NIORT  (Deux-Sèvres)
Arrondissement de Niort - Canton de Niort
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 58.952 Niortais en 2015.

 

D'une superficie de 6.820 hectares, et d'une altitude de 2 à 77 mètres,

la ville est traversée par le fleuve la Sèvre Niortaise, et située en bordure des marais mouillés

(la Venise verte). C'est la principale entrée du marais poitevin.

 

Toponymique gaulois, composé des éléments nouiios « neuf, nouveau »  et ritu- "gué".

Le sens global de Niort est donc celui de "nouveau gué".

 

Vue aérienne de la ville, avec au premier plan, le donjon, avant 1970.

 

C'est probablement à la fin de l'époque celtique que les hommes découvrirent l'intérêt de son site, près du gué de la Sèvre. La ville est attestée dès l'époque romaine, avec une importante activité de tissage et de tannage du cuir. Au III° siècle, sous la menace des invasions barbares, les Niortais construisirent des fortifications, alors que des groupes de pêcheurs s'établissaient sur la butte opposée, près de l'église Saint André.

 

 

Le donjon du XII° siècle

 

 

Au bord de la Sèvre Niortaise, en plein coeur de la ville, se dresse le plus imposant donjon roman de France,

composé à l'origine de deux tours carrées réunies par une cour centrale.

 

Vues du donjon, avant 1970.

Le dernier témoin d'un ensemble fortifié de grande importance,

comprenant notamment une enceinte de ville de près de 2700 mètres.

 

Le premier château fut construit au moment des invasions normandes et détruit par un incendie en 1104. Remplacé par une véritable forteresse au XII° siècle, sous les ordres de Henri II, roi d'Angleterre, et de son fils Richard Coeur de Lion, elle joua un rôle important durant la guerre de Cent Ans, puis les guerres de Religion.

 

Réduit d'un vaste château en forme de quadrilatère, long de 700 m et armé d'une dizaine de tours,

il révèle une paternité royale puisqu'il fut construit sous les Plantagenêt entre 1160 et 1175.

Sur la face sud-est, une unique petite porte accessible par une échelle constituait l'entrée entre le donjon sud

et la tour médiane. Elle fut remplacée au XVI° siècle par un escalier de pierre adossé à la façade.

 

Au XV° siècle, le donjon est adapté à l'artillerie de moyenne portée. Il est aménagé pour servir de résidence aux capitaines, avant de laisser la place aux gouverneurs de la place forte de Niort. Après les guerres de religion, le château est délabré, et réparé. Il abrite un casernement et une prison d'Etat. Abandonné à la Révolution, il est acheté par la ville en 1791. Les travaux de restauration commencent en 1820, parallèlement au démantèlement des enceintes du château et de la ville.

 

Distantes de 16 m, les deux tours sont reliées depuis le XII° siècle par deux courtines parallèles

prolongeant leur face nord-ouest et sud-est,

elles-mêmes renforcées en leur centre par une sorte de tourelle-contrefort hémicylindrique.

Cet intervalle délimitait une cour qui pouvait jouer le rôle de souricière entre les tirs des deux donjons.

Au XV° siècle, cet espace fut couvert d'une toiture et aménagé en logement.

 

Sous les Bourbons, le château servit de prison d'Etat. Par la suite, il tomba en désuétude et une bonne partie de la tour nord s'écroula. Cependant et par ordre du roi, il fut rebâti alors à l'identique, mais légèrement moins haut. En 1896, les murs du donjon abritèrent le premier congrès d'ethnographie nationale et d'art populaire, ce qui fixa sa vocation actuelle de musée ethnographique.

 

 

Les murs épais de 3,50 m sont très soigneusement appareillés. Les ouvertures sont rares,

sauf sur le mur nord-ouest où des fenêtres à meneaux ont été percées et des lucarnes ajoutées à la toiture.

L'intérieur comporte deux étages voûtés en berceau brisé et un troisième sous voûtes en plein cintre,

refaites au XVII° siècle. Il comporte une salle voûtée et deux niveaux de planchers.

Le dernier étage est voûté en arc de cloître depuis 1750.

 

Le donjon sud est armé de mâchicoulis bandés sur arcs entre les tourelles-contreforts

sur les faces nord-est et sud-ouest. Ce sont là parmi les plus anciens connus.

Ce bel ensemble a perdu son enceinte et son castel d'entrée en 1817.

 

 

La salle des gardes.

Trois superbes salles basses aux voûtes appareillées en losange et reconstruites après l'effondrement partiel

du donjon nord entre 1751 et 1752, regroupent des collections de l'ancien musée du Pilori.

 

Fondé par la Société du costume poitevin, le musée occupe le bâtiment central du donjon, trois salles de la tour nord et une salle de la tour sud. Il a été entièrement réorganisé en 1965, et est consacré au folklore régional.

 

Chambre de Madame de Maintenon.

 

Madame de Maintenon, née Françoise d'Aubigné ou, plus rarement, d'Aubigny.

 

Petite fille du poète Agrippa d'Aubigné, Françoise d'Aubigné, est née le 28 novembre 1635 à Niort, par le hasard des pérégrinations carcérales de son père Constant, et morte le 15 avril 1719 à la Maison royale de Saint-Louis de Saint-Cyr-l'École (78).

 

Troisième enfant d'une famille noble, mais pauvre et marginale, elle est élevée par sa tante au château de Mursay sur la Sèvre, (près de Niort) où elle passait une partie de son temps à garder les dindons.

 

Ü Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, représentée en sainte Françoise Romaine par Pierre Mignard,1694. (Château de Versailles).

 

Après un séjour de 2 ou 3 ans à la Guadeloupe et à la Martinique où ses parents avaient tenté leur chance, la petite fille est ballottée de famille en famille en Saintonge avant d'être admise à 14 ans chez les Ursulines de Niort. Elle en sortit pourtant à 15 ans pour épouser le poète Paul Scarron, contrefait et pauvre, mais qui partage son goût pour la littérature et sa volonté d'ascension sociale. Elle est belle, ils sont brillants, leur salon est célèbre.

 

La bienveillance de Mme de Montespan, qu'elle rencontre à cette époque, lui valut d'être présentée à la cour en 1668. Alors elle devient vite la gouvernante des enfants illégitimes de sa protectrice, charge qui lui permet plus tard de rencontrer le roi. La légitimation des enfants lui donne une place officielle à Versailles. Peu à peu, elle séduit le roi par sa grâce, son esprit, la constance de son humeur. Sa faveur est de plus en plus éclatante et abouti, deux mois après la mort de la reine, au mariage secret de Louis XIV et de celle qu'il avait faite dame de Maintenon.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.niortagglo.fr/

https://www.niortmaraispoitevin.com/

Dépliant 6 volets "Musée du donjon", O.T. Niort

Panneau explicatif présenté à l'entrée du site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 26 avril 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville