LENCLOÎTRE   (Vienne)
Arrondissement de Châtellerault - Canton de Châtellerault.
Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 2.468 Lencloîtrais en 2014.

 

D'une superficie de 1.904 hectares, et d'une altitude de 65 à 107 mètres,

la ville est traversée par la rivière l'Envigne, un affluent de la Vienne.

 

Vue aérienne, avant 1970.

Au milieu d'un pays voué aux cultures légumières, la ville est animée par les foires et les marchés réputés,

qui jadis attiraient presque tous les paysans du Haut Poitou.

 

L'hôtel de ville, bâti au XIX° siècle, et le monument aux morts.

 

Les jardins de l'hôtel de ville, et les bords de la rivière Envigne.

 

 

Ancienne église prieurale Notre-Dame,

de style roman Angevin, du XII° siècle

 

 

L'église est de plan classique en forme de croix latine, avec une nef à collatéraux, un transept saillant

pourvu d'absidioles, une croisée sur laquelle s'élève un clocher, un chœur profond qui se termine par une abside.

 

Le prieuré vers 1910 et avant 1970.

Autrefois chapelle du couvent, l'église est un édifice de style roman poitevin.

 

Clocher carré surmonté d'une petite flèche.

 

Portail décoré de belles voussures délicatement sculptées d'un réseau de rubans, palmettes et boutons.

 

Les murs de l'abside orientale et des absidioles sont animés par des colonnes engagées.

 

Sur l'abside, au-dessus des fenêtres en plein cintre, une série de petits arcs repose en alternance sur des modillons et sur des colonnes. L'appui des fenêtres à colonnettes est appareillé en gradins et leurs cintres sont décorés de rinceaux.

 

Le clocher carré monté sur le carré du transept est flanqué de contreforts-colonnes

et ajouré de baies à colonnettes groupées par deux.

Les modillons représentent des animaux et des masques stylisés difficilement reconnaissables.

 

L'abside est voûtée en cul-de-four et le choeur en berceau brisé.

Chapiteaux romans sculptés du XIII° siècle.

 

La façade occidentale ouest, a été fortifiée au XV° siècle, avec deux échauguettes.

 

La nef à collatéraux est longue de six travées. Elle est en berceau brisé,

contrebutée par les voûtes d'arêtes des collatéraux.

 

La tribune est de style Renaissance.

 

Sur les piles de la croisée du transept, un cordon de gros boutons stylisés s'élève entre les colonnes,

renforçant visuellement l'impression de hauteur.

 

 

 

 

Les arcades de la nef sont portées par des faisceaux de huit colonnes dont les chapiteaux, parfois très restaurés,

sont sculptés de feuilles lisses et plates, de lions, d'oiseaux, de monstres ou de dragons.

 

Depuis le portail occidental, vue sur la croisée du transept et le choeur.

 

L'église prieurale est dotée d'une collection de tableaux dont le plus remarquable est un triptyque

du XVI° siècle d'inspiration flamande. Consacré à la Passion du Christ, il est illustré du Portement de la Croix,

de la Crucifixion et de la Déposition du Corps du Christ.

Une prieure de Lencloître y est représentée à genoux. Ce sont trois peintures à huile sur toile.

 

Deux sculptures sur bois décrivent le Baptême du Christ et l'Assomption.

 

 

Le choeur et le maitre autel.

 

 

De déplorables peintures modernes altèrent la décoration

des chapiteaux des arcatures et des colonnettes des fenêtres de l'abside.

 

Vitraux représentant St Pierre, Saint Paul et la Vierge, signés L.V. Gesta de Toulouse.

 

 

 

Tout comme pour les chapiteaux de la nef, nombre d'entre eux représentent des dragons et des chimères.

 

Les bâtiments conventuels du prieuré.

 

Le prieuré a été fondé, aux abords de la forêt de Gironde,

par Aymeri, Vicomte de Châtellerault, vers 1106-1109.

 

Plan du prieuré d'après le cadastre Napoléonien du XIX° siècle.

 

Aymeri, Vicomte de Châtellerault, René de Piolent, Pierre II, évêque de Poitiers et Roger Barbe dotèrent largement en fermes et en terres le nouveau prieuré. Autour de celui-ci se groupa une population nombreuse et laborieuse. La nécessité des échanges et la vente du surplus des récoltes amena la création de foires le premier lundi de Carême et aux fêtes de Saint-Jean, Saint-Roch, Saint-Simon et Saint-Jude, moyennant redevance au prieuré. Après contestation des édiles de Châtellerault pour les dates de foires et sur supplique de Marie-Antoinette d’Orléans, un édit de Louis XIII fixe celles-ci au premier lundi du mois.

 

Le couvent comportait un cloître, un vaste espace carré bordé de galeries couvertes

et appuyé sur le côté sud de l'église.

De chaque côté de l'église s'érigeaient deux cloîtres qui ont aujourd'hui presque complètement disparu,

dont le cloître des Moniales.

Les bâtiments conventuels qui restent sont postérieurs à l'église et datent du XV° siècle.

 

Des pèlerins faisaient étape au prieuré qui accueillait aussi des personnages de marques comme

le cardinal de Richelieu, le père Joseph du Tremblay (le confesseur du cardinal), ou Antoinette d'Orléans.

 

 

Les bâtiments conventuels sont disposés autour d'une cour carrée. Les différents édifices sont en tuffeau

et présentent une architecture simple et fonctionnelle. Ils ouvrent directement sur un préau découvert.

 

Au rez-de-chaussée, le chapitre, le réfectoire et la sacristie occupaient l'espace compris entre le cloître et les jardins. Un noviciat y a été ajouté. Une arcade aménagée dans le cloître permettait de pénétrer directement dans l'église Notre-Dame. Cette entrée n'existe plus de nos jours mais sa trace est toujours visible sur le mur sud de la nef de l'église.

 

Le porche de l'Hostellerie du prieuré est situé, de nos jours, place de l'église.

Ce porche marquait l'entrée de l'ancienne hostellerie du prieuré.

Sur le fronton a été conservé un lion sculpté, emblème des armoiries fontevristes.

 

L'entrée actuelle du jardin donne sur la place de l'église - Un ancien pressoir.

 

Le pigeonnier rond du XVII° siècle est l'un des bâtiments du vaste ensemble conventuel,

et contenait 1200 boulins ou niches destinées à la nidification des pigeons.

Il était élevé entre deux cloîtres et séparait celui des femmes des hommes.

 

La communauté religieuse possédait certains droits et avantages seigneuriaux comme le pigeonnier,

le moulin qui peu à peu ne perçut plus de taxe pour moudre le grain et fut appelé le moulin de la Franchise.

 

Les bâtiments du prieuré ont été rachetés par la commune en 1828

et abritent de nos jours des services publics.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dictionnaire des églises de France "Poitou, Saintonge, Angoumois"

Volume IIIc, Editions Robert Laffont, 1967

Panneaux explicatifs présentés à l'intérieur du prieuré

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 21 mai 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville