PARTHENAY  (Deux-Sèvres)
Arrondissement de Parthenay - Canton de Parthenay.

Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 10.388 Pathenaisiens en 2016.

 

D'une superficie de 1.138 hectares, et d'une altitude de 114 à 184 mètres,

la ville est située dans une boucle de la rivière du Thouet,

et considérée comme la capitale de la Gâtine poitevine : un pays de collines et de forêts.

 

 

La cité médiévale

 

 

Pompeusement qualifiée de "Carcassonne Poitevine",

l'intérêt architectural des quartiers et des monuments du Moyen Age sont présents.

 

Les remparts.

 

Parthenay comptait plus de trois kilomètres de remparts et une trentaine de tours de défense.

Trois lignes de fortifications structuraient la vile médiévale :

l’enceinte de la ville, celle du château et enfin celle de la Citadelle.

 

A l'emplacement de Parteniacum se trouvaient sans doute un oppidum gaulois et des habitations gallo-romaines, mais les traces restent minces. Le château du premier Larchevêque, Josselin 1er fut reconstruit, et la ville vit ses fortifications constamment améliorées, durant le Moyen Age, par les barons de Parthenay. La prospérité apportée par les auberges et échoppes d'artisans, la souveraineté des sires de Parthenay sur la Gâtine et le flot de pèlerins, souffrit de la guerre de Cent Ans durant laquelle les Lusignan soutinrent alternativement roi de France et roi d'Angleterre.

 

Les remparts et la ville, avant 1916 et 1980.

La ville est construite sur un éperon de granit en forme de fer à cheval entouré,

au Nord, par une boucle de la rivière, le Thouet.

 

A la mort du dernier Larchevêque, en 1427, la baronnie échut à Arthur de Richemont, connétable de France qui contribua avec Jeanne d'Arc à la délivrance du pays puis, en 1488, à Dunois, comte de Longueville. Pendant les guerres de Religion la ville fut envahie trois fois par les huguenots (1562, 1568, 1571), mais résista à Henri de Navarre. Louis XIII et Richelieu séjournèrent dans la ville avant et après le siège de La Rochelle.

 

 La ville s’est étendue à l’intérieur de l’enceinte

dont subsistent d’importantes sections, sur les fronts Nord et Ouest.

Du château, de forme triangulaire, subsistent trois tours, et des vestiges d'un bâtiment central.

La massive tour de la Poudrière, la plus haute, a retrouvé un toit, grâce aux travaux de restauration.

 

Sous la seigneurie des La Porte de la Meilleraye quelques améliorations furent apportées à la ville après la destruction du château, sur ordre de Richelieu, en 1632. C'est à la fin de l'Ancien Régime que se placent les principales transformations urbaines. L'intendant du Poitou, le comte de Blossac, fit ouvrir dans toute la province, de nouvelles routes, fit édifier des ponts, aménager des places, abaisser ou supprimer les remparts.

 

De ces côtés, le tracé de la muraille épouse simplement le contour du plateau rocheux sur lequel elle est assise,

et n’a subi d’autre altération que celle provoquée par son abandon (ruine, végétation).

 

La Révolution plaça Parthenay dans une position délicate car elle se trouva aux lisières du pays insurgé contre la Convention. Les Vendéens, commandés par Lescure, occupèrent la ville le 9 mai, puis le 14 juin 1793, mais Westermann réussit à la reprendre en force le 24 juin. Parthenay fut mise à sac par les Vendéens le 27 juin et reprise par les Bleus le 30 juin. La ville servit ensuite de base arrière pour l'armée républicaine et pour ses sinistres colonnes infernales. La cité se releva de ses ruines sous l'Empire et ne participa plus de façon marquante aux évènements politiques nationaux du XIX° siècle.

 

A l’Est et au Sud, l’enceinte de ville a été systématiquement rasée ou enveloppée par des maisons

au cours du XIX° siècle, lorsque les nouveaux quartiers urbains ont été créés, en particulier vers la gare.

 

Là où elle existe encore en élévation, l’enceinte de ville se présente comme une muraille de granit défendue régulièrement par des tours semi-circulaires qui, pour la plupart, sont pleines.

 

Comme beaucoup d’autres à cette époque, la ville sort de ses remparts. Les vestiges sont rares mais le tracé de l’enceinte est encore bien lisible sur le cadastre : les grands boulevards qui sont créés à la périphérie du centre-ville empruntent très exactement le tracé des anciens fossés.

 

La porte de la citadelle (ou Porte de l'horloge).

 

Le quartier de la Citadelle, installé sur l'éperon rocheux, est dominé par le clocheton surmontant

sa porte fortifiée, le clocher de l'église Sainte Croix, et l'imposant bâtiment de l'ancien tribunal d'Instance.

 

Vue aérienne, avant 1970.

 

Au Moyen Age, ce quartier répondait à plusieurs desseins : être un lieu de commerce, (il s'y trouvait les halles couvertes), le centre de pouvoir judiciaire, fiscal et religieux, et le symbole de la domination seigneuriale des seigneurs de Parthenay. Au XVII° siècle, l'hôpital a été installé dans la citadelle, où il est resté jusqu'au début des années 1990, avant de déménager dans un site plus moderne et spacieux.

 

La porte de la Citadelle, un châtelet d’entrée construit au début du XIII° siècle,

assurait la défense de l’entrée du quartier de la Citadelle.

 

La porte est encadrée par deux tours en amande. Le passage voûté est surmonté d’une salle de garde communiquant avec le chemin de ronde des murailles voisines, et donne accès à la plateforme sommitale.

En 1454, elle fut dotée d’une cloche sonnant les heures, le clocheton actuel qui l’abrite est plus récent.

 

L'hôtel de ville et la bibliothèque municipale.

Un couvent pour instruire les jeunes filles a été fondé à la fin du XVII° siècle,

par les soeurs de l'Union Chrétienne. L'un de ses bâtiment abrite l'hôtel de ville depuis le milieu du XX° siècle.

 

De beaux exemples représentatifs de l’architecture des XIX° et XX siècles complètent le secteur sauvegardé : le palais de justice, les halles métalliques, les abattoirs près du viaduc ferroviaire, la maison Art nouveau et le palais des congrès s’ouvrant sur l’une des deux places promenades entourant la ville.

 

Le Palais de Justice, le jardin et la stèle de Robert Bigot (1902-1959),

ancien maire de Parthenay, et ancien bâtonnier du barreau.

 Le jardin Férolle, d’inspiration médiévale est composé de quatre terrasses :

le verger, le jardin des simples, le pré fleuri et le potager.

 

Les Parthenay-Larchevêque rendaient certainement la justice dans la grande salle du château. Jusqu'au XIII° siècle, la justice seigneuriale était particulièrement répressive, notamment dans le domaine de la haute justice s'étendant au droit pénal.

 

Les criminels étaient attachés aux piloris, exposés à la honte face au peuple qui les injuriaient ou leur jetait des pierres. Les condamnés à mort étaient pendus au gibet ou sur des fourches patibulaires, composées de deux colonnes de pierre et d'une traverse en bois, et placées à hauteur, bien en vue d'un grand chemin. Les pendaisons étaient alors un spectacle très couru. Par la suite, la justice royale s'est affirmée, mettant fin à l'anarchie féodale. A la fin du Moyen  Age, la citadelle a accueilli l'auditoire du bailli de Gâtine, et au XVIII° siècle, le Tribunal Révolutionnaire, toujours conservé, où ont été jugés les insurgés royalistes pendant les guerres de Vendée.

 

Les halles, avant 1930.

Dans la seconde moitié du XIX° siècle, les halles du quartier de la citadelle ont été rasées,

pour bâtir à sa place le tribunal d'instance qui a été fermé suite à la réforme de la carte judiciaire de 2007.

 

Ancienne église romane Notre-Dame du Couldre.

 

Edifiée au début du XII° siècle, au coeur de la citadelle, elle était le siège de l'archiprêtré de Parthenay.

 

Quelques vestiges subsistent à l'arrière de la façade et laissent supposer une abside,

entre deux absidioles, un transept et certainement une nef à collatéraux.

Notre-Dame du Couldre est le lieu de la conversion de Guillaume IX, duc d’Aquitaine par saint Bernard en 1135.
En 1623, elle est attribuée aux ursulines qui construisaient leur couvent à proximité.

 

Elle est vendue en 1789 comme bien national à Pierre-Jean Andrieux, un prêtre défroqué et futur député de Parthenay, qui voulut la transformer en filature, ce qui provoqua d’importantes destructions. En 1847, les ursulines acquièrent de nouveau les bâtiments pour y établir une école. Les vestiges sont toujours inclus dans le collège privé Notre-Dame-de-la-Couldre.

 

La porte est flanquée de deux arcatures aveugles qui, soulignées par une corniche à modillons,

se comportent comme des cadres destinés à cerner des groupes sculptés.

Elle est tracée en plein cintre, et dépourvue du tympan.

 

A la voussure interne, deux personnages abrités par de beaux dais d'architecture tiennent un rouleau, l'autre un livre. Deux anges, à bras tendus, un médaillon contenant le Christ en buste bénissant et présentant le livre. Au-dessus, deux autres anges glorifient l'agneau. A la même voussure, deux anges plongent dans le ciel, jambes croisées l'un, à gauche, vers la Vierge, l'autre vers Zacharie qui se trouve dans le Temple évoqué par un autre drapé. Vient ensuite le triomphe des Vertus armées de lances ou d'épées, protégées par des boucliers sur les Vices hideux et contorsionnés. La voussure externe est consacrée à 6 des 24 vieillards de l'Apocalypse tenant des vases à long col et des violes. De chaque côté, les chapiteaux forment une frise continue.

 

La porte Saint Jacques et son quartier.

 

C’est par cette porte, édifiée au XII° siècle, et remaniée au XV° siècle,

que les pèlerins et les voyageurs arrivaient par le nord et pénétraient dans la ville.

Construite sous l'occupation anglaise, grâce à l'argent fourni par Jean-sans-Terre,

c'est un bel exemple de l'architecture défensive et utilitaire.

 

La porte s’ouvre sur le chemin de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Le passage voûté, encadré de deux tours au plan en amande pour dévier les boulets de canon, était défendu par une herse et un assommoir. Il est surmonté d’une salle de garde, accessible par un escalier à vis donnant sur la plateforme sommitale dont les mâchicoulis ont été refaits. Le pont de pierre, du XIII° siècle enjambe le Thouet et a remplacé le pont-levis d’origine.

 

L'arrivée du chemin de fer, en 1883

 

Vers 1850, la ville vivait en osmose avec la Gâtine, de ses foires aux bestiaux et de quelques ateliers textiles, de ses fonctions de sous-préfecture et après 1833, d'une modeste garnison. L'arrivée du chemin de fer, en 1883 (ligne Paris-Bordeaux par Saumur et Niort), donna un coup de fouet à l'économie urbaine et fit naître quelques industries. Après 1945, la croissance s'accéléra.

 

Avec l'arrivée du chemin de fer commence en 1881,

la construction du viaduc, construit en pierres de taille et poutres métalliques.

 

Haut de plus de 25 m de hauteur, d'une longueur totale de 184,47 m, avec trois arches de granit au nord et cinq au sud, larges chacune de 12 m et ancrées à plus de 2,5 m de profondeur dans la roche. Le tablier métallique est long de 50,6 m et large de 7 m. De nombreux travailleurs italiens sont employés pour cette réalisation et, ils seraient, dit-on, à l'origine de la culture de la tomate en Gâtine.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www2.culture.gouv.fr/

http://www.cc-parthenay-gatine.fr/

http://base-armma.edel.univ-poitiers.fr/

Dictionnaire des églises de France, Poitou, Saintonge, Angoumois,

Volume IIIc, Editions Robert Laffont, 1967

"Laissez-vous conter le Pays de Parthenay", O.T. Pathenay

Panneaux explicatifs présentés à travers la ville

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 24 avril 2018

 

 

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