SAINT YRIEIX  (Haute-Vienne)
Arrondissement de Limoges -  Canton de Saint Yrieix-la-Perche.

Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 6.777 Arédiens en 2016.

 

D'une superficie de 10.098 hectares, et d'une altitude de 283 à 498 mètres,

la ville est traversée par les rivières l'Isle et la Loue, et le ruisseau de Marcognac.

Elle est labellisée "Un des plus beaux détours de France).

Devenu un saint, le nom d’Aredius évolue dans le parler populaire en Iriès puis Yrieix.

 

 

La collégiale du Moustier,

des XI°, XII° et XIV° siècles.

 

 

Les constructeurs de la collégiale, les puissants chanoines, ont dirigé ici le premier chantier gothique limousin

en s'engageant résolument dans la modernité de la fin du XII° siècle.

Elevée à l'emplacement de l'église abbatiale construite au VI° siècle par Aredius,

la collégiale est le fruit de trois campagnes.

 

Les toits de tuile brune plate se pressent autour de la collégiale et la tour du Plô.

La vieille ville a conservé ses hôtels et ses maisons du XVIII° siècle.

 

La façade sert d'écrin à une représentation du Christ : l'oeuvre, vers 1180, est antérieure au mur,

et l'inscription qui l'accompagne, allusion rare à la Rédemption,

évoque probablement le repentir de Bernard. Le pignon est du XIX° siècle.

 

L'église a été reconstruite à l'époque romane comme en témoigne le clocher-porche du XII° siècle. (Les vestiges du cloître, visibles autrefois contre le transept, dataient de la même époque). Le clocher-porche roman est voûté en berceau légèrement brisé, et ses bas-côtés, un peu plus anciens, voûtés en plein cintre.

 

La façade ouest présente un portail peu profond entre deux baies aveugles, surmonté de trois étages en retrait.

 

Au 1° étage, le rétrécissement s'établit par des rampants, qui correspondent au toit des bas-côtés et encadrent un triplet en arc brisé. Le 2° étage, plus court, est occupé sur chaque face par six arcatures trilobées. Au-dessus, deux baies à meneau sur chaque face du 3° étage et toit en pente faible posé à claire-voie sur huit petits supports.

 

Un important portail du XIII° siècle s'ouvre au pignon Sud, entre deux arcs en tiers-point.

Ses nombreuses voussures brisées présentent des chapiteaux sculptés de feuilles plates et de crochets.

 

A ce porche, se rattache aujourd'hui l'édifice de la fin du XII° siècle,

plus large, qui a conservé au Nord de la nef, dans le transept,

dans le choeur et dans la travée droite du chevet, les murs primitifs.

 

Une abside à trois pans a été ajoutée à la fin du XIII° ou plutôt au début du XIV° siècle.

Les murs et les contreforts sont élevés jusqu'à une hauteur inhabituelle.

Les contreforts de l'abside portent des gargouilles.

 

La nef se compose de deux travées voûtées d'ogives à trois tores séparés par des gorges.

 

Les murs latéraux montrent une arcature brisée sous une corniche à modillons,

au-dessus de laquelle le mur, percé de hautes fenêtres en tiers-point, est en retrait.

 

Un passage est établi sur cette corniche, et s'engage en arrière des formerets, qui retombent, entre deux travées, sur trois colonnes engagées, dont l'une s'arrête à mi-hauteur sur une console et, à la croisée, sur un important massif de colonnettes élégantes, où viennent s'engager le doubleau, le formeret et l'ogive.

 

 

Les crochets du gothique naissant ornent les chapiteaux de la nef, cependant que toutes les colonnes

qui servent de supports aux voûtes de l'église, et qui sont pratiquement indépendantes des murs latéraux,

reposent sur des bases à tores très aplatis, rattachés à des socles importants.

 

Statues : pietà et Vierge à l'enfant.

 

Chapelle dédiée à Saint Jean Baptiste.

 

 

La croisée du transept, légèrement désaxée, est voûtée d'ogives semblable à celles de la nef,

et qui convergent autour d'un grand oculus rond.

 

Dans une niche de la nef, le trésor de la collégiale renferme des pièces intéressantes :

Une colombe eucharistique en cuivre repoussé et doré du XIII° siècle, recouverte d'un tissu orné de perles, elle était tenue par un ange de l'autel majeur (XVIII° siècle).

▪ A côté, un chef d'oeuvre-reliquaire de Saint Yrieix en argent repoussé, copie fidèle de l'original (XIII° siècle), conservé au Metropolitan Museum de New York : il contient la relique du crâne proposée à la dévotion.

▪ Une châsse en cuivre doré et émaillé ornée de médaillons figurant des anges en vol (XIII° siècle) et des reliquaires de bois doré complètent le trésor.

 

Le choeur, plus large que la nef, se compose d'une travée carrée et d'une courte travée droite

que clôture l'abside à trois pans. L'arcature de la travée carrée est en plein cintre,

les modillons de la corniche et les métopes qui les séparent sont romans.

 

Le chevet est éclairé par trois grandes verrières rayonnantes.

 

 

Au XIX° siècle, Monsieur Paul Poirson offrit à sa femme, pour son anniversaire, un magnifique orgue.

Il fit appel au meilleur facteur de l’époque, Aristide Cavaillé-Coll et fut installée chez Madame Poirson en 1878.

 

Cet orgue a vu évoluer autour de lui beaucoup de personnages célèbres, tous amis de Mme Poirson, parmi eux : Alexandre Dumas, Gabriel Fauré, Charles Gounod, Boellmann, Léo Delibes, Jules Massenet, Lalo, Saint Saens… Tous ont participé à des concerts privés comme c’était fréquent à l’époque. En 1932, l’orgue fut acheté par la paroisse de Saint-Yrieix. En 1969, il fut restauré par le facteur Gonzales qui reconsidéra entièrement son esthétique.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://saint-yrieix.fr/

Dictionnaire des églises de France, "Auvergne, Limousin, Bourbonnais"

Volume IIb, Editions Robert Laffont, 1966

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 26 juin 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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