POISSY  (Yvelines)
Arrondissement et canton de Poissy.

Région Île-de-France
 Population : 37.146 Pisciacais en 2017.

 

D'une superficie de 1.328 hectares, et d'une altitude de 17 à 171 mètres,

la ville est traversée par le fleuve la Seine.

 

Poissy est une des plus anciennes agglomérations d'Île-de-France, installée sur la rive gauche

au fond d'une boucle de la Seine, à la lisière de la forêt.

 

 

L'ancien prieuré royal Saint Louis

 

 

Très tôt incluse dans le domaine capétien, Poissy fut une résidence royale jusqu'au XIII° siècle.

La femme de Robert le Pieux, Constance de Toulouse, y fonda au début du XI° siècle, un monastère.

 

Fondé l’année de la canonisation de saint Louis, en 1297, construit sur ordre de Philippe le Bel,

le long de l’enceinte ouest de la ville,

le prieuré royal pouvait accueillir jusqu’à 200 jeunes filles de la noblesse.

 

Des sculptures remarquables provenant de l'église de ce prieuré royal sont visibles au Musée du Louvre,

au Musée National du Moyen Age, au Musée d'Histoire de Poissy, et à la collégiale Notre-Dame.

 

La porterie, côté de l'enclos.

Depuis 1976, le bâtiment fortifié du XV° siècle de la porterie accueille les collections du Musée du jouet.

 

L’église principale du couvent était de grande taille (82,5 m de long sur 30 de large) dans le style gothique flamboyant. Elle a été consacrée en 1331. Vendu comme Bien National à la Révolution, le monastère est divisé entre différents acquéreurs et la prieurale sert de carrière de pierres pendant plus de vingt ans.

 

L'enclos de l'abbaye.

 

Le chemin qu’empruntaient les religieuses, leurs visiteurs royaux ou,

plus modestes, leurs domestiques et tout le personnel de l’Abbaye.

 

Photo de droite, le pignon de la grange.

 

La grange du prieuré.

 

La grange de l’Abbaye dont le toit est soutenu par une charpente irrégulière,

accueille des expositions temporaires. C’est sur ce site que sera édifié le nouveau Musée d’Art et d’Histoire.

 

Les dimensions imposantes de cette grange sont le signe de la richesse

dont les vastes terres s'étendaient au-delà de l'enclos de l'abbaye.

 

Les Dominicaines disposaient d'un grand parc "Un très doux paradis où l'on est tout d'oiseaux estourdis" selon la poétesse Christine de Pisan, venue rendre visite à sa fille religieuse en 1400. Un vaste vivier fournissait le poisson des jours maigres.

 

Après la Révolution, le domaine devenu propriété privée est un lieu de chasse et de baignade. On y trouve des vergers, pâturages, champs de blé... La ville de Poissy rachète la propriété qui devient un parc municipal, ouvert au public en 1976, sous le nom du peintre Ernest Meissonier, dont la propriété est à proximité du parc.

 

Le colloque de Poissy, 1561

 

Pour éviter la guerre civile entre catholiques et protestants,

Catherine de Médicis réunit à Poissy des théologiens des deux partis. Mais c’est un échec.

 

Le colloque de Poissy, de Joseph-Nicolas Fleury (1840, Musée Protestant).

 

En 1561, alors que la situation politique et religieuse en France, à la suite de la conjuration d'Amboise, est précaire, a lieu de colloque de Poissy. A l'instigation de Catherine de Médicis et de Michel de L'Hospital, prélats catholiques et ministres protestants tentent de trouver un accord pour éviter un affrontement armé. Le colloque se tient durant deux mois, de septembre à octobre, en présence de Charles IX, dans le réfectoire du monastère. Poissy avait été choisi car c'était là que séjournaient les membres du clergé élus aux Etats Généraux, convoqués à Pontoise. Mais les discours théologiens des deux confessions furent vains, et la scission irrémédiable.

 

La poétesse Christine de Pisan.

 

Christine de Pizan (ou, dans des textes plus anciens, Christine de Pisan), est née à Venise en 1364

et morte au monastère de Poissy vers 1430.

 

Christine est l’aînée d’une fratrie de 3 enfants. Son père, Tomazzo est un savant médecin et astrologue, élève puis professeur à l’Université de Bologne. Sa réputation le conduit d’abord à Venise, où il se marie. Quelques années après le roi Charles V l’invite à la cour à Paris avec toute sa famille pour devenir son médecin et astronomien (astrologue). Christine a alors 4 ans.

 

Entrée de Christine de Pisan à Poissy (huile de Jean-Robert Pinet, 1947, Hôtel de ville de Poissy).

A partir de 1400 Christine commence à rédiger des épîtres et livres destinés principalement au roi, à la reine

et aux princes. Ainsi son Livre des faits et bonnes mœurs du Sage Roi Charles V

qui est une biographie mais aussi une réflexion sur le bon gouvernement.

 

Christine de Pisan est considérée comme la première femme française écrivain. Elle est éprise de savoir et compose une œuvre riche et diverse qui comprend des poèmes, des manuels d’éducation, des épîtres destinés aux régnants (rois et reines de France, d’Allemagne) et des traités de politique et de philosophie. Elle est aussi soucieuse de la place et du rôle de la femme dans la société. Sa réputation s’étend de son vivant en France et à l’étranger.

 

Christine de Pisan présente son livre à Isabeau de Bavière

 

Christine vit donc dès l’enfance dans les cercles du pouvoir. Son goût pour le savoir se révèle aussi très tôt et est encouragé par son père. En 1379, à quinze ans, elle se marie avec Etienne Castel, « jouvencel bel et plaisant, sage et courtois sachant sagement mener sa nef » tel qu’elle-même en brosse le portrait. Il est un des quatre secrétaires du roi. Ce mariage est heureux et trois enfants naissent de cette union. Malheureusement Etienne meurt en 1389 victime d’une épidémie. Christine se retrouve alors jeune veuve avec la charge de six personnes : ses 3 enfants, sa mère et ses 2 frères.

Ce malheur l’atteint durement au moral et financièrement mais elle fait face courageusement. Elle ne se remariera pas mais découvre rapidement que son don littéraire lui permet d’obtenir des revenus en écrivant des poésies. Elle compose également des traités de politique, de philosophie et des recueils de poésies. Elle se retire au couvent de Poissy à la fin de sa vie, où elle écrit un Ditié de Jeanne d'Arc. On lui doit, entre autres, Cent ballades d'amant et de dame et La Cité des dames. Son travail majeur est accompli entre 1400 et 1418.

 

Site, hommage à Christine de Pisan à Poissy.

 

 

Ce patrimoine très contesté que l’on doit à Thu Van Tran est constitué d’ ordinaires par-paings mais ils sont par-tiellement couverts de feuilles d’or 22 carats.


Cette œuvre que l’on peut voir depuis 2008 dans le square du Pincerais est le fruit d’une commande publique dans le cadre du 1% artistique de la médiathèque Christine de Pisan. Cette dernière est morte au monastère de Poissy vers 1430.

 

On peut lire les explications suivantes sur une plaque fixée sur l’extérieur de l’un des murs : « Cette œuvre d’art s’inspire de la Cité des Dames, ouvrage allégorique de Christine de Pisan, datant de 1405, relatant la construction d’une cité où pourraient résider des femmes illustres. La forme s’apparente à une construction architecturale, une citadelle inachevée ou une ruine. Le réseau de murets en parpaings recouverts de feuilles d’or dessine des chemins à emprunter et des niches où se poser, converser. La Cité se présente donc comme un point de rassemblement, un enclos lumineux, un jardin. »

 

 

La ville et son patrimoine

 

 

Le vieux pont et les berges de la Seine.

Les vieux moulins du pont de Poissy, de Lucien Alphonse Gros, vu de Carrières-sous-Poissy (XIX° siècle).

C'est Saint Louis, né dans cette ville, qui fonda le premier pont de pierre.

 

Au XIII° siècle, le lit de la Seine était alors plus large que de nos jours, les rives plus basses et plus herbeuses. Surmonté de quatre moulins, le pont comptait jusqu'à trente-sept arches. Il est fortifié au XVII° siècle, doté d'un pont-levis et, à chacune de ses extrémités, une solide porte est ouverte et fermée à heures fixes. Comme la plupart des ouvrages similaires de l'époque, le pont de Poissy était à péage, tant dessus que dessous.

 

Plusieurs fois miné et réparé durant les guerres, il est définitivement détruit par le bombardement allié du 26 mai 1944. Un pont provisoire utilisé de 1946 à 1951 est remplacé par le pont actuel situé en amont et inauguré le 19 juillet 1952.

 

L'octroi.

 

Cet édifice néo-classique, construit entre 1825 et 1831, de forme octogonale,

servait de lieu de perception des droits sur les animaux vendus au marché. Il est orné de deux bas-reliefs :

la corne d'abondance et la tête de boeuf symbolisent les deux richesses de Poissy,

l'agriculture et le marché aux bestiaux.

 

La halle du marché.

 

Le petit jardin du jumelage, et la halle construite entre 1825 et 1832,

pour abriter les veaux, particulièrement fragiles, des intempéries et de la chaleur.

Son agrandissement en 1852, à l’aide des charpentes métalliques,

précède de peu la construction des Halles de Paris par Victor Baltard.

 

Ce marché approvisionnant Paris en viande de boucherie existe sous Philippe Auguste, mais c'est Louis IX qui lui accorde les privilèges assurant sa prospérité pendant de longues années. Menacé à la fin du XVII° siècle par la création du marché de Sceaux, il est rétabli en 1800. En 1867, l'ouverture du marché de la Villette entraîne la suppression du marché aux bestiaux de Poissy. De nos jours, la halle accueille chaque semaine le marché traditionnel.

 

     L'hôtel de ville.

 

Pour remplacer l’ancienne Mairie devenue trop exiguë, le Maire René Tainon décide en 1935

la construction d’un nouvel Hôtel de Ville sur la place à l’Herbe (l’ancien marché aux bestiaux).

 

La réalisation de l’édifice est confiée aux architectes Pierre Mathé, prix de Rome, et Henri Calsat,

la sculpture du fronton à Ossip Zadkine, la fresque du hall au peintre Brenson

et la décoration de la salle du conseil à Jean-Robert Pinet (1° Grand Prix de Rome).

 

Rare pour l’époque, un théâtre de grandes dimensions est intégré à l’édifice. L’inauguration a lieu en décembre 1937. En 1938, Ossip Zadkine (1890 - 1967), artiste d’origine russe, est choisi pour réaliser sur le fronton une sculpture monumentale en béton moulé, de 2m60 de long sur 2m32 de haut. Le personnage central, un ouvrier au travail, est entouré de deux femmes, l’une portant un violon (la musique), et l’autre un masque (le théâtre).

 

La Place de la République.

 

Réduite par la construction de l’Hôtel de Ville et de l’immeuble accueillant notamment le cinéma,

la Place de la République présente l’identité et les origines de la ville transposées

sur les reliefs en bronze sculptés en demi-creux par Yvan Theimer.

 

Inspirés par l’histoire de Poissy, ces bassins ainsi que les jardins forment un ensemble paysager agréable. La Place de la République, liée à la rénovation du centre-ville, s’inscrit dans un ensemble comprenant un parking souterrain, un immeuble d’habitation et de bureaux avec des façades commerciales, des espaces verts et des aménagements destinés à créer la convivialité tels le marché, la fontaine sans oublier le théâtre, le conservatoire municipal et le complexe cinématographique.

 

La centrale de Poissy.

 

 

Installée il y a deux siècles sur le site d'un ancien couvent de religieuses ursulines fondé au XVII° siècle,

la prison est en partie abritée dans des bâtiments reconstruits après la Révolution, et compte 223 détenus.

 

En pleine rénovation du centre-ville et de son parcours touristique, la mairie estime, à juste titre, que la maison Centrale n'a plus sa place en coeur de ville. Pour la municipalité de Poissy, c'est un véritable anachronisme. Maintenir une Maison Centrale dans l'hyper centre, à quelques jets de pierre de la Collégiale du XII° siècle et de l'hôtel de ville, ne possède plus aucune justification.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.ville-poissy.fr/

Dictionnaire des églises de France, Île-de-France, Volume IVd,

Editions Robert Laffont, 1968

"Poissy et son histoire", Noël Narcisse, 1986

(Cercle d'études historiques et archéologiques)

Visite et photos, Chantal Guyon, le 10 février 2019

 

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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