SAINT-OUEN-L'AUMÔNE  (Val d'Oise)
Arrondissement de Pontoise - Canton de Saint Ouen-l'Aumône.
Région Île-de-France
 Population : 24.498 Saint-Ouennais en 2015.

 

D'une superficie de 1.221 hectares, et d'une altitude de 22 à 58 mètres,

la ville est traversée par la rivière Oise.

 

Etymologie : Saint-Ouen (600-683), évêque de Rouen et conseiller de Dagobert 1er,

dont la dépouille a reposé une nuit ici, le 24 août de l'an 683 ap. J.C, en a donné son nom.
Quant à l'Aumône, il s'agirait du nom de terres pouvant avoir été attribuées à l'Aumônerie d'anciennes abbayes.
A la Révolution française, la commune porte le nom de l'Aumône-la-Montagne et de Montagne-sur-Oise.

 

Avant 1970 : la ville et l'Oise - Le pigeonnier du XVII° siècle et l'église Saint Ouen.

Ce pigeonnier était situé à proximité du château aujourd'hui disparu et disposait de 16.500 boulins.

 

 

Abbaye cistercienne

Notre-Dame-la-Royale, dite de  Maubuisson.

 

 

Prévue pour accueillir jusqu'à 120 nonnes, l'abbaye était également dotée d'un  palais

pour le roi et sa suite qui y résidaient souvent, à commencer par Saint Louis.

 

Aujourd'hui dédiée à l'art contemporain, l'abbaye produit de grandes expositions monographiques.

Elle développe des programmes de recherche, de production et de médiation autour des deux axes

qui structurent son identité : patrimoine et création contemporaine.

 

Fondée en 1236 par Blanche de Castille, elle a été consacrée en 1244

par Guillaume d'Auvergne, archevêque de Paris.

 

Maquette du domaine au XVIII° siècle.

 

 

Rattachée en 1244 à l'ordre cistercien, l'abbaye bénéficie d'emblée d'une solide assise économique

et d'une protection royale à toute épreuve.

 

▪ Bâtiments encore en place, ou partiellement : (4) Salle capitulaire, parloir, salle des religieuses - (6) Latrines - (10) Moulin - (11) Logis des hôtes - (14) Grange - (16) Ponceau.

▪ Bâtiments disparus : (1) Eglise abbatiale - (2) Cellier - (3) Chauffoir et réfectoire - (5) Cuisine et garde-manger - (7) Infirmerie - (8) Parloirs et apothicairerie - (9) Logis des abbesses - (12) Ferme - (13) Colombier - (15) Logis du roi - (17) Chapelle Saint Michel, puis Saint Nicolas.

 

Salle capitulaire, parloir et salle des religieuses.

 

 

Les toits sont de conception moderne : des tuiles vernissées vert et jaune couvraient l'abbaye médiévale.


 En arrivant sur le site on franchit un premier palier où s'ouvraient les cuisines. Sur la seconde terrasse,

le carré de pelouse et les allées qui l'encadrent évoquent le jardin et les galeries du cloître.

 

Les destructions révolutionnaires ont épargné trois ensembles. L'aile Est du cloître comprend la sacristie voutée d'un berceau en plein cintre, puis la salle capitulaire qui ouvrait sur la galerie du cloître par trois baies en arc brisé et qui était divisée en six travées par deux supports médians, le grand parloir dont les voûtes d'ogives retombaient sur un pilier central, enfin séparée par un passage, la salle des religieuses.

 

Le parloir.

 

Au rez-de-chaussée de l'ancienne aile des moniales, les résultats des fouilles ont inspiré la restauration des verrières en grisailles et du carrelage vert et jaune disposé en damiers, chevrons ou entrelacs dans la salle des religieuses, le parloir et la salle du chapitre. (Lors de ma visite est présentée une exposition des créations d'Hicham Berrada, mêlant  art et sciences).

 

Au parloir, la prieure répartissait le travail de la journée :

partout ailleurs, la Règle de Saint Benoît adoptée par l'ordre cistercien imposait le silence.

 

 

La salle du chapitre

 

C'est sous la direction de la mère abbesse, que les religieuses de choeur discutaient

tous les jours des problèmes matériels et spirituels de leur communauté :

une trentaine de personnes y ont été enterrées du XIII° au XVIII° siècle.

 

 

La salle des religieuses destinées au travail ou au noviciat.

 

 

Au premier étage, le grand dortoir des religieuses de choeur.

Il communiquait avec les latrines.

 

 

Au sud, les ruines de l'église se résument à quelques vestiges de mur et de piliers.

 

Les hôtes de l'abbaye et les habitants de Saint Ouen-l'Aumône pouvaient assister aux offices, séparés du choeur des religieuses par des grilles et des tentures : la Règle de Saint Benoît imposait en effet la clôture stricte aux cisterciennes. Des membres de la famille royale et de puissants lignages du voisinage ont été enterrés dans l'édifice.

 

La façade sud-est.

 

 

Le bâtiment des latrines et le fossé d'assainissement.

Comme toutes les abbayes médiévales, l'abbaye de Maubuisson est construite avec un plan hydraulique.

 

La présence de deux cours d'eau à proximité de ce terrain avait justement encouragé son acquisition par Blanche de Castille. Le système d'adduction desservait les latrines de l'abbaye puis était réutilisé pour le fonctionnement du moulin. Les latrines, qui surplombaient le caniveau, se composaient de 38 sièges de bois adossés les uns aux autres. La pièce était constituée de 20 arches hautes de 14 mètres.

 

Le bâtiment des latrines et le canal collecteur.

 

L'allée de platanes dans le parc.

Le miroir d'eau recreusé au XX° siècle à l'emplacement d'un ancien étang en forme de V.

 

La coulée verte qui longe le ru de Liesse et les étangs de Saint-Ouen-l'Aumône rejoint l'Oise

après la traversée du parc. Enclavé entre trois voies ferrées, celui-ci offre aux promeneurs

ses vastes pelouses, recouvertes au printemps d'un immense tapis de pâquerettes blanches

et l'ombrage de ses vieux platanes, classés « arbres remarquables de France ».

 

Le pavillon des hôtes.

 

 

Ancienne maison des hôtes, du XVIII° siècle, restaurée et agrandie aux XIX° et XX° siècles.

L'hôtellerie du XVIII° siècle, transformée en 1883 par l'adjonction d'une aile

et le rehaussement des combles, abrite aujourd'hui un pensionnat d'enfants.

 

Le petit pont marque l'entrée dans le parc arboré de dix hectares, orné d'un miroir d'eau creusé au XVII° siècle.

 

De cet ancien monastère, résidence princière et nécropole royale, la communauté compte 120 personnes à son apogée (abbesse, religieuses de chœur). « Notre-Dame-la-Royale » entre en décadence dans le deuxième quart du XVIII° siècle. Après le désaveu de Louis XVI, c’est la Révolution qui met un terme définitif à l’histoire religieuse du site.

Transformé en hôpital militaire en 1793, le domaine est ensuite exploité en carrière de pierres, filature et ferme. En 1928, une œuvre de protection de l’Enfance s’installe dans l’ancien logis des hôtes, demeuré propriété privée.

Un ensemble de bâtiments a survécu aux aléas du temps. Les bâtiments subsistants ont été classés Monuments historiques en 1947 et le parc est inscrit sur la liste de l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. En 1979, le département du Val d’Oise devient propriétaire d’une partie importante du domaine (10 hectares).

Après une campagne de fouilles menée par le service départemental d’archéologie (SDAVO) et de restauration qui a duré 10 ans, le site a rouvert ses portes au public en 1987. Aujourd’hui, les salles restaurées s’offrent au visiteur qui découvre ce haut lieu d’histoire, écrin d’expositions d’art contemporain inédites.

 

La grange aux dimes.

 

Avant 1970, la grande aux dîmes, et au fond, le pavillon des hôtes.

 

La grange dîmière, façade Nord-Ouest.

Composée à l'origine d'une nef et de deux collatéraux, elle a été amputée au siècle dernier

de son bas-côté oriental et de grandes portes charretières ont été percées dans ses murs.

 

Cette grange du XIII° siècle est divisée en trois vaisseaux

par deux rangées de colonnes supportant la vaste charpente.

 La charpente d'origine en bois de chêne est toujours en place, mais le plancher du grenier a disparu.

 

La grange dîmière est longue de 51 mètres et dans laquelle l'on pouvait dit-on disposer jusqu'à plus de 100 000 gerbes. Cette bâtisse s'apparente aux autres granges cisterciennes, non dîmières mais agricoles conservées dans le nord de l'île de France.

 

Entrée actuelle de l'abbaye.

 

On accède aujourd'hui à l'abbaye par le portail situé près de la grange aux dimes.

Au-dessus de la chaussée de Maubuisson, le Ponceau,

pont couvert construit au milieu du XVII° siècle par l'abbesse d'Orléans-Longueville,

qui permettaient aux nonnes de se rendre dans un clos attenant sans être vues.

 

Le jardin des religieuses s'étendait derrière le cimetière qui jouxtait l'église. Un ponceau couvert leur permettait d'aller sans être vues au Clos du Roi. Le canal de l'abbaye, dérivé du ru de Liesse, alimentait le lavoir avant de nettoyer les latrines, bâties en retour d'équerre du dortoir, et de collecter les eaux de pluie du cloître.

 

Blanche de Castille

 

Blanche de Castille, née le 4 mars 1188 à Palencia, en Castille, et morte le 27 novembre 1252 à Melun, est reine de France par son mariage avec Louis VIII.

Fille d'Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor d'Angleterre, elle-même fille d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II Plantagenêt, elle épouse le 23 mai 1200 le prince Louis, fils et héritier de Philippe Auguste. Elle est la mère de Saint Louis, à qui elle donne une éducation très pieuse et exerce la régence entre la mort de son mari Louis VIII et la majorité de son fils.

 

Ü Saint Louis confiant la régence à sa mère Blanche de Castille (toile du XVIII° siècle, par Joseph-Marie Vien).

 

Blanche de Castille donne au roi douze enfants, deux filles et dix garçons dont des jumeaux. Cinq seulement atteignent l'âge adulte, quatre meurent durant l'adolescence et les autres en bas âge. Quatre fils jouent un rôle plus ou moins considérable : Alphonse, Robert, Charles d'Anjou et surtout le futur Saint Louis. Cette nombreuse progéniture efface les attentes d'héritier mâle lors des règnes précédents de Louis VII et Philippe Auguste. Cette descendance, couplée avec son esprit, sa grande piété et l'éducation attentive de ses enfants, font d'elle une reine très appréciée.

 

Blanche de Castille et l'abbaye royale.

 

La reine aimait beaucoup le site de Pontoise et souhaitait y fonder une abbaye. Elle choisit avec son fils l'emplacement d'un petit bois, visible depuis le château et que l'on appelait "Maubuisson" (buisson maudit), en raison des brigands qui parfois s'y cachaient.

 

L'établissement cistercien Notre-Dame la Royale est achevé en 1242. Il comporte un palais destiné aux séjours royaux. Saint Louis y séjourna à plusieurs reprises. Blanche de Castille fut inhumée dans la nef. En 1324, le roi Philippe le Bel est à Maubuisson lorsqu'il apprend l'inconduite de ses brus et l'affaire de la Tour de Nesles. Les trois princesses sont emmenées en chariot voilé jusqu'aux cachots de Château-Gaillard, tandis que leurs séducteurs sont torturés à mort sur la place publique de Pontoise. Les souvenirs de cette pénible affaire écarteront longtemps la cour de Maubuisson.

 

Ensuite, Maubuisson est successivement administrée par des abbesses rigoristes ou excentriques. Au XVIII° siècle, le déclin de l'abbaye est régulier. A la veille des destructions révolutionnaires, n'y vivaient que quelques religieuses âgées, incapables de poursuivre l'entretien de bâtiments immenses.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.valdoise.fr/
https://www.tombes-sepultures.com/
Dépliants 8 pages "Abbaye N.D. la Royale, dite Maubuisson", remis à l'accueil

Livre de 112 pages "Royaumont, Abbaye Royale"

d'Erlande Brandenburg/Editeur Du Palais, 2015, Collection, Portes ouvertes

"Blanche de Castille", Dictionnaire encyclopédique d'Histoire

Volume 1 (A -B), Editions Bordas, 1986

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 13 avril 2018

 

 

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