SAINT MARC-LA-LANDE  (Deux-Sèvres)
Arrondissement de Parthenay - Canton de la Gâtine.

Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 360 Landais en 2016.

 

D'une superficie de 1.022 hectares, et d'une altitude de 120 à 217 mètres,

le village est traversé par la rivière la jeune Autise.

 

L'histoire du village est lié à l'histoire de l'ordre des moines Antonins, arrivé à la Lande vers 1260.
L'ordre de Saint Antoine était un ordre hospitalier très important au Moyen-âge,

et reconnu pour soigner le  "Mal des Ardents" appelé ensuite "Feu Saint Antoine"

Provoquée par l'ergot de seigle, cette maladie entraînait des pertes considérables parmi les populations.

 

A la fin du XI° siècle se répand en Europe de l'Ouest une maladie singulière que le moine Sigebert du monastère bénédictin de Gembloux décrit ainsi : "Les membres rongés des nombreux sujets que le feux sacré dévorait, pourrissaient et devenaient noirs comme du charbon". C'est le mal des ardents, ou peste de feu, feu d'enfer. Cette mystérieuse maladie est due a une intoxication provoquée par l'absorption de blé dénaturé par le champignon du seigle ergoté, qui se manifestait soit par une gangrène, soit par des convulsions.

 

 

La commanderie et la collégiale Saint Marc

 

 

La commanderie est située sur un des chemins de Saint Jacques-de-Compostelle.

c'est une ancienne commanderie de l'ordre de Saint Antoine, puis de Saint Jean de Jérusalem (Malte).

 

La commanderie et la collégiale des Antonins, le 17 décembre 2016.

(Photos https:www.google.com / Survol de France, photos n° 56.532 & 56.533).

 

La commanderie de Saint Marc apparaît dans les textes en 1260, sous le vocable de Saint Antoine de La Lande.

La collégiale peut-être datée des années 1520. La présence des armes de France sur sa façade permettrait d'attribuer la construction à une donation royale.

 

(1) Collégiale

(2) Jardins des plantes médicinales

(3) Commanderie

(4) Verger

(5) Bâtiment principal

 

La commanderie Saint Marc, du XVII° siècle.

 

Rattachée à la commanderie St Rémy de Verruyes,

les bâtiments sont vendus à la Révolution comme bien national

et acquis par un propriétaire privé qui la transformera en ferme jusqu'en 1843.

Devenue propriété de la commune, la commanderie a abrité l'école publique et la mairie.

Aujourd'hui le bâtiment est réhabilité en espace culturel.

 

Les bâtiments monastiques ont été très remaniés au XVIII° siècle, puis au XIX° siècle.

 

La Commanderie des Antonins de la Lande est attestée pour la première fois, en 1260, dans un acte

de donation par lequel le Cardinal Ardouin se démet en faveur des Antonins

d'une chapelle située au village de la Lande et dédiée à Saint-Blaise.
Six moines cloîtriers y sont présents aux côtés du Commandeur.

L'ordre est alors riche de 14 commanderies dans le seul diocèse de Poitiers :

l'ensemble s'appelle Saint-Antoine-de-la-Lande.

 

 

Le verger conservatoire garde la mémoire de nombreuses espèces de pommes et de poires anciennes

et disparues pour un grand nombre d'entre elles.

 

 

Façade côté jardin des plantes médicinales.

Du cloître il reste une travée qui se prolonge par un passage couvert.

Un escalier à vis donne accès au premier étage

et trois arcades gothiques marquent l'emplacement de la salle capitulaire.

 

 

Afin de symboliser le rôle important des moines Antonins, un jardin des plantes médicinales à été reconstitué.

 

Au Moyen Age, époque de disettes fréquentes, le seigle ergoté moulu avec le blé constituait la seule nourriture. L'impact du poison sur la population était effroyable. Les Antonins se consacrent essentiellement aux malades atteints d'ergotisme et gèrent, à la fin du XV° siècle, 370 hôpitaux où ils exercent leur science de la médecine. Avec le Baume de Saint Antoine et le saint Vinage, (composés de 14 plantes répertoriées comme pouvant entrer dans la composition : grand plantain, plantain lancéolé, coquelicot, verveine, renoncule bulbeuse, scrofulaire aquatique, ortie blanche, chiendent rampant, véronique petit chêne, gentiane croisette, dompte-venin, trèfle blanc, souchet, épeautre), ils soulagent les douleurs de l'ergotisme.

 

La collégiale Saint Marc.

(Ancienne chapelle Saint Antoine du XVI° siècle).

 

La façade occidentale : une riche floraison ornementale relève du style gothique flamboyant

rénové par les premiers indices italianisants annonciateurs de la Renaissance.

La chapelle, qui sert d'église paroissiale, fut construite au début du XVI° siècle,

par le commandeur de l'ordre de Saint Antoine, futur cardinal François de Tournon.

 

 

Une arcade centrale protège deux arcs surmontant deux portes, avec moulures, dais, cannelures, niches (vides),

colonnettes torsadées formant un ensemble ciselé dans le calcaire, élégant avec ses contreforts masqués.

Le sommet a été remanié à la fin du XIX° siècle.

 

La porte sud. L'église brûle en 1562 pendant les guerres de religion.
Reconstruite en 1657, elle sera détruite pendant la révolution.
En 1844, l'intérieur est reconstruit, le mobilier disséminé.
Elle devient église paroissiale par décision de Napoléon III, et prend le nom de Saint Marc.

 

L'italianisme s'accuse sur la frise et la balustrade du haut de la façade, sur les rinceaux et les angelots porteurs d'armoiries. A côté du pinacle sud-ouest est placée une jolie statuette en ronde bosse figurant un moine en prière.

 

La collégiale se termine par un chevet plat. Une galerie, une sacristie et une salle basse constituent,

avec une petite chapelle latérale, des annexes de même style.

 

Depuis le choeur, vue sur la nef et le portail occidental.

 

La porte sud, très ouvragée.

 

L'intérieur est d'une très grande sobriété avec un mobilier très rudimentaire.

 

Longue de quatre travées, la nef est couverte de voûtes à nervures prismatiques.

 

Le choeur et le maître autel sont d'une très grande simplicité.

 

La chapelle latérale rectangulaire à voûte d'ogive à clé renaissance.

 

De l'autre côté de la rue, face à la nef de l'abbatiale,

cette très belle construction. Faisait-elle partie de l'ensemble et utilisée comme dépendance ?

 

Antonins et Hospitaliers de Saint Antoine.

(Ordre placé sous le patronage d'Antoine le Grand).

 

Les antonins étaient revêtus d'un habit noir, avec tau de couleur bleue.

 

On désigne sous le nom d'Antonins une série d'ordres placés sous le patronage d'Antoine le Grand. Dans le "Catholicisme", A. Odil a dressé la liste de ces congrégations sous deux rubriques : les antonins d'Orient et les antonins d'Occident.

 

Ü Antonins, "Le Miracle" des Ardents. Manuscrit, XV° siècle, Paris, BnF.

 

 

▪ En Occident, on peut retenir les hospitaliers de Saint Antoine, ordre fondé à la fin du XI° siècle, en 1095, par un seigneur du Dauphiné, dont le fils, selon la légende, a été guéri du "mal des Ardents" (ou mal de Saint Antoine, une sorte d'épilepsie engendrée par l'ergot de seigle) en vénérant les reliques de ce saint conservées à Saint Didier de la Motthe (Isère). En 1218, le pape Honorius III autorise les membres du nouvel ordre à prononcer les trois voeux de religion, puis il leur accorde en 1298 le statut de chanoines réguliers. La constitution des hospitaliers de Saint Antoine emprunte ses traits principaux aux règles des ordres militaires.

 

La congrégation des hospitaliers de Saint Antoine a compté jusqu'à 369 hôpitaux, répandus dans toute l'Europe. Uni aux Chevaliers de Malte en 1777, l'ordre a disparu en 1803.

 

▪ Les antonins d'Orient comprennent quatre branches : les antonins d'Orient (maronites de l'ordre Alepin); les antonins de l'ordre baladite; les maronites de l'ordre de Saint Isaïe; les Chaldiens de l'ordre de Saint-Hormisdas.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dictionnaire des églises de France, Poitou, Saintonge, Angoumois,

Volume IIIc, Editions Robert Laffont, 1967

"Les ordres religieux", guide historique, Editions Flammarion, 2000

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 24 avril 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville