JABREILLES-LES-BORDES  (Haute-Vienne)
Arrondissement de Limoges - Canton d'Ambazac
Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 253 Jabreillauds en 2015.

 

D'une superficie de 1.905 hectares, et d'une altitude de 354 à 651 mètres,

le village est situé sur un lieu de passage obligé entre la Souterraine et Saint-Goussaud :

il était un arrêt récurrent des pèlerins.

 

A proximité de l'église, cette très belle bâtisse limousine, et le départ d'un chemin de randonnée.

 

 

Eglise romane et gothique Saint Martial,

des XIII° et XV° siècles.

 

 

A l'origine il existait une église romane dont l'édifice actuel conserve quelques vestiges :

contreforts, corniches, modillons sculptés de têtes.

L'édification du clocher et de la flèche datent du XIX° siècle, sur une base du XVIII° siècle.

Ils sont couverts en bardeaux de châtaignier.

 

L'église se démarque par son porche traditionnel limousin, du XIII° siècle,

abritant le portail en léger contrebas, accessible après la descente d'une dizaine de marches.

Ce porche majestueux aurait été modifié en 1717,

et abrite un petit escalier en bois édifié en 1845 permettant d'accéder aux combles, réalisés la même année.

 

 

Stèle monolithique en granite rose à grains bleus de forme rectangulaire avec petit fronton triangulaire.
Sur l'une des faces principales est représentée la déesse Epona ;

vêtue d'un long vêtement, elle tient de la main droite la bride d'un cheval.

Au revers, trois personnages féminins sont figurés debout. Les côtés accueillent le dieu Mars pour l'un

(casqué, il porte une courte tunique et tient une lance dans la main droite) et peut-être Apollon pour l'autre

(le personnage nu est en déséquilibre sur ses jambes croisées, sa main droite soutient la tête inclinée).

 

Cette stèle votive d'époque gallo-romaine (II° ou III° siècle) a longtemps été conservée dans une chapelle du village dédiée à saint Martin, d'où son appellation de "pierre de saint Martin". Elle fut ensuite placée à la croisée de chemins où elle se trouvait lors de son classement. Elle ne fut placée sous le clocher-porche qu'en 1979.

 

Déesse majeure du panthéon gaulois, Épona est associée au cheval.

 

Divinités gauloise parmi les plus connues, Épona a donné son nom à la jument de Link, dans la saga Legend of Zelda. Le choix de ce nom n’est pas anodin, puisque la déesse est associée au cheval, qui était un animal emblématique dans les hiérarchies gauloises. Son nom, qui signifie Grande jument est un dérivé du mot épos signifiant cheval.

 

Ses attributions demeurent obscures, car si on sait qu’elle est la patronne des cavaliers et des voyageurs, certains récits parlant d’elle, présentent le voyage allant jusqu’à celui de la vie à la mort. Cependant la présence du poulain ou de la petite fille, qui représentent en quelque sorte la nouvelle génération et donc la vie remettent en question cette théorie. Elle aurait donc également le rôle de conduire les âmes des défunts. La présence de la corne d’abondance ou de la corbeille de fruit la désigne parfois comme une déesse de la fécondité, que cela soit dans le sens du sol ou celui de la maternité.

Lorsque les romains conquièrent les territoires celtes, ils tolérèrent qu’Épona continue à être vénérée et son culte perdura, car ils adoraient également les chevaux. De ce fait, on la retrouve en Italie et en Afrique du Nord. Cela en fait donc une des dernières déesses gauloises. (Référence, Pierre de Soleure, Suisse).

 

Depuis le choeur, vue sur le portail occidental.

 

Peintures murales de 1470-1480, réparties dans toute l'église. Ce décor est rare en Limousin :

il comporte des scènes figuratives de la vie du Christ et de la Vierge.

 

 

Des peintures masquées par des enduits datant du XV° siècle ont été découvertes.

Ces bribes de fresques ont été dégagées au moment d'une expertise

et elles révèlent l'apôtre Jean, ou des frises le long des arcs.

 

Statues d'une Vierge à l'enfant et de Saint Roch.

 

 

Sur le retable du maître-autel, du XVII° siècle, deux statues : saint Martial et saint Jean-Baptiste.

Il est architecturé à trois travées rythmées par des colonnes torses, la travée centrale est occupée

par le tableau d'autel, les travées latérales par les statues dans des niches.

Fronton découpé, occupé par une niche, accosté de volutes et sommé par un arc interrompu.

Le tableau d'autel représentant le baptême du Christ

est une copie partielle du tableau de Mignard gravé par Claude Duflos.

La niche du fronton accueillait un groupe sculpté de la Vierge de pitié détruit en 1979

qui a été remplacée par une statue de l'enfant Jésus de Prague, moderne.

 

Les vitraux en lithophanie de porcelaine sur trois baies et l’imposte.

 

La lithophanie est le procédé innovant qui a été choisi pour restaurer artistiquement les vitraux de l'église.

Ce procédé né au XIX° siècle n'est plus utilisé de nos jours.

Il évoque la plus célèbre des industries de Limoges, la porcelaine.

Le principe de la lithophanie repose sur la transparence et la porcelaine s'y prête parfaitement.

 

En 2004, les cinq ouvertures, dépourvues de vitraux,

ont été habillées de lithophanies de porcelaine, œuvre de Philippe Favier.

Une lithophanie est une œuvre gravée ou moulée en porcelaine très fine et translucide

qui ne peut être vue clairement que rétro-éclairée par une source de lumière.

Il s'agit d'une représentation ou une scène en intaille qui apparaît en grisaille (en niveaux de gris).

 

Si l'origine de la lithophanie est sans doute la manufacture royale de Prusse, c'est au baron Paul de Bourgoing qu'est attribuée cette invention. C'est lui qui fait breveter, pour 15 ans, en 1827, une invention « pour des procédés de lithophanie ». Dans ce document de 12 pages il décrit trois procédés de lithophanie : la « lithophanie translucide », la « lithophanie en clair-terni » et la « lithophanie en ombre adoucie ».

On exécute ces images par un procédé plastique et non par le dessin. Une plaque de verre est recouverte d'une couche de cire sur laquelle est modelé le sujet à reproduire, au moyen d'ébauchoirs de sculpteur. Les parties les plus ombrées sont représentées par la couche de cire la plus épaisse, les plus claires le sont par une couche très mince ou même par le verre seulement.
 

Une lithophanie présente une image en trois dimensions - complètement différentes des gravures en deux dimensions et des daguerréotypes qui sont "à plat". Les images modifient leurs caractéristiques en fonction de la source lumineuse derrière elles. Les scènes du panneau d'une lithophanie fixée à une fenêtre changent tout au long de la journée, selon la quantité de lumière du soleil. La source de lumière variable est ce qui rend les lithophanies plus intéressantes pour l'observateur que les images en deux dimensions.

Dans son ouvrage "L'art des céramiques", Jacques G. Periffer précise que l'exécution fait appel à l'estampage d'une croûte dans un moule en deux demi-coquilles dont chacune porte le modelé d'une face de l'objet. Ce moule est fabriqué dans une matrice modelée en cire translucide selon une méthode proche de celle des sculpteurs médaillistes.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www2.culture.gouv.fr/
https://geoculture.fr/
https://www.lepopulaire.fr/
Dictionnaire des églises de France, "Auvergne, Limousin, Bourbonnais"

Volume IIB, éditions Robert Laffont, 1966

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 25 juin 2018

 

 

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