SAINT LÉONARD-DE-NOBLAT  (Haute-Vienne)
Arrondissement de Limoges - Canton de Saint Léonard-de-Noblat.
Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 4.627 Miaulétous en 2016.

 

D'une superficie de 5.559 hectares, et d'une altitude de 250 à 444 mètres,

la ville est située sur la rive Nord de la rivière la Vienne.

 

Vue aérienne avant 1970 : le pont enjambant la Vienne, et la collégiale.

La ville a pour origine l'oratoire d'un ermite, Saint Léonard,

qui vint s'établir au début du VI° siècle dans la forêt des bords de la Vienne.

 
 

Collégiale romane Saint Léonard,

des XII° et XIII° siècles.
 

 

Classée au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, depuis 1998,

sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

 

La chapelle fut dédiée à la Vierge, pour prendre ensuite le nom de Notre-Dame-sous-les-Arbres. Une église lui succéda, terminée à la fin du X° siècle, dont faisait sans doute partie la crypte aujourd'hui murée, où avait été transporté le corps du saint.

 

Avant 1970 : façade occidentale et le chevet de la collégiale.

 

Au bord de la Voie Limousine, grand chemin allant de Vézelay à Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice, les chanoines réguliers de Saint-Léonard-de-Noblat ont édifié, à partir du XI° siècle, cette vaste collégiale pour abriter dignement les reliques de Saint Léonard, patron des prisonniers et accueillir les pèlerins.

 

Le transept et la tour lanterne octogonale, avec ses huit fenêtres éclairant la croisée, sont du XI° siècle.

 

A la fin de la 2° moitié du XI° siècle, le monastère qui s'était constitué autour de l'ermitage avait été transformé en collège de chanoines réguliers, sous la règle de Saint Augustin, et c'est alors que l'on entreprit la construction de l'église collégiale, sur un emplacement concédé par l'évêque de Limoges, Itier Chabot.

 

Un vaste chœur avec déambulatoire et sept chapelles rayonnantes remplace, vers 1150, le premier chœur.

 

La communauté de chanoines qui gère l'église et le pèlerinage fait construire au XI° siècle,  un superbe clocher à sept étages avec une flèche culminant à 52 mètres : 3 étages de plan carré avec narthex ouvert de grandes arcades. En plein cintre ou en arc brisé, les baies nous font entrer dans le XII° siècle. Au quatrième étage les fenêtres à gâble permettent de passer du plan carré au plan octogonal et le regard les suit jusqu'au sommet de la flèche.

 

Sous la corniche, de nombreux modillons romans sont sculptés.

 

Diverses réparations et transformations intervinrent jusqu'à celle de 1603, où, à la suite de travaux qui compromirent la solidité du choeur, on suréleva et renforça celui-ci assez fâcheusement. Le clocher qui menaçait ruine, fut rétabli en 1884 tel qu'il était à l'origine.

 

Le clocher est un bel exemple de clocher dit « limousin ». Il repose sur un porche ouvert sur deux côtés

et est orné de chapiteaux. Il est formé de 4 étages carrés, surmontés de deux étages octogonaux.

La flèche culmine à 52 mètres.

 

Le portail occidental aux nombreuses voussures est le seul élément gothique de l'église ; il date du XIII° siècle.

 

La nef comprend cinq travées.

Les deux premières travées ont été remaniées au milieu du XII° siècle.

 

Les vitraux modernes (sauf un fin XIX°) ont été réalisés entre 1983 et 1987 par l'Atelier du Vitrail à Limoges.

Vers 1100, aux temps de la première croisade, l'église est pourvue d'un édifice circulaire voutée au moyen

d'une coupole reposant sur 8 colonnes. Il est devenu baptistère depuis sa restauration au XIX° siècle.

 

Contrepoids de l'ancienne pendule et le battant du gros bourdon, forgé à la main.

Statues en pierre de Saint Roch et d'une Vierge à l'enfant du XVI° siècle.

 

Le tombeau et le verrou.

Sous l'arcade du transept méridional, la pierre tombale en serpentine des XI°-XII° siècles,

passe pour abriter l'ancien tabernacle de Saint Léonard.

Au-dessus est accroché le fameux verrou composé de chaîne, collier, cadenas et entraves

qui témoigne de la rigueur des châtiments d'autrefois.

 

C'est l'ultime ex-voto rappelant les innombrables chaînes de fer offertes par les prisonniers après leur libération, en reconnaissance de Saint Léonard. Comme aux premières années du XII° siècle, les pèlerins d'aujourd'hui viennent passer et faire des offrandes "ad cathenam" devant la chaîne. La tradition populaire en a fait le symbole de la délivrance, et lui prête le pouvoir de rendre fécondes les femmes stériles et d'exaucer dans l'année les jeunes filles désirant le mariage.

 

Les reliques de Saint Léonard, du XV° siècle.

 

Retable en albâtre du XV° siècle, composé de 7 panneaux sculptés, long de 2,80 m, et illustrant la vie du Christ.

Bras-reliquaire de saint Léonard de la fin du XVII° ou du début du XVIII° siècle.

 

Depuis le portail occidental, vue sur le choeur.

 

Le transept et les bas-côtés.

 

Maquette de l'église Saint Léonard de Kirkop (Malte).

 

Dans l'embrasure de chaque fenêtre, statues des quatre évangélistes :

Saint Marc, Saint Luc, Saint Jean et et Saint Mathieu.

 Au XVII° siècle pour empêcher le chœur de s'effondrer, on ajoute des arcs boutants à l'extérieur

et on consolide à l'intérieur par des piles carrées, les minces colonnes rondes qui bordent le déambulatoire.

 

Maquettes des églises : Saint Léonard de Pallanza (Italie), consacrée en 1590,

et Shoreditch, Londres, fondée au XII° siècle et reconstruite en 1736-1740.

 

Maquette de l'église Saint Léonard de Dannemarie (Haut-Rhin), dont l'église actuelle date de 1844.

 

Maquette de l'église Saint Léonard de Beek en Donk (Pays-Bas).

Le déambulatoire est à chapelles rayonnantes du XII° siècle, puis des élévations plus tardives

du XIII° au XVII° siècles. La construction a connu de nombreuses reprises et modifications.

 

Le déambulatoire éclairé à l'intérieur par de multiples fenêtres des chapelles où s'exprime en plénitude le style limousin avec colonnettes, tores de pierre et chapiteaux finement sculptés, tout concours à célébrer la beauté de la création.

 

On peut toujours vénérer les reliques de saint Léonard placées depuis le XV° siècle

dans une cage de fer forgé au-dessus du maître-autel.

 

Après avoir été cachées au début de la guerre de Cent Ans, les reliques furent retrouvées en 1403 et placées en sécurité dans l'armoire en fer forgé qui domine le maître autel. La porte de cette armoire est fermée par trois serrures différentes, dont les clefs sont détenues par le curé au nom de l'évêque, le maire et le premier bayle de la confrérie de Saint Léonard.

 

Au centre, la coupole hémisphérique est portée par huit colonnes disposées en rond,

que relient des arcs plein cintre pénétrant la calotte.

 

La voûte du déambulatoire annulaire se rapproche du quart de cercle, avec doubleaux en plein cintre reçus par d'autres colonnes contre les murs. Tous les supports sont de technique assez grossière, formés de tambours très inégaux. Ceux de la rangée centrale ont de lourds chapiteaux en granit sans astragale, évasés et carrés.​

 

Le transept est surmonté d'une tour lanterne octogonale qui éclaire l'intérieur de l'église par ses 8 fenêtres.

La rotonde évoque le Saint-Sépulcre de Jérusalem. A demi-ruinée et abandonnée depuis le XVIII° siècle,

elle a été restaurée après 1879 et toute sa partie nord reconstruite selon les fondations authentiques.

 

Stalles en bois du XV° siècle. Ces 12 sièges servaient aux chanoines.

Les miséricordes représentent des animaux plus ou moins fantastiques, des hommes et des végétaux.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.limousin-medieval.com/
http://www.tourisme-hautevienne.com/

"Dictionnaire des églises de France", Auvergne, Limousin, Bourbonnais

Volume IIb, Editions Robert Laffont, 1966

Dépliant 3 volets "La collégiale de St Léonard-de-Noblat",

Patrimoine Limousin, disponible à l'entrée de l'édifice

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 25 juin 2018

 

 

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