COUSSAC-BONNEVAL  (Haute-Vienne)
Arrondissement de Limoges - Canton d'Eymoutiers.
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 1.317 Coussacois en 2015.

 

D'une superficie de 6.673 hectares, et d'une altitude de 280 à 454 mètres,

la ville est arrosée par la rivière la Boucheuse, et les Ruisseaux de Marcognac et de la Rochette.

 

Etymologie : le bourg de Coussac tire son origine d'une villa gallo-romaine (Cociacum : littéralement le domaine

de Codus) dont aucun vestige n'est parvenu jusqu'à nous. La proximité des gisements aurifères

et de l'itinéraire commercial Méditerranée-Armorique, qui, aujourd'hui encore,

délimite en partie le finage communal, explique l'ancienneté du peuplement.

 

 

Château de Bonneval
 

 

Edifié au XIV° siècle sur un plan carré à quatre tours,

il a conservé les caractéristiques de la puissante forteresse : fossés, pont-levis.

Depuis 1000 ans, il est toujours en possession de la famille de Bonneval.

 

Vue aérienne avant 1970 : le château et la ville.

Le bourg est dominé par son château, fierté d'une illustre famille qui le possède.

La famille Bonneval est l’une des maisons aristocratiques les plus anciennes de France.

Son origine est attestée dans le Limousin dès le XI° siècle : le chevalier Gérault de Bonneval,

bâtisseur du premier château et fondateur de la Maison Noble de Bonneval.

 

Photo de gauche : la grande grille du château.

 

Au XIX° siècle, le Général Marquis Hippolyte de Bonneval (1786-1873) a cédé au village une partie de ses terres en substitution de cette allée et de l'esplanade devant le pont-levis, où se tenaient autrefois les marchés et les foires à bestiaux. Il avait pris la décision de changer l'entrée principale du château, qui se faisait par une petite rue adjacente, par une entrée plus prestigieuse et a fait placer cette grande grille en fer forgé pour délimiter sa propriété. A côté une belle maison limousine du XVIII° siècle où habitaient les concierges du château.

 

L'entrée principale et la façade Est ont conservé leurs caractéristiques médiévales.

 

Ce véritable château fort est entouré de fossés secs, muni de deux ponts-levis et de tours crénelées avec mâchicoulis (sans toiture à l'origine, mais couvert de pierres), de meurtrières, d'un donjon et d'oubliettes. Les anciens prétendaient qu'il y avait au moins trois souterrains qui débouchaient dans la campagne. Mémoire orale ou légende ? Il était, jusqu'en 1750/1780, entouré de vastes fortifications, hautes murailles extérieures, qui renfermaient aussi le bourg de Coussac.

 

La tour carrée centrale est faite de blocs de granit et date du XV° siècle.

 

Cette tour carrée abrite la chapelle du château, marquée par la croix tout en haut de la tour. Un panneau plein est décoré des armes des Bonneval et de leur devise. Le tout est surmonté d'une couronne de Marquis. Au-dessus du blason, quatre écussons comprenant les armes de France et du duché de Milan, surmontés d'une couronne. Il figure également le collier de l'Ordre de Saint Michel entourant les armes de France, la salamandre emblème de François 1er ainsi que le porc-épic, emblème de Louis XII. Une vieille tradition orale raconte que ces écussons auraient été placés par Antoine de Bonneval (1433-1505) qui fut Conseiller et Chambellan de trois rois : Louis XI, Charles VIII et Louis XII, en hommage à ses bienfaiteurs.

 

L'imposante façade nord qui relie deux tours identiques,

ayant chacune plus de 12 m de diamètre et des murs pouvant avoir plus de 2 m d'épaisseur.

 

Ces types de construction arborent des caractéristiques médiévales classiques telles que des parapets, des créneaux, des mâchicoulis et des meurtrières. Cependant, on remarque que l'aspect "château-fort" de cette façade fut en partie compromis par l'introduction des larges fenêtres au XVIII° siècle.

 

 

C'est à la faveur de la guerre de Cent ans que les De Bonneval ont accentué leur implantation locale, et en même temps grimpé dans la hiérarchie nobiliaire : "Chastillon, Bourdillon, Galiot et Bonneval gouvernent le sang royal", rimait-on à la cour de Charles VIII et de Louis XII, mais l'étoile de la famille déclina après Pavie : des Guerres de Religion à la Fronde, les De Bonneval ont été de toutes les révoltes contre l'absolutisme naissant ; tour à tour au service de la France, des Habsbourg et du Grand Turc, Claude-Alexandre (1675-1747) a incarné la quintessence des inquiétudes et des frustrations de la noblesse européenne de son temps.

 

La terrasse ouest des lions, refaite entièrement au XVIII° siècle,

selon les plans de l'architecte Joseph Broussaud, à la demande d'Hippolyte de Bonneval.

 

Les conventions architecturales de l'époque ont été suivies par Broussaud pour permettre d'ouvrir les salons

du 1er étage facilement vers l'extérieur, afin de profiter du climat agréable de la région durant les belles saisons.

 

En premier plan, la massive Tour du diable, de plus de 30 m de haut,

située à l'angle Sud-Ouest du château.

Elle a été rehaussée et des bandes crénelées ont été rajoutées au XIX° siècle selon le goût de Viollet-le-Duc.

 

La façade sud, sans ouverture est la mieux conservée.

La courtine médiévale est surmontée en corbeaux de pierre, de mâchicoulis et d'une galerie à créneaux

aujourd'hui ouverte. Elle relie la Tour du diable, tour la plus épaisse du château.

Le donjon fut bâti sur un plan trilobé et ses murs peuvent atteindre la largeur de 3 à 4 mètres,

preuve de sa fonction défensive et protectrice.

 

 

La herse du grand pont-levis.

 

 

La cour intérieure est entourée de galeries, remaniées au XIX° siècle,

portées par des colonnes torses et éclairées par des vitraux colorés.

 

A l'intérieur du château, on visite une douzaine de pièces, (photos interdites)

richement décorées de mobilier d'époque, de tapisseries et de boiseries.

 

La galerie-bibliothèque - Le grand salon et ses boiseries du XVIII° siècle - La galerie des tableaux.

 

La salle à manger - Les chambres de la marquise, du roi et du marquis.

 

La chambre du Pacha.

Claude-Alexandre de Bonneval (1675-1747) est né à Coussac. Après avoir servi Louis XIV et l’empereur d’Autriche,

il se convertit à l’Islam et réorganisa l’armée du sultan qui lui conféra le titre de pacha.

Il mourut à Constantinople en 1747.

 

Jardin face à l'entrée du château - Entrée du parc - Les dépendances.

Au milieu de l'allée du parc, un puits décoratifs portant des inscriptions celtiques gravées sur son linteau.

Dans le parc du château, un petit mausolée récent, très coloré,

est la tombe du père de l'actuel marquis de Bonneval.

 

Après la Révolution, la commune connut un siècle d'essor démographique. (Sa population culmina à 3.672 habitants en 1901) et économique, malgré l'abandon des grands projets (tel celui du canal de la Loire à la Garonne, suivant le tracé de la Valentine) et l'échec d'entreprises trop audacieuses. Si la manufacture de porcelaine, fondée par le marquis Hippolyte de Bonneval en 1825, ferma ses portes treize ans plus tard, l'extraction du kaolin (amorcée dès 1784 à Frougeix) anima la campagne coussacoise jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, lui valant le surnom explicite de "Chine du Limousin".

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.coussac-bonneval.fr/

Dépliant 3 volets "château de Bonneval", remis à l'accueil du château

Photos intérieures du château, scannées à partir de C.P.A.

provenant de différentes collections privées en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 23 juin 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville