SAINT LOUP-LAMAIRÉ  (Deux-Sèvres)
Arrondissement de Parthenay - Canton du Val-de-Thouet.

Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 987 Lupéens en 2016.

 

D'une superficie de 2.180 hectares, et d'une altitude de 74 à 162 mètres,

le village est situé au confluent des rivières le Thouet et le Cébron.

 

La commune est constituée de deux entités territoriales disjointes

correspondant aux deux anciennes communes de Saint-Loup-sur-Thouet et Lamairé, qui ont fusionné en 1974.

 

Vues aériennes avant 1970 : le bourg et l'église Notre-Dame.

La fondation de la ville de Saint-Loup n’est attestée qu’à partir de la fin du XI° siècle,

cependant des vestiges d’une occupation humaine datant de l’époque gallo-romaine ont été mis au jour.

 

 

Saint Loup-sur-Thouet,

labellisée "Petite cité de caractère"

 

 

Les demeures à pans de bois, des XV° et XVI° siècles.

 

Grâce à la prospérité liée au début du XVI° siècle des industries, tanneries et draperies

menées par de riches bourgeois, ces derniers édifient de belles demeures.

Les façades faîtes de jeux de briques (différents d'une maison à l'autre) encadrées de poutres de bois,

avec des étages en léger encorbellement ont gardé leur cachet.

A l'intérieur, on trouve des cheminées monumentales et des escaliers à vis en pierre.

 

L'hôtel de ville, la place et le monument aux morts.

Au cours des XVII° et XVIII° siècles, la cité est florissante et réputée grâce à l’activité de ses tisserands

et de ses tanneurs. Les maisons à pans de bois sont édifiées par ces artisans et commerçants.

 

Cette jolie maison avant 1950 et en 2018 : la glycine est toujours présente et aussi fleurie.

C'était l'ancienne sénéchaussée où le sénéchal (juge seigneur) siégeait.

Construite au XV° siècle, cette bâtisse à pans de bois comprend au rez-de-chaussée une importante cheminée

dont le manteau porte le blason de Dercé (constructeur du donjon), seigneur de Saint Loup, et un escalier à vis.

 

Maison natale du Bienheureux Théophane Venard.

 

Cette ancienne maison , transformée en petit musée, permet de découvrir

des objets de culte ayant appartenu au Saint, ainsi que d’autres objets liés à sa famille.

 

Jean-Théophane Vénard, dont le père était instituteur dans le village, est né à Saint-Loup-sur-Thouet le 21 novembre 1829. Il entre au séminaire des Missions étrangères de Paris en 1851 et se déclare volontaire pour porter la foi au Tonkin (Vietnam). Débarqué en 1854, il exerce sa mission jusqu’à sa capture en 1860 par les soldats et emprisonné au palais du vice-roi à Hanoï. Il est décapité le 2 février 1861 à l'âge de 32 ans. Théophane Vénard fut déclaré bienheureux le 2 mai 1909 par le pape Pie X et canonisé le 20 juin 1988 par le pape Jean-Paul II parmi les 117 martyrs du Vietnam. De nombreuses églises portent son nom dans le monde.

 

Photo de droite, la chapelle Saint Théophane Vénard

 

De cette chapelle inachevée en l'honneur de Saint Théophane Vénard, il ne reste que l'abside. Originaire du village, il aurait découvert à cet endroit sa vocation pour la religion catholique. On peut également voir dans le parc entourant la chapelle un crucifix, ainsi que sa tombe.

 

Maison familiale de la famille Arouet, grands-parents du philosophe Voltaire.

 

Une plaque apposée sur « La Grande Maison » à quelques pas du Château

précise les relations de Voltaire avec la commune : ici est décédé le 26 décembre 1673

Jean ARouet frère de François Arouet, aïeux de Voltaire.

 

La Grande Maison est constituée de 10 pièces d’habitation et d’un ensemble abritant des remises et ateliers propres à la tannerie. C’est une famille bourgeoise de Tanneurs, Marchands, Banquiers : des « Brasseurs d’Affaires ». Famille aussi puissante et éclairée : François Arouet, le grand-père quitta Saint Loup très jeune et fut marchand en la capitale, son fils aussi François, père du philosophe, de notaire devint conseiller du Roi.

 

François Marie Arouet, dit Voltaire.

 

Voltaire est né le 21/11/1694 et décédé le 30/05/1778 à Paris. Il devient Voltaire en 1718. Ses cendres sont  transférées au Panthéon en 1791.


Philosophe et écrivain de pamphlets et autres publications, il se heurta aux puissants. Il fut emprisonné et exilé. Mais Philosophe des Lumières, il fréquenta entre-autres Frédéric II de Prusse à St Petersbourg.

 

Ü Voltaire, à 41 ans, tableau de Maurice Quentin de La Tour, 1737, (Musée Antoine Lécuyer).

 

Eglise Notre-Dame de l'Assomption, de style gothique flamboyant.

 

Beaucoup de remaniements ont été faits au fil des siècles, mais son plan primitif,

en forme de croix latine, et terminé par un chevet droit est inchangé.

 

Face à l'église, la Place et le pignon de l'ancienne sénéchaussée.

 

La première église, citée en 1095, est dédiée à saint Loup et à saint Pancrace. C'est la seule église du diocèse placée sous le patronage du saint évêque de Troyes qui obtint d'Attila, en 451, que les Huns épargnent sa ville. Pancrace est un martyr romain du III° siècle. Cette église romane était située dans l'enceinte du château. Désaffectée au XVI° siècle, elle a été remplacée par une église construite à l'emplacement du sanctuaire actuel et dédiée à Notre-Dame.

 

La façade est divisée en trois et épaulée par de puissants contreforts d'angles.

La première travée porte le clocher carré, puis octogonal et pourvu d'une petite flèche.

Le  chœur, peu profond, se termine par un chevet droit.

 

En 1874, la bretèche percée de trois baies ouvertes, pour 3 clochetons,

est remplacée par le clocher actuel, lequel abrite 4 cloches baptisées :

Renée (Mi) 1100 kg, Barthélémy (Fa dièse) 760 kg, Victoire (Sol dièse) 520 kg et Charité (La) 420 kg.

Vers 1877 l'église fut agrandie et pourvue de voûtes ogivales quadripartites.

 

Depuis le choeur, vue sur la tribune et la porte occidentale.

La rivière le Thouet pouvant inonder l’église, (1770 notamment),

des bancs sur piètement en fonte sont installés en 1875.

 

Le vitrail de la façade est consacré à saint Hilaire et à saint Loup - Fonts baptismaux, en pierre.

Panneaux sculptés représentant : Sainte Radegonde, reine de France épousant Clotaire 1°, fils de Clovis,

Le roi Louis XI sacré le 29 novembre 1226 en la cathédrale de Reims, et Saint Hilaire, évêque de Poitiers.

 

Avant le transept, deux petites chapelles sont greffées au nord et au sud de la troisième travée.

 

 

L'orgue Aubertin est conçu principalement pour la musique baroque.
L’instrument a été posé au sol, à la croisée du transept, proche de la chorale liturgique au cours des offices,

à la vue du public au cours des concerts dans lesquels il peut aisément être associé à des solistes vocaux,

à des instrumentistes, ou à un chœur.

 

Les Deux-Sèvres sont un département cruellement pauvre en orgues. Il n’y avait aucun instrument conçu pour jouer la musique allemande des XVI° et XVII° siècles, celle de Jean-Sébastien Bach et ses prédécesseurs, musique qui constitue cependant une bonne partie du répertoire. L’acoustique de l’église de Saint-Loup était tout à fait adaptée à un tel projet. C’est donc sur ce type d’instrument que s’est porté le choix des responsables. C’est Bernard Aubertin, l’un des meilleurs facteurs d’orgues français, qui a obtenu le marché. L’orgue a été fabriqué dans ses ateliers à Courtefontaine près de Dole (Jura). Il a été installé dans l’église en décembre 1998.

 

La chapelle du bras sud du transept dédiée à Saint-Théophane Vénard, Initialement, chapelle de la résurrection.

 

 

Une exposition permanente d’art sacré est présentée dans la chapelle latérale droite.

Le chemin de croix, dans la nef, peint sur toile en 1845 par un sacristain de Saint-Loup,

 

Un inventaire très complet du patrimoine paroissial a été entrepris fin 2013, en collaboration avec les services du Conseil Général. Outre le référencement et les photos des différentes pièces, cet inventaire a permis de mettre en valeur les ornements et autres objets de culte oubliés. Une chapelle a été aménagée et présente, selon les couleurs liturgiques de l’année, les différents habits et ornements portés par les prêtres, et autres objets liés aux cérémonies religieuses. On peut également voir  une pierre mortuaire (pièce quasi unique), sur laquelle on déposait les morts pour faire leur toilette, et en attendant la cérémonie de sépulture.

 

La chapelle du bras nord du transept, et son retable du XVII° siècle (restauré en 1994).

Statue polychrome de Saint Loup.

 

Dans la nef et les chapelles adjacentes, du côté nord, les vitraux de grisailles et de feuillages sont signés d'A. Clément et datent de 1879 (Tours) et 1881 (Chédigny, Indre-et-Loire). Du côté sud, les vitraux, simplement colorés, sont de Barthe-Bordereau (Angers, 1961).

 

Dans cette chapelle dédiée à la Vierge, un magnifique retable divisé en trois grandes travées encadrées par des colonnes autour desquelles s’enroulent en spirale des guirlandes de feuilles sculptées et dorées. Au centre,

un tableau représente la donation du Rosaire à Saint Dominique. Ce tableau est surmonté d’une Pietà.

 

Le réaménagement du chœur a été réalisé en 1968 : Maître-autel avancé, déplacement des stalles,

démolition de la chaire. (récupération de 3 panneaux sculptés de la chaire et qui ornent la face arrière de l’autel).

 

Des stalles sont disposées des trois côtés du chœur, autour du siège du célébrant. Au mur nord,

un tableau représente la Résurrection du Christ tandis qu'un grand crucifix noir lui fait face sur le mur est.

 

La Verrière réalisée par le maitre verrier L. Lobin de Tours,1858, a été restaurée par les ateliers Anne Pinto Tusson (charente) en 2007. De gauche à droite : Jean-Baptiste, Joseph, la Vierge à l’enfant, Anne et Marie (enfant), Joachim, son père, Plus haut, différentes représentations de la vie du Christ, tirées des Evangiles. Sur le mur droit du chœur, une copie d’un Christ dont l’original en bronze est signé François Girardon (1628/1715).

 

L'ancien presbytère.

 

 

Le presbytère a été construit en 1860.

 

Le château.

 

Le château initial a été édifié au fond de la vallée du  Thouet, au XI° siècle,

par Drogon, le premier seigneur du lieu cité.

Puis au XVII° siècle, par une des grandes familles poitevines,  les Gouffier, à la fin du règne de Henri IV.

 

Entrée du château et le donjon.

 

Au cours de la période médiévale marquée par la famille de Dercé (originaire du Loudunais) est édifiée une forteresse dont subsistent le Donjon, la Tour carrée (XII°– XIV° siècles) et les bâtiments adjacents (XV° siècle), remaniés à la fin du XIX° siècle dans le style Troubadour.

 

Dans un cadre verdoyant la demeure fut bâtie à l'emplacement d'un château du XV° siècle,

dont on conserva le grand donjon à base carrée couronnée de créneaux et mâchicoulis,

une partie de l'enceinte avec une tour ronde et des douves.

Le Prince noir emprisonnera dans le fameux Donjon le Roi de France Jean Le Bon

après la bataille de Poitiers en 1356. L’entrée de la Tour carrée est alors protégée par une herse.

(Le Donjon est aujourd’hui aménagé en gîte).

 

Les douves du château du XV° siècle.

En bordure du Thouet, des jardins à la française ont été reconstitués grâce à des plans anciens

datant de la Renaissance. Ils comprennent un potager ornemental, des jardins d'agrément et une orangerie.

 

A l'est, le Thouet canalisé alimente les douves, isolant le château et sa cour d'honneur aux parterres classiques, le donjon et les bâtiments annexes. A l'ouest, un long canal parallèle au Thouet, axé sur un pavillon servant de déversoir, borde une longue prairie axée sur la façade arrière du château. A l'est du canal, les dépendances et ses abords servant de transition entre l'île située en point bas et le bois situé en hauteur. L'orangerie a conservé ses structures des XV° et XVIII° siècles, et l'enclos de son jardin. La ménagerie, avec ses dispositions anciennes, à l'arrière de l'orangerie, borde une cour où s'élève le pigeonnier.

 

Avant 1970, le château et le donjon - Façade du château XVII° siècle, côté parc.

 

La Renaissance donne à l’édifice sa forme actuelle.  En 1517, il fut acquis par Artus Gouffier de Boisy, seigneur d'Oiron, baron de Maulévrier, chambellan du roi et Grand Maître de France, d'une riche et puissante famille noble poitevine, proche de la Cour des Valois. Claude Gouffier, comte de Caravaz, qui aurait inspiré à Charles Perrault le fastueux personnage du marquis de Carabas, fit édifier par un architecte resté inconnu l'actuel château au début du XVIII° siècle.

Façade du château XVII° siècle, côté cour d'honneur.

Le pavillon central, surmonté d'un clocheton, contient l'escalier d'honneur.

 

Sous l’Ancien Régime, les seigneurs de Saint-Loup maintiennent la prestance du château : en 1645, Nicolas Lepage, conseiller du Roi, « trésorier de l’Extraordinaire », puis au début du XVIII° siècle (1708), Jacques de Boyer de la Boissière, Receveur Général des Finances de Bretagne. Son fils Jean-Baptiste donne un nouvel éclat au lieu grâce aux travaux qu’il entreprend.

En 1767, le Château est vendu à Jean Haran de Borda, fermier Général, qui le lègue en 1772 à son neveu Jean d’Abbadie, Président à mortier du Parlement. Le Château demeure la propriété des d’Abbadie jusqu’en 1894.

 

Le château présente un corps principal avec pavillon central saillant et deux ailes.

Chaque élément, de deux étages, est percé de grandes fenêtres

et surmonté de hauts combles avec mansardes ou lucarnes à œils-de-bœuf.

 

Le Marquis Robert, Gilbert de Maussabré-Beufvier (1864-1946), député des Deux-Sèvres (1902-1906), en fait alors l’acquisition. Sa famille le conserve jusqu’au décès (1983) de la Comtesse Gilberte de Maussabré, dernière du nom, qui le lègue en héritage à la Ligue Nationale contre le Cancer; cette dernière démembre le parc. Le domaine est ensuite vendu aux époux Jean-Jacques Debout-Chantal Goya. En 1992, il est acquis par le comte Charles-Henri de Bartillat, qui y réside depuis.

 

Les rives du Thouet.

 

Comme sur de nombreux cours d'eau, il est impossible de déterminer l'époque à partir de laquelle

des navires marchands commencèrent à circuler sur le Thouet. La première mention d'une navigation

(ou plutôt de la possibilité d'emprunter le cours de la rivière) remonte à l'année 1430

lorsque des marchands réunis en assemblée à Saumur soumirent le projet de rendre le cours d'eau navigable

dans sa partie angevine, c'est-à-dire entre sa confluence avec la Loire et Montreuil-Bellay.

 

La navigabilité du Thouet réclamait la création de trois portes marinières dans les chaussées des moulins existant en aval des ponts de Montreuil-Bellay pour permettre le passage des embarcations. Le roi Charles VII autorisa le début des travaux par lettres patentes et trouva une solution pour leur financement en autorisant les seigneurs de Montreuil-Bellay (la famille d’Harcourt) à lever une taxe sur le vin qui allait transiter sur leurs terres et la date de mise en service en 1435.

 

Aux XV° et XVI° siècles, un système d’écluses avec une seule porte marinière (ou peut-être deux à la fin du XVI° siècle), permettait aux bateaux de franchir les chaussées des moulins. En 1608, la présence de trois bassins à portes marinières (bassins fermés par deux de ces dernières) est attestée. La Dive canalisée fut une concurrente redoutable pour le Thouet.

Lors de la canalisation de la Dive en 1834, furent construites sur celle-ci et sur le Thouet, en aval de la confluence, des écluses modernes avec bajoyers rectilignes.  Administrativement, ces écluses font partie du Canal de la Dive, alors que pour le géographe, la Dive est un affluent du Thouet. Une troisième écluse "moderne" fut construite en même temps sur le Thouet, mais en amont du confluent de la Dive.

Mais il était trop tard car le commerce fluvial fut bientôt condamné face à la concurrence des routes devenues plus carrossables, et du chemin de fer, apparu dans la région en 1874. En 1905, les bateaux ne remontaient plus qu’à Saumoussay pour y charger du tuffeau, puis, l'année 1920 vit la cessation définitive de toute activité de batellerie.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.chateaudesaint-loup.com/

Notice PA00101343, base Mérimée/http://www2.culture.gouv.fr/

Dictionnaire des églises de France, Poitou, Saintonge, Angoumois,

Volume IIIc, Editions Robert Laffont, 1967

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 23 avril 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville