VINCENNES  (Val-de-Marne)
Arrondissement de Nogent-sur-Marne - Canton de Vincennes.
Région Ile-de-France.
 Population : 49.461 Vincennois en 2015.

 

D'une superficie de 191 hectares, et d'une altitude de 46 à 69 mètres,

la ville doit son caractère résidentiel à la proximité de son bois

et à la célébrité de son château, né de la passion des rois de France pour la chasse.

 

 

Le château de Vincennes

 

 

Le château est la seule résidence royale fortifiée d’un souverain du Moyen Âge qui subsiste en France,

et l'un des plus grands châteaux du Moyen Age d'Europe.

Les bâtiments qui le composent datent pour l’essentiel du XIV° siècle, avec des adjonctions jusqu’au XIX° siècle.

 

Le château et la ville, avant 1970.

Le château forme un immense rectangle de 320 m de long sur 178 m de large,

enclos par une muraille et un large fossé autrefois rempli d'eau.

 

Plan du château.

 

 

 

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Entrée du château

( 1) Manoir Capétien (vestiges)

( 2) Donjon

( 3) Châtelet

( 4) Tour du Réservoir des

      Fontaines

( 5) Tour du Diable

( 6) Tour du Gouverneur

( 7) Tour de la Surintendance

( 8) Tour de la Reine

(21) Façade Sainte Chapelle

(22) Intérieur Sainte Chapelle

(23) Pavillons royaux

(24) Tour du Bois

( A) Enceinte rectangulaire

( B) Tour du Roi

( C) Fossé profond

( D) Tour du village

 

Située au centre (5), la Tour du Diable, où descendit dans les fossés, au moment de son exécution le duc d'Enghien. En 1804, soupçonné de participer à un complot contre Bonaparte, ce dernier le fit enlever à Ettenheim (en face de Strasbourg) sur le territoire de la Confédération germanique, et inculper de complicité avec les émigrés. Il fut incarcéré le 20 mars à Vincennes, dans le pavillon du Roi. Jugé sommairement dans la tour du Bois, il fut fusillé au pied de la tour de la Reine, à 3 heures du matin et jeté dans une fosse à cet endroit. Exhumé par Louis XVIII en 1816, il fut placé dans un monument funéraire installé dans la Sainte chapelle.

                                                                           

L'enceinte extérieure.

 

Vincennes doit son existence au roi Louis VII (1137-1180)

qui fit de la forêt son terrain de chasse préféré et y établit une première résidence royale.

A partir de Saint Louis (1226-1270) les souverains séjournent régulièrement à Vincennes.

 

Cette courtine était flanquée de neuf tours, le donjon formant hors d'oeuvre à l'Ouest.

Sept tours ont été rasées au niveau du rempart sous l'Empire,

quand Napoléon 1er a transformé Vincennes en place forte militaire.

 

Au début de la guerre de Cent Ans, Jean II le Bon (1350-1364) entreprend à proximité la construction du donjon. Son fils Charles V (1364-1380) l'achève vers 1370. Donjon et manoir sont ensuite protégés par une enceinte ponctuée de neuf tours.

 

Statue en marbre de Saint Louis, oeuvre du sculpteur A. Mony (1906).

(Elle se trouvait initialement à Paris, Eglise St Louis et déplacée à Vincennes, en 1971).

Les tours, hautes de 40 à 42 mètres servaient à la fois d'habitation et d'éléments défensifs.

Dans cet espace, vivaient plusieurs centaines de personnes.

Au cours du XIX° siècle, des casemates ont été construites contre les remparts.

 

La porte du Bois.

 

La porte du Bois, façade extérieure, côté Bois de Vincennes.

 

A la mort de Charles V, le chantier de la Sainte Chapelle vient de démarrer : son portail sera l'un des premiers chefs d'oeuvre du gothique flamboyant. Aux XVI° et XVII° siècles lors de périodes troublées, des souverains se réfugient derrière les murs de l'immense château. De nouvelles constructions marquent la présence épisodique de Louis XIV (1643-1715) avant son installation définitive à Versailles en 1682.

 

 

 

A l'origine, comme la porte du Village, elle comprenait un pont-levis.

 

La porte du Bois, ainsi nommée en raison de son orientation du côté du bois de Vincennes, est construite au centre d’une courtine qui relie le pavillon du Roi et celui de la Reine. Son décor est symétrique et antiquisant : on distingue balustrade, entablement, frise, bas reliefs, baie en plein cintre, colonnes, frontons et niches. Il s’agit d’une des neuf tours médiévales de l’enceinte, arasée puis transformée en arc de triomphe au XVII° siècle par l’architecte Le Vau selon le goût classique. Elle devient alors la nouvelle entrée principale du château. En face, le portique Le Vau, reconstruit en 1967, comporte en son centre un second arc de triomphe plus modeste et plus épuré. Ce portique vient séparer la partie classique de la partie médiévale reléguée à des fonctions plus utilitaires. L’horizontalité des lignes accentuée par la balustrade, la régularité des arcades, la délicatesse des ornements marquent visuellement l’opposition du moderne à l’ancien.

 

La tour du Village.

 

C'est la porte d'entrée principale d'origine et a conservé sa hauteur.

Elle est haute de 48 m à partir du fond des fossés et comprend six étages.

Elle est flanquée aux angles postérieurs, de deux tourelles contenant des escaliers.

 

 

La façade offre une sobre décoration du XIV° siècle

et la porte est surmontée de deux anges portant les armes de France.

 

 

Vue sur la porte du village, depuis la cour intérieure.

 

Dans la cour, à gauche, s'élevait le manoir de Saint Louis, détruit au XVII° siècle et dont une plaque signale l'emplacement. Un peu plus loin, une pierre gravée commémore l'exécution de 11 otages par les nazis, le 20 août 1944. (Les tours Salves et du bois étaient également des portes d'entrée à pont-levis et possédaient aussi un décor sculpté).

 

Le donjon.

 

Au Moyen Age l'accès au donjon se faisait uniquement par le 1er étage :

on empruntait d'abord l'escalier hors d'oeuvre adossé au châtelet d'entrée, puis la passerelle en bois.

Les deux portes du rez-de-chaussée du donjon n'ont été percées qu'au XVIII° siècle.

 

(1) Passerelle en bois

 

(2) Large escalier à vis que prenait le roi pour se déplacer entre les 2 premiers étages.

 

(3) Grande salle du Conseil du 1er étage.

 

(4) Les appartements privés du roi du 2° étage.

 

Un escalier secondaire placé dans l'épaisseur du mur, dessert tous les niveaux, du rez-de-chaussée à la terrasse.

 

Le donjon est une puissante tour carrée, flanquée de quatre tourelles aux angles.

 

La tour est divisée en six niveaux de salles dont les voûtes reposent sur une seule et fine colonne centrale.

 

Le donjon est protégé par une enceinte et un profond fossé, en eau à l'origine.

 

Le châtelet est l'entrée principale du donjon.

Sa façade était à l'origine ornée d'un décor sculpté important.

Les statues de Charles V et de son épouse, Jeanne de Bourbon et de Saint Christophe accueillaient les visiteurs.

Elles étaient surmontées d'une Trinité, symbole de la protection divine du pouvoir.

 

Les culots des encadrements de fenêtres de la façade du donjon sont ornés de décors sculptés. Ce sont des copies mises en place lors de la restauration du donjon afin de protéger les originaux. Ces sculptures, qui sont avec celles de l’intérieur du donjon les plus anciennes du site, peuvent être classées selon trois types de représentation : des scènes réalistes comme le tailleur de pierre au travail, un bestiaire fantastique de monstres et de sirènes, et enfin des sculptures religieuses qui figurent des anges musiciens. Les anges musiciens constituent un thème iconographique courant à la fin du Moyen Âge. Ils représentent la Jérusalem céleste et sont associés au culte de la Vierge. La présence de ces anges à l’étage de la chambre royale (2° étage) a donc une signification religieuse importante : ils chantent les litanies de la Vierge et veillent sur la chambre du roi.

 

La cour intérieure du donjon.

 

Dans la cour, le plus ancien exemple d'escalier hors oeuvre, éclairé par cinq baies superposées.

 

Le chemin de ronde est entièrement couvert d'une toiture "la galerie",

dont les mâchicoulis sont surmontés de créneaux.

 

C'est par une de ces ouvertures que s'évada le duc de Beaufort : la corde étant trop courte, il tomba sur l'empattement et y resta quelques instants évanoui. Ses complices, postés sur la contrescarpe, parvinrent à le tirer du fossé avec une corde.

 

L'escalier permet d'accéder à la terrasse.

 

Cabinet de travail du roi Charles V.

 

 

Lors de ses séjours à Vincennes, deux à trois mois par an, Charles V (1364-1380)

dirigeait son royaume depuis cette petite salle. De là, il entreprit la reconquête des territoires,

la restauration du pouvoir royal et le redressement de la France.

Dans les salles attenantes se tenaient ses collaborateurs chargés de rédiger les textes.

 

Cette pièce est équipée aujourd’hui d’une animation numérique appelée "réalité augmentée". Des capteurs accrochés au mur permettent de voir sur une tablette numérique la pièce reconstituée virtuellement telle qu’elle était au Moyen Âge, avec ses couleurs chatoyantes, son mobilier et ses décors peints.

 

Le chemin de ronde.

 

 

Au Moyen Age, le chemin de ronde n'était pas couvert.

Le roi l'empruntait pour aller de son cabinet de travail jusqu'à son appartement,

situé à l'étage d'un bâtiment construit dans la cour.

(Ce bâtiment a disparu mais les moulures de ses ouvertures sont visibles dans le mur côté cour).

 

Depuis le chemin de ronde, vues sur le château et les fossés.

La terrasse du châtelet offre un panorama sur l'ensemble du site.

Côté donjon, on distingue des anges musiciens, des prophètes et des personnages fantastiques

sur les culots sculptés qui encadrent les fenêtres des deuxième et troisième étages.

 

Le campanile, au sommet de l'escalier, abrite une copie de la cloche de l'horloge,

installée en 1369 et pour la première fois sur un bâtiment civil.

La passerelle au Moyen Age était le seul accès au donjon.

 

La chapelle.

 

A l'époque de Charles V, la salle de cette tourelle était une chapelle destinée à servir les offices

que la reine et les proches du roi suivaient depuis l'oratoire qui se trouve à la suite.

(Le donjon fut utilisé comme prison dès le XVI° siècle et les salles des tourelles furent transformées en cellules :

les fermetures et graffiti sont le fait des prisonniers).

 

 

Sur les murs la cellule dite des "Trois religions".

Cette pièce fut jadis une des cellules privatives du donjon. Elle fut particulièrement occupée

après le départ de la cour de Louis XIV à Versailles en 1670 et jusqu'au début du XIX° siècle.

 

Subsistent de ce temps de subtils décors peints en lavis brun sur fond ocre. Sur chaque mur, au sein d'une treille végétale, des tableaux sont suspendus en trompe l'oeil. Ces paysages pourraient représenter les trois principales religions : catholicisme, judaïsme et Islam. On pourrait en effet voir le clocher d'une église, une synagogue encadrée par des chandeliers à six branches et pour finir, un minaret à moins que ce ne soit une colonne antique.

 

Clé de voûte et chapiteaux sculptés.

 

La salle du Conseil.

 

Cette salle était à l'origine le lieu de réceptions officielles

et des séances de travail entre le souverain et ses conseillers.

Au besoin, elle servait de chambre pour la reine ou des proches du roi.

Les voûtes de cette salle portent encore les lambris qui tapissaient aussi les murs au XIV° siècle.

(Cette salle est utilisée aujourd'hui pour la projection d'un film

 retraçant l'histoire du château au temps de Charles V).

 

Du rez-de-chaussée au 3° étage, on retrouve : un chapiteau au sommet de la colonne centrale,

des consoles figurant les symboles des évangélistes aux angles et les prophètes au milieu des murs.

 

L'escalier.

 

Large et confortable, cet escalier occupe la tourelle Sud-Est :

ce remaniement voulu par le roi mène au deuxième niveau de son logis.

 

La chambre.

 

Cette très belle salle est ornée d'une cheminée.

Le roi serrait ses plus beaux manuscrits dans un coffre placé dans l'embrasure de la fenêtre Ouest.

 

 

Les motifs peints sur les nervures des voûtes laissent deviner le raffinement du décor

de la seule résidence royale médiévale restée dans ses dispositions d'origine.

 

Les culs de lampe représentent les quatre évangélistes, et un prophète.

 

L'oratoire.

 

Cet oratoire est prolongé par la chapelle, située dans la tourelle Nord-Est.

Plusieurs fois par jour, Charles V s'isolait dans cet oratoire aménagé dans l'épaisseur du mur,

pour suivre l'office célébré dans la chapelle.

 

La salle du trésor.

 

La salle donne accès aux pièces strictement réservées à Charles V.

 

En son absence la porte est fermée, cachetée à la cire et le roi en conserve l'unique clef. A partir de 1367, la salle conserve l'or du royaume ainsi qu'une partie de la collection de manuscrits et d'objets d'art. Charles V souhaite disposer en permanence, dans ses principales résidences, d'une importante quantité d'argent et fait de Vincennes le lieu de dépôt du trésor du royaume. Les coffres pouvaient contenir jusqu'à 20 % du budget annuel des dépenses royales.

 

Les latrines : élément d'hygiène et de confort novateur à l'époque de Charles V, les murs de ces latrines étaient entièrement lambrissés et la pièce coupée par une cloison de bois.

 

L'étude.

 

 

Cette pièce répond au souhait de Charles V de disposer d'un lieu confortable pour lire,

travailler et conserver ses documents et objets précieux.

Les quatre évangélistes sont représentés aux consoles, et une Trinité à la clef de voûte.

 

Ce petit espace facile à chauffer est bien éclairé par une large fenêtre permettant également de contempler Paris. Il était entièrement lambrissé, meublé d'étagères remplies de livres précieux et d'objets, de reliquaires, de bijoux. Dans une niche, un coffre conservait des documents de famille. Le roi travaillait au centre d'un décor sculpté, signe de sa religiosité.

 

Le rez-de-chaussée.

 

Au Moyen Age, ce niveau bas du donjon n'était accessible que depuis le 1er étage par un petit escalier.

(Les deux portes vers la cour ont été percées qu'au du XVIII° siècle).

Ce niveau pouvait donc difficilement servir de cuisine

et était plutôt utilisé comme réserve et logement de domestiques.

 

Un mur sépare l'espace. Il a été rajouté en cours de chantier au Moyen Age.

Une des deux portes du XIII° siècle provient de la tour du Temple à Paris.

Les deux salles du rez-de-chaussée constituaient vraisemblablement des locaux de service.

 

Les barreaux des fenêtres et les portes de cellules du XVIII° siècle rappellent l'usage de ce niveau comme prison. En 1784, le donjon cesse d'être utilisé comme prison et les prisonniers sont transférés à la Bastille. Entre 1785 et 1790, une boulangerie approvisionnant le village de Vincennes et l'Est de Paris est installée au rez-de-chaussée et dans la cour du donjon.

 

Comme aux étages supérieurs, l'espace était organisé avec une seule salle doté de son pilier central.

 

Le rez-de-chaussée possède un puits du XIV° siècle. C'est le 3° du château. Il est profond de 17 mètres.

 

La grande cheminée a perdu sa hotte.

 

 

Sous les vitrines, présentation de diverses lettres historiques et de manuscrits.

Documents sur l'histoire du manoir des Capétiens des origines à Charles IV le Bel.

 

Dès le XVI° siècle, les rois ne résidèrent qu'épisodiquement dans le donjon, qui devint prison royale. Catherine de Médicis y enferma Henry de Navarre, le futur Henri IV. Pendant la Fronde, commence l'histoire des prisonniers célèbres : le duc de Beaufort, le roi des Halles qui s'évada en 1648, le  cardinal de Retz, le duc de Longueville, le Grand Condé et son frère, le prince de Conti.

 

Sous Louis XIV se succèdent : Fouquet (1662), la Voisin et ses complices de l'affaire des Poisons, Mme Guyon, fondatrice du quiétisme (1695) et enfin des Jansénistes dont l'abbé de Saint Cyran en 1707.

 

Sous Louis XV, Vincennes devint le lieu de désespoir, évoqué par Voltaire. Le donjon reçoit Crébillon fils en 1734, Diderot, incarcéré en 1749 à la suite de sa "lettre sur les aveugles, y reçut la visite de Jean Jacques Rousseau, Latude s'évada deux fois, en 1750 et en 1765, Sade en 1777 et eut pour voisin Mirabeau emprisonné trois ans pour un duel qui y rédigea son pamphlet contre les lettres de cachet.

 

En 1848, Barbès et Blanqui y furent enfermés, comme le seront beaucoup d'opposants du Second Empire et, en 1871, neuf fédérés furent fusillés dans les fossés Nord.

 

Les pavillons classiques.

 

Les pavillons du Roi et de la Reine, bâtis en 1658 par l'architecte Le Vau

furent respectivement occupés par Louis XIV et la Reine mère Anne d'Autriche.

Le cardinal de Mazarin y fit aussi des séjours.

 

Les deux pavillons royaux ont gravement soufferts de l'explosion de 1944 :

les façades sur la cour ont pu être intégralement restaurées dans leur état primitif,

mais l'intérieur a dû être presque entièrement refait.

 

Le portique de l'architecte Le Vau et la tour du Bois.

 

Les deux portes d’accès à la cour sont des arcs de triomphe qui marquent le passage dans l’espace royal de manière magistrale. Pourquoi des arcs de triomphe à Vincennes ? À Rome, ils étaient érigés pour célébrer les victoires militaires des généraux et des empereurs. Au XVIII° siècle, après les révoltes de la Fronde, ce symbole politique et militaire permet de réaffirmer la suprématie de la monarchie victorieuse.

 

Les pavillons classiques font partie des importants travaux réalisés à partir de 1654

à la demande de Mazarin, puis de Louis XIV.

Le pavillon du Roi et celui de la Reine, en parfaite symétrie, forment avec les ouvertures dans le rempart sud,

la tour du Bois transformée en arc de triomphe et la galerie d'arcades, un ensemble cohérent de style classique.

 

Le pavillon du Roi, construit pour Louis XIV et Marie Thérèse,

et où mourut Mazarin avant l'achèvement de ses appartements dans le pavillon de la Reine.

 

Ce pavillon est occupé par les archives de l'Armée. Au premier étage, l'ancienne antichambre de la Reine a conservé intact tout son décor peint au XVII° siècle, par Michel Dorigny (gendre de Simon Vouet), de figures ailées et d'Amours portant des médaillons au chiffre de Marie Thérèse, les corbeilles de fleurs étant dues à J.B. Monnoyer. C'est à présent le seul vestige de la décoration intérieure du château de Le Vau. Dans l'ancien appartement du Roi ont été remontées des boiseries de Gabriel, provenant du garde-meuble royal.

 

La Sainte Chapelle et le pavillon de la Reine, bâti pour Anne d'Autriche et Mazarin.

 

Ce pavillon a perdu en partie sa décoration intérieure, ravagée par un incendie (le plafond et les lambris de la Chambre du Conseil de la Reine sont visibles au Louvre). Il ne reste plus d'ancien, à l'intérieur, que l'escalier, magnifiquement restauré, et un cabinet dont le plafond octogonal est peint d'une Renommée portant le médaillon de Monsieur, frère de Louis XIV. Cette aile abrite les archives de la Marine.

 

Le pavillon des Armes et du Génie.

 

 

Le pavillon des armes est une construction du règne de Louis XVIII (1815-1824).

Il abritait un arsenal d'artillerie, ses grandes portes permettaient la sortie de grandes machines de guerre.

Les pavillons abritent aujourd'hui des bibliothèques

et une partie des archives du Service historique de la Défense.

 

Le château reçut diverses affectations sous Louis XV. En 1738, dans la Tour du Diable, s'installèrent des ouvriers venus de Chantilly, qui y exécutèrent des pièces en pâte tendre, appelées porcelaines de Vincennes. Cet atelier, transporté à Sèvres en 1756, devint la manufacture actuelle.

 

En 1743, on créa à Vincennes une école de Cadets, origine de l'Ecole militaire. Par mesure d'économie, Louis XVI songea à mettre en vente "ce château qui n'est bon à rien", mais c'était compter sans les habitants qui l'avaient envahi, et qui s'opposèrent à cette décision. La destruction faillit survenir en 1791, lorsque les Parisiens du faubourg Saint Antoine se dirigèrent sur le donjon, symbole du despotisme, pour le démolir : La Fayette arriva à temps pour les en empêcher.

 

Napoléon accentua l'importance de Vincennes sur le plan militaire, par décret du 16 mars 1808 : le château devint arsenal et forteresse. En 1840 furent créés à Vincennes les chasseurs à pied. De 1842 à 1848, le duc de Montpensier, 5° fils de Louis Philippe, habita le pavillon de la Reine, en qualité de commandant du fort. Il s'opposa à la destruction de la Sainte Chapelle.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.monuments-nationaux.fr/

"Le château de Vincennes", Jean Chapelot, Archeologia, n° 292, juillet-août 1993
"Le Château de Vincennes", Elizabeth Mismes, Editions du Patrimoine, 2010

Dépliant 8 volets, "Château de Vincennes", guide du visiteur, remis à l'accueil

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 25 septembre 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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