ROSNY-SUR-SEINE  (Yvelines)
Arrondissement et canton de Mantes-la-Jolie.
Région Île de France
 Population : 6.208 Rosnéens en 2016.

 

D'une superficie de 31.936 ha, et d'une altitude de 17 à 144 mètres,

la ville est située dans une boucle du fleuve la Seine.

 

Vue aérienne avant 1970

 

Maximilien de Béthune, duc de Sully.

 

Maximilien de Béthune, duc de Sully, né à Rosny-sur-Seine le 13 décembre 1559 et mort à Villebon (28) le 22 décembre 1641, maréchal de France en 1634. C'est un militaire protestant et un compagnon d'armes du roi Henri IV dont il devint l'un des principaux conseillers.

Il portait les titres de baron (1578) puis marquis de Rosny (1601), baron (1602) puis duc et pair de Sully (1606), prince souverain d'Henrichemont et de Boisbelle (1605), marquis de Nogent-le-Rotrou (1624), comte de Muret et de Villebon (1624), et vicomte de Meaux (1627).

 

¬ Statue du XIX° siècle, oeuvre d'Espercieux qui décora un moment le pont de la Concorde, puis de Versailles. Elle se trouve à l'entrée de Rosny, en venant de Mantes.

 

Après l'assassinat d'Henri IV en 1610, il est nommé membre du Conseil de régence et prépare le budget de 1611. En complet désaccord avec la régente Marie de Médicis, il démissionne de ses charges de surintendant des finances et de gouverneur de la Bastille (1611) ; il conserve cependant le gouvernement du Poitou. En 1616, il abandonne la majeure partie de ces fonctions et vivra désormais loin de la cour, d'abord sur ses terres de Sully puis surtout en Quercy, tantôt à Figeac et plus précisément à Capdenac-le-Haut tantôt sur sa seigneurie de Montricoux, à quelques lieues de Montauban. Il se consacre à la rédaction de ses mémoires, mais reste très actif sur le plan politique et religieux. Son fils François de Béthune, comte d'Orval est le gouverneur de Figeac, place de sûreté calviniste. Ce dernier épouse Jacqueline de Caumont, fille du marquis de la Force, qui commande la défense militaire de Montauban en 1621.

Cette même année, il intervient en conciliateur et intercède en modérateur dans les luttes entre les protestants français et la royauté, après les 96 jours du siège de Montauban par Louis XIII, en 1627-1628, lors du siège de La Rochelle et avant la reddition de Montauban. Proche du réseau diplomatique de Richelieu, il est nommé maréchal de France en 1634. Son tombeau est à Nogent-le-Rotrou dont il avait acquis la seigneurie vers 1610.

 

 

Château de Rosny, de la fin du XVI° siècle
 

 

À l'emplacement actuel du château de Rosny-sur-Seine se trouvait au Moyen Âge un manoir fortifié.
La seigneurie, après avoir longtemps appartenu aux Mauvoisin, revient à la maison de Béthune en 1529

par le mariage de Jean IV de Béthune, grand-père du duc de Sully, le célèbre ministre d'Henri IV,

avec Anne de Melun, qui reçoit le domaine de Rosny en dot.

 

Le château, gravure de 1838.

Le château de Rosny-sur-Seine est de style Louis XIII,

et situé sur la rive gauche de la Seine en aval de Mantes-la-Jolie.
 

Sully naquit dans un château voisin. Après la victoire d'Henri IV à laquelle il avait beaucoup contribué,

il fit reconstruire le château, y reçut plusieurs fois le roi, et y fit des séjours jusqu'en 1634.

 

La demeure reste la propriété de la maison de Béthune-Sully jusqu'en 1718, date à laquelle elle est vendue par Henri de Béthune, dernier duc de Sully, au comte François Olivier de Sénozan, intendant général du clergé de France, issu d'une puissante famille de parlementaires, les Olivier de Sénozan. Il transmet la propriété à son fils, Jean-Antoine, président à la 4° Chambre des Enquêtes du Parlement de Paris, qui a épousé Anne Nicole, fille du chancelier de France Guillaume de Lamoignon de Blancmesnil. En 1747, il fait construire dans le parc, sur la saillie de la terrasse au bord de la Seine, un élégant « pavillon des Bains », ultérieurement transformé en chapelle.

 

Entrée du château, et face à cette dernière, l'allée de l'ancien parc.

 

La petite-fille du président de Sénozan, Madeleine Sabine de Sénozan-Viriville, épouse en 1778 le comte Joseph-Archambaud de Talleyrand-Périgord, frère cadet de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, et fait entrer Rosny dans les possessions de la maison de Talleyrand-Périgord.

 

La grille d'honneur, côté extérieure, dont une allée placée au milieu conduit au château.

 

Sous la Révolution française, le comte Joseph-Archambaud de Talleyrand-Périgord émigre et ses biens sont mis sous séquestre. La propriété est restituée à ses enfants en 1796; Edmond de Talleyrand-Périgord, futur duc de Dino, en hérite en 1808.

 

La grille, côté cour d'honneur et les deux pavillons de garde,

 

Vendu en 1817 par Edmond de Talleyrand-Périgord, neveu du ministre, à un négociant parisien, Louis Mourraux ou Mourault, le domaine est racheté en 1818 par le duc de Berry, fils du comte d'Artois et époux de Marie-Caroline des Deux-Siciles. Le duc et la duchesse sont soucieux de s'affranchir du protocole écrasant des Tuileries, mais le jeune couple profite peu du domaine puisque le prince est assassiné deux ans plus tard, le 13 février 1820.

 

Vues sur le château depuis la grille d'honneur. L'édifice est un long rectangle en pierre et brique

terminé par deux pavillons avec hauts combles d'ardoise à lucarnes.

 

Façades du château, avant 1970.

Le château, bâti en 1595, offre sur la façade un avant-corps et une avant cour à balustrade de pierre

entourée comme le château lui-même de larges douves sèches.

 

Le vestibule - Le salon Empire - Le salon des tapisseries.

Sur la façade s'ouvre le vestibule, dont la voûte est soutenue par quatre colonnes.

 

 

Le salon Henri IV.

 

La salle à manger.

 

 

La chambre de Sully.

Les pièces ont le double intérêt d'illustrer le XVII° siècle avec le salon Henri IV

et la chambre de Sully à poutres peintes,

et le XIX° siècle, avec les salons de la duchesse de Berry

(meubles de Jacob, tapisseries au petit point et peintures).

 

Les anciens jardins.

 

Le château se dressait au milieu de beaux jardins comprenant divers parterres et des alignements d'arbres.

 

 

De la façade arrière du château, le jardin à broderies allait en terrasse jusqu'à la Seine.

 

La chapelle - La rotonde et le pigeonnier.

 

Façade côté parc, les jardins et la Seine, avant 1970.

 

Depuis le pavillon d'entrée, allée menant au pavillon forestier.

 

Ces constructions ont été bâties sur le parc faisant face aux grilles d'honneur de l'entrée.

 

c’est au début du XIX° siècle que le château de Rosny allait connaître son heure de gloire

quand la jeune et charmante Marie Caroline de Naples, duchesse de Berry,

vient s’y réfugier après le tragique assassinat de son époux en février 1820.

 

Marie-Caroline de Bourbon-Sicile est née le 5 novembre 1798 au palais royal de Caserte, résidence de la famille des Bourbons de Naples. Son père est le prince héritier François (1777-1830), futur roi de Naples et de Sicile.

La famille royale de Naples est une branche des Bourbons. En effet le père de François, Ferdinand 1er, est un cadet des rois d'Espagne, eux-mêmes Bourbons depuis Philippe V, petit-fils de Louis XIV.
 

Le 17 juin 1816 Marie-Caroline épouse à l'âge de 18 ans le duc de Berry , neveu du roi Louis XVIII. Charles Ferdinand, de 20 ans plus âgé qu'elle, est le fils cadet du comte d'Artois, futur Charles X.

 

¬ Portrait de la duchesse de Berry (1827), par Charles Rauch.

 

Le couple s'installe au palais de l'Elysée. Ils auront quatre enfants dont deux survivront. Le 13 février 1820 le duc de Berry est tué. L'assassin, Louvel, espère ainsi mettre fin à la branche aînée des Bourbons. Cependant la duchesse de Berry est enceinte. Elle donne naissance en septembre à un fils, Henri "Dieudonné" titré duc de Bordeaux. Henri, comte de Chambord depuis 1830, deviendra le prétendant royaliste "Henri V" et sera près d'accéder au trône de France en 1871. À la suite des Trois Glorieuses, la duchesse de Berry suit Charles X et la cour en exil en Angleterre, mais elle cherche à se faire proclamer régente pour son fils, le comte de Chambord.

 

Lorsqu'elle quitte la France avec Charles X à l'été de 1830, la princesse recommande particulièrement son « cher Rosny » à sa tante, la reine Marie-Amélie. Quand, de son exil autrichien, elle a perdu tout espoir de revenir en France, elle fait vendre aux enchères à Paris en 1836 et 1837 l'important mobilier, les objets d'art et de collection, livres et objets d'art que contient la demeure.

 

L'hospice Saint Charles.

Un ensemble de bâtiments de style néo-classique, construits en 1820-1822.

 

La duchesse de Berry est très attachée à ce domaine

et elle fait faire à Rosny de grands travaux par son architecte attitré, Joseph-Antoine Froelicher.

 

Son premier souci fut de construire à l’entrée du parc une chapelle pour y faire déposer le coeur de son époux,

que par faveur exceptionnelle, le roi Louis XVIII venait de lui accorder.

 

Vingt-cinq ans plus tard, la duchesse perdait à deux mois d'intervalle (début 1864) sa fille Louise Marie Thérèse, duchesse de Parme (qui porta en 1830 le titre de comtesse de Rosny) et son second époux le comte Hector de Lucchesi-Palli, qui l'avait ruinée (six millions de francs de dettes) et dut alors demander secours à son fils, qui conditionna son aide financière à l'obligation de réduire un train de vie dispendieux d'où la vente de son palais vénitien, de son hôtel de Graz et de la majeure partie de ses bijoux, meubles et tableaux. Elle mourut au château de Brünnsee le 16 avril 1870.

 

La chapelle circulaire avec façade à fronton sur colonnes.

 

En 1836-1837, le château et son domaine furent vendus au banquier anglais Stone lequel le céda à son tour à une compagnie anonyme d'agents d'affaires; le domaine fut alors morcelé et le château en passe d'être démantelé. C'est alors que le comte Le Marois (1802-1870) se présente comme acquéreur en 1840, sauvant le bâtiment de la destruction totale. En 1869 le château est acquis par Gustave Lebaudy (1827-1889), issu d'une puissante dynastie sucrière, qui dirigeait la raffinerie familiale.

Il restaure intégralement la demeure et l'entretient avec un soin extrême, s'efforçant de racheter meubles, tableaux, tapisseries et objets d'art ayant appartenu à deux de ses propriétaires les plus illustres, le duc de Sully et la duchesse de Berry. C'est ainsi que jusqu'en 1993, le château renferme ainsi une série de six tapisseries, la célèbre tenture de Psyché, ayant appartenu au ministre d'Henri IV, et divers meubles et objets, parmi lesquels le mobilier du salon de la duchesse de Berry.

 

Bâtiment principal à pavillons, et cour à arcades.

La communauté d'agglomération de Mantes en Yvelines reconnaissant la magie du lieu

décide en 1983 de le sauver de l'abandon. Elle en fit l'acquisition pour le restaurer

et y faire vivre un lieu d'exposition et de partage culturel ouvert à tous.

 

Le fils de Gustave, Paul Lebaudy (1858-1937), hérite de Rosny à la mort de son père et fait aménager les communs pour héberger ses écuries et la meute de chiens de son célèbre équipage (1891-1936) qui découple dans la forêt domaniale de Rosny. Vers la fin du XIX° siècle, il fait recréer des jardins à la française sur le parterre Nord par le célèbre paysagiste Achille Duchêne. Le château est acquis en 1955 par le docteur Hertz qui aménage dans les communs un centre de rééducation.

 

Face aux jardins du château, en bordure de Seine, cette stèle :

"Ici, le 20.08.1944 nos vaillants américains à la poursuite des Allemands en déroute

établirent le premier pont sur la Seine".

 

Devenu en 1984, en même temps que neuf autres domaines, propriété de la société japonaise Nippon Sangyoo Kabushiki Kaisha, le mobilier du château est vendu, laissé à l'abandon et gravement endommagé par un incendie à la suite duquel l'État décide d'engager d'office des travaux de sauvetage. Il est cédé en 1998 à Bernard Anthonioz, qui, envisageant de le transformer en « relais-château », entreprend de gros travaux d'entretien et de restauration sur fonds propres sans subvention (7 millions d'euros). Finalement, il décide de le céder en février 2016 à un restaurateur de monuments.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.ville-rosny78.fr/

"Rosny sur Seine, une nouvelle page ajoutée à l'histoire de Rosny"

 Thomas Henri & Charles Heubesz, Editions Plon, Nourrit et Cie, 1893

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 3 février 2019

 

 

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