PEYRAT-LE-CHÂTEAU  (Haute-Vienne)
Arrondissement de Limoges -  Canton d
'Eymoutiers.

Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 983 Peyratois en 2016.

 

D'une superficie de 5.296 hectares, et d'une altitude de 390 à 776 mètres,

le village est traversé par la rivière la Maulde, un affluent de la rivière la Vienne.

Sous la Révolution, Peyrat-le-Fort devient Peyrat-la-Montagne, et est alors chef-lieu de canton.

 

 

Le village et son patrimoine

 

 

 Ce petit bourg, au passé gallo-romain, accueille de 1913 à 1949,

la gare qui était le terminal d'une des lignes de tramway des Chemins de fer départementaux de la Haute-Vienne.

La région a également été propice au combat des maquisards pendant la Seconde Guerre mondiale.

Raoul Hausmann (1886-1971), artiste peintre et photographe autrichien, membre du mouvement Dada,

fuyant le nazisme, était réfugié à Peyrat pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

Vue aérienne avant 1970 : le village, l'église et l'étang.

 

Creusé dès le XV° siècle, l'étang servait à l'époque de réserve d'eau pour les incendies, de bassin de rouissage du chanvre, et d'abreuvoir pour les animaux. C'est aujourd'hui un espace de 7,5 hectares au cœur du bourg. Il est géré par la fédération de pêche.

 

L'église paroissiale Sainte Madeleine, de style gothique.

 

Reconstruite au XV° siècle, cet édifice remplace une ancienne église du XI° siècle, incendiée en 1184.

Elle a été entièrement restaurée en 1893 par l'architecte Charles Geay.

 

Vues aériennes avant 1970 : l'église et l'étang.

 

Vers l’an mil, l’Église paroissiale Saint-Martin coexistait, avec le prieuré de Saint-Denis (aujourd’hui détruit). Celle-ci fut donnée par Dame Théodila en 627 aux frères de Saint-Denis dont l’abbé était Dodon. Dès 1097, l’abbé de Saint-Denis fut dépossédé de la terre de Peyrat au profit de l’abbé de Saint-Martial. En effet le pape Urbain II, étant en limousin au moment de la première croisade, confirma à l’abbaye de Saint-Martial de Limoges les églises de Saint-Martin et de Saint-Denis se trouvant à Peyrat-le-Château (le 12 avril 1097). L’abbé de Saint-Martial avait le privilège de frapper la monnaie et des fouilles en 1888 ont mis à jour une amphore en grès contenant un millier de pièces en argent.

 

Clocher daté 1893, avec une tour monumentale accolée à l'église. Il a remplacé l'ancien clocher existant

sur la charpente de la nef, couvert de tuiles creuses comme l'était alors le reste de la toiture.

 

L’Église Saint-Martin elle-même date du XI° siècle, et fut incendiée au XII° siècle par les brabançons pendant la guerre de cent ans opposant Richard Cœur de Lion à son père Henri II Plantagenêt en 1184. On peut encore apercevoir l’action du feu sur les briques qui sont rougies. Elle fut reconstruite au cours du XIII° siècle et achevée en 1490.

 

Portail dit limousin, du XIV° siècle, avec sculptures végétales de crochets-boules et feuilles frisées.

 

Chapelle accolée à l'église au XV° siècle. Portail d'entrée de style gothique flamboyant,

provenant de l'église de Beaulieu, paroisse alors détachée de Peyrat.

Il fut installé ici en 1812. De chaque côté du portail, des anges sculptés.

 

L'intérieur de l'église reflète

le style gothique flamboyant avec sa voûte d'ogives aux clefs sculptées.

La tribune en bois occupe la première travée de la nef.

 

La chapelle ajoutée au XV° siècle, avec une très jolie pietà.

 

 

Deux chapelles latérales peu profondes complètent la nef. Elles ont la particularité d'être peintes :

en bleu côté nord, et en rouge, côté sud, avec chacune un semis d'étoiles évoquant la voûte céleste.

 

 

Retable du XVII° siècle, et d’anciennes boiseries.

 

Au XVIII° siècle, le prieuré était en ruine, bien que les textes mentionnent le fait qu’on y célébrait encore le Saint Sacrement. La révolution le transforma en hangar puis ses matériaux furent utilisés pour la construction des maisons du Moûtier.

 

L'ancien château des Lusignan.

 

L’ancien château des comtes de Lusignan, détruit au XII° (1184) par les troupes de Raymond VI

et des Brabançons à la solde de Richard Cœur de Lion pendant la guerre de cent ans,

faisait suite à la Tour face à la motte mérovingienne. Les jardins du château dominaient la vallée de la Maulde.

 

La Tour Carrée ou Tour des Lusignan, reconstruite au XV° siècle.
Cette tour fut l'une des 5 portes de la ville au Moyen Age.

 

Les bases de la Tour ont été définies dès l’époque gallo-romaine,

de même que les actuelles voies d’accès au bourg.

 

Au Moyen Âge, entre 1100 et 1300, alors que Peyrat-le-Château s’appelait encore Peyrat-le-Fort, le village, abrité par le château, fut le théâtre de nombreux conflits. Richard Cœur de Lion, la Guerre de Cent Ans, les incendies… ont réduit le château en Tour.

 

Au XVII° siècle, un bâtiment d'habitations s'est greffé à la tour pour donner à l'édifice son aspect actuel.

En 1895, d’importantes fouilles sont entreprises : des murailles et des souterrains sont découverts

sous la Motte mérovingienne et sous l’étang, ainsi que trois pièces de monnaie à l’effigie de Jules César.

 

À l’intérieur, le premier étage est composé d’une salle dallée en granit avec plafond à poutres apparentes

et cheminée monumentale, fenêtre à coussiège et latrine d’angles que l’on retrouve également

au deuxième étage. La tour a gardé quasiment intact ses aménagements d’origine.
 

Le tribunal
 

Il était sous l’ancien régime le siège de deux institutions :

 

La sénéchaussée de Peyrat avec, à sa tête, un juge chargé de rendre la justice au nom du roi et l’administration de 4 consuls car, depuis le XII° siècle, la ville de Peyrat-le-Château, considérée comme ville libre, était administrée par 4 de ses habitants. Les consuls avaient des fonctions administratives (gestion du domaine et des biens communaux, entretien des fortifications…), fiscales (collecte des impôts) et judiciaires. Ils devaient rendre foi et hommage aux barons de Peyrat au nom des habitants de la ville (ce dernier devait jurer de respecter les chartes et privilèges accordés à la franchise de Peyrat).

 

Le Musée de la résistance.

 

 

Le Musée de la Résistance est consacré à la première Brigade de Marche Limousine des Francs Tireurs

et Partisans Français du Colonel Georges Guingouin.

 

Les différents documents, objets, photos, armes, etc. permettent de mieux appréhender l’engagement de Georges Guingouin et de ses camarades. Le Musée retrace la naissance, l’extension et les actions du maquis ; le rôle des femmes dans la résistance ; les drames de Tulle et d’Oradour ; la milice française ; les camps d’internement en Haute-Vienne et les camps de concentration nazis. Une nouvelle salle reconstitue la reddition de Limoges le 21 août 1944 avec les uniformes d’époque.

 

L'ancienne usine électrique.

 

 

L'usine et la cascade, avant 1930.

 

L'usine et la cascade, en 2018.

Après guerre, le projet d’aménagement hydroélectrique de la Maulde, des années 1940 et 1950,

et au premier chef du lac de Vassivière, dont la commune est riveraine,

a relancé l’économie locale (commerces, artisanat, tourisme…).

 

Le barrage EDF

 

Après la seconde guerre mondiale, la vallée de la Maulde s’est révélée adaptée à l’implantation d’un barrage. On assistait alors à une augmentation de la consommation d’énergie avec le développement industriel.

En 1946, les travaux débutent pour la construction de la chute d’eau de Peyrat-le-Château sur la Maulde. En effet, cette dernière offrait près de Vassivière une possibilité exceptionnelle d’accumuler une réserve d’eau de 106 millions de m3 et d’une superficie de 1 000 hectares

Mais la Maulde n’apportait pas assez d’eau pour assurer le fonctionnement d’un tel projet. La construction de barrages, canaux et galeries souterraines sera alors nécessaire afin de dériver partiellement le débit de certains cours d’eau voisins et remplir ainsi le lac de Vassivière tout en assurant la rentabilité énergétique du projet.

Le barrage a été mis en eau entre fin 1949 et juin 1951. L’usine du Mazet a été mise en service en 1952.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.peyratlechateau.fr/
http://www.tourisme-limousin.net/

Brochure "Lac de Vassivière et sa région", 2018

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 24 juin 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville