LE DORAT  (Haute-Vienne)
Arrondissement de Bellac - Canton de Châteauponsac.
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 1.703 Dorachons ou Doratiens en 2015.

 

D'une superficie de 2.377 hectares, et d'une altitude de 177 à 271 mètres,

la ville est traversée par les rivières le Courthoison, et au nord-ouest, la Brame, un affluent de la Gartempe.

 

Vue aérienne avant 1970.

Après la bataille de Vouillé en 507, Clovis aurait fondé ici un oratoire qui serait à l'origine de la ville.

 

Durant le XV° siècle, de solides remparts viennent s'appuyer sur les murs de la collégiale et elle devient alors un élément de fortifications. Au XVI° siècle, François 1er accorde au Dorat le siège d'une sénéchaussée, et la ville devient alors une cité de couvents, de notables et de grands propriétaires fonciers. A la fin du siècle, la ville compte cinq couvents.

 

 

La porte de ville Bergère, du XV° siècle

 

 

Avant 1920 et 1970,  Porte Bergère, les anciens remparts et les jardins en terrasses.

 

La porte en 2018 : c'est la seule qui subsiste des quatre portes d'enceinte du XV° siècle.

 

 

 

Collégiale romane Saint Pierre-aux-Liens,

des XII° et XIII° siècles.

 

 

La collégiale a été construite entre 1100 et 1150, à l'emplacement d'un monastère du X° siècle.

Son chevet garde les traces du système de défense établi entre 1420 et 1430 par l'abbé Guillaume IV l'Hermite,

fortifications qui disparurent aux XVII° et XIX° siècles.

Transformée en salpêtrière pendant la Révolution, elle fut restaurée à partir de 1860.

 

La façade occidentale et le chevet de la collégiale, avant 1970.

 

Ses rudes parois de granite, son unité et sa pureté rendent un peu austère cette collégiale,

longue de 77,60 m et large de 46,90 m. La nef s'élève à 18,80 m et la flèche culmine à 60 m.

 

La tour de défense et ses bretèches au-dessus de la chapelle axiale (XV° siècle).

A la croisée du transept se dresse un second clocher octogonal à trois étages.

Sa flèche de pierre porte un ange de cuivre doré du XIII° siècle qui serait à l'origine du nom de la ville.

Le chevet est caractérisé par un étagement pyramidal et rigoureux de clochetons et de tours.

 

L'abbé Guillaume IV l'Hermite va faire relever les remparts du Dorat, établir un chemin de ronde en encorbellement sur les murs de l'église et édifier une tour au-dessus de la chapelle axiale. Le chemin de ronde, les créneaux et les mâchicoulis ont été supprimés lors des restaurations au XIX° siècle. Seule subsiste la tour à l'est avec ses trois bretèches percées chacune d'une archère. Les autres traces des fortifications ont disparu.

 

Dans le mur nord du transept donnant sur la place, s'ouvre le portail Saint Jean, orné d'une moulure limousine.

 

Sur tout l'extérieur du bâtiment, les ornements se limitent à quelques arcatures,

à la moulure des fenêtres et aux colonnettes des clochetons.

 

 

La façade Ouest, dans laquelle s'ouvre un portail polylobé à motifs mozarabes,

est surmontée d'un clocher carré épaulé de deux lanternons.

 

De plan en croix latine, l'édifice possède un transept de même largeur que la nef, suivi d'un choeur

fermé à l'extrémité par une colonnade circulaire autour de laquelle tournent les collatéraux

et rayonnent trois chapelles saillantes et circulaires.

 

En entrant dans la collégiale par le portail ouest,

un sombre palier rectangulaire domine de douze marches l'ensemble de l'église.

Ce palier prépare symboliquement le passage du monde profane au monde sacré.

La nef à cinq travées est voûtée en berceau.

 

Au bas des marches, une cuve baptismale en granite monolithe s'orne de lions affrontés à queue fleuronnée.

Les bas-côtés prennent le jour par de grandes baies limousines : de simples trous d'aération sont percés

dans le berceau de la nef, au-dessus des grandes arcades qui séparent le vaisseau central des collatéraux.

 

La grande cuve baptismale carolingienne est de forme rectangulaire. Le grand côté ouest est sculpté de deux lions opposés dos à dos, dont les queues se terminent en palmette. Ces queues feuillues sont symbole de fécondité. La tête du lion de gauche, placée dans l'angle, est commune à un lion sculpté sur le côté nord. Le côté sud est percé d'un orifice circulaire pour l'évacuation de l'eau. Sa hauteur est de 68 cm, sa longueur de 167 cm, sa largeur de 152 cm, et sa profondeur de 40 cm. Le trou d'évacuation des eaux en bas, la feuillure pour un couvercle sur le dessus, les dimensions, tout indique qu'il s'agit d'une cuve qui servait aux baptêmes par immersion.

 

Statue de saint Pierre en plâtre avec le pied droit en bronze.

Il est sur son trône, en train de bénir les fidèles d'un geste de la main droite.

Dans le mur du collatéral Sud sont ouvertes trois niches. Au Nord, un portail,

une banquette court tout le long des murs, supportant des stalles dans la cinquième travée.

Les quinze stations du chemin de croix en terre cuite sont réparties sur les murs des nefs latérales.

Il est l'œuvre de Félix Oudin (1962).

 

 

Portail de la façade ouest, surmonté d'une coupole.

La première travée de la nef est couverte d'une coupole hémisphérique sur pendentifs.

 

Les quatre autres travées sont voûtées en berceau brisé avec doubleaux,

et encadrées de bas-côtés étroits et voûtés d'arêtes.

Les corbeilles des chapiteaux sont sculptées dans le granit d'acanthes, de palmettes, d'animaux.

Les tailloirs, d'importance inhabituelle, sont moulurés de deux quarts de rond vers l'entrée,

d'un seul dans les autres travées.

 

Le transept est très saillant.

A droite et à gauche des bas-côtés du choeur se trouvent deux chapelles semblables, ouvrant sur le transept.

 

La croisée du transept, où s'effectue le passage du carré (la terre) au cercle (le ciel),

est couverte d'une haute coupole sur pendentifs éclairée par huit fenêtres romanes limousines.

 

La croisée du transept est surmontée d'une tour-lanterne, qui est la partie la plus élégante de l'église.

La coupole dont l'oculus est polylobé, ouvre au-dessus d'un étage octogonal sur pendentifs peu incurvés,

dont chaque face est percée d'une baie limousine à trois voussures : les tores de la voussure externe

de deux baies contiguës retombent sur une colonne commune, qui occupe l'angle rentrant de l'octogone.

 

Chapiteaux romans sculptés.

 

Chapelle dans le transept sud, dite des Saints.

 

Escalier permettant de descendre dans la crypte Sainte Anne,

qui occupe exactement l'espace situé sous le sanctuaire,

avec les mêmes dispositions, et son déambulatoire à absidioles, largement éclairé.

 

La crypte Sainte Anne (O.T. fermé lors de mon passage pour avoir les clés) est le point de départ de la construction de la collégiale. Elle renferme un petit musée lapidaire avec statues du XV° siècle. C'est l'une des plus grandes cryptes d'art roman de la région).

 

Châsse de Saint Théobald, d'origine modeste, trésorier puis écolâtre du chapitre. Il meurt en 1070.

 

Les châsses des saints du XVII° siècle sont bois doré. Les châsses contiennent les restes des saints protecteurs du Dorat saint Israël et saint Théobald. Elles reposent sur des stèles de granit avec un entourage en fer forgé, en médaillon des émaux de Georges Magadoux (1967).

 

 

La chapelle axiale dédiée à Saint Joseph.

 

Châsse de Saint Israël - Statues du Sacré Coeur et d'une Vierge à l'enfant.

 

Israël est né au X° siècle d'une famille noble de la région. Son savoir et sa traduction des Ecritures en dialecte local lui valent rapidement une réputation au sein de l'église. Il devient grand chantre et coadjuteur du premier abbé des chanoines de Dorat. Responsable de l'école épiscopale, il est ensuite chargé par le pape Sylvestre II de restaurer le monastère de Saint Junien. Il meurt au Dorat en 1014, laissant de nombreux disciples, dont Théobald.

 

Les ostensions au Dorat.

 

Les ostensions consistent en de grandioses cérémonies et processions organisées en vue de l’exposition

et de la vénération de reliques de saints catholiques conservées dans des églises.

 

Tous les sept ans, Le Dorat se transforme pour les ostensions. L'ouverture se fait le lundi de Pâques. Les reliques de Saint Israël et de Saint Théobald sont présentées au cours d'une procession dans les rues décorées de reposoirs fleuris, de feuillages et de bannières. Le jour de la clôture, début juin, une cinquantaine de communes se joignent à la procession. Leur entrée dans la ville devant une garde d'honneur en uniforme du Premier Empire et des mousquetaires à cheval donne lieu à une cérémonie originale et martiale. Ces gardes d'honneur remonteraient à 1792.

 

Statue de Saint Roch dans le déambulatoire. Portail Saint Jean.

Deux vitraux sont installés dans les chapelles du transept en 1870.

 

Jusqu’alors, les 60 fenêtres étaient fermées par des murets aveugles ou de simples vitres. De 1881 à 1885, 36 autres vitraux sont installés. Dans cet ensemble, dominent les grisailles, les bordures colorées et les médaillons légendaires.

 

La chapelle Saint-Jean-Baptiste et baptistère, de la première moitié du XII° siècle.

 

Vue sur le choeur, depuis le portail occidental.

Le chœur est enrichi d'un déambulatoire à trois chapelles rayonnantes.

 

La partie instrumentale de cet orgue de chœur, daté 1876 est un témoin quasi intact

de la facture d'Aristide Cavaillé-Coll, facteur d'orgues à Paris.

 

L'autel, œuvre de Philippe Kaeppelin (1973), est placé sur un dallage

comprenant cinquante dalles de granits aux joints à la chaux.

A proximité, un Christ de chêne couvert d'une feuille de cuivre, réalisée par le sculpteur Gubellini (1961).

 

L'autel comprend quatre cadres de bois latté extrêmement résistant, recouverts d'une épaisse feuille de plomb battue sur la pierre. La table d'autel est une épaisse plaque d'ardoise d'Angers de 3 cm d'épaisseur, soutenue par deux piliers intérieurs. Il est surmonté d'une croix suspendue.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www2.culture.gouv.fr/

Panneaux explicatifs présentés à l'intérieur de l'édifice

"Le canton du Dorat", M.F. Taboury, Editions du Roc de Bourzac, 2000

Dictionnaire des églises de France, "Auvergne, Limousin, Bourbonnais"

Volume IIB, éditions Robert Laffont, 1966

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 28 juin 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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