SAINT JUNIEN  (Haute-Vienne)
Arrondissement de Rochechouart -  Canton de Saint Junien.

Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 11.147 Saint Juniauds en 2016.

 

D'une superficie de 5.682 hectares, et d'une altitude de 157 à 317 mètres,

la ville est bordée au sud par la rivière la Vienne

dans laquelle se jette la rivière la Glane à l'ouest de la ville.

Au Nord, la ville est délimitée par la rivière la Goire.

 

Vue aérienne avant 1970 : la ville et la rivière la Vienne.

Saint Junien fut longtemps une cité industrielle active, avec deux spécialités

qui doivent tout à la rivière : la papèterie et la ganterie.

Ses tanneries et ses ouvrières en chambre, d'un très grand savoir-faire,

en firent la capitale française du gant de peau.

 

 

Collégiale Saint Junien, du XI° au XIV° siècles.

 

 

L'ermite Junien, venu du Nord de la Gaule, se fixe près de son compatriote Saint Amand,

sur les bords de la Vienne, au début du VI° siècle.

Vénéré pour ses miracles, il est enseveli en 540, par l'évêque de Limoges Rorice II, à l'emplacement de

l'actuelle chapelle du croisillon Sud. Rorice fait bâtir une église plus vaste, que Grégoire de Tours visite en 593.

 

La collégiale avant 1970 : la nef et la façade occidentale.

 

Détruit par les Normands, le moûtier se relève au X° siècle : il abrite vers l'an 1000 une communauté de chanoines réguliers réorganisée par Saint Israël. Ce chapitre s'enrichit au XI° siècle par de multiples donations. L'église que nous voyons semble avoir été entreprise autour de 1070.

 

La façade Ouest se distingue par son allure militaire de ses tourelles et la simplicité de son portail.

Les voussures toriques se relient à autant de colonnettes par de petits chapiteaux nus.

Ce même motif garnit la fenêtre supérieure et les baies du clocher.

Des gâbles dessinés pour être fort aigus encadrent les ouvertures du dernier étage.

 

L'édifice, qui s'est substitué à un premier oratoire du haut Moyen Age, a été construit en deux temps. A la première campagne, vers 1100, se rattachent l'essentiel de la nef, le transept et sa tour de croisée, ainsi que la moitié du choeur.

 

Face septentrionale : grand clocher XIII° siècle, Clocher central et la lanterne des morts, du XII° siècle.

 

Au milieu du XII° siècle, période faste pour les églises limousines, on entreprit d'importants remaniements avec de grands moyens. La nef fut allongée côté ouest et dotée d'un clocher "limousin" à gâbles. Côté Est, le choeur est agrandi et terminé par un chevet plat.

Vue aérienne du chevet, avant 1970.

 

Le mur face Est et la perspective des clochers et la lanterne des morts.

 

La travée d'entrée se confond avec la base du clocher.

Sa coupole circulaire sur pendentifs est flanquée de collatéraux voûtés d'arêtes.

Bénitier monolithe en granit du XII° siècle. Statues de Saint Pierre et de Saint Paul.

 

Le berceau de la nef est porté par d'impressionnantes arcades qui atteignent 11 m d'axe en axe des piliers.

L'épaulement de la voûte et l'éclairage sont fournis par les bas-côtés, couverts ici de berceaux longitudinaux.

Dans le bas-côté Nord, une dalle funéraire en cuivre du début du XVI° siècle est dressée contre le pilier.

Statue de Saint Michel.

 

Les nombreuses statues en bois ou en pierre du "Petit Paradis" sont fixées sur les murs et les piliers massifs

de la nef et de la croisée. Elles datent du XVI° et XVIII° siècles.

Le Christ en croix roman fait face à la nef à l'entrée du choeur.

 

Les statues : St Junien, Ste Madeleine, St Eloi, St Martin, St André, St Simon et St Léonard.

 

Des tableaux sont présentés dans le transept Sud, le plus ancien (XVII°) représente le Massacre des innocents

d'après Rubens. Un autre, est une copie moderne d'un tableau de Ribeira par le peintre local Jean Teilliet.

La chapelle du transept nord conserve les vestiges du mobilier de la confrérie de Notre-Dame des Agonisants,

active au début du XX° siècle. Les statues : Notre-Dame des douleurs, Saint Roch et Sainte Bernadette.

 

La belle rose du chevet plat est l'unique concession aux effets de l'art gothique commençant.

 

Depuis le portail occidental, vues sur la nef et le choeur.

La tour-lanterne octogonale : les pendentifs sont plans, et le tambour n'a que quatre fenêtres.

 

 

La sculpture n'apparaît aux chapiteaux qu'à la croisée et des premières travées du choeur.

Ils datent des XI° et XII° siècles ; ce sont des palmettes dérivées du corinthien,

des animaux affrontés ou opposés, des personnages en posture d'atlantes.

 

A gauche, travée du XII° siècle. Les supports, très puissants ont un socle élevé,

des ressauts rectangulaires et une seule colonne engagée face au vaisseau.

 

La croisée du transept.

 

La voûte de la 2° travée est décorée des fresques romanes

présentant l'Agneau divin et les vieillards de l'Apocalypse.

Les deuxième et troisième registres de la fresque, côtés nord et sud.

Elles dateraient des XII° et XIII° siècles.

Ces fresques ont été découvertes en 1981/1982 à l'occasion de la réfection des enduits des voûtes.

 

Buste reliquaire de Saint Amand, statue en bois polychrome, verre et métal, du XVII° siècle.

C'est la seule représentation sculptée connue de Saint Amand, ermite fondateur de la ville.

Le buste est disposé sur un autel et retable en bois polychrome du XIX° siècle.

Le décor est constitué d'un jeu de faux marbre noir et blanc.

 

Mur du transept sud.

 

Une belle pietà, et dans l'enfeu, une châsse en émail datant du XIII° siècle.

 

Les statues : Ste Barbe, St François, Vierge à l'enfant, St homme, Ste Barbe et Ste Catherine.

Fresque de Saint Christophe, du XII° siècle.

 

Les vitraux du XIX° siècle de l'extrémité des bas-côtés, évoquent la légende de Saint Junien.

Depuis le portail occidental, vue sur le choeur.

 

L'ancien maître-autel provient de l'abbaye de Grandmont, dont le mobilier a été dispersé à la fin du XVIII° siècle.

 

Le tombeau de Saint Junien, du XII° siècle, se dresse au fond choeur.

Il abrite les chefs de Saint Junien, Saint Amand et Saint Théodore ainsi qu'un morceau de la Vraie Croix.

Le tombeau est sculpté sur trois faces, la 4° encastrée sous le maître-autel.

 

Au nord, 12 des vieillards de l'Apocalypse entourent la Vierge tenant l'Enfant; A l'Est, le Christ en majesté dans une gloire lève une main bénissant : au Sud, les 12 autres vieillards entourent une porte en bois fermée par 4 serrures et cadenas qui s'ouvre sur le sarcophage du VI° siècle de Saint Junien.

 

Les ostensions septennales limousines :

une tradition religieuse et populaire remontant à la fin du X° siècle.

 

Depuis fort longtemps, les manifestations spectaculaires touchant la religion

ont eu le don de rassembler et de séduire les foules.

 

Déjà au Moyen Age les représentations des "Vrais Mystères" tirés de la Bible ou des Evangiles, se déroulant sur le parvis des cathédrales, retenaient l'attention de vastes assemblées de croyants qui, doublant l'affirmation de leur zèle, avaient le plaisir d'assister à un spectacle de choix touchant dans sa naïveté, mais riche d'enseignement chrétien.

 

C'est ainsi qu'ont survécu aux fluctuations de l'histoire les célèbres Pardons de Bretagne, les non moins réputées reconstitutions des scènes de la Passion qui, chaque année en Suisse, en Bavière, en Espagne soulèvent l'enthousiasme des fidèles venus de tous les pays du monde.

 

Moins connues, moins renommées, les Ostensions Limousines méritent de retenir l'attention de tous ceux qui, épris de pittoresque et amoureux des vieilles traditions, se plaisent à retrouver dans le riche passé de nos provinces tout ce qui nous rattache aux coutumes et à la foi de nos ancêtres.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dictionnaire des églises de France, "Auvergne, Limousin, Bourbonnais"

Volume IIb, Editions Robert Laffont, 1966

Panneaux explicatifs présentés sur le site

"St Junien, 70° Ostensions", 82 pages, Editions Villoutreix, 2002

"Collégiale St Junien", 24 pages, Lescuyer, Lyon

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 30 juin 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville