SAINT YRIEIX  (Haute-Vienne)
Arrondissement de Limoges -  Canton de Saint Yrieix-la-Perche.

Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 6.777 Arédiens en 2016.

 

D'une superficie de 10.098 hectares, et d'une altitude de 283 à 498 mètres,

la ville est traversée par les rivières l'Isle et la Loue, et le ruisseau de Marcognac.

Elle est labellisée "Un des plus beaux détours de France".

 

Etymologie : le Pays Arédien doit son nom à un évangélisateur chrétien du VI° siècle,

fondateur d’une prospère abbaye.

Devenu un saint, le nom d’Aredius évolue dans le parler populaire en Iriès puis Yrieix.

 

Avant 1970 : vue aérienne du bourg -  La rivière et la collégiale.

 

Saint-Yrieix a toujours été une ville de commerce, carrefour économique depuis les temps antiques avec les grands axes d’échanges des métaux, notamment avec ses mines d’or. Aujourd’hui restent des pépites gourmandes : la blonde madeleine, spécialité de la ville, et la pomme golden AOP dont les vergers parsèment le territoire de la commune.

 

 

L'ancienne cité médiévale.

 

 

La ville moderne possède aussi d’autres quartiers comme la Place de la Nation, ancienne place du Foirail,

de ces foires si vivantes en limousin qui rendent hommage à des races d’exception telles la vache limousine,

le veau élevé sous la mère ainsi qu’une autre grande fierté du patrimoine culinaire arédien : le porc cul noir.

 

Au dédale de la cité, s'élance la première collégiale gothique du Limousin :

ses murs de pierre claire sont mis en valeur par les schistes sombres de la tour du Plô.

 

La cité médiévale aménagée et embellie, dallée en pierre de Saint-Yrieix s’ouvre sur la place Attane avec sa vaste collégiale bâtie par des chanoines ambitieux grâce à la générosité des Ducs d’Aquitaine. A ses côtés, la Tour du Plô, donjon médiéval des Vicomtes de Limoges, amorce la descente vers les ruelles pittoresques avec hôtels particuliers en pierres et pans de bois.

 

La tour du Plô.

 

La tour est l’unique vestige civil du monde féodal, témoin de l’ambiance de l’an mil à la fin du Moyen Âge.

Édifiée par le seigneur, la tour permettait de protéger la population

mais aussi de les dominer et d’imposer ainsi ses droits de police et de justice.

(En occitan, «plô» signifie «petit plateau» ou «place sur un point élevé»).

 

La tour du Plô est un donjon en pierre de plus de 20 mètres de haut.

 

Construite en haut de la rue de la Pierre de l’Homme, la tour avait à son pied une cour ovale (où le prévôt exerçait son pouvoir de haute justice). Le 2° étage de la tour était réservé au Vicomte de Limoges lorsqu’il faisait escale ; l’entrée était au 1er étage, à cinq mètres au-dessus du sol. Le rez-de-chaussée servait de prison et le 3° étage permettait à la garnison des «gens d’armes» de faire le guet et portait la bannière du vicomte.

 

L'hôtel de ville.

 

Conçu par l'architecte Lemasson, en granit rose, la première pierre de l'hôtel de ville fut posée le 14 juillet 1899

et l’inauguration eut lieu le 7 juillet 1901, en présence du Ministre de la Guerre, le Général André,

du préfet de la Haute-Vienne, et d'un grand nombre de personnalités locales.

 

99 ans plus tard, le 14 juillet 2000, l’Hôtel de Ville a été rénové dans son intégralité et fut inauguré à nouveau en présence de M. Michel Sapin, Ministre de la Fonction Public et de la Réforme de l’Etat, et de M. Daniel Boisserie, député-maire de Saint-Yrieix.

 

Le centre des livres d'artistes.

 

 

Ce centre est situé au n° 1 de la Place Attane.

(Attane tient son nom de l'ancien domaine agricole des parents d'Yrieix "Attanum").

C'est un lieu d'expositions et de conservation de livres d'art.

 

La maison du patrimoine.

 

Au cœur des bâtiments se trouvaient les anciens logis des chanoines de la collégiale

devenu orphelinat au XX° siècle.

Aujourd'hui la structure culturelle est dédiée au patrimoine porcelainier de Saint-Yrieix.

 

 

Cette maison est située au n° 2 de la Place Attane.

 

Au rez-de-chaussée, on découvre le kaolin de Marcognac et la recette de la porcelaine grâce à la scénographie interactive imaginée avec le parc naturel régional Périgord Limousin. Le premier étage expose désormais une partie de la collection rassemblée par Paul Marquet, porcelainier passionné par l’histoire de la céramique. L’étage sous combles accueille dans son appartement-atelier les artistes et compagnies de spectacles vivants, écrivains, invités par la Ville en résidence de création. Leurs réalisations alimentent et irriguent notamment la politique culturelle décidée par la commune.

        

L'ancienne mine d'extraction de kaolin de Marcognac.                

 

Découvert pour la première fois à Saint-Yrieix en 1768, le kaolin est la matière première de la porcelaine.

Ce kaolin a fait naître les grandes manufactures de Limoges

sans bouleverser l'aspect de la petite ville qui a conservé son coeur ancien du XVIII° siècle.

 

Avant 1930, aspect général des carrières. Les filons de kaolin sont aujourd'hui tous épuisés.

 

En 1768 Jean-Baptiste Darnet signale à un apothicaire l’existence de terre utilisée par sa femme pour faire sa lessive. L’analyse révèle la pureté du kaolin. Des dizaines de carrières s’ouvrent à partir de 1769 ainsi qu’une manufacture porcelainière, dont celle de Marcognac. En 1801 la production annuelle de kaolin autour de Saint-Yrieix était estimée à 350 tonnes… Aujourd’hui le site de Marcognac n’est plus exploité mais des visites sont organisées. (Malheureusement fermé lors de mon passage).

 

Extraction du minerai : ouvriers au travail et le transport du minerai avec les petits wagonnets, avant 1929.

 

Au XIX° siècle, il y avait sur une zone allant du Chalard à Coussac-Bonneval, soit 25 kilomètres et 35 carrières, avec parfois 50 ouvriers chacune. Le travail se fait à la pelle et à la pioche. Il y avait aussi beaucoup de femmes. Ce sont elles qui étaient chargées notamment de remonter dans des paniers sur leur tête les pierres extraites dans les carrières. Puis de trier et gratter les impuretés de chaque pierre.

 

Carreau du kaolin avant 1930 - Le site de Marcognac est resté quasi intact depuis sa fermeture en 1980.

 

La découverte du kaolin.

 

Au XVIII° siècle, le Roi Louis XV décide de faire fabriquer en France la porcelaine dure telle qu’elle est connue en Chine, au Japon et à Meissen en Europe. C’est Jean-Baptiste Darnet, chirurgien du Roi, qui découvre l’argile blanche à Saint-Yrieix et l’apothicaire Marc-Hilaire Villaris de Bordeaux qui va l’identifier comme étant le kaolin nécessaire à la fabrication de cette céramique si particulière.


Dès 1769 le Kaolin extrait des carrières de Saint-Yrieix, va alimenter la Manufacture Royale de Sèvres puis permettre en 1771, à l’initiative de l’intendant Turgot, l’installation d’une manufacture de porcelaine à Limoges.

 

Marcognac, lieu-dit situé à 5 km de Saint-Yrieix en direction de Coussac-Bonneval, reste le seul site où existent encore des bâtiments anciens près des carrières. Le site, abandonné en 1986, a été racheté par la commune puis par la Communauté de Communes en 2000 dans le but de préserver cet ensemble, témoin d'une activité industrielle qui fit la richesse du territoire. Depuis 2010, l'association Marcognac Terre de Porcelaine anime le site de Marcognac : les neuf bâtiments du XIX° siècle sont en très bon état, et les trois anciennes carrières sont entièrement nettoyées.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://saint-yrieix.fr/

http://www.communaute-saint-yrieix.fr/
"Circuit découverte de Saint Yrieix", O.T. Pays de Saint Yrieux

"Guide découverte du Pays de St Yrieux, 2017

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 26 juin 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville