POISSY  (Yvelines)
Arrondissement et canton de Poissy.

Région Île-de-France
 Population : 37.146 Pisciacais en 2017.

 

D'une superficie de 1.328 hectares, et d'une altitude de 17 à 171 mètres,

la ville est traversée par le fleuve la Seine.

 

 

Villa Savoye, dite "Les Heures Claires"

 

 

Située à l'Ouest de la ville, au-delà du parc Meissonier, sur les hauteurs de Beauregard,

dans un parc aujourd'hui occupé par le lycée.

Elle est une des oeuvres phare de l'architecture contemporaine et de renommée internationale.

 

Cette maison a été construite entre 1928 et 1931,

par les architectes Charles-Edouard Jeanneret-Gris, dit Le Corbusier, et son cousin, Pierre Jeanneret.

La villa, maison de week-end de la famille Savoye, est baptisée "Les Heures Claires".

 

Ce chef d'oeuvre est la parfaite application de la théorie des " 5 points d'une architecture nouvelle" :

Les pilotis, les toits-jardins, le plan libre, la façade libre et la fenêtre en longueur.

 

▪ Les pilotis : en les utilisant, Le Corbusier fait de sa construction une "boîte en l'air" dont le soubassement se fond dans l'herbe environnante.

▪ Les toits-jardins : la toiture plate devient terrasse accessible et peut-être plantée. Le bâtiment se détache nettement sur le ciel par sa ligne horizontale.

▪ Le plan libre : grâce au béton armé, la maison est libérée des murs porteurs et séparatifs. Les poteaux portent les planchers et l'agencement du plan est libre.

▪ La façade libre : les façades sont indépendantes de la structure porteuse, elles se posent librement sur les pilotis. Leur composition est dictée par les vues depuis l'intérieur.

▪ La fenêtre en longueur : non porteuses, les façades peuvent être percées largement par de longues fenêtres qui apportent lumière et transparence, deux qualités chères au Mouvement moderne. (Ce mouvement est né entre les deux guerres préconisant la pureté des lignes et le fonctionnalisme).

 

La "promenade architecturale" proposée par Le corbusier met en oeuvre

sa conception d'une limite impalpable entre intérieur et extérieur.

Le site est une pelouse entourée de prairies et de vergers dominant la vallée de la Seine.

 

D'après Le Corbusier, "la maison est posée sur l'herbe comme un objet, sans rien déranger". Les ouvertures et la symétrie des façades d'arrivée et d'entrée suppriment toute notion de "devant" ou de "derrière". Le rez-de-chaussée disparaît dans l'ombre du premier étage, accentuant le décollement du sol autorisé par les pilotis.

 

Le rez-de-chaussée.

 

Il est réservé aux espaces de service : WC, garage et chambres du personnel compris.

 

Le hall d'entrée, orienté au nord,

a une luminosité égale qui tranche avec celle qui vient des parties hautes de la rampe ou de l'escalier.

 

Le Corbusier réinterprète le guéridon d'entrée :

constitué d'une tablette prise dans un poteau de structure, un lavabo y est associé.

Une petite chambre de service présente une exposition documentaire sur la villa Savoye.

 

La buanderie-lingerie, par son orientation et sa luminosité, est aussi un véritable jardin d'hiver.

 

L'escalier tournant, enveloppé dans son garde-corps plein, descend jusqu'à la cave.

La rampe au linoléum gris conduit en douceur au premier étage.

(Le linoléum est un revêtement de sol à base d'huile de lin

et de gomme coulé en place sur la dalle de plancher).

 

Les espaces d'habitation.

 

L'habitation de la famille Savoye se situe au premier étage et se distribue autour du jardin suspendu.

Dans toutes les pièces, des tablettes en béton placées sous les fenêtres

couvrent des placards à portes coulissantes en aluminium.

 

La cuisine est accessible via un office équipé de placards et d'un passe-plat.

 

 

Les nombreux rangements et plans de travail carrelés témoignent de l'importance de cette pièce de service.

 

 

Le séjour dispose d'une baie vitrée qui s'ouvre sur la terrasse.

La nuit, le séjour est éclairé par une longue suspension en acier nickelé.

 

Le couloir accuse la perspective vers la chambre du fils des Savoye

par le bleu outremer très dense d'un des murs et de l'éclairage zénithal.

 

La chambre des Savoye : un placard ménage une entrée et sépare la pièce de la salle de bains.

Sur le mur gris de gauche, l'emplacement du lit est suggéré par l'alcôve formée par deux pilotis.

 

La salle de bains est théâtralement mise en scène par la méridienne (lit de repos),

le rideau de toile et un puits de lumière.

 

La chambre du fils dispose de deux espaces, de sommeil et de travail, séparés par un placard.

Une salle de bains est accessible aux amis et au fils grâce à ses deux portes.

 

La chambre d'amis : un placard protège l'intimité du cabinet de toilette éclairé par une fenêtre zénithale.

 

 

Escalier et rampes d'accès au jardin suspendu.

 

 

Depuis la terrasse, vue sur le séjour.

 

Le solarium est dessiné par un mur coupe-vent dont les courbes répondent à celles du rez-de-chaussée.

Dans l'axe de la rampe, la vue sur la vallée de la Seine est mise en scène

par un "trou dans le mur" qui focalise l'attention comme un diaphragme.

 

Le jardin suspendu distribue la lumière au coeur même de la maison.

Les murs cadrent la vue sur le paysage, prolongeant les baies qui courent sur tout le pourtour de la maison.

 

La maison du gardien-jardinier.

 

 

Cette maison est le seul exemplaire construit de la maison minimum unifamiliale.

 

Ce modèle de construction a été présenté par Le Corbusier et son cousin Pierre Jeanneret au congrès des CIAM de 1929. Le CIAM : Congrès internationaux d'architecture moderne, fondés en 1928 à La Sarraz en Suisse par divers architectes et critiques soucieux de réfléchir aux nouveaux aspects de l'urbanisme et de l'architecture.

 

Charles-Edouard Jeanneret-Gris, dit Le Corbusier

 

Le Corbusier, né le 6 octobre 1887 à La Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel, en Suisse, et mort le 27 août 1965 (à 77 ans) à Roquebrune-Cap-Martin.

C'est un architecte, urbaniste, décorateur, peintre, sculpteur et homme de lettres, suisse de naissance et naturalisé français en 1930.

Charles-Édouard Jeanneret est, par son père, le descendant d'une lignée d'artisans, protestants émigrés du sud-ouest de la France, et par sa mère, de famille d'industriels essentiellement horlogers de Suisse, du nord de la France et de la Belgique.

 

Le Corbusier s'installe à Paris en 1917 et rompt avec l'académisme architectural. Il exprime ses idées novatrices en matière d'urbanisme et d'architecture dans la revue L'Esprit nouveau qu'il fonde en 1920 avec le peintre Amédée Ozenfant et Paul Dermée, ainsi qu'en participant aux CIAL, congrès initiés en 1928.

 

Pendant la guerre, la villa est occupée par les Allemands, puis par les Alliés et elle sera très endommagée. En 1959, la ville de Poissy achète la propriété aux Savoye pour construire un lycée, puis la cède à l'Etat en 1962. La prise de conscience de la dimension universelle de la villa aboutit à sa restauration de 1963 à 1997. Elle fut classée monument historique du vivant de son créateur.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dépliant 3 volets "guide du visiteur", remis à l'accueil

"La villa Savoye", Jacques Sbriglio, Editions Birkhäuser

Visite et photos, Chantal Guyon, le 10 février 2019

 

 

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