POISSY  (Yvelines)
Arrondissement et canton de Poissy.

Région Île-de-France
 Population : 37.146 Pisciacais en 2017.

 

D'une superficie de 1.328 hectares, et d'une altitude de 17 à 171 mètres,

la ville est traversée par le fleuve la Seine.

 

 

Le peintre Jean-Louis Ernest Meissonier, à Poissy

 

 

Jean-Louis Ernest Meissonier, est né à Lyon le 21 février 1815 et mort à Paris le 21 janvier 1891.
Fils d'un commerçant lyonnais, il fait preuve d'un talent certain pour le dessin. Adolescent,

il dessine des têtes au fusain et à l'estompe chez Julien Potier. Il quitte à 17 ans sa ville natale

et entre dans l'atelier du peintre Léon Cogniet où il apprend à peindre. Il assiste notamment à la préparation

de la peinture d'un plafond pour le musée du Louvre représentant l'expédition d'Égypte,

une reconstitution historique qui lui permet d'avoir ses premiers contacts avec la peinture militaire.
 

Séduit par le charme des lieux, le peintre déjà célèbre s'installe en 1846 à Poissy

où il entreprend d'importants travaux et se fait construire des dépendances et un atelier d'été.

 

Méconnu du grand public, Ernest Meissonier vécut près de quarante ans à Poissy. Il fut l'un des rares peintres français à connaître le succès de son vivant. Loin des toiles de ses débuts qui évoquent des scènes de la vie quotidienne au XVII° ou au XVIII° siècle dans la lignée des peintres flamands, c'est avec des scènes militaires qu'il va connaître la gloire.

 

Façade côté jardin.

Le peintre s’installe au sein de l’enclos et c’est là qu’il peint la plupart de ses œuvres

et qu’il accueille ses élèves parmi lesquels son fils Charles, Lucien Gros,

Édouard Detaille, Maurice Courant, Daniel Ridgway Knignt, Georges Brétegnier, Alphonse Moutte.

Il transmet à ses élèves sa rigueur dans le travail et son goût de la précision.

 

Ici, sont passés Guy de Maupassant, Marcel Proust, Théophile Gautier, Alexandre Dumas fils, Adolphe Thiers…

La présence de ces peintres attire à Poissy la société littéraire et artistique parisienne.

Guy de Maupassant dans "Les dimanches d'un bourgeois de Paris (1880) dépeint la propriété de Meissonier.

 

Après avoir vécu à Paris dans le quartier du Marais et sur l'Ile Saint-Louis, Ernest Meissonier s'installe, à Poissy,  à la mort de son père, riche commerçant. Il a alors 31 ans. Grâce à l'argent issu de l'héritage, il achète l'ancienne orangerie de l'hôtel de Mailly, construite durant la première moitié du XIX° siècle sur le site de l'ancien prieuré de l'abbaye des Dominicaines. Il la transforme avec l'aide de son ami Emile Boeswillwald, architecte des monuments historiques, et les travaux vont durer près de dix ans.

 

Vue sur la propriété depuis le chemin de l'enclos du prieuré royal Saint Louis.

 

Meissonier pose son regard sur des événements comme l'insurrection de Paris en 1848 ou la guerre contre les Prussiens en 1870. Il devient le spécialiste des campagnes militaires de Napoléon III. Au point qu'en 1863, l'Etat lui achète pour la somme de 50 000 francs "l'Empereur Napoléon III à la bataille de Solférino", une huile sur bois conservée au musée du Luxembourg.

 

Meissonnier surélève le toit et crée un atelier d'hiver au troisième étage ainsi qu'une terrasse.

 

Ernest Meissonier fait également construire des écuries ainsi qu'un chalet qui accueille un atelier de peinture d'été, un atelier photographique destiné à son fils Charles. Il y intègre également une sellerie et une salle de billard. Il y vivra jusqu'en 1878.

 

Façade coté extérieur,

et le passage menant à l'entrée de la grange du prieuré royal Saint Louis et au parc Meissonier.

 

Sa peinture lui valut à l'époque de vives critiques de la part des Impressionnistes, et il a été en conflit notamment avec Gustave Courbet. Il est élu à l'académie des Beaux-arts et promu Grand-Croix de la Légion d'honneur en 1889, le grade le plus élevé jamais accordé à un artiste et devient président du jury des beaux-arts de l'exposition universelle de Paris (1889).

 

Sous la voûte, passage permettant l'accès à la porterie du prieuré royal.

 

On attribue à Ernest Meissonier près de 400 toiles disséminées dans le monde entier dont, certaines au sein de grands musées, comme le Metropolitan de New york… L'exposition "Ernest Meissonier, un certain regard" présentée au prieuré royal Saint-Louis, en mars 2015, a exposé 50 d'entre elles. Les oeuvres provenaient de prêts accordés par les musées de Lyon, d'Orsay, de Moulins, de Tarbes ou du Louvre et de collections de particuliers. Des toiles qui outre la Grande histoire dévoilaient aussi de temps à autre l'intimité de l'artiste notamment à Poissy.

 

L’atelier d’été de Meissonier à Poissy,

aquarelle de Gustave Méquillet, (Collection Musée d'Art et d'Histoire de Poissy).
Autoportrait (1889), Paris, musée d'Orsay.
Statue en marbre d'Ernest Meissonier, d'Antonin Mercié, 1895.

 

La statue de Meissonier sera inaugurée le 26 octobre 1895, par Raymond Poincaré, au jardin de l'Infante, au Louvre. En 1966, elle quitte le jardin de l'Infante, pour être mise au dépôt de l'Etat. En 1980, elle est installée à Poissy, au parc Meissonier.

 

Le peintre repose dans le cimetière de Poissy, sous un médaillon le représentant de profil de C. Champlain.

Dans un bosquet proche se trouvent les sépultures d’autres membres de la famille.

 

Aujourd'hui, si la façade demeure identique, la propriété d'Ernest Meissonier, classée monument historique, a été divisée en plusieurs appartements. Le grand jardin a, lui, gardé toute son authenticité. Agnès Guignard, 70 ans et sa sœur Claire Du Pasquier, 72 ans, les arrières-arrières-arrières petites-filles d'Ernest Meissonier occupent toujours la maison que le peintre avait acquise en 1846 à Poissy. L'Orangerie a été divisée en plusieurs appartements, cela permet de garder le bien dans notre famille », précise Agnès Guignard.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.ville-poissy.fr/

http://www.culture.gouv.fr/

Article exposition Meissonier, http://www.leparisien.fr/

"Poissy et son histoire", Noël Narcisse, 1986

(Cercle d'études historiques et archéologiques)

Visite et photos, Chantal Guyon, le 10 février 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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