SAINT GERMAIN-LES-BELLES  (Haute-Vienne)
Arrondissement de Limoges -  Canton d'Eymoutiers.

Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 1.181 Saint Germinois en 2016.

 

D'une superficie de 3.729 hectares, et d'une altitude de 315 à 489 mètres,

le village est traversé par la rivière l'Auvézère, un affluent de l'Isle.

 

Etymologie : le nom "Belles"  vient de la Beylie, hameau proche de Saint Germain.

Mais Henri IV, en 1605, fut si bien accueilli ici qu'il aurait dénommé le lieu "Saint Germain-les-Belles-filles" !

 

Vues aériennes avant 1970 : le village et l'ancienne collégiale.

 

Près de l'église, à l'ancienne auberge de la Boule d'Or : Simone de Beauvoir,

en vacances dans sa famille au domaine de la Grillère venait y retrouver Jean Paul Sartre.

 

Le village était une étape sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.

Ces grandes maisons situées face à l'église appartenaient aux familles bourgeoises des chanoines.

A droite, une maison avec tourelle en encorbellement,

et sur la gauche, un bel ensemble de bâtiments des XVI° et XVIII° siècles.

 

 

Collégiale fortifiée Saint Germain,

érigée à la fin du XV° siècle.

 

 

Son architecture et, en particulier, les mâchicoulis sur arcades rappellent le palais des Papes d'Avignon,

ce qui accrédite le rôle joué par le cardinal Hugues Roger, frère du pape Clément VI,

qui serait à l'origine de l'édifice.

 

Au début du XIV° siècle, la seigneurie de Saint-Germain est aux mains de Pierre Bultière, puis aux Roger de Maumont, une puissante famille de Corrèze qui donna aux limousins de nombreux cardinaux et deux papes : Clément VI et Grégoire XI.

 

Les mâchicoulis sur arcade de la façade occidentale.

L'église a été construite en pleine guerre de Cent ans avec de solides fortifications,

et elle est la plus ancienne des églises fortifiées du département.

 

Photos de droite : le donjon carré : c'est l'unique élément restant du château du XII° siècle.

Il servit de prison sous la Révolution Française.

 

 

L'église est entourée d'anciennes rues très étroites du Moyen Age.

Le chemin de ronde, faisant le tour du chevet, est percé de baies de tir, d’archères et de mâchicoulis.

 

C'est dans cette place forte déjà défendue par un château et par des remparts qu'on construisit l'église collégiale romane. Hugues Roger, frère du pape Clément VI, ordonne dans son testament la création d'un chapître de chanoines doté de revenus conséquents ayant titre et rang de seigneurs.

 

Deux étages défensifs sont reliés par un escalier à vis : au premier, l’ancienne salle capitulaire

et sa grande fenêtre de guetteur ;

au second, les combles au dessus de la nef et du chœur aménagés en salle d’armes, refuge.

Un chemin de ronde, faisant le tour du chevet, est percé de baies de tir, d’archères et de mâchicoulis.

 

La salle capitulaire.

 

C'est dans cette salle que se réunissaient les douze chanoines du chapitre et leur doyen,

seigneurs, justiciers et financiers de la paroisse. Le large ébrasement de la fenêtre de guetteur éclaire la salle.

 

La salle est voûtée d'ogives et porte à sa clef les armes des Roger.

 

La salle des gardes.

 

Cette salle des gardes a conservé son dallage d'origine.

 

Elle devait être recouverte d'un hourd, aujourd'hui disparu,

comme en témoignent les corbeaux moulurés en quart de rond, visibles de l'extérieur.

(D'un des créneaux qui éclairent cette salle, on aperçoit la vieille maison de Gougauderie,

et c'est ici qu'aurait couché Henri IV en 1605).

 

Le chemin de ronde.

 

Le chemin de ronde est aménagé directement sur le mur gouttereau de l'église.

 

 

Sur la façade ouest et tout le tour du chevet, des mâchicoulis permettaient la défense.

 

Les combles et les voûtes.

 

Voûte du vaisseau et petit escalier permettant l'accès de l'autre côté de la voûte.

 

Au beffroi, d'énormes charpentes soutiennent les trois cloches, datant du XVIII° siècle.

 

Intérieur de l'église fortifiée.

 

L'église est constituée de deux travées et d'un choeur.

Sur la façade Sud s'ouvrent les différentes chapelles : fonts baptismaux, chapelle Pinot et la sacristie.

 

Depuis le choeur, vue sur le portail occidental et la tribune.

Situé dans la première travée, au-dessus des tribunes, le grand vitrail du parvis représente Saint Louis.

 

Statue de Sainte Anne et la Vierge - Fonts baptismaux du XIX° siècle.

Cette chapelle a été encastrée entre deux contreforts du XIV° siècle.

Elle est de style néo-gothique : le vitrail est signé Chigot, Limoges, et représente le baptême de Jésus.

 

La 2° travée s'ouvre sur la chapelle Pinot, de la fin du XV° siècle.

La clé de voûte porte les armes des Pinot. Au mur des restes de peintures d'époque, un Christ en gloire.

Vitraux du XIX° siècle représentant la Sainte Famille et le médaillon, la Sainte Trinité.

 

Vue sur le choeur, depuis le portail occidental.

Dans le choeur, l'étoile qui soutient la voûte est à six rayons, et la clé porte encore les armes du cardinal.

 

 

Les vitraux du choeur représentent l'Assomption, le curé d'Ars et Saint Germain, évêque de Paris.

 

 

Statues de Saint Germain et d'une pietà.

 

La sacristie.

 

La sacristie est le rez-de-chaussée du donjon intérieur de l'église, datant du XV° siècle.

 

La salle est voûtée d'ogives avec lierne et porte à sa clef les armes du cardinal Hugues Roger.

Au mur, est exposé l'unique reste du tombeau du cardinal détruit sous la Révolution.

 

Superbes chapiteaux romans sculptés.

 

Le viaduc.

 

Le viaduc ferroviaire du Croup, édifié à partir de 1887

domine de ses 48 mètres de hauteur, la vallée de la petite Briance.

 

Le viaduc est l'un des ouvrages d'art qui jalonnent les 99 km de la voie ferrée Limoges-Brive par Uzerche. Il fait partie du plan Freycinet à une époque où la toute nouvelle III° République souhaitait s'approprier définitivement le territoire national au moyen d'un quadrillage complet destiné à améliorer la circulation des populations, des marchandises et de l'information.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Panneaux explicatifs présentés sur le site

et les notes prises lors de la visite guidée

C.P.A. collection privée en prêt

Visite guidée et photos, Chantal Guyon, le 26 juin 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville