VINCENNES  (Val-de-Marne)
Arrondissement de Nogent-sur-Marne - Canton de Vincennes.
Région Ile-de-France.
 Population : 49.461 Vincennois en 2015.

 

D'une superficie de 191 hectares, et d'une altitude de 46 à 69 mètres,

la ville doit son caractère résidentiel à la proximité de son bois

et à la célébrité de son château, né de la passion des rois de France pour la chasse.

 

Etymologie : le nom viendrait du gaulois Vidu-cenna, avec un premier élément vidu

signifiant « forêt » associé au suffixe -cenna, « bois sacré, sanctuaire »).

 

Novembre 1924 voit également la création de la paroisse Saint-Louis de Vincennes …

et Saint-Mandé, car le territoire de la paroisse s’étend sur les deux communes.

 

 

Eglise Saint Louis, du XX° siècle
 

 

D'inspiration néo-byzantine, c'est un chef d'oeuvre du style des Arts décoratifs.

L'église est novatrice par sa conception sur un plan carré, et évoque les églises du Moyen-Orient.

Elle est de plan centré, avec quatre grands arcs en béton armé et à une seule nef.

Les arcs à leur croisée supportent une coupole octogonale.

 

L’église est l’œuvre de deux jeunes architectes, âgés de 30 et 31 ans, qui gagnent le concours lancé

par le diocèse de Paris. Jacques Droz (1882-1955) et Joseph Marrast (1881-1971) n’ont encore rien réalisé.

 

Le projet des architectes répond aux besoins manifestés par le diocèse pour le culte, en termes d’espace, et de visibilité de l’autel par l’ensemble des fidèles. Le parti pris de recourir au béton armé (une de ses premières applications) et dans le plan général : deux paires d’arcs (AA’) et (BB’) se croisent à angle droit et portent l’ensemble de la structure. Leur portée n’aurait pas été possible avant l’utilisation du béton armé.

 

 

Le clocher, hexagonal, mesure 50 m de haut.

De chaque côté de la porte d'entrée, deux grandes peintures évoquent :

la communion des Saints de tous les temps.

La grande statue, sur béton de saint Louis à droite du portail d’entrée

est l'oeuvre du sculpteur Carlo Sarrabezolles.

 

Les murs extérieurs sont en meulière et un appareillage de briques rouges.

 

Pour la décoration intérieure, on a fait appel à des artistes d'art sacré, groupe fondé en 1911,

par Maurice Denis, Georges Rouault et Georges Desvallières.

 

Depuis le choeur, vue sur la nef.

Au-dessus de la porte d'entrée, l'orgue de Gonzalès.

 

Maurice Denis s’est aussi essayé à la fresque avec les huit Béatitudes aux écoinçons des grands arcs.

 

Christ en croix et Saint Jean Baptiste.

 

Vitraux de 1924 : la conception des baies aux tendances modernistes sont composées de panneaux de béton,

percés d'ouvertures géométriques, losanges et cercles, disposées en rosace.

La lumière pénètre dans l'édifice par trois grandes roses en pavés de verre réalisés à Saint-Gobain,

encastrés dans la maçonnerie.

 

Le centre de la coupole est orné d'une croix cantonnée de la représentation des quatre évangélistes.

La fresque est l'oeuvre de Maurice Denis.

 

 

Les deux chapelles bordant le choeur :

à droite, dédiée à Marie et l'enfant Jésus, et à gauche, dédiée à Jésus.

 

Les 14 stations du Chemin de croix sont d'Henri Marrest.

Il a  été un des rénovateurs de l’art de la fresque, technique utilisée dès l’antiquité,

quasiment abandonnée après la Renaissance, avant d’être ressuscitée par Baudouin et Marrest.

 

Une des douze Béatitudes réalisées par Maurice Denis,

et le Saint-Esprit, au dessus du chœur est aussi Maurice Denis.

 

 Au-dessus de l'autel, le Christ Pantocrator

 

 

Saint Louis rendant la justice sous un chêne, fresque de Maurice Denis,1927.
 

Elle déploie derrière l’autel un vaste tableau de la société française sous le règne de Louis IX (1214-1270).

Pour Denis, qui s’est affirmé à cette époque comme un théoricien et un défenseur de l’art chrétien,

cette œuvre, réalisée avec une nouvelle technique picturale, le Stic est aussi un manifeste de ses convictions.

 

Maurice Denis (1870-1943), fondateur des Ateliers d'Art Sacré, réalisera cette composition à la "tempéra".

Il délaisse alors le primitivisme de sa période nabi,

pour une conception décorative inspirée de son admiration pour la Renaissance.

 

La tempera est une technique de peinture à l'eau très ancienne, utilisée notamment en Égypte antique, par les peintres d'icônes byzantines, et en Europe durant le Moyen Âge. Le procédé original est celui d'une peinture utilisant le jaune d'œuf, émulsion naturelle, ou l'œuf entier comme médium pour lier les pigments. On l'utilise sur du plâtre ou sur des panneaux de bois recouverts de nombreuses couches de gesso, enduit à base de colle de collagène et de carbonate de calcium dans le nord de l'Europe, ou sulfate de calcium dans le sud de l'Europe.

Quand la peinture à l'huile se développa vers la fin du Moyen Âge, jusqu'en 1500 la tempera continua encore à être employée pendant un certain temps en tant que sous-couche recouverte par un vernis à l'huile translucide ou transparent. Cette technique transitoire mixte fut suivie par une technique de peinture à l'huile pure, qui remplaça presque totalement la tempera au XVI° siècle. Cette technique était principalement utilisée pour des peintures religieuses.

 

 

La table de communion, la chaire à prêcher et son abat-voix, les revêtements du maître autel,

sont l'oeuvre du céramiste Maurice Dhomme.

 

Maurice Dhomme a lui aussi, fait revivre ici un art disparu depuis la Renaissance. Ses réalisations dans l'église Saint Louis donnent une tonalité lumineuse d’autant plus forte qu’elle contraste avec la rigueur de la meulière et de la brique. La teinte dominante de ses décors est le bleu, mais allié à des roses délicats, à des verts ou des mauves subtils, les nombreux décors de l'ensemble donnent une harmonie très réussie.

 

Armand Boutrolle est l’auteur d’un Sacré Coeur et d’une Vierge à l’enfant placés sur les autels latéraux.
Les deux statues en céramique sont d'Henri Marrest.

 

Le ferronnier Raymond Subes réalisa les tables de communion.

 

Raymond Subes a fait revivre une technique abandonnée depuis le XVIII° siècle, celle de la ferronnerie élaborée "au feu". Il est, à Saint-Louis, l’auteur des portes des tabernacles, des grilles des tables de communion, de la grille qui entoure à l’extérieur la statue de saint Louis, comme de celles qui entourent trois des quatre statues de saints dans la nef, et de nombreux objets cultuels (chandeliers, crucifix, croix d’autel…)

 

Dès sa consécration en 1924, l’église et son décor firent l’objet d’une réelle admiration,

et inspirèrent d’autres bâtiments du culte. Jusqu’à ce que les goûts et les théories évoluent,

l’église Saint-Louis, cachée derrière les immeubles du quartier, à peine visible, tombe un peu dans l’oubli.
Le classement de l’église en 1996, le renouveau de l’intérêt du public pour l’art du début du XX° siècle,

et l’engagement des paroissiens convaincus de la qualité de cet édifice,

permettent de croire en une renaissance de l’église Saint-Louis.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://vincennes-saint-mande.catholique.fr/
Livre "Il était une Foi, St Louis de Vincennes"

de Paul Guillaumat et Claude de Martel

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 25 septembre 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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