas et les flûtes de pan, les tambours

et les orgues, les cithares se  et qin comptent parmi les plus anciens instruments à cordes chinois.

 

L'erhu, l'un des instruments chinois les plus importants.

A gauche, le corps de l'erhu est en bois de santal rouge. A droite, vue rapprochée de la caisse de résonnance.
 

Il a une histoire de plus de 4000 ans et a fait partie intégrante des spectacles folkloriques,

des opéras et des banquets impériaux à travers les dynasties.

On en joue à la verticale, à l'extrémité du cou de l'erhu pointant vers le ciel.

Son corps est généralement fait de bois de santal rouge ou de palissandre,

son archet est composé de crin de queue de cheval.

 

(1), Joueuse de guitare à quatre cordes. Peinture de la tombe n° 5 de Dingjozha,

Jiuquan (Gansu), période des Seize Royaumes.

 

▪ Le xun est une flûte globulaire de chine.
10 trous chinois ancien Xun flûte, poterie noire double chambre professionnel argile.

Il est l'un des plus anciens instruments de musique en chine et est utilisé depuis environ sept mille ans.

Le xun était initialement fait d'argile cuite ou d'os, et plus tard d'argile ou de céramique.
C'est le seul exemple survivant d'un instrument terrestre (aussi appelé "argile")

issu des classifications traditionnelles "à dix tons" d'instruments de musique.

 

(1), La guitare à quatre cordes fut introduite en Chine depuis l'Asie centrale sous les Han, où elle reçut le nom de pipa. Depuis le X° siècle, on la tient aussi verticalement et on en joue directement avec les doigts pour mettre en valeur sa dextérité.

 

La coiffure de la guitariste, qui est aussi celle des danseuses et des autres musiciennes, souligne leur origine étrangère. Le chef d'orchestre joue du qin et porte un petit bonnet plat. Il s'agit de représentants proto-turques de la dynastie des Liang septentrionaux (397-460), qui régna dans le Nord-Ouest de la Chine à l'époque de division des Seize Royaumes.

 

▪ Figurine de musicienne. Chine, Han occidentaux (206 avant - IX° après Jésus Christ).

Terre cuite. (34 cm, 1,18 cm, ep. 17 cm). Découverte en 1989, tombe princière du royaume de Chu,

Tuolanshan (Xuzhou, province du Jiangsu). Musée de Xuzhou.

 

▪ Figurine de danseuse, Han occidentaux (206 avant - IX° après Jésus Christ).

Terre cuite, (52 cm, l,48 cm). Découverte en 1989, tombe princière du royaume de Chu,

Tuolanshan (Xuzhou, province du Jiangsu). Musée de Xuzhou.

 

▪ Danseuse, paravent de soie provenant de la tombe d Zhang Lichen,

Astana, Turfan (Xinjiang), 702, Urumqi, Musée de la province de Xinjiang.

 

 

LES DYNASTIES CHINOISES, (de -2200 à 1911).


Environ 500 000 ans avant Jésus-Christ : "l’homme de Pékin" (découvert en 1921 près de pékin),

un homme supérieur des cavernes, connaissait déjà l’usage du feu.

Il fabriquait des outils en pierre, vivant de cueillette et de chasse.

 

▪ En 2200-1700 avant Jésus Christ : Dynastie des Xia.
Ses habitants domestiquent les animaux, cultivent le blé et fabriquent la soie et les premiers vases de bronze.

▪ XVI° au X° siècle avant Jésus Christ : Dynastie des Shang (capitale Yin près d’Anyang dans la province de Henan). Apparition de l’écriture (prouvée par la découverte d’inscriptions sur des os divinatoires et des écailles de tortues), perfectionnement de la roue, chars de combat, fabrication de récipients en bronze.

▪ XI° au VI° siècle avant Jésus Christ : Dynastie des Zhou de l’ouest.
Période d’expansion, organisation d’une administration centralisée et construction de cités palais. Invention de la fonte du fer (plus de 1500 ans avant l’Europe), des pièces de monnaie en métal et des tables de multiplication. Les nombreuses cités établies sur le fleuve jaune et dans la plaine centrale (actuellement Henan, Hebei et Shandong) forment une confédération de "royaumes du centre", en chinois ZhongGuo (pays du milieu), terme qui deviendra l’un des noms les plus courants de la Chine. La fin de la période est appelée époque des "Printemps et Automnes".

▪ V° au III°  siècle avant Jésus Christ : "Les royaumes combattants".
Cette période correspond à une intense vie culturelle, grâce à des érudits et des philosophes comme Confucius (551-479 avant Jésus Christ) et Lao Tseu nés à la même époque que les grandes pensées grecques. Dans le giron des cours princières naitront des sages et savants errants, qui vont contribuer à répandre une culture commune à l’ensemble du monde chinois. Les guerres de conquête ont entrainé la construction de tronçons de grandes murailles de défense et de protection contre les incursions des nomades venus du Nord.

▪ En 221-226 avant Jésus Christ : Dynastie des Qin.
Qin Shihuangdi (premier Auguste souverain Qin) unifie la Chine et fonde le premier Empire chinois. Tous les empires chinois suivants s’inspireront de ce modèle d’ordre nouveau. Brillant organisateur, il unifie tout : l’écriture, la monnaie de bronze, les poids et mesures, et même l’écartement des essieux des voitures ; mais aussi despote, il ordonne de bruler les livres jugés subversif et fait occire bon nombre de lettrés, de larges routes sont construites pour relier toutes les provinces au pouvoir centralisé, les vestiges des murailles sont prolongés afin de créer une ligne de défense continue sur plus de 3000 kilomètres : la grande muraille. Il aménage, près de Xi’an, son immense tombeau souterrain et sa fabuleuse armée de terre cuite enterrée, découverte en 1974.

▪ En 206 avant Jésus Christ à 220 : Dynastie des Han (contemporain de l’empire romain).
A la suite d’une insurrection paysanne, Lui Bang dit "Han Gaozu" fonde l’empire Han, l’empire des "Fils du Ciel", les Chinois de souche. La dynastie est divisée en premiers Han (jusqu’à l’an IX) et Han postérieurs. L’ouverture de la route de la Soie met en contact la Chine et l’empire romain. Invention du papier (un millénaire avant l’Europe), le premier sismographe de l’histoire et fabrication de porcelaines.

▪ En 220-581 : Les 3 royaumes.
C’est le moyen âge chinois et la ruine de l’état centralisé. Trois rois luttent pour la prépondérance : Shu à l’ouest, Wu à l’est, Wei au nord. Cette période de courte durée (englobe les "Seize Royaumes des Cinq Barbares"), inspire durablement l’opéra chinois qui en tire la majorité de ses pièces. Le bouddhisme arrive par la route de la Soie.

▪ En 581-618 : Dynastie des Sui.
Réunification de l’Empire après quatre siècles de chaos. Un ensemble impressionnant de grands travaux et de réformes agraires est entrepris. La construction du Grand Canal, près de 2000 km de Pékin à Hangzhou, permettra d’approvisionner le Nord en riz et d’autres produits du bas Yangtze.

▪ En 618-907 : Dynastie des Tang.
C’est l’âge d’or de la culture chinoise qui rayonne sur l’Asie entière depuis la capitale Chang’an (Xi’an), une ville cosmopolite où ont été construits des temps bouddhistes, des lieux de culte chrétiens, des mosquées et des synagogues. A canton vivent plus de 100.000 marchands étrangers, en majorité musulmans. On crée des soieries fines et des objets de laque. Floraison de la musique et de la poésie classiques avec le célèbre Li Po. Impression du premier livre en 677 et invention de la poudre. Mais cet empire aristocratique est aussi guerrier : son expansion militaire va jusqu’en Iran, Inde du Nord et Corée. La rébellion de An Lushan (755-763), un général d’origine barbare, métis de Sodgien et de Turc, entraine une réaction nationale de xénophobie, avec un décret qui interdit les rapports entre chinois et étrangers.

▪ En 907-960 : Les cinq Dynasties et les dix royaumes.
Tout le pays est secoué par les guerres civiles et l’empire éclate en chefferies militaires. Les cinq Dynasties se partagent le Nord et les dix royaumes le Sud, dont le royaume de Dali qui dura de 938 à 1254. La disparition du pouvoir d’Annam, de se libérer de la tutelle chinoise.

▪ En 960-1279 : Dynastie des Song.
Les Song du Nord et du Sud sont de grands empires barbares d’origines nomade, mais qui restaurent la grandeur de la Chine. Développement urbain, essor de l’économie, progrès des sciences, diffusion de l’imprimerie (500 ans avant l’Europe), de la porcelaine et du céladon. L’empire des Liao (946-1125), d’origine Kitan, une race mongole, est à l’époque si prestigieux qu’il explique pourquoi le nom de la Chine est dérivé de Kitai (d’où le mot Cathay utilisé par les Anglais à la suite des voyages de Marco Polo). Les Song, société raffinée, devront abandonner leur capitale Kaifeng dans le Nord, aux Jurchen de Mandchourie (d’origine Toungouse) qui fondent la Dynastie des Jin. Les Song installent leur capitale à Hangzhou dans le Sud. Dans le Nord Ouest, des Tibétains métissés créent un grand empire, le Xi Xia (ou Xia occidentaux) unissant des populations diverses, pasteurs du lac Koko Nor, nomades de Mongolie, Turcs Ouigours…

▪ En 1279-1368 : Dynasties des Yuan, époque Mongole.
Genghis Khan met à sac Pékin en 1215. Les Mongols conquièrent l’empire des Jin dans le Nord en 1234, puis envahissent la Chine du Sud , le dernier refuge des Song. En 1271, le petit fils de Gengis, Kubilai Khan fonde la Dynastie des Yuan et fait de Pékin sa capitale (alors nommée Dadu, la grande capitale). L’unification politique de la plus grande partie de l’Asie par les mongols a ouvert la Chine plus largement sur le monde extérieur que ne l’avaient fait les dynasties Han et Tang. Parmi les voyageurs les plus illustres : le marchand Marco Polo de Venise et Ibn Battuta de Tanger.

▪ En 1368-1644 : Dynastie des Ming, chinoise.
Pour la deuxième fois, une insurrection populaire aboutit à la fondation d’une dynastie. L’un des chefs de rebellions, ZhuYuanzhang, est fils d’un paysan. Ce nouvel empereur, qui prend le nom de Hongwu, entreprend une œuvre gigantesque de reconstruction économique : reboisement, remise en valeur des terres, irrigation. Renommée pour ses porcelaines, la dynastie des Ming bâtit la Cité interdite de Pékin, un palais impérial de 9 999 pièces en bois précieux du Yunnan. Le grand règne de Yongle, le troisième empereur Ming, est marqué par l’expansion militaire (occupation du Vietnam en 1421). Yongle relève la Grande Muraille et lui donne son aspect actuel. De grands voyages maritimes sont organisés sous la conduite d’eunuques (puissants au palais) dont le plus célèbre est le musulman Zheng He, dépêchant de grandes flottes marchandes qui nouent des contacts et explorent tous les ports de la mer du Sud jusqu’aux cotes de l’Inde et de l’Afrique orientale.
Mais, au milieu du XV° siècle, les nomades repassent à l’attaque. Une autre menace grave vient de la piraterie d’origine japonaise qui sévit sur les cotes depuis Shanghai jusqu’à Canton et l’ile de Hainan. En 1557, Macao est mise à la disposition des Portugais en remerciement de leurs efforts contre la piraterie (de nombreux Chinois se sont joints aux japonais). L’empereur fut obligé d’interdire toutes les communications maritimes. Il s’ensuivit une coupure volontaire avec le monde extérieur. Les Jurgen du Jehol (Mongolie orientale) empiètent sur la Mandchourie (vielle terre de colonisation chinoise et verrou de l’empire au Nord-Est), et prennent le nom de Mandchous en 1635.

▪ En 1644-1911 : Dynastie des Qing.
Les Mandchous s’installent en Chine et se comportent comme des seigneurs destinés à régner sur une population d’esclaves : interdiction de mariages mixtes, ségrégation des Chinois dans les grandes villes, obligation du port de la natte sous peine de mort, création d’enclaves mandchoues dans le Nord et la région de Pékin. Cependant, une rapide évolution adouci le caractère draconien de ces mesures. C’est l’œuvre du grand empereur Kangxi, patron des lettres et des arts chinois (contemporain de louis XIV). Son œuvre s’est accompagnée d’une sinisation de l’aristocratie mandchoue. C’est sous son règne que la civilisation chinoise brille d’un éclat particulier. Au XVII° siècle, l’occident exerce une grande influence grâce aux missionnaires jésuites. A la fin du règne de Qianlong (1736 – 1796), des troubles intérieurs (insurrections de paysans affiliés à la secte secrète du lotus blanc) et des guerres aux frontières se multiplient. Révoltes des musulmans au Xinjiang, soulèvements des minorités ethniques dans le Sichuan et à Taiwan, chez les Miaos dans le Sud-Ouest, ainsi que dans le Nord de la Birmanie, au Népal et au Vietnam. Au début du XVIII° siècle, le sentiment national se développe et entraine la rupture de toute relation avec l’Occident.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.spectacles-selection.com/archives/expo_T/tresors-chine

https://protohistoirefuneraire.wordpress.com/tag/protohistoire/
https://china.lu/fr/dynastie-han-37

https://chine.in/guide/jeux-ancienne_3900.html

"La Chine ancienne, architecture funéraire et culte des ancêtres"

Emmanuelle Lesbre, Hazan, Paris Musées

"Chine ancienne", des origines à la dynastie Tang"
de Maurizio Scarpari
"La Piété filiale et le culte des ancêtres en Chine"
Henri Cordier, 2014, Editions Hachette

"La Chine du Néolithique à la fin des Cinq Dynasties (960 de notre ère)"

de Danielle Elisseff, Art et archéologie, 2019

Catalogues d'expositions Musées Guimet et Cernuschi, Paris

Photos et montage, Chantal Guyon, le 30 juillet 2020.

 

 

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