COUSSAC-BONNEVAL  (Haute-Vienne)
Arrondissement de Limoges - Canton de Eymoutiers.
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 1.317 Coussacois en 2015.

 

D'une superficie de 6.673 hectares, et d'une altitude de 280 à 454 mètres,

la ville est arrosée par la rivière la Boucheuse, et les Ruisseaux de Marcognac et de la Rochette.

 

Etymologie : le bourg de Coussac tire son origine d'une villa gallo-romaine (COCIACUM :

littéralement le domaine de Codus) dont aucun vestige n'est parvenu jusqu'à nous.

 

 

La lanterne des morts, du XII° siècle
 

 

La lanterne des morts, avait pour rôle de prolonger la veillée funèbre ainsi que de protéger l’âme des défunts

des mauvais esprits, grâce à sa lumière toujours ravivée, symbole de la présence divine.

 

En Limousin les recherches ont recensé 21 lanternes des morts,

dont 15 en Haute-Vienne, 5 en Creuse et la mention d'une dans le cimetière de Dalon en Corrèze.

Le pays des lanternes des morts est le plus souvent en rébellion ouverte contre l'autorité clunisienne.

 

Plusieurs théories s'opposent ou se complètent pour l'usage qu'on doit donner à ce type d'édifice. Certains lui attribuent un rôle de phare pour guider le voyageur (c'est notamment ce que l'on retrouve dans le dictionnaire raisonné de Viollet-le-Duc), d'autres proposent une fonction plus pratique d'éclairage, certains arrivent à la conclusion qu'un rôle plus spirituel vis-à-vis des morts était sa fonction. La présence courante d'un autel, leur situation au cœur de cimetières, leur faible disposion à éclairer le voisinage immédiat, tendent à montrer que la dernière proposition soit la bonne.

 

Avant 1930, la place et la lanterne des morts.

La lanterne des morts est une tour octogonale construite sur socle de base carrée, particularité limousine.

Du XII° siècle (restaurée au XIV°) elle se trouvait, à l'origine au milieu du cimetière de Coussac.

 

La fontaine près de la mairie, et la lanterne des morts, en 2018.

 

D'une hauteur totale de six mètres, cette lanterne est construite en pierre de granit.

La partie supérieure est constituée par huit petites piles qui forment entre elles huit baies.

Elle s'achève par une petite pyramide à huit pans surmontée d'une croix.

En dessous de la petite porte, une table d'autel que l'on pourrait prendre pour une marche :

un autel destiné aux cérémonies des funérailles.

À l'intérieur, pas d'escalier mais des trous carrés en quinconce espacés de 40/50 cm.

Au sommet un crochet pour suspendre la lanterne qui devait être hissée à l'aide d'une poulie ou d'une crémaillère.

 

Depuis le X° siècle, les lieux d'inhumation faisaient l'objet d'un contrôle jaloux de la part de l'autorité ecclésiastique qui s'arrogeait également le droit, dans le même temps, d'excommunier ou de maudire ceux qui s'opposaient à elle en les privant de la lumière éternelle. Avant même cette époque, le cimetière jouissait d'un statut juridique particulier, protégé, dès l'Antiquité tardive : statut du droit d'asile. Cette immunité locale permet à toute personne qui le souhaite d'y trouver refuge. Le droit d'asile fut revivifié par le développement du mouvement de la Paix de Dieu à partir de la fin du X° siècle en Gaule méridionale.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.coussac-bonneval.fr/

"Lanterne des morts", Michel Plault, Editions Brissaud

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 23 juin 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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