SAINT MAIXENT-L'ECOLE  (Deux-Sèvres)
Arrondissement de Niort - Canton de Saint Maixent-l'Ecole

Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 6. 756 Saint-Maixentais en 2016.

 

D'une superficie de 522 hectares, et d'une altitude de 52 à 115 mètres,

la ville est traversée par la rivière la Sèvre.

 

Située au coeur du Val de Sèvres, Saint Maixent est bâtie au fond d'une vallée d'effondrement

constituant aux temps préhistoriques le lac Vauclair qui s'écoulait dans le lit du Chambon.

Les rois mérovingiens font fréquemment des dons de terres et de biens au monastère qui devient riche,

prospère et renommé pendant les VI° et VII° siècles.

 

Depuis les rives de la rivière la Sèvre, vue sur la ville et l'abbatiale, avant 1970

 

 

Ancienne abbaye bénédictine Saint Maixent

 

 

Vues aériennes avant 1970.

Construit entre 1699 et 1736, le cloître bordait à gauche le Parloir et à droite la salle capitulaire,

puis la sacristie. A l’époque, il donnait directement dans l’abbatiale à la hauteur du clocher, d’une part,

et du chœur, d’autre part.
 

Les anciens bâtiments conventuels.

 

Face à la collégiale, statue d'Agapit, et entrée du collège saint André.

 

Au milieu du V° siècle, Agapit, un moine fuyant les hordes barbares d'Attila vint se retirer au bord de la rivière qui borde cette cité. Avec quelques compagnons il éleva un oratoire en bois dédié à Saint Saturnin. Un jeune homme Maixent, vint rejoindre Agapit. Ils fondèrent les bases du premier monastère, et en 500, Maixent lui succéda à la direction.

 

 

L'ensemble du monastère sera reconstruit entre 1660 et 1740

pour prendre pratiquement son aspect actuel.

 

Au VII° siècle, le modeste oratoire reçut comme abbé, Léger qui, plus tard, devint évêque d'Autun et mourut martyr dans le diocèse d'Arras. Grâce à ses Saints fondateurs et au nombre important des pèlerins, l'oratoire fut remplacé par l'abbaye et l'abbatiale. Avec l'invasion des Normands, au IX° siècle, l'église primitive est détruite. Les moines fuient avec les reliques des Saints.

 

En face de la porte d'entrée de l'abbaye, sur la façade du bâtiment principal, qui offre un cadran solaire,

on trouvait : à gauche, le cellier puis différents magasins à vivres,

à droite, l’office, la boulangerie et la réserve de farine.

 

Au retour des reliques, au X° siècle, commence la reconstruction de l'église abbatiale. Malgré les incendies et tremblements de terre, l'église est terminée aux environs de 1134 : c'est une église classique, avec un chevet circulaire à absidioles et collatéraux. Sans cesse détériorée pendant la guerre de Cent Ans, elle est quand même restaurée et embellie par les abbés, dont Guillaume de Vezançais et Pierre de Clairvaux.

 

Porte et couloir donnant accès à la cour du cloître.

 

L'abbatiale est entièrement dévastée pendant les guerres de religion, et en 1668, il n'en reste que les murs latéraux, quelques piliers et le clocher-porche. Grâce à la Congrégation de Saint Maur et à la volonté de l'abbé Bertrand d'Echaux, archevêque de Tours, l'abbatiale va se relever de ses ruines. En 1668, le plan de reconstruction est confié au Frère Robert Pluvier, architecte, et la réalisation à François Le Duc.

 

Une inscription sculptée au-dessus du grand portail de l'abbaye commémore le passage de Louis XIV

et de la reine Marie Thérèse. C'est à cette occasion que le roi ordonna la restauration de l'église.

En passant sous la grande Porte, datée de 1660, on pénétrait dans les communs par la “Basse-cour".

Appuyés contre la porte, le bâtiment de gauche abritait les écuries et un grenier

et celui de droite le logement du portier et une grange.

 

A partir de 1790, l'Abbaye connaît une période de déclin. La période révolutionnaire ne s'avère en effet pas favorable à l'essor du culte. La Convention décide ainsi en 1793 de la fermeture des édifices consacrés au culte et l'évêché de Saint-Maixent disparaît. Entre 1794 et 1808 s'ouvre une première période militaire, au cours de laquelle le site sera notamment utilisé comme hôpital de l'armée républicaine. En octobre 1830, l'abbaye, désaffectée, accueille la 12° cohorte de la Légion d'Honneur pendant cinq années.

 

 

En février 1809, les bâtiments deviennent propriété du Ministère de l'Intérieur et un dépôt de mendicité y est institué à compter du mois d'octobre de la même année. Les premiers mendiants sont accueillis, après quelques travaux, en 1811. En égard aux coûts de fonctionnements très élevés du dépôt de mendicité, celui-ci est supprimé en 1823 et le site est évacué. L'école diocésaine de l'évêché de Poitiers y est installée dès la fin de l'année 1824. En 1825, la nouvelle sacristie est construite au sud-est du chevet de l'abbatiale.

 

 

L'abbatiale Saint Maixent.

 

Cathédrale de 1790 à1793, l'église fut commencée au XI° siècle, ruinée par les protestants en 1562 et 1568,

reconstruite enfin de 1670 à 1682 dans le style gothique flamboyant par François Le Duc.

Le 30 août 1682, l’église complètement achevée, fut consacrée par l’évêque de Poitiers,
Hardouin de la Hoguette.

 

En 1859, faute d'effectif suffisant, l'école ecclésiastique cesse son activité et l'ancienne Abbaye est remise à l'administration des Domaines, afin d'être vendue. La Ville obtient en mai 1861 la location du site, en échange de l'établissement d'un dépôt d'infanterie et de travaux de remise en état. Plusieurs unités se succèderont alors dans les lieux : le 87° régiment d'infanterie vers 1864, le 37° R.I de 1870 à 1871, le 125° R.I de 1872 à 1875.

 

Les pinacles des deux contreforts de la façade, à la hauteur de la galerie sont décorés par des statues représentant les vertus théologales : la foi, l'Espérance et la Charité.

L'intervalle entre les deux galeries est rempli sur chaque façade par six fenêtres

 correspondant à deux étages intérieurs.

 

L'église parait appartenir à l'époque gothique, mais elle est romane par sa nef centrale avec les bas-côtés reparaissant après le transept, conservant la profondeur donnée à celui-ci, formant cinq nefs terminées par autant d'absides.

 

Chevet de l'abbatiale et la nef.

Les arcs boutants sont surmontés par des clocherons carrés ornés d'arcatures, de rinceaux,

de choux frisés et de gargouilles, pour soutenir les murs du grand comble.

 

De l'église romane initiale il reste les murs de la façade d'entrée,

abstraction faite du clocher (abbé Geoffroy (1107-1134) et ceux des bas-côtés.

 

Le clocher carré de 10,20 m de côté à l'intérieur, flanqué de quatre épais contreforts de 39,50 m de haut

avec un escalier de 195 marches. Il est surmonté d'une flèche de 29 m : hauteur totale de 68,5 mètres.

 

Le porche, avec double arcade sur pilastres carrés, arcature au centre encadrant 3 m ornés d'un simple trilobe :

3 écussons portant 3 cigognes posées 2 et 1 qui sont les armes de l'abbé Guillaume de Vezancay (1365).

Les mêmes armes se retrouvent dans un écusson richement orné qui surmonte la fenêtre unique du 1° étage.

La partie supérieure (Jean de Pamproux) est du XV° siècle

et comprend 2 étages de fenêtres et 2 galeries, l'une à sa base, l'autre au sommet.

 

Intérieur du porche.

La porte d'entrée en chêne date de la reconstruction de l'église au XVII° siècle.

 

Dès l'entrée, les statues en calcaire de Saint Maixent et de Saint Saturnin nous accueillent.

Les dix piliers de la grande nef datent du XVII° siècle.

 

La décoration intérieure a été réservée pour les chapiteaux : des colonnes et leurs frises qui se continuent sur le mur jusqu’aux fenêtres. Elles appartiennent à l'époque romane avec des personnages et animaux symboliques (chapiteau de la colonne centrale du pilier à droite en entrant dans l’église adossé au clocher et qui représente deux sirènes (pilier des sibylles).

 

Statue de la Vierge du XVII° siècle, en bois polychrome, dans un passage du XII° siècle.

 

Au XVII° siècle, le choeur des moines était clos par un jubé orné de boiseries sculptées.

Il occupait la croisée du transept ainsi que la première travée de la nef.

 

Le baptistère, situé dans la nef gauche, est orné d'une statue polychrome de Saint Michel.

 

la Chaire à prêcher intègre de nombreuses boiseries du XVII° siècle.

 

Pietà du XVI° siècle. Statues de Sainte Anne et de Saint Joseph.

 

Au XIX° siècle fut réalisé le confessionnal utilisant le reste des boiseries

et représentant le Christ sortant du tombeau.

 

Passage du XVII° siècle vers la salle capitulaire.

Sous une grande arcade dans le bras Sud du transept, s’ouvrent deux petites fenêtres romanes du XI° siècle,

elles donnaient dans l’infirmerie du monastère et permettaient ainsi aux moines malades de suivre les offices.

 

Jean Chevalier fut Abbé de 1440 à 1460, Jacques, de 1461 à 1475, leur sépulture fut aménagée dans l’enfeu de style gothique flamboyant sous l’une des baies romanes. Le tombeau fut vidé par les Huguenots en 1568, mais l’épitaphe en latin de l’Abbé Jean Chevalier fut conservée.

 

Statues de Sainte Thérèse de Lisieux et Jeanne d'Arc.

 

Chapelle de Sainte Radegonde, femme de Clotaire 1er, morte en 587.

 

Orgue du XIX° siècle.

La petite niche du XIV° siècle servait de piscine liturgique.

 

Lé déambulatoire, et mur du choeur, avec en-dessous, la crypte. Une chronique dit :

"l'abbatiale est devenue l'une des plus belles du royaume par l'élévation de ses voûtes et sa clarté".

 

Depuis le portail occidental, vue sur le choeur et ses stalles.

 

 

De nos jours, il reste 60 stalles conservées dans le choeur, ornées de miséricordes d'une grande diversité.

Aux extrémités sont représentés un abbé portant la crosse, et les évangélistes.

 

Autel de la Vierge et du Saint Sacrement, du XVIII° siècle.

 

Statues du Sacré Coeur et d'une Vierge à l'enfant.

 

 

Les vitraux de la grande verrière du chevet de l’église sont dus au curé-doyen Béchillon, vers 1880.

 

La chapelle d’axe en contrebas du maître autel est consacrée à la Sainte Vierge.

Le retable en pierre est surmonté d’un entablement porté par 6 colonnes et 2 pilastres.

Au milieu, s’élève le fronton supporté par 4 colonnes torses enrichies de pampres et de raisins.

Les retables garnissant les deux chapelles latérales sont du même style

que celui de la chapelle centrale bien que leur ornementation soit moins riche.

 

La décoration a été réalisée de 1681 à 1683 par le sculpteur italien Paul Cerito. Y figurent les armes de l’Abbaye (Armes fleur de lysées) qui furent attribuées au monastère par Louis XI, en reconnaissance de sa contribution à la victoire sur la Praguerie en 1440 et les Armes de la Congrégation du Saint Maur (la couronne d’épines entourant la fleur de lys, les clous de la Croix, et le mot “ PAX “.

 

Chapelle du Sacré Coeur.

 

Crypte de l'abbatiale.

 

Elle fut entièrement recreusée et décorée en 1681, par Le Duc, dit Toscane,

avec mise en place des tombeaux de Saint Maixent (VI° siècle) et Saint Léger (VII° siècle).

 

 

Autel du XVII° siècle.

 

La crypte reçoit  les deux tombeaux de Saint Maixent et de Saint Léger. Ces Saints qui ont profondément marqué de leur empreinte la ville. Au Moyen Age, on venait de partout en pèlerinage pour vénérer leurs reliques.

 

En 1877, le 114° Régiment d'Infanterie s'installe sur le site. A partir de 1886, l'Abbaye est appelée Caserne Canclaux.  En 1923, le 114° Régiment d'Infanterie est dissous et la caserne Canclaux accueillera jusqu'en 1928 des promotions d'Elèves Officiers de Réserve et d'Active de l'Ecole Militaire d'Infanterie, qui devient en 1925 Ecole Militaire d'Infanterie et des Chars de Combat (EMICC). Avec l'implantation de l'école militaire, la Ville change de nom pour devenir, le 28 juillet 1926, Saint-Maixent-L'Ecole.

La caserne accueille ensuite les élèves officiers d'active de 1928 à 1951. De 1940 à 1946, le site sert d'annexe à l'hôpital Chaigneau, puis redevient école militaire des sous-officiers. En octobre 1951, le site change une nouvelle fois de statut pour héberger l'Ecole d'Application de l'Infanterie, jusqu'en 1966, date à laquelle la caserne Canclaux est affectée à la Gendarmerie, comme centre d'instruction pour une période de dix ans.

En 1963 est créée l'Ecole Nationale des Sous-Officiers d'Active (ENSOA) hébergée au sein de la caserne Coiffé. En 1976, l'école aménage dans l'Abbaye ses services annexes et le logement d'une partie des sous-officiers et des militaires du rang. De 1999 à 2001, la caserne demeurera inoccupée jusqu'à ce que les augmentations des effectifs de l'ENSOA conduise à une réutilisation des locaux jusqu'en 2009. En 2010, la caserne Canclaux est définitivement fermée, les bâtiments sont désaffectés et sont rachetés par la Ville en septembre 2011.

 

La crypte Saint Léger.

 

L'origine de l'église Saint Léger n'est pas retrouvée et on compte à ce moment là deux églises dans la ville :

▪ celle de Saint Saturnin, aujourd'hui complètement rasée.

▪ Puis celle de Saint Léger, dans la rue au nord de l'abbatiale, dont il reste les ruines.

 

Elle a été construite à la fin du VII° siècle dans le but de recueillir les reliques de Saint Léger (Abbé 656-662).

Elle abrite une des plus anciennes cryptes de France.

 

Condamnée au XVII° siècle, elle fut redécouverte par Alfred Richard en 1875.

 

La crypte conserve une partie du transept du XIV° siècle.

 

Deux longs couloirs d’accès parallèles, nord et sud, ouvrent perpendiculairement aux extrémités occidentales d’un espace central barlong, où trois piles carrées massives séparent quatre nefs de deux travées chacune. Un arc transversal et un autre arc longitudinal se coupent à angle droit et effectuent la transition avec une abside rectangulaire, à l’est.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.haut-val-de-sevre.com/

Dictionnaire des églises de France,  "Poitou, Saintonge, Angoumois"

Volume IIIc, Editions Robert Laffont, 1967

Dépliants 3 volets "guide du visiteur, disponible à l'entrée de l'édifice

Brochure de 24 pages "Abbaye de St Maixent-l'Ecole"

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 25 avril 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville