MIREBEAU   (Vienne)
Arrondissement de Poitiers - Canton de Migné-Auxances
Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 2.184 Mirebalais en 2014.

 

D'une superficie de 1.384 hectares, et d'une altitude de 89 à 158 mètres,

la ville est située à la croisée de trois anciennes provinces : l'Anjou, la Touraine et le Poitou,

et sur les rives de la rivière Bèze, un affluent de la Saône.

Etymologie : le nom vient du latin Mirabellum qui désigne un lieu d'où l'horizon est bien visible.

 

 

La cité médiévale

 

 

Vues aériennes avant 1970.

Mirebeau "On y mire beau" est une ville ancienne bâtie sur une colline calcaire

dont l'origine remonte à l'époque gallo-romaine. Elle devient importante à partir du XI° siècle.

 

Les remparts du X° siècle.

 

La ville est toujours partiellement ceinte par les vestiges de ses anciens remparts.

 

Le comte d'Anjou, Foulques Nerra construit en l'an Mil le château de Mirebeau, dont le donjon surnommé "La Cuve d'Anjou" afin de préserver le Mirebalais et le Loudunais, et établie une frontière fortifiée avec le Poitou. Mirebeau, Moncontour et Loudun étaient ses bastions frontaliers fortifiés avancés. Lorsque les agresseurs avaient réussi à franchir le premier réseau défensif, ils se trouvaient pris au piège dans une nasse circulaire sous le feu des défenseurs.

 

Geoffroy II d'Anjou, fils de Foulques Nerra, après sa victoire à la bataille de Moncontour en 1033,

retient prisonnier pendant cinq ans Guillaume VI de Poitiers duc d’Aquitaine et comte du Poitou.

C’est à partir de cette date que Mirebeau, comme seigneurie, appartient au comté d’Anjou jusqu’en 1790.

 

 

En 1202, Aliénor d'Aquitaine, alors âgée de 80 ans, soutient l'assaut sur la ville des troupes de son petit fils, Arthur de Bretagne, neveu de Richard Coeur de Lion et de Jean Sans Terre. Arthur s'empare de la ville mais pas du château. Jean Sans Terre fondit si brusquement sur Mirebeau qu'il affligea une défaite ensuite à son neveu. Aliénor fuit la ville.

 

 

▪ Au XIV° siècle, Mirebeau est érigée en baronnie relevant, avec Moncontour, de la sénéchaussée d'Angers. La baronnie de Mirebeau comportait 114 fiefs.
▪ En 1551 furent créés les présidiaux. La baronnie de Mirebeau, possédant une justice seigneuriale, formait une enclave relevant toujours de la sénéchaussée d’Angers, transformée en présidial d'Angers en 1551.
Lorsque fut créée la sénéchaussée de Saumur en 1572, le Mirebalais en fit partie, mais Mirebeau continua à être sous le présidial d’Angers.

 

Les caves percées sous les remparts.

 

La baronnie de Mirebeau est vendue par Louis Gouffier à Jean Armand du Plessis en 1628, Cardinal de Richelieu qui possédait déjà à proximité, le château de Coussay, et unie en 1631 au duché-pairie de Richelieu, et dont le tribunal ducal relevait à la fois du Parlement de Paris et de la sénéchaussée de Saumur. Cet évènement annonce le déclin de la cité de Mirebeau.

 

La rue a été érigée en 1797 en débordant sur les douves.

Les marchés se tenaient sur la partie basse de la ville.

 

De 1631 à 1636, début de la destruction du château par Richelieu qui utilisera les pierres pour la construction de la ville et du château du même nom. Richelieu ordonne ensuite la démolition de la "Cuve d'Anjou" et demande aux habitants de combler progressivement les fossés.

 

Arc de décharge sur le rempart percé de caves.

 

▪ En 1789, lors de la Révolution française, l'Assemblée constituante ordonne la création de départements. Les cités de Mirebeau et de Moncontour sont rattachées au département de la Vienne. Les habitants de Mirebeau accueillent favorablement les avancées de la Révolution française. Ils plantent ainsi un arbre de la liberté, symbole de la Révolution. Il devient le lieu de ralliement de toutes les fêtes et des principaux événements révolutionnaires, comme le serment de haine à la royauté. Le château est transformé en prison pour hommes pendant la Révolution, puis devient une ferme.
▪ Pendant la Seconde Guerre mondiale, un camp de prisonniers de l’armée d'Afrique est établi par les Allemands à Mirebeau : ils sont affectés aux travaux agricoles dans le canton. Progressivement, ils sont renvoyés en Afrique par l’occupant ; un certain nombre d’entre eux ont disparu.

 

La ville.

 

L'hôtel de ville vers 1910 et en 2017 - La place aux oies et le kiosque, vers 1915.

C'est en 1832 que la municipalité fait construire l'Hôtel de Ville à la place de l'église Saint-Hilaire,

et en 1868 Théodore Arnaud fonde l'Hospice.

 

 

Dans la ville, il reste encore quelques vieilles maisons.

 

L'ancien couvent des clarisses, du XV° siècle.

 

Fondé vers 1411, c'est l'un des plus anciens couvents de Franciscaines de la région.

Le couvent est fondé suite au mouvement de réforme initié au sein de l'Ordre des Clarisses

(Ordre mendiant fondé en 1212).

Il prend sa forme actuelle définitive en 1616, avec le voeu de clôture totale.

 

La façade sud est percée de deux portes murées de style Renaissance et classique.

Elle est de plan rectangulaire avec un chevet à pans coupés.

Sa couverture est pour partie en ardoise, pour partie en tuile plate.

 

La chapelle est le plus bel édifice religieux à charpente carénée du Haut-Poitou.

Le couvent comprend un vaste enclos qui refermait la chapelle, un corps de logis

abritant notamment à l'étage le dortoir, une tour d'angle à mâchicoulis,

les parloirs, le cloître, une galerie ouverte, l'infirmerie, des communs, jardins et vignes.

 

La chapelle a été remaniée aux XVII° et XVIII° siècles (aménagements intérieurs au milieu du XVIII° siècle) ;

elle a conservé deux éléments remarquables : sa charpente lambrissée du XV° siècle et son jubé du XVIII° siècle.

 

Le calvaire du XX° siècle.

 

Le calvaire construit en 1910, en un lieu où deux moulins à vent

se dressaient encore au tout début du XX° siècle.

 

Financé par des fonds d’un mécène autrichien et les dons du Mirebalais, il a vu le jour grâce à l’opiniâtreté de l’abbé Argence Césaire Vachère de Grateloup, qui vient en cette année1910 de prendre sa retraite dans le bourg. Ce personnage a la réputation d’être un guérisseur de premier ordre. Il va déchainer les passions locales. Du sang s’écoule régulièrement d’une image du Sacré-Cœur qu’il a accrochée au mur de sa chapelle : c’est bientôt la ruée de toute une région devant ce miracle, chacun voulant humecter son linge ou remplir une fiole !

 

Les baudets du Poitou.

 

L'âne paraît avoir pour berceau d'origine l'Afrique du nord-ouest. De nombreux peuples du Proche-Orient

l'ont connu et domestiqué depuis longtemps, et les différentes invasions l'ont amené très tôt en Europe

où il s'est surtout développé dans les pays méridionaux.

 

Mirebeau est surnommée «il en passe plus qu'il n'en reste», ou aussi «le pays des ânes»,

car la ville tenait l'important marché aux ânes de la région.

Sa notoriété repose également sur l'élevage des baudets du Poitou,

dont la commune s'attache à perpétuer la race.

 

Le Baudet du Poitou semble avoir fait son apparition dès le X° siècle en France, époque à laquelle plusieurs écrits font déjà état de la pratique de l'hybridation mulassière. La production de mules à partir de juments, dites «mulassières», et d'ânes a permis à cette dernière espèce de se développer. L'industrie mulassière fut surtout florissante au XIII° puis au XVIII° siècle, et le Baudet du Poitou fut largement exporté dans de nombreux pays (Amérique, Pays méditerranéens...) avant de voir ses débouchés intérieurs et extérieurs disparaître rapidement depuis 1950.

Le Baudet du Poitou n'était guère utilisé pour le travail. Il tirait toute sa valeur de son rôle de reproducteur, pour la production de mulets notamment. Le nombre d'ânesses et de baudets est cependant très réduit, malgré une certaine demande à l'exportation. Un processus de conservation du Baudet du Poitou et une opération de relance de son élevage ont été mis en place par les Haras nationaux, en liaison avec les éleveurs et le Parc Interrégional du marais poitevin. Ainsi, pour sauver la race, un programme de sauvegarde a été mis en place avec identification des animaux et la création d'une asinerie expérimentale à Dampierre sur Boutonne. Aujourd’hui, il est apprécié comme animal de bât et il n’est pas rare de les voir attelés.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Baudets du Poitou : http://www.haras-nationaux.fr/

Dépliant "Mirebeau et le Mirebalais", O.T. Mirebeau

Mirebeau et ses environs, Res Universis, 1992

Panneaux explicatifs répartis à travers la ville

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 20 mai 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville