PONTOISE  (Val-d'Oise)
Arrondissement et canton de Pontoise.
Région : Île-de-France
 Population : 30.690 Pontoisiens en 2016.

 

D'une superficie de 715 hectares et d'une altitude de 22 à 87 mètres,

la ville est traversée par les rivières l'Oise et la Viosne.

Elle est la capitale historique du Vexin Français.

 

Vue d'ensemble sur la ville, avant 1970.

 

Lors de fouilles archéologiques, des tombes et des outils ont été exhumés et témoignent d'une présence humaine dès l'époque néolithique. Les romains en firent "Pontisara" et sous Auguste, une voie romaine emprunte le gué pour joindre Lutèce à Rotomagus (Rouen). Dès lors, ville étape, son importance économique, militaire et sa politique ne cesse de s'affirmer jusqu'à la fin du Moyen Age.

 

 

Pontoise, labellisée ville d' Art et d'Histoire
 

 

Le coeur historique de Pontoise est édifié sur un plateau calcaire. Cette roche fut exploitée

tout au long du Moyen Age comme en témoignent les nombreuses carrières souterraines.

Des caves voûtées en ogives ou en plein cintre ont été aménagées

et sont d'une grande diversité quant à leur décoration et leur fonction.

 

Vestiges des remparts.

 

Les invasions normandes conduisent la ville à se doter de fortifications.

Après le partage de Saint-Clair-sur-Epte (911),

la riche campagne du Vexin français trouve à Pontoise protection et débouchés.

 

La ville est ceinturée de remparts dès le XII° siècle, autour d'une double identité :

ville haute bâtie sur le plateau calcaire, ville basse, le long de l'Oise, et à l'intérieur de la Viosne détournée.

 

A partir du XI° siècle, les établissements religieux se multiplient. C'est notamment la fondation de l'abbaye bénédictine de Saint Martin de Pontoise, dont le 1° abbé est Saint Gauthier. Surtout, les rois de France y font de fréquents séjours dans le château construit par Louis VI le Gros, qui domine les remparts. Pontoise devient même la capitale politique de la France sous la régence de Blanche de Castille. Celle-ci fonde l'abbaye de Maubuisson sur l'autre rive de l'Oise, où un palais est aménagé, qui accueillera de nombreux monarques. C'est aussi à Pontoise, en décembre 1244, que Saint Louis, malade, fait voeu de partir pour la croisade.

 

L'hôtel de ville, ancien couvent des Cordeliers.

 

Les Cordeliers, établis à l'extérieur de la ville par Blanche de Castille, vinrent s'installer ici au XIV° siècle.

C'est dans leur église qu'en 1670, Bossuet fut sacré évêque de Condom.

 

Devenu l'hôtel de ville en 1854, l'édifice n'est qu'une partie de l'ancien couvent des Cordeliers

dont on voit encore dans la cour intérieure, les arcades très restaurée de l'ancien cloître,

et les deux baies, vestiges de l'église situés sur un côté de la place.

 

Aux XIV° et XV° siècles, les épidémies de peste et les combats de la guerre de Cent Ans atteignent douloureusement la ville. Anglais et Français s'emparent à tour de rôle de la place forte qui n'est définitivement reconquise qu'en 1441. Près d'un siècle sera nécessaire pour relever les remparts et réparer les ruines. Le Parlement de Paris s'y établit en exil en 1720 et 1753, à titre de sanction du pouvoir royal. La ville perd son statut de place forte et les fortifications sont détruites.

 

La tour de la Fontaine d'Amour, et le musée Camille Pissarro, installé dans une maison

située sur le site de l'ancien château qui domine l'Oise.

 

▪ Cette fontaine date probablement de la fin du XIII° siècle. Son nom est aujourd'hui associé à une légende selon laquelle une fontaine servit de rendez-vous secret entre une jeune aristocrate et un écuyer. Le jeune homme fut tué par le père de sa bien-aimée, laquelle désespérée, devint religieuse jusqu'à la fin de ses jours. L'édifice a été restauré par la Ville de Pontoise en 1999.

▪ Camille Pissarro séjourna à Pontoise entre 1866 et 1868 puis s’y installa de manière permanente de 1872 au début de l’année 1884. C’est à Pontoise qu’il prépara la première exposition du groupe impressionniste de 1874 et qu’il réalisa plusieurs centaines de ses œuvres. Il travailla dans la vallée de l’Oise avec Cézanne une dizaine d’années entre 1872 et 1881, puis avec Gauguin entre 1879 et 1882.

 

Camille Pissarro et les peintres de la Vallée de l'Oise.

 

Dans la seconde moitié du XIX° siècle, l’Impressionnisme

marqua la rupture de l’art moderne avec la peinture académique en vogue.

 

Le musée Camille-Pissarro, qui lui rend hommage, présente aux côtés de deux peintures du maître des œuvres, de Lucien, Ludovic-Rodo, Georges et Félix ses fils qu’il initia à l’art mais aussi de ses amis, Paul Signac, Ludovic Piette, Federico Zandomeneghi, Edouard Béliard ou encore Louis Hayet. L’accrochage des collections permanentes, qui évolue au fil de l’année, est complété par des œuvres de peintres pré-impressionnistes ou postimpressionniste qui ont travaillé dans la vallée de l’Oise tels Charles-François Daubigny, Emilio Sanchez-Perrier, Emilio Boggio, Luis Jimenez, Clovis Cousin et Octave Linet.

 

Le musée Tavet-Delacour.


Installé dans l'ancien hôtel d'Estouteville de la fin du XV° siècle,

autrefois demeure du Grand Vicaire de Pontoise, le musée conserve les collections historiques de la Ville.

 

Avec ses tourelles d’angle, ses toits en poivrière, ses fenêtres à meneaux et ses poutres intérieures,

cet hôtel est un rare témoin de l’architecture civile de la fin du style gothique.

Une tour d’escalier proéminente divise la façade en deux.

La distribution de toutes les pièces de l’hôtel s’organise autour de l’escalier central.

 

A la Révolution française, l’Église vend cet édifice qui se transforme alors en préfecture puis en tribunal civil. En 1889, M. Tavet, un des fondateurs de la Société historique de Pontoise, proposa à la ville d’y installer ses collections et d’y créer un musée en sollicitant des donations et en entreprenant la restauration du bâtiment.

Le Musée s’est depuis spécialisé en art moderne et contemporain, il a acquis ou reçu en don des oeuvres de Matisse, Hans Arp, Gleizes, Geer van Velde, Aurelie Nemours, Masurovsky, Shirley Goldfarb, Jean Legros, Roger Chastel, Diego Giacometti, Herbin, Valmier, Reichel, Fleischmann, Gargallo ou Marcelle Cahn.

 

La ville religieuse.

 

Au XVII° siècle, Pontoise ne doit son réveil qu'à l'installation de nouveaux ordres religieux :

Jésuites, Carmélites, Ursulines et Bénédictines anglaises.

Elle accueille à plusieurs reprises, les assemblées du clergé de France.

La Révolution portera un coup fatal à plusieurs établissements religieux.

 

Eglise Notre-Dame.

 

De l'église construite au XII° siècle, puis agrandie au XV° siècle, il ne reste rien.

L'architecture de Notre-Dame se trouve à la charnière de deux périodes : la Renaissance et le Classicisme.

 

Reconstruite en 1590, l'église est de taille plus modeste que la basilique antérieure.

 

L'église est précédée d'un porche du XVIII° siècle décoré de bas-reliefs,

et d'une grosse tour peu élevée à pilastres composites, que surmonte un petit dôme à lanternon.

 

Constitué d'arcades, le porche évoque le style classique avec l'utilisation de pots à feux pour souligner la verticalité et l'utilisation des bas-reliefs qui représentent des personnages bibliques, le tout est entouré d'instruments liturgiques. Au centre, deux têtes d'anges surmontent l'arc principal.

 

Sous le porche, des panneaux sculptés du XVI° siècle ont été remployés dans les vantaux et tympans des portes.

En 1862, une abside de style néo-gothique est construite pour présenter la Vierge miraculeuse,

qui était auparavant sous le porche de l'église.

 

En entrant dans l'église, dans l'ancienne chapelle des fonts baptismaux,

statue du XIII° siècle, en pierre calcaire, d'une Vierge à l'enfant, haute de 2 mètres.

 

Il s'agit de la Vierge miraculeuse de Pontoise, attestée dans une charte de 1231 et qui aurait été donnée par Saint Guillaume. Sa taille allongée indique qu'elle devait se trouver au niveau du portail. Objet d'un pèlerinage très populaire, elle suscite dès 1247 une foire qui se tenait devant le porche, pendant une semaine à partir du 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge. Au Moyen Age, cette Vierge à l'enfant réalisait des miracles "de répit", permettant de baptiser les enfants mort-nés.

 

Les colonnes reçoivent les ogives de la voûte par le biais de pilastres ioniques.

Les voûtes de la nef sont réalisées en bois recouvert de plâtre.

 

Au-dessus de la porte principale, le buffet d'orgues en chêne sculpté, construit en 1639,

par le sculpteur parisien Nicolas Duchatel et acheté par la paroisse en 1808.

 

L'intérieur se caractérise par des volumes différents, plafonds bas pour les bas-côtés,

tandis que la hauteur de la nef est importante.

 

Entre la nef et le bas-côté, se trouve le sarcophage en pierre calcaire de Saint Gauthier, mort en 1099,

fondateur de l'abbaye Saint Martin de Pontoise où avait été érigé ce tombeau, transféré ici au XIX° siècle.

Il date de la seconde moitié du XII° siècle. Le gisant est encadré de deux thuriféraires et de deux anges.

 

Le chevet du bas-côté Sud.

 

Les baies en plein cintre sont larges et constituées de quatre lancettes et de quatre médaillons en haut.

 

La chapelle des fonts baptismaux a été édifiée en 1729, devant le bas-côté Sud.

 

Le choeur, avec une voûte en cul-de-four a été décoré en 1895

par des peintures murales réalisées par l'architecte Albert Guilbert.

 

 

Les stalles en chêne, d'époque Louis XV, proviennent de l'ancienne abbaye de Maubuisson.

 

Au centre des quatre travées les clés de voûte réalisées en 1843 sont pendantes.

 

Le monastère du Carmel.

 

C'est le plus ancien carmel de France en activité. Les bâtiments, datant du début du XVII° siècle, sont intacts.

On trouve dans le carmel un témoignage du génie hydraulique du Moyen-Âge,

l’ancien cours de la Viosne dévié pour alimenter en eau une partie du Centre Ville.

 

L’ordre religieux du Carmel est né en Espagne. Au début du XVII° siècle, Barbe Acarie décide d’installer le Carmel en France. Le 18 octobre 1604, le premier Carmel de France est fondé à Paris et dès le 15 janvier 1605, Madame Acarie fonde le Carmel de Pontoise.

 

Le Carmel abrite un jardin de deux hectares propice à la méditation et au recueillement,

uniquement ouvert aux Carmélites.

 

Intérieur de la chapelle, avant 1970.

 

A l'origine, le Carmel de Pontoise est situé dans la maison d’un particulier, où une plaque le mentionne encore. En 1610, le bâtiment actuel est consacré et les soeurs carmélites s’y installent définitivement. La communauté prospère tout au long des XVII° et XVIII° siècles.

Les trente Carmélites, chassées pendant la Révolution en 1792, restent toutes fidèles à leurs voeux et demeurent, pour la plupart, à Pontoise, réparties en plusieurs groupes. Le monastère, devenu Bien National, sert successivement de prison, d’annexe à la fabrique d’armes de Versailles, de grenier à grains pour Paris et de manufacture pour le textile venu des Indes. Le Carmel de Pontoise, restauré à deux reprises, est désormais le plus ancien Carmel de France encore en activité.

 

Les jardins.

 

Ce grand jardin public est situé à proximité de la cathédrale,

sur une partie des anciennes douves qui protégeaient les remparts de Pontoise.
Des espaces ombragés agrémentés d’un kiosque à musique, d’une aire de jeux pour les enfants

et d’un belvédère escarpé se découvrent à l’ouest du tapis vert.

Acquis en 1820 par la municipalité, la propriété Levasseur de Verville devient "le jardin de la ville",

plus grand espace vert du centre-ville avec ses 2,5 hectares.

 

Presque entièrement ravagé lors des bombardements de 1940 et 1944, le quartier du pont routier a été reconstruit. En devenant préfecture du Val-d'Oise lors de la création du département en 1965, et siège d'un nouvel évêché l'année suivante, Pontoise a connu un essor administratif et commercial important. La décision de créer la ville nouvelle de Cergy-Pontoise s'est traduite par la création d'autres quartiers.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.ville-pontoise.fr/

Dépliant "Laissez-vous conter Pontoise" de 12 pages

Ville d'Art et d'Histoire, O.T. Pontoise

Dictionnaire des églises de France" "Île-de-France"

volume IVd, Editions Robert Laffont, 1968

"Pontoise", de Dulaure, Fournier & De Labedollière

Editions du Bastion, 1992

Panneaux explicatifs présentés à travers la ville

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 10 mai 2019

 

 

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