LE CHALARD  (Haute-Vienne)
Arrondissement de Limoges - Canton de Saint Yrieix-la-Perche
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 318 Peyrouliers en 2015.

 

les Peyrouliers, nom du métier qui consistait à former des ébauches en cuivre à la forge du village,

ces formes étaient ensuite destinées à devenir divers ustensiles dont des casseroles.
 

D'une superficie de 1.242 hectares, et d'une altitude de 237 à 369 mètres,

le village est traversé par la rivière l'Isle, et les Ruisseaux le Noir et le Cheni.

 

À la Révolution française, la paroisse devient une commune mais fusionne presque aussitôt avec celle

de Ladignac-le-Long. Ce n'est qu'en 1867 que Le Chalard redeviendra une commune indépendante.

 

Avant 1970, vues aériennes : le village, l'église et le prieuré Notre-Dame.

Le petit bourg du Chalard est posé sur un escarpement, au-dessus des gorges de l'Isle

et aurait, selon la tradition, une origine gallo-romaine.

Le bourg médiéval du Chalard est connu pour ses mines d’or qui y furent exploitées dès l’époque Gauloise.

 

Au V° siècle avant Jésus-Christ, les Gaulois commencèrent à exploiter les mines d'or du Chalard. On peut encore aujourd'hui observer des creux dans certaines forêts de la commune. La mine d'or du Chalard (Société des mines du Bourneix) fut en 2002 une des dernières mines d'or de France à fermer.

 

 

Le prieuré, l'église Notre-Dame de l'Assomption,

et le cimetière des moines.

 

 

L'ancien prieuré Notre-Dame du XII° siècle.

 

Prieuré Notre-Dame du Chalard

 

Un monastère aurait été fondé en 807 par Roger, comte de Limoges, et détruit par les Normands en 848. Saint Geoffroy, ermite, né près du village de Noth, à l'est de La Souterraine s'y installa en 1089, sur un terrain donné par Adémar, vicomte de Limoges. Il fit des études assez poussées à Tours, et vint ensuite enseigner à Limoges. Il se fit ordonner prêtre à Périgueux vers 1087. En 1100, Geoffroy construisit une petite église dédiée à la Vierge grâce aux subsides d’un archidiacre de Limoges, Pierre Bruchard. C’est l’évêque de Périgueux, Renaud de Thiviers, qui consacra l’édifice. Le prélat conseilla à l’ermite de créer une communauté de chanoines obéissant à la règle de saint Augustin et le vicomte de Limoges et sa mère lui firent cadeau du site. Geoffroy mourut en 1125 et fut inhumé dans l’abbatiale près de son ancien oratoire.

 

La construction du monastère a commencé en 1096.

L'église de l'Assomption-de-la-Très-Sainte-Vierge a été consacrée en 1100.

L'autonomie du monastère et de ses fondations a été confirmée par une bulle papale, en 1150.

 

Les Anglais ont occupé Le Chalard et en ont fortifié l'église en 1419. Le monastère a été assiégé et en partie ruiné. Il ne subsiste de l'église que le chœur et le transept. Des aménagements ont été réalisés à la fin du XV° siècle et au XVIII° siècle. Le déclin de la communauté se poursuivit jusqu'à la Révolution, époque à laquelle les bâtiments ont été vendus.

 

Des bâtiments d'origine subsistent le choeur et le transept de l'église, ainsi que le bâtiment

renfermant la salle capitulaire, l'ancien dortoir des moines et un autre bâtiment fortifié.

La salle capitulaire renferme trois sarcophages en granit et deux pierres tombales dont une historiée.

Des restaurations ont été réalisées dans les années 1830-1840.

 

La communauté conventuelle se composait encore à cette époque d’un abbé et de trois religieux, mais elle cessa d’exister quelque temps après et fit place à un bénéfice régulier simple à la nomination du roi. L’ancien monastère et le cloître subsistent encore en partie, mais l’architecture de ce dernier, qui est adossé au croisillon méridional de l’église, n’accuse pas une époque antérieure au XV° siècle. C'est actuellement une propriété privée.

 

L'église romane fortifiée du XII° siècle.

 

L'église est construite selon le schéma classique bénédictin.

L'intérieur est de pur style roman du XI° siècle.

 

L'église se réduit à un chevet polygonal, et à un transept à deux absidiales orientées.

 

On accède à l'église par un portail situé à l'extrémité du croisillon Nord.

 

Le cimetière des moines, le chevet et le bras nord du transept avec la sacristie et le clocher.

Les quatre arcs doubleaux soutenant la coupole portent un clocher à un étage carré,

dont chaque face est percée de trois baies en plein cintre. L'église était fortifiée.

 

La tour est amortie par un toit en pavillon. La corniche romane, à la base des toits, a été supprimée

lors de la fortification de l'église. Les modillons à masques de cette corniche ont servi de support

aux corbeaux qui surmontent aujourd'hui les contreforts du chevet, et les séparent les uns des autres.

Un petit arc en plein cintre joint encore un corbeau de la chapelle Sud à un corbeau de l'abside.

 

Des vestiges de ces fortifications se voient sur la partie supérieure des murs de l'abside

et des chapelles absidiales. Ils consistent en fortes consoles naissant de têtes humaines,

qui supportaient autrefois des parapets.

Les chapelles absidiales étaient reliées à la chapelle centrale par un arceau également porté par des consoles.

 

 

En face du choeur, un mur ferme l'espace qui aurait du conduire à la nef.

Escalier menant à la tour-clocher. Grand Christ en croix polychrome et doré du XVIII° siècle.

 

Buste de Saint Jean Baptiste du XVIII° siècle, saint protecteur de l'église.

Cuve baptismale en serpentine du XII° siècle.

L'église abrite le tombeau de saint Geoffroy recouvert par un buffet en bois de style gothique.

 

Le bras sud du transept avec le buffet.

 

Lambris de revêtement et armoire à reliquaire dite buffet de saint Geoffroy, de la seconde moitié du XV° siècle.

 

Ces lambris de revêtement habillent un massif de maçonnerie qui comporte une pierre sépulcrale en bas et une niche à reliquaire à mi-hauteur. Ils dessinent un grand rectangle et sont constitués par cinq rangées de panneaux rectangulaires verticaux sculptés et superposés.

 

Les absidioles sont voûtées en cul-de-four et ornées d'arcades en plein cintre.

Leurs baies diffusent une lueur céleste.

Autel en serpentine du IX° - XI° siècle - Pietà, sculpture polychrome du XV° siècle.

 

La travée du transept est couverte par une coupole octogonale sur pendentifs plans, reposant sur une corniche.

Elle est encadrée par quatre colonnes engagées dans les murs Est et Ouest.

 

 

Les chapiteaux de granit sont ornés de monstres, de volutes, de rinceaux et d'entrelacs d'une grande qualité.

 

Autel en serpentine du IX° - XI° siècle.

 

Voûté en cul-de-four, le choeur pentagonal a chacun de ses pans cantonné par une arcature sur colonnes.

Une courte travée droite le précède et le sépare de la croisée du transept.

 

Statue de Saint Roch et son chien. Plusieurs dalles funéraires ornent le sol du transept,

l'une du XIII° siècle, porte les effigies d'un chevalier et d'une dame aux armes des Lastours.

 

Sous la baie axiale du choeur sont présentés un Tabernacle en bois polychrome et doré du XVII° siècle,

décoré des effigies des saints apôtres Pierre et Paul.

et encadré de deux statuettes : Education de la Vierge et la Vierge à l'enfant du XVIII° siècle.

 

 

Châsse de Geoffroy du Chalard.

La riche boiserie de chêne étale à l’extérieur quatre étages de panneaux flamboyants du XV° siècle.

Elle renferme la châsse byzantine, recouverte en partie de panneaux émaillés du XII° siècle,

où sont conservées les reliques de Saint Geoffroy.

 

La chapelle souterraine.

 

On accédait autrefois dans cette chapelle située en contrebas sur la pente du promontoire,

par une porte côté Ouest actuellement fermée.

 

Dans l'extrémité du croisillon Sud, un escalier de dix-sept marches

descend dans une petite chapelle d'appareil irrégulier, voûtée en berceau.

Une petite travée en plein cintre et une abside polygonale

servent de sanctuaire, éclairé par deux fenêtres postérieures.

Cette chapelle, qui n'est pas une crypte, est plus ancienne que l'église.

 

 

 

L'unique voûte arbore un décor en forme de croisé byzantin délimitant quatre zones. Chacun comporte

un médaillon avec une évocation d'une scène de la Passion : la Crucifixion, le voile de Véronique...

 

Le cimetière des moines.

 

Au chevet de l'église, le cimetière des moines où subsistent 70 pierres tombales anciennes.

La particularité de ces tombes, c'est un ensemble de 56 pierres tombales en bâtière,

qui n'a pas d'équivalent dans la région.

 

   Pierres tombales romanes et gothiques qui recouvraient les tombes des moines.

 

Une quarantaine de tombes sont sculptées dans le granit, du moyen âge au XVI° siècle.

Au fond de l'allée centrale, un monument du XIX° siècle est constitué de pierres tombales anciennes

et de deux statues en serpentine.

 

Certaines présentent la particularité d'être taillées en forme d'édifice religieux

dont les côtés sont décorés de séries d'arcatures et les toits de chevrons ou d'écailles.

 

D'autres portent des insignes religieux (crosse, étole),

ou des outils d'artisans sculptés (hache, navette de tisserand, tenaille et marteau).

Deux tombes en serpentine, sculptées d'un gisant à fond de cuve, supportent un autel.
 

Les bords de l'Isle.

 

La rivière Isle prend sa source dans le massif central en Haute Vienne. Elle suit ensuite un cours paisible

à travers bocages et prairies d’élevage pour au final, se jeter dans la Dordogne à Libourne.

 

Autrefois l’Isle était une voie commerciale importante entre l’Atlantique et le Périgord.

Dans la moitié du XIX°siècle plusieurs aménagements ont été réalisés avec la construction de barrages

et de chemins de halage. Les 41 écluses ne seront réalisées qu’en 1837

ce qui permettra une circulation active pour dynamiser son potentiel économique.

 

L’Isle a conditionné l’implantation des hommes depuis les temps préhistoriques jusqu’à l’époque actuelle. Elle a servi de voie de communication, a contribué à l’alimentation des hommes et des animaux, a donné sa force motrice aux moulins et a été un lieu de rencontres et de loisirs où se tenaient les anciennes fêtes locales. Le long de son cours, se trouvent encore des minoteries, des papeteries à l’ancienne ou des fonderies qui étaient alimentées par l’énergie hydroélectrique.

 

Le pont médiéval du XIV° siècle, situé au pied de l'éperon rocheux sur lequel s'élève l'abbaye.

Il enjambe l'Isle à proximité des ruines du château des vicomtes de Limoges,

et est partagé avec les communes de Jumilhac-le-Grand en Dordogne et Saint-Yrieix-la-Perche en Haute-Vienne.

 

L’arrivée du développement du chemin de fer et du transport routier a entrainé le déclin progressif du transport fluvial. La dernière gabare "Roger Madeleine" à cessé son activité en 1957. La rivière Isle est alors rayée de la nomenclature des voies navigables.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www2.culture.gouv.fr/

https://www.lechalard.fr/
Dictionnaire des églises de France "Auvergne, Limousin, Bourbonnais"

Volume IIb, Editions Robert Laffont, 1966

Panneaux explicatifs présentés à l'intérieur de l'édifice

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 26 juin 2018

 

 

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