BOUGON  (Deux-Sèvres)
Arrondissement de Niort - Canton de Celles-sur-Belle.
Région Nouvelle Aquitaine.
 Population : 180 Bougonais en 2015.

 

D'une superficie de 1.170 hectares, et d'une altitude de 80 à 137 mètres,

le village est un haut lieu de la Préhistoire et en particulier du néolithique.

 

 

La nécropole de Bougon et ses tumuli

 

 

La nécropole de Bougon est datée de 4700 ans avant Jésus Christ,

ce qui en fait la plus ancienne d'Europe.

Il s'agit d'un ensemble de cinq tumuli regroupés sur un même site.

Cas assez rare, la construction et l'utilisation s'est étalée sur une très longue période,

de 4700 à 3000 ans avant Jésus Christ.

 

Vue d'ensemble du site - Le musée - Vestiges de l'ancien prieuré cistercien et sa chapelle.

 

Le transport des blocs de pierre.

 

Plusieurs expériences ont été utilisées pour tracter, il y a 6000 ans,

ces blocs de pierre de plusieurs tonnes employées lors de la construction des monuments.

 

Il faut savoir qu'il n'existe aucune preuve archéologique attestant ces méthodes,

mais celles entreprises mettent en oeuvre des techniques déjà maitrisées au Néolithique :

 

▪ Expérience de J.P. Mohen, 1979 : sur un cheminement démontable constitué de rails, des rondins transversaux supportent un bloc de 32 tonnes. La pierre est enveloppée dans un filet de lin tressé, puis trainée sur 40 mètres. Environ 200 personnes ont été nécessaires pour déplacer ce bloc.

 

 

▪ Expérience de B. Poissonnier, 1977 : Une nouvelle tentative a été réalisée avec le même bloc, sur le même cheminement. Pour cette nouvelle expérience, les rondins transversaux ont été perforés en plusieurs points. Des leviers placés dans ces perforations sont utilisés comme les rayons d'une roue et actionnés, entraînant un mouvement de rotation. Une quinzaine de personnes a été nécessaire pour déplacer le bloc. (Ces deux méthodes sont vraisemblablement complémentaires).

 

Les carrières.

 

Les carrières d'extraction des dalles (couvertures ou piliers)

ayant servi à la construction des dolmens ont pu être identifiées :

 

▪ Certaines proviennent des environs même du site, d'autres de carrières éloignées de quelques kilomètres. Les pierres formant les parements et la masse des tumuli ont été extraites du banc calcaire, naturellement fissuré qui forme l'assise géologique de la nécropole : des fosses creuses le long des tumuli ont pu être identifiées.

▪ De gros blocs étaient fracturés à l'aide de percuteurs, puis dégagés grâce à des pics de bois de cervidés. Ces outils de carriers, ainsi qu'une omoplate en bois de cervidé (pelle) ayant pu servir à évacuer les gravats, ont été retrouvés au fond des fosses d'extraction.

 

Le tumulus A.

 

Le tumulus désigne une éminence artificielle, circulaire ou non, recouvrant une sépulture,

et il est fait de terre et de pierres.

Le tertre n'est fait que de terre, et enfin, le cairn est fait uniquement de pierres.

 

De la fin du V° millénaire avant notre ère.

Il est de forme hémisphérique, de 40 mètres de diamètre. Haut d'environ quatre mètres,

il est formé de trois parements dont on aperçoit, dans le couloir, les fondations qui descendent jusqu'au sol.

 

Le dolmen est constitué, de piliers parfaitement taillés, implantés légèrement inclinés, afin de supporter

le poids de la dalle de couverture, d'une épaisseur moyenne d'un mètre, et évaluée à 90 tonnes.

Trois périodes d'occupations successives, séparées par de petites dalle de pierre, ont été identifiées.

Elles ont livré de nombreux restes osseux.

Le couloir, long de huit mètres, a été utilisé, pour déposer des morts et quelques objets.

 

Le tumulus B.

 

De la fin du IV° millénaire avant notre ère.

Il est en forme de petit tertre, de 36 mètres de longueur sur 8 mètres de large.

 

Il est orienté selon un axe est-ouest et renferme :

▪ Deux coffres rudimentaires ouverts sur le sommet du monument.

(aucun vestige ne permet de préciser la fonction).

▪ Deux petits dolmens.

Des fragments de céramiques, datés au début du V° millénaire, ont été trouvés près du tumulus.

 

Le tumulus C.

 

De la fin du IV° millénaire avant notre ère, et un tertre de 57 mètres de diamètre.

Il est composé de deux structures : le dolmen et un tumulus, et une plate forme rectangulaire.

 

Cet ensemble comporte trois phases de construction :

 

▪ Dans une première phase, un tertre circulaire contenant une chambre funéraire.

▪ Puis un grand massif rectangulaire de type terrasse, confirmant la monumentalité du tumulus, vient recouvrir la partie orientale. On lui attribue une référence funéraire liée aux sépultures retrouvées sur son pourtour. Le muret définissant ce massif est long de 36 mètres, large de 18 mètres pour une hauteur de 2 mètres environ.

▪ Enfin, une phase finale de condamnation recouvre les structures d'un énorme tertre conique sans parement extérieur.

 

Le tumulus C.

 

De la fin du V° ou IV° millénaire avant notre ère.

Il est en forme de tertre allongé, de 35 mètres de longueur sur 2 mètres de large.

 

Cette structure allongée de près de 100 mètres est constituée d'un mur axial arqué

formé de deux parements non parallèles. Sa vocation reste inconnue.

 

Le tumulus E.

 

Du début du V°  millénaire avant notre ère. Il est de forme approximativement rectangulaire.

Long de 22 mètres, ce tumulus contient deux dolmens à couloir érigés en pierres sèches.

Le 1° dolmen, la chambre est circulaire. Pour le 2°, elle est rectangulaire.

Le mobilier mis à jour confirme l'hypothèse d'une réorganisation liée à une réoccupation.

 

Le tumulus E.

 

Du début du V°  millénaire avant notre ère, de forme trapézoïdale,

de 72 mètres de longueur sur 12 mètres de large au sud, et 16 m au nord.

Il est formé d'un long tumulus et de deux dolmens.

 

 

Ce tumulus est le plus imposant de la nécropole, avec une hauteur moyenne de 3 mètres.

Trois inhumations individuelles (2 enfants et 1 adulte) ont été retrouvés dans la masse du tumulus.

 

 

 

Cette structure se compose de trois parties chronologiquement distinctes :

 

▪ Au sud, le tumulus et sa chambre à couloir, datés du début du V° millénaire avant Jésus Christ, est le plus ancien de la nécropole. A la jonction du 2° tumulus ont été retrouvés quelques ossements appartenant à un adulte.

▪ Le tumulus central est constitué de plusieurs massifs quadrangulaires accolés contre eux. Chacun est formé d'un muret axial consolidé par des parements parallèles disposés en degrés.

▪ Le dernier tumulus et son dolmen ont été rajoutés au IV° millénaire avant Jésus Christ, sur l'extrémité nord, alors rectiligne, de la longue structure déjà en place.

 

La construction des tumuli.

 

Malgré les innombrables recherches effectuées sur le mégalithisme,

l'archéologie n'apporte pas encore de réponse certaine quant aux techniques utilisées

pour construire de telles structures.

L'expérimentation contribue à tester des hypothèses relatives aux méthodes d'extraction,

de traction et de mise en place des gros blocs de pierre.

 

Vue d'ensemble des tumuli reconstitués.

Les reconstitutions présentées ici illustrent trois étapes de la construction d'un même dolmen

et de son tumulus à partir d'hypothèses actuelles.

La 4° montre l'état du même monument après destruction au fil du temps.

 

La construction du monument commence par la mise en place de la chambre funéraire :

 

▪ Les piliers du dolmen sont en cours de positionnement. Une petite fosse de quelques dizaines de centimètres reçoit un pilier dont la base sera stabilisée par un blocage de pierres. (Des expérimentations ont permis d'observer qu'il était possible d'ériger des dalles à l'aide de cordage, de trépieds en bois et parfois d'échafaudages et de leviers).

▪ Un premier cercle de pierres vient épouser les piliers érigés pour les maintenir alors que les autres blocs viennent combler les vides laissés.

 

Le dolmen est pratiquement terminé. Il est entièrement entouré de sa "chemise" de pierres, épousant les piliers.

Le parement externe du tumulus est en partie construit. Un système de cloisons forme une résille

de cellules remplies de terre et de pierres, ce qui permet de maintenir la masse du monument.

 

 

Il ne reste plus qu'à poser la dalle de couverture.

 

Ici, l'intérieur du dolmen a été complètement rempli de pierres sur lesquelles sont posés des rails en bois. Une fois une dalle en place, le dolmen est vidé depuis son couloir. Mais d'autres systèmes sont envisageables, notamment des rampes de terre s'appuyant (ou non) sur le tumulus.

 

Aujourd'hui, cinq à six mille ans plus tard, voici ce qui pourrait rester du monument.

 

L'érosion, l'affaissement naturel lié au poids de la construction, mais surtout et le plus souvent les interventions de l'homme au cours du temps, font qu'il ne reste que la structure interne du monument : le dolmen. Les piliers et la dalle de couverture sont, en effet, plus difficiles à déplacer et à récupérer.

 

La maison du Néolithique.

 

La néolithisation est marquée par le phénomène de sédentarisation : celle de chasseurs-cueilleurs

dans le Croissant fertile, vers 12000 avant notre ère, puis celle de l’Europe de l’ouest où,

entre 5800 et 5500 avant notre ère, les migrants néolithiques commencent à bâtir des habitations.

 

Vue d'ensemble du site.

 

Cette maison gigantesque fait 44 mètres de long.

Elle a été reconstituée grâce aux trous de poteaux retrouvés au cours des fouilles.

 

 

On peut penser que plusieurs familles habitaient dans cette maison.

 

 

 

Bien plus tard, vers 5500 avant notre ère, les migrants néolithiques danubiens atteignent l’Europe de l’ouest :

ils y érigent de longues maisons de terre et de bois, quasiment identiques dans toute l’Europe centrale

et occidentale. Il s’agit dans un premier temps de petits hameaux de deux ou trois maisons,

dispersés le long des cours d’eau.

Puis, petit à petit, les villages s’étendent et se multiplient, l’architecture se diversifie.

 

Les maisons des colons danubiens sont toutes construites sur le même modèle, à quelques variations près : longues et vastes, jusqu’à 45 m de long, de plan rectangulaire, et structurées par des poteaux plantés dans le sol servant à soutenir la charpente. Le long des parois extérieures, des fosses sont creusées pour prélever la terre qui recouvre les murs en torchis.

 

 

 

L’espace intérieur est fréquemment divisé en trois parties : à l’avant, un lieu servant de grenier pour les récoltes, suivi d’une pièce centrale présentant parfois les restes d’un foyer ou d’un four, et au fond une dernière salle,

peut-être réservée aux habitants de la maison.

 

Sous tentes, des ateliers pédagogiques pour initiation à la taille des pierres, etc...

 

Le jardin botanique.

 

 

 

Dans ce jardin botanique sont cultivées des plantes ayant probablement été utilisées il y a plus de 5000 ans.

 

Ces plantes ont pu être identifiées grâce aux vestiges (pollens, graines, coquilles) mis au jour lors de fouilles archéologiques :

▪ Les plantes tinctoriales (garance),

▪ Les plantes à fibres (lin, orties),

▪ Les plantes cultivées consommées (lentilles, pois, fèves),

▪ Les plantes sauvages consommées (chou, carotte, navet, oseille),

▪ Les céréales (blés).

 

Frise chronologique.

 

 

Paléolithique ancien - Paléolithique moyen - Paléolithique supérieur.

 

Mésolithique.

 

Néolithique - Age du Bronze - Age du Fer.

 

Ce modèle ludique propose de faire le lien entre les niveaux de sept sols archéologiques, tels qu'ils peuvent être

mis en évidence par les fouilles archéologiques, avec la représentation de la scène dont ils auraient été issus.

 

L'ancien prieuré de Bougon et sa chapelle Notre-Dame de Vaugénérault.

 

Le prieuré de Bougon était la propriété de l'abbaye cistercienne des Châtelliers, située à Fomperron (79).

Il n'est mentionné dans les textes qu'à partir de 1239,

et est à l'origine d'un établissement agricole du type grange monastique.

 

Jouxtant le Musée, le logis et la chapelle Notre-Dame de Vaugénérault, du Bas-Moyen Age, XIII°-XIV° siècles.

 

Entre 1650 et 1750, le prieuré servira de cellier avant d'être vendu en 1791 comme bien national, et jusqu'à nos jours, utilisé comme siège d'une exploitation agricole. Il ne subsiste de l'ensemble que la chapelle, le logis des moines et la grange.

 

 

La chapelle est utilisée comme lieu d'exposition : Tam Tam, pastel sur toile de Simon et Henri Jean (2000),

Tuiles romanes en argile cuite.

 

Comme la chapelle, le logis des moines est occupé par des expositions.

(Photo de droite), reconstitution d'une pirogue monoxyle (c'est-à-dire réalisée en une pièce de bois)

fabriquée de façon expérimentale par les archéologues de l'INRA.

 

Les niveaux d'occupation des bâtiments des moines (logis et grange) n'ont pas été conservés. Quelques rares tessons de céramique médiévale, découverts dans les remblais du logis, et la cheminée du XIV° siècle témoignent d'une occupation  durant cette période.

 

 

 

 

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3

 

 

 

4

 

1 - Reconstitution de la tunique et de la cape de Muldjberg (Danemark), représentatif des vêtements masculins de l'Age du Bronze pour le Nord de l'Europe et l'Ouest.

 

2 - Reconstitution de la tunique et de la jupe d'Egtved (Danemark). Ces vêtements tissés ont été découverts en 1921, dans le marais de Komdine. (Daté 1350 ans avant Jésus Christ), Age du Bronze.

 

3 - Reconstitution d'une tunique d'après une stèle anthropomorphe de Sion, (Chalcolithique, 2500 ans avant J.C.).

L'iconographie montre que les populations portaient des décors géométriques. Ces vêtements étaient probablement tissés en une seule pièce, puis attachés par une ceinture. Les tissus brochés datent de la fin du Néolithique et se développent à l'Age du Bronze.

 

4 - Le tissage se fait sur un métier vertical à poids, supposé connu à l'Age du Bronze en Europe du  Nord et de l'Ouest.

 

Le Musée.

 

Le musée est construit autour des vestiges du prieuré cistercien,

et de sa chapelle Notre-Dame de Vaugénérault.

Une dizaine de moines y séjournaient et dépendaient de l'abbaye cistercienne des Châtelliers, à Fomperron.

 

La construction du Musée à fait suite à 18 années de fouilles archéologiques de la nécropole de Bougon,

menées par plusieurs chercheurs, jusqu'en 1987.

Propriétaire du site depuis 1873, le département décide en 1991,

la construction d'un musée pour vulgariser les découvertes.

Le projet est confié à l'architecte Jean François Milou et le musée inauguré en juin 1993.

 

Reconstitution de la villa de la Maucarrière, période gallo-romaine précoce.

 

Le musée présente dans six salles, des origines jusqu'au Néolithique, l'évolution des premiers hommes pour mieux comprendre l'univers des bâtisseurs des tumuli : salle de l'évolution - Galerie archéologique - Salle Néolithique - Salle mégalithique - Salle des dolmens de Puyraveau, et la salle de la nécropole de Bougon.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.inrap.fr/

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 25 avril 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville