LA PEYRATTE  (Deux-Sèvres)
Arrondissement de Parthenay - Canton de La Gâtine.

Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 1.170 Peyrattais en 2016.

 

D'une superficie de 4.686 hectares, et d'une altitude de 102 à 192 mètres,

la ville est traversée par la rivière le Thouet, longue de 142 km,

et le ruisseau de Pont Buret.

 

 

Croix hosannière du XII° siècle

 

 

Croix Hosannière signifie "recevoir des couronnes d'hosanne, c'est-à-dire des couronnes de buis sacré".

On se rendait en procession au pied de ce monument, le jour des Rameaux,

à la Fête-Dieu ou encore le 15 Août pour y célébrer la messe en plein air.

 

Construite au XII° siècle, comme l'église, la croix hosannière de l'ancien cimetière déplacé en 1852

est aussi l'œuvre des moines de Talmont.

C'est l'une des plus belles et des plus hautes du département (12 mètres)

y compris l'emmarchement circulaire sur lequel elle se dresse.

 

Jadis, la croix de granit qui n'était pas entourée d'un cercle a été modifiée en 1903 (ou 1905).

Ce serait en 1927 que la croix actuelle a remplacé la croix d'origine, aujourd'hui scellée dans l'autel.

 

La croix est composée de quatre colonnes semi-engagées, taillées dans le granit du pays. Au sommet, elle se termine par une croix enchâssée dans un cercle ce qui la distingue des lanternes des morts comme il en existe encore dans des cimetières du Poitou-Charentes, au sommet desquelles, on hissait la nuit à certaines dates, une torche ou une lampe pour rappeler le souvenir des morts ou guider des pèlerins égarés...

 

Posé dans l'emmarchement, un autel massif est orienté vers l'Est. L'autel est constitué d'une longue pierre plate, en roche sédimentaire de l'ère tertiaire en provenance certainement de la région de Thénezay.

 

La mairie.

 

Eglise romane Notre-Dame, du XII° siècle.

 

L'église est l'œuvre des moines de Talmont qui sont venus établir un prieuré à La Peyratte aux environs de 1070.

L'Eglise est typique du pur art roman gâtinais.

C'est une des rares églises à avoir traversé neuf siècles sans trop de dommages.

 

Certains documents avancent la date de 1039, date à laquelle le comte Guillaume de Parthenay qui tenait la terre de La Peyratte de ses ancêtres, la donna à l'abbaye de Saint Jean d'Angely qui la donna au seigneur de Kadelon, seigneur de Talmont, qui lui-même la donna à l'abbaye de Talmont lors de son mariage avec Ameline, la fille de Guillaume. Les biens comprenaient la terre de La Peyratte, une chapelle, une fontaine et le droit de pêche dans le Thouet et les étangs.

 

Au début de sa construction, c'est un long rectangle massif de 35 x 6 m

avec trois contreforts collés sur chaque face qui lui confère un aspect fortifié : une seule nef orientée Est-Ouest

(la lumière vient d'Orient, terre de naissance du Christ), trois étroites fenêtres

telles des meurtrières sur la façade sud et une seule du côté Nord.

 

Le portail Sud est à berceau brisé à deux rouleaux sur colonnettes de chapiteaux décorés de feuillages ;

il a été longtemps précédé d'un rustique "ballet" (sorte de préau) qui fut démoli en 1920.

Une bretèche au-dessus du portail Sud ainsi qu'au-dessus de la porte des moines,

à l'extérieur, renforce l'idée d'une église fortifiée.

 

Corniches avec modillons romans sculptés. Le clocher est presque plat et presque carré (6 x 7 x 17 m).

Il est situé à la croisée du transept sur la dernière travée et des faisceaux de colonnettes

allègent l'aspect trapu du clocher et dans chaque compartiment s'ouvre une fenêtre en plein cintre.

 

Les deux chapelles latérales qui forment le transept sont de construction postérieure à la nef. Celle du Sud, de style gothique, date du XVII° siècle; elle est dédiée à la Vierge. Sur son autel en granit, dans la niche, trône une très belle statue en bois de la Vierge tenant l'enfant Jésus. La chapelle du Nord est de construction encore plus postérieure, probablement au XIX° siècle quand l'agrandissement de l'église a été décidé. Elle abrite un autel en bois doré et dans la niche se trouve une statue de Saint-Roch accompagné de son chien.

 

 

Le portail, situé à l'Ouest, s'ouvre sur une façade classique bien romane,

surmontée d'un pignon triangulaire souligné d'une corniche.

Comme le portail Sud, il est à voussures et berceaux brisés.

L'abside est plat, orné de vitraux datés 1924 et 1933.

 

Bancs en fer sculptés, des XVII°-XVIII° siècles.

Le retable du maître autel, adossé au mur du chevet en bois de chêne et de noyer

 peint et doré, est du XVII° siècle.

 

Cette église prieurale qui comportait des stalles de bois très sobres, une dizaine de chaque côté du chœur, séparées du reste de l'église par des grilles de fer sculptées, comme les bancs à droite de la porte d'entrée. Ces grilles ainsi que les bancs auraient été fabriqués à la fin du XVII° ou au début du XVIII° siècle, à la forge à fer de La Peyratte.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Photos de l'intérieure de église (fermée lors de mon passage

http://www.lapeyratte.fr/
Dictionnaire des églises de France, "Poitou, Saintonge, Angoumois"

volume IIIc, Editions Robert Laffont, 1967

Visite et photos, Chantal Guyon, le 24 avril 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville