EYMOUTIERS  (Haute-Vienne)
Arrondissement de Limoges - Canton d'Eymoutiers.
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 5.055 Pelauds en 2015.

 

D'une superficie de 7.022 hectares, et d'une altitude de 316 à 758 mètres,

la ville est arrosée par la rivière la Vienne, et située au centre de la région Limousin,

à la porte du plateau des Millevaches, et limitrophe du département de la Corrèze.

 

Etymologie : du nom latin de la ville Ahentum monestarium, signifiant le "Moûtier d'Ahent",

à "moûtier", étant la forme ancienne de monastère, associée à la notion de hauteur.

 

Vue sur la ville et la collégiale, avant 1970.

Cette ancienne ville close est étagée sur une colline de la rive gauche de la Vienne.

 

Au VII° siècle, un ermite irlandais, Psalmer, se fixe sur le mont Ayen. Un chapitre de chanoines perpétue son culte. Eymoutiers se développe autour de la collégiale commencée en 1012. Elle est protégée par deux enceintes dont le plan conserve les traces. Dévastée par les guerres, la cité devient par la suite un centre de tanneries réputé aux XVII° et XVIII° siècles, grâce à la qualité de ses eaux et à l'importance de l'élevage local.

 

 

Eymoutiers : petite cité de caractère

 

 

Ancienne bâtisse dont la porte mentionne la date de 1605. Maison avec statuette de Sainte Anne.

 

Sainte-Anne était un lieu de pèlerinage qui se faisait en procession le mardi de Pentecôte. Tous les corps y assistaient, les prêtres, les consuls et presque toute la ville d’Eymoutiers. Une grand’messe y était célébrée par le curé de Notre-Dame, l’église paroissiale d’Eymoutiers, pour le roi et sa famille. Il fallait passer devant la statue de la sainte, en fait un groupe de granite de 6 pieds de haut représentant sainte Anne tenant l’enfant Jésus sur ses genoux. Après la messe un grand diner était offert au clergé et aux officiers municipaux. Puis tout le monde regagnait Eymoutiers. La tradition veut que là le curé offre la collation aux pèlerins, retour de Sainte-Anne. Devant l’affluence, il décida de mettre un terme à cette coutume peu avant la Révolution.

 

Maison datée 1683 et une ancienne venelle aux maisons de granite.

 

En 1428 lorsque les habitants se dotent de leur charte de franchise, l’agglomération issue de la fondation religieuse prend le pas sur le noyau formé autour du château de l’évêque. La ville s’entoure alors de murailles. Au XVII° siècle, les confréries religieuses et la corporation des tanneurs sont influentes. La ville est prospère, toutes catégories sociales s’y côtoient : notables, commerçants, artisans.

 

 

Depuis le Pont des Farges, vue sur le couvent des Ursulines et la collégiale.

 

Outre la confrérie des tanneurs, la plus importante de la ville, les artisans forgerons étaient également réputés.

Ils pratiquaient la maréchalerie et la fabrication des instruments aratoires.

Ils s’étaient également spécialisés dans l’ornement des portes en fabriquant des clous spécifiques dits

« en pointe de diamant » permettant aussi de renforcer la solidité des portes.

 

En suivant le cours de la rivière, on se dirige vers le pont des Farges.

 

A l’est, dans la direction de Nedde et de Felletin, le franchissement de la rivière se fit d’abord à gué puis au moyen d’une barque qui, en langue limousine, se nommait « la nau ». Le pont de la Farge ou des Farges supplantera « la nau ». Il est mentionné en 1569 et 1644, mais il était en ruine en 1769. Il possédait trois arches. Deux, surbaissées, furent reconstruites en 1780 par le sieur Audouin, entrepreneur. Il fut démoli en 1875 et reconstruit immédiatement, tel qu’on le connaît maintenant. Il fut cependant élargi, fin 1988.

 

Bords de la Vienne en direction du Pont des Tanneries.

 

Le couvent des Ursulines.

 

Depuis les rives de la Vienne, vue sur le couvent des Ursulines.

Au 1er plan, sculpture "L'infini suspendu", oeuvre de Christian Lapic.

 

Ce bâtiment était occupé par des religieuses, les Ursulines, depuis 1629 ; elles étaient vouées à l'éducation

des jeunes filles. Les Ursulines accomplirent leur mission jusqu'en 1790, date de leur départ à Limoges.

 

L’ordre des Ursulines est fondé en Italie en 1535 par Sainte Angèle Mérici pour se consacrer à l’éducation des filles, aux soins des malades et des nécessiteux. L’ordre apparaît en France en 1586, à Eymoutiers en 1629. Le couvent est vendu comme bien national en 1790 et la municipalité deviendra alors propriétaire de l'aile droite. En 1833, le collège de garçons y sera transféré et y restera jusqu'en 1959. Le bâtiment a servi d’hôpital militaire pendant la première guerre mondiale. Depuis l'incendie de 1994, la municipalité a réaménagé le bâtiment qui abrite des services administratifs.

 

 

Le chevet de la collégiale et le barrage sur la Vienne.

 

Le plus ancien Pont est celui de Peyrat que l’on appelle aujourd’hui le pont des Tanneries. 

 

Le pont était à péage et celui-ci fut mis, en 1467 « sous la main du roi ». Lors de la désormais fameuse crue du 29 juin 1630, le vieux pont à avant-becs fut emporté ainsi que le moulin à écorce de Saint-Etienne. Un pont de pierre sera alors construit en remplacement. Cet ouvrage de trois arches atteignait une longueur entre les culées de 33,70 m, avec une arche centrale de 9 m d’ouverture. En septembre 1880, était lancé la construction d’un nouveau pont à l’emplacement de l’ancien.

 

Bords de la Vienne près du pont Peyrat.

 

La cité des Pelauds.

 

L’histoire d’Eymoutiers est intimement liée à l’évolution puis au déclin de l’activité des tanneries

et du travail du cuir. Ce n’est pas pour rien que les habitants portent le nom de Pelauds !

Il vient du latin «pellis», peau, remanié par la langue occitane et désigne celui qui tanne.

 

 

La tannerie s’y développera pour y connaître son apogée au XVII° siècle.

La ville lui doit d’originales maisons à colombages et à greniers de plein vent,

comme cette grange à claire-voie utilisée pour le séchage des peaux, située à l'arrière de la collégiale.

 

Les maisons des tanneurs possédaient des greniers à claires-voies utilisés pour le séchage des peaux. Mais comme ces surfaces se sont vite avérées insuffisantes, il a fallu équiper du même système de nombreuses maisons du bourg.

 

Imposantes maisons de tanneurs construites au début du XVII° siècle sur la berge de la Vienne.

 

Le bas était essentiellement réservé à l’usage professionnel et occupé par les cuves de tannage. Les peaux y étaient traitées dans une solution de tan et d’eau. Les deux étages étaient réservés à l’habitation du maître tanneur. Dans le comble à pans de bois ouvert, les peaux acheminées à l’aide d’une poulie fixée dans la vaste fenêtre caractéristique, étaient entreposées pour sécher au vent.

 

Cet artisanat, né dans des temps très anciens, a connu son apogée au XVII° siècle (on comptait vingt tanneries à Eymoutiers en 1628). Elles étaient toutes installées en bordures de Vienne, le long de la rue Farges, aux Barrys, et en amont du pont de Peyrat. Les tanneries ont profité d’une grosse production locale de bovins fournissant une matière première de bonne qualité et d’une eau pure, non calcaire pour faire reverdir les peaux après le séchage. Les peaux étaient utilisées sur place dans la bourrellerie et la chaussure, le reste de la production était vendu dans tout le Limousin. On expédiait dans la région de Lyon et de Grenoble des peaux brutes de chèvres et de chevreaux.

 

 

Anciennes maisons de tanneurs.

Au XVII° siècle, cette activité florissante occupait un nombre considérable d’ouvriers.

Les «tanadours» et «couréadours» d’Eymoutiers se sont rapidement regroupés en confrérie.

Elle avait pour patron Saint Crépin.

 

Cette confrérie avait une vocation surtout religieuse, faisant célébrer des messes, s’occupant des pauvres et des infirmes du métier. Mais les frères n’oubliaient pas le temporel et les statuts prévoyaient jusqu’à cinq banquets annuels ! Juste compensation face aux rigueurs de ce métier. Ils travaillaient toujours les mains dans l’eau, le sel et le tan ; les peaux séchaient l’hiver dans ces greniers ouverts et le froid envahissait les maisons sans parler de la forte odeur qui devait y régner.

 

Depuis le quartier des tanneries, vue sur la ville

 

A Eymoutiers il y a plusieurs tanneurs, qui préparent des peaux de boeufs et de vaches, en cuirs forts; des vaches en baudriers et des veaux en mollèteries , qu'ils corroient eux-mêmes. Ils tirent leurs cuirs des pays montagneux du voisinage, leur tan de Châteauneuf, et la chaux de Sussac. Cette chaux est faite avec une espèce de marbre, dans lequel, outre les pierres calcaires, il se trouve un mélange de particules non calcinables, en sorte qu'elle n'a pas sur les peaux une certaine action, et ne dure pas longtemps dans le pelain, que l'on écrit plain; par corruption. Quelques tanneurs lui préfèrent la chaux de Nazareth, près de Brivet, qui coûte plus cher, parce qu'elle a plus d'action, et que ses effets sont plus durables. Le tan est tiré aussi des environs de Châteauneuf.

Il se fait à Eymoutiers un commerce de peaux de chevreaux, qu'on envoie en sec à Grenoble et ailleurs, pour y être préparées et servir à faire des gants. Il y a, outre cela, des marchands ciriers, qui fondent la cire qu'ils tirent des montagnes du voisinage, en forment des pains qu'ils envoient aux fabricants de Limoges; ceux-ci la blanchissent : la cire de ce canton est fort estimée. (source : Dictionnaire universel de la géographie commerçante par Jacques Peuchet).

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.mairie-eymoutiers.fr/

"http://tourisme-eymoutiers.fr/

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 29 juin 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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