CHARROUX (Vienne)
Arrondissement de Montmorillon - Canton de Civray.
Région Nouvelle Aquitaine
 Population : 1.167 Charlois en 2014.

 

D'une superficie de 4.429 hectares et d'une altitude de 115 à 178 mètres,

le village est traversé par le fleuve la Charente, et le ruisseau du Pas de la Mule.

 

Vues aériennes sur le village et l'abbaye, avant 1970.

 

 

Abbaye bénédictine Saint Sauveur

 

 

C'est une des plus puissantes abbayes bénédictines de l'Europe carolingienne,

qui doit sa renommée à sa relique de la Sainte-Croix.

 

L'abbaye bénédictine est fondée vers 783 par le comte Roger de Limoges

et sa femme Euphrasie d'Auvergne, sous la protection de Charlemagne.

Elle a accueilli dès 830 plus de 80 moines.

 

(1)  Tour octogonale - (2) Salle capitulaire - (3) Salle du Trésor).

Le plan exceptionnel s'inspirait du Saint Sépulcre à Jérusalem, sanctuaire élevé sur le tombeau du Christ.

 

En 989, l'abbaye accueille le premier concile de la Paix de Dieu, évènement déterminant pour la protection des biens et des personnes sur les territoires chrétiens. C'est aussi un lieu de pèlerinage et une étape sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle.

 

L'ancienne église abbatiale du XI° siècle.

 

Dédiée au Saint Sauveur, l'abbaye possédait nombre de reliques, insignes,

illustrant la vie du Christ, de son enfance à la Passion, tel le Digne Voeu, des fragments de bois de la Croix...

 

 L'église, dont la longueur est estimée à 114 mètres, était précédée d'un clocher-porche.

Au milieu du XIII° siècle, un monumental portail gothique est édifié.

 

La tour octogonale, d'un diamètre de 8,50 mètres

se trouvait à la croisée du transept et au centre de la rotonde.

La surface en herbe montre l'emprise au sol de la partie est de l'église.

 

La tour-lanterne, seul élément subsistant de l'église romane, compte quatre niveaux. Les arcades superposées des premier et deuxième niveaux permettaient la communication avec les déambulatoires de la rotonde tournant autour d'elle. Les deux autres étages s'élevaient au-dessus du toit de l'édifice ; le premier niveau extérieur est ajouré de huit baies qui éclairaient l'intérieur de la rotonde.

 

Les chapiteaux des piliers quadrilobés sont ornés de feuillages et d'animaux.

 

La tour lanterne conserve 40 chapiteaux qui donnent un aperçu de l'ornementation sculptée de l'ancienne église romane. Une première série comprend les seize corbeilles des arcades inférieures de la tour. Elles sont constituées de deux pierres superposées. Des entrelacs de feuilles grasses envahissent la partie basse ; le registre supérieur, dont les angles sont soulignés par des volutes, est également décoré de feuilles grasses et de palmettes, à l'exception de deux pièces où des animaux se mêlent aux feuillages.

Les 24 chapiteaux des arcades supérieures sont beaucoup plus sobres. Les corbeilles, nues, sont simplement ornées de volutes dans les angles et de petites crosses. Elles ont peut-être reçu un décor peint. En 1844, des éléments peints étaient encore visibles sur les arcades de la tour octogonale.

 

L'autel majeur se trouvait au centre, juste au-dessus de la crypte où étaient exposées les reliques. L'élévation montre deux premiers niveaux d'arcades qui se trouvaient à l'origine à l'intérieur de l'église. Le bandeau de moellons signale l'appui de la voûte. La lumière entrait par les fenêtres hautes et éclairait l'autel, d'où son nom de tour lanterne.

 

Vestiges des murs de l'abbatiale.

 

 

Les cheminées sont des vestiges de maisons du XIX° siècle.

 

 

Les murs (sur la gauche) révèlent la forme des absidioles qui se détachaient

respectivement au choeur, à la rotonde et au transept sud.

 

La rotonde.

 

 

La rotonde était à triple déambulatoire et permettait de canaliser le flux des pèlerins.

Sur la rotonde s'articulaient, au nord et au sud, les bras d'un transept et, à l'est, un chevet à déambulatoire

et trois absidioles rayonnantes. Deux chapelles étaient greffées sur les murs orientaux des bras du transept,

deux autres sur le déambulatoire extérieur de la rotonde.

 

Les bâtiments conventuels.

 

 

Un élégant portail conduit vers le cloître.

 

Le cloître.

 

 

 

Du cloître, il subsiste le plan général, souligné par des piliers et des arcs gothiques.

 

Au sud de l'église, autour d'un cloître dont les galeries ont disparu, se développaient les bâtiments monastiques. Il en subsiste aujourd'hui l'aile orientale, certainement édifiée à l'époque romane. Elle a été modifiée au XIII° siècle puis au XV° siècle, quand on construisit une nouvelle salle capitulaire.

 

La salle capitulaire, reconstruite à la fin du XV° siècle.

 

 

La salle capitulaire - Salle du Trésor et le chauffoir.

 

 

La salle est voûtée de six croisées d'ogives.

C'est le lieu où les moines organisaient la vie quotidienne de l'abbaye,

après avoir lu un chapitre de la règle de Saint Benoît.

 

La salle capitulaire, couverte de voûtes d'ogives, abrite aujourd'hui des vestiges du porche gothique de l'église. Celui-ci était composé de trois portails à tympan et voussures retombant sur des piédroits. Il en subsiste 47 éléments sculptés, exposés dans cette salle : un relief du tympan central, représentant le Christ assis sur un trône et foulant des pieds un aspic et un basilic ; des sculptures des voussures (rois, apôtres, vierges sages et vierges folles...). Ces statues sont datées du milieu du XIII° siècle. La plaque au sol indique l'emplacement des 13 tombeaux de religieux découverts lors des fouilles archéologiques de 1949.

 

La salle du Trésor.

 

 

Un cercueil de plomb a été découvert dans le transept sud de l'église, en 1989.

 

Objets et reliquaires retrouvés lors des fouilles ou de travaux.

La plus belle pièce du trésor est un reliquaire aux anges, une boîte carrée en argent doré,

portée par un pied. Sur le revers des volets, sont représentés le Christ et deux moines en prière.

Au dos se trouvent des fleurs de lys et des petits châteaux :

il s'agit peut-être de l'emblème de Blanche de Castille, ce qui signalerait une commande royale.

 

Cette salle présente d'autres éléments de voussures : apôtres, évangélistes, vierges folles et vierges sages.

Le chapiteau tétra morphe provient probablement de l'ancien cloître roman,

et les chapiteaux du IX° siècle, de l'église carolingienne.

 

Le chauffoir.

 

Le chauffoir possède de très belles croisées d'ogives.

Cette pièce, la seule qui soit chauffée, servait de salle pour les travaux d'écriture des moines,

en l'absence de scriptorium.

 

Sur le mur, une petite sculpture figure deux oiseaux posés de chaque côté d'un feuillage.

 

Le chauffoir a servi de chapelle au XIX° siècle, d'où la présence de l'autel.

 

 

L'abbaye connaît de graves désordres pendant la guerre de Cent Ans, puis pendant les guerres de Religion, qui provoquent la dispersion des moines et la ruine des bâtiments. Lorsque la vie monastique reprend, l'église, endommagée, est raccourcie et la rotonde est réparée pour accueillir les offices. Bien que réformée au XVII° siècle, l'abbaye ferme en 1779.

En 1790, l'ancienne abbaye est vendue comme bien national. Devenue carrière de pierres, elle disparaît progressivement. Cependant, la tour-lanterne de la rotonde romane, des vestiges du cloître et la salle capitulaire (XII° et XV° siècles) sont sauvés de la destruction, ainsi que des sculptures du porche gothique.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://gertrude-diffusion.poitou-charentes.fr/

Dépliant 3 volets "Abbaye de Charroux, témoin de la puissance bénédictine"

Centre des Monuments Nationaux

Circuit historique du Pays Civraisien, O.T. Charroux

C.P.A. collection privée, en prêt
Visite et photos, Chantal Guyon, 25 mai 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville