ORADOUR-SUR-GLANE  (Haute-Vienne)
Arrondissement de Rochechouart - Canton de Saint Junien.

Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 2.481 Radounauds ou Radounaux en 2016.

 

D'une superficie de 3.816 hectares, et d'une altitude de 227 à 312 mètres,

la ville est traversée par la rivière la Glane, un affluent de la Vienne.

 

 

Le village martyr 10 juin 1944 :

un lieu de mémoire.

 

 

Ce sanctuaire unique au monde, est fait de ruines que nul n'a osé toucher depuis ce jour de juin 1944

qui vit périr dans les flammes et sous les dalles 642 habitants d'un village ordinaire.

 

"Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé se condamnent à le revivre"

(Georges Santayana, philosophe, 1863-1952).

 

 

Vues aériennes des ruines avant 1970.

Ces ruines sont celles d'un petit village comme il en existait des centaines en France.

Ces pierres mises à nu par l'épreuve du temps étaient celles de la vie...

 

Le drame d'Oradour-sur-Glane n'a duré que quelques heures, qui ont suffi pour anéantir des vies humaines et détruire 328 constructions. Le Général de Gaulle a voulu préserver les ruines d'Oradour, de façon à livrer à l'humanité un témoignage des conséquences de la barbarie guerrière.

 

Pour préserver la mémoire de ce drame, le village martyr est conservé en état depuis 1944.

Pour en comprendre les raisons, le centre de mémoire

présente un parcours retraçant les évènements qui conduisirent à cet acte de barbarie.

 

A l'intérieur du centre, un parcours retrace 20 ans d'histoire : la montée du nazisme, la défaite française, collaboration et résistance, la politique de la terreur, les journées du 8 et 9 juin 1944. Le récit du drame, la reconnaissance nationale, les procès et l'amnistie, la reconstruction d'Oradour, et réflexions sur le drame.

 

Le centre de mémoire et entrée du chemin menant au village martyr.

Vues sur l'église reconstruite et le nouveau village.

 

La sortie du souterrain débouche sur les vestiges de l’ancien Oradour-sur-Glane donnant ainsi l’illusion de revenir plus de soixante-dix ans en arrière.  Pour garder la trace de ce crime de guerre, alors que la France était encore occupée, les autorités politiques et religieuses locales ont immédiatement lancé le processus ayant abouti au classement du « village martyr » comme monument historique, en 1946.

 

Depuis le centre de Mémoire, route d'accès à la rue principale du village.

 

La rue principale.

Les rails du tramway et les poteaux électriques sont toujours en place.

 

Les ruines demeurent l'essentiel. Elles sont simplement dégagées de toute végétation parasite

et discrètement étayées, les pelouses sont tondues.

 

 

 

Le 10 juin 1944, au petit matin, entassés dans des chenillettes, des soldats allemands d'une unité de la division das Reich font halte au bourg inconnu d'Oradour-sur-Glane. Ils remontent la France jusqu'à la Normandie, où les Alliés qu'ils doivent combattre viennent de débarquer. Les soldats sont furieux : leur marche a été retardée par l'action de maquisards.

 

 

Énervé, vindicatif, le général Lammerding qui dirige l'unité décide de massacrer le village qui leur offre l'hospitalité. Il désire se venger des représailles qu'il subit, mais également soulager et contenter ses hommes. Le même jour, dès le début de l'après-midi, les 120 soldats de la compagnie encerclent le village.

 

 

Prétextant un contrôle d'identité, ils ordonnent à toute la population, aussi bien les femmes, les hommes que les enfants, de se réunir sur la place principale du bourg. Dociles, tous, même les malades, obéissent sans un mot. Les militaires les séparent alors en deux groupes : d'une part les femmes et les enfants, de l'autre les hommes.

 

 

Les Nazis s'occupent d'abord des hommes : ils sont répartis dans six granges différentes, puis mitraillés à travers les murs, achevés au révolver, et enfin incinérés par les flammes du feu que les Nazis allument. Les femmes et les enfants, ensuite, sont enfermés dans l'église : le feu, nourri par le foin et l'explosif, dévore vite l'édifice et asphyxie les malheureux. Les Nazis continuent de tirer dans l'église pour s'assurer que personne ne survive.

 

L'ancienne église.

 

 

Sur la place de l'église, une croix de mission très simple, lancéolée, se dresse à l'ombre d'un chêne centenaire.

C'est tout ce qui reste de l'ancien cimetière, déplacé au XIX° siècle.

 

Dans l'église du XII° siècle, profondément remaniée dans les années 1855-1870,

on ajouta le clocher porche néo-roman pour remplacer le campanile qui s'était effondré,

ainsi que deux chapelles latérales pour lesquelles on perça les murs de la nef unique.

 

 

Vestiges du maitre autel et du choeur.

 

Culots de voûtes romans sculptés, et statue de Sainte Catherine du XVI° siècle,

le glaive et le livre à la main, le pied posé sur la tête d'un roi.

 

 

Les deux chapelles latérales ajoutées au XIX° siècle

pour lesquelles on perça les murs de la nef unique. A gauche, dans un enfeu très sobre,

un gisant en rond de bosse d'un religieux, en granite de la fin du XII° siècle.

Stèle commémorative mentionnant les noms des enfants de la paroisse morts pour la France en 1914-1918.

 

 

 

Une fois leur crime accompli, les Allemands pillent le village et l'incendient totalement. Ils seront jugés plus tard, en janvier-février 1953, mais ce qui se présentait d'abord comme un procès évident devint vite une affaire plus complexe qu'à première vue. En effet, de nombreux soldats de la division étaient en réalité des Alsaciens contraints d'entrer dans l'armée par les Nazis, des « Malgré-nous », qui avaient dû donc exécuter les ordres de leurs supérieurs.

 

 

Une maison de maître du XIX° siècle, située à gauche de l'église, et ombragée de trois platanes

 

La petite route, à droite, mène au cimetière.

Avant le cimetière, juste après un cèdre et les terrasses des anciens jardins,

un étonnant pont-colombier, unique en France, du début du XVII° siècle,

couvert de tuiles courbes, enjambe le ruisseau du Glanet.

Le pont de granite bien appareillé avait un homologue, détruit par une crue, un peu en amont.

 

Au milieu des maisons, une machine à coudre rouillée, des carcasses d'automobiles,

d'humbles souvenirs des métiers qui animaient un bourg ordinaire de la France de 1944

sont toujours en place, à différents endroits du village.

 

Entrée du cimetière.

 

La lanterne des morts et la stèle qui surmonte la fosse où sont rassemblés les restes des victimes.

De nombreuses plaques l'entourent, déposées par diverses associations

et groupes qui se sont recueillis depuis le massacre.

 

 

Tombeau des 642 martyrs du massacre, où en-dessous, reposent les cendres des victimes.

Cernés par une haute haie entourant sur trois côtés le cimetière,

deux murets et un mur aux pieds desquels figurent de nombreuses plaques et fleurs.

Sur le mur du fond, la longue liste des noms des 642 martyrs.

 

Les auteurs du massacre ont été retrouvés. Le procès de Bordeaux en 1953, permit de juger 22 soldats de la Compagnie et de déterminer les rôles de chacun, dont 13 Alsaciens incorporés de force. Parmi les criminels allemands, un seul fut jugé : Heinz Barth, un officier de la jeunesse hitlérienne qui rejoignit la Waffen-SS en 1944, à la brigade d'Adolf Dickmann, qui fut tué 19 jours plus tard en Normandie.

 

 

Le puits du champ de foire.

 

 

Plusieurs hommes politiques se sont déjà rendus à Oradour-sur-Glane. Le 4 septembre 2013, en signe de la réconciliation franco-allemande, le président François Hollande y avait accueilli le président fédéral d'Allemagne, Joachim Gauck. Pendant la campagne présidentielle en tant que candidat, puis une deuxième fois comme président, Emmanuel Macron était venu rendre hommage.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Plan-guide Oradour-sur-Glane, C.G. Haute-Vienne

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 30 juin 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville