BONNEUIL-MATOURS (Vienne)
Arrondissement de Châtellerault - Canton de Chauvigny
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 2.112 Bonnimatois en 2014.

 

D'une superficie de 4.280 hectares et d'une altitude de 51 à 141 mètres,

la ville est traversée par les rivières la Vienne et l'Ozon.

 

Vues aériennes avant 1970 : le pont suspendu enjambant la Vienne et l'église Saint Pierre.

 

Le pont suspendu a été construit en 1846, et reconstruit en 1932 en utilisant les mêmes piles, ainsi que la technique dite des câbles à torsion alternative en fuseau, avec des câbles composés de 127 fils d’acier. Le tablier mesure 108,67 m de long, et permet le passage de véhicules de 19 tonnes.

 

 

Ancienne église prieurale Saint Pierre

 

 

Dès le XII° siècle l’église Saint-Pierre est connue. Elle est citée vers 980 "Bonolyo" dans le cartulaire

de l’abbaye Saint-Cyprien de Poitiers. Administrée par un prieur et quelques moines,

elle restera prieuré-cure jusqu’à la Révolution, dans le territoire du vaste archiprêtré de Morthemer.

 

Vue aérienne avant 1970.

L’église est bâtie sur la rive gauche de la Vienne et présente un plan très simple :

vaisseau unique, travée sous clocher et sanctuaire avec travée droite et abside en léger retrait.

 

 

Mentionnée pour la première fois vers 980, l'église était alors le siège d'un prieuré dépendant de l'abbaye Saint-Cyprien de Poitiers. Elle abrite des éléments probablement plus anciens, vestiges supposés d'un temple païen (deux colonnettes torses, peut-être du V° siècle, dans le choeur) et d'une église pré-romane (chapiteau sculpté, présenté sous la tribune). La nef, néo-romane, a été reconstruite dans les années 1850, avec la sacristie. Le clocher (au moins la base) et surtout le chevet remontent à l'époque romane du XII° siècle.

 

 

Les modillons romans sculptés.

 

Le chevet montre une baie axiale accompagnée de deux étroites arcades aveugles

et un décor d’ornements géométriques.

 

Le chevet roman avec ses fenêtres en plein cintre avec arcatures,

ses colonnes contreforts et sa corniche à modillons.

 

La première travée de la nef, très étroite, est couverte par la voûte surbaissée de la tribune.

A gauche, les fonts baptismaux et le bénitier ont été offerts par le comte de Croy en 1858.

 

La nef comporte trois travées et reçoit le jour de six baies garnies de vitraux dus aux frères Guérithault, verriers de Poitiers, qui travaillaient ensemble avant 1876. Saint Blaise fait face à sainte Néomaye, Michel, archange, à Joseph, le Cœur sacré de Jésus au Cœur immaculé de Marie. Trois statues sulpiciennes, en plâtres modernes, sont disposées dans la nef : Thérèse de l’Enfant Jésus, Jeanne d’Arc et une Vierge à l’Enfant.

 

La fenêtre axiale est encadrée de part et d'autre par une étroite arcade aveugle

 

Le choeur avec travée droite et abside en léger retrait.

L’autel, consacré en 1964, est maintenant placé sous le clocher, dans la partie romane.

Les murs, pour supporter la masse de la tour, ont été doublés par de solides colonnes

surmontées de chapiteaux sculptés, y compris leur tailloir.

 

La voûte en cul-de-four est décorée de peintures du XVI° siècle.

 

La voûte en cul-de-four a été décorée d’une peinture fortement restaurée mais dans un style ancien.

Le Christ est assis dans une mandorle, le sang de ses cinq plaies rayonne sur l’univers.

Les quatre figures du Tétra morphe l’entourent.

 

Ces symboles sont inspirés des Kérubim assyriens, animaux composites dont chaque aspect a été isolé. La tradition a associé chacun des animaux au début de l’un des évangiles. Le taureau évoque l’animal sacrificiel, et donc le service du prêtre Zacharie au Temple (Luc), le lion, la voix de Jean-Baptiste qui crie dans le désert (Marc), l’aigle, la hauteur spirituelle (Jean), et l’homme renvoie à la généalogie de Jésus (Matthieu).

 

Le vitrail de la baie axiale représente le saint patron de l’église :

Pierre, délivré de sa prison tient dans ses mains ses fers brisés.

 

De part et d’autre du vitrail, on reconnaît, peintes sous les arcades, les figures des saints Pierre et Paul reconnaissables à leurs attributs : les clés pour Pierre, à droite, l’épée, instrument de son martyre, pour Paul, à gauche. Comme le Christ de la voûte, ces deux peintures ont été retouchées au XIX° siècle ; cependant, leur style, les étoiles qui les entourent, évoqueraient le XVI° siècle.

 

Coupole sur trompes à la travée sous clocher.

 

Détails des trompes avec les petites figures sculptées.

 

 

Chapiteaux de la travée sous le clocher :

sous des tailloirs ornés de palmettes, masque crachant des rinceaux de feuillage, oiseaux.

A gauche, lions adossés aux queues réunies pour constituer une grosse tresse torsadée.

 

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/
Dépliants 3 volets "Eglise St Pierre", O.T. de Bonneuil-Matours

Panneau explicatifs présentés à l'entrée de l'édifice

Dictionnaire des églises de France : Poitou, Saintonge, Angoumois

Tome III-C, Editions Robert Laffont, 1967 

C.P.A. collection privée, en prêt
Visite et photos, Chantal Guyon, 24 mai 2017

 

 

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