MANTES-LA-JOLIE  (Yvelines)
Arrondissement et canton de Mantes-la-Jolie.

Région Île-de-France
 Population : 43.969 Mantais en 2016.

 

D'une superficie de 938 hectares, et d'une altitude de 17 à 41 mètres,

la ville est située sur la rive gauche du fleuve la Seine.

 

Etymologie : son surnom de Jolie, lui aurait été donné lors de la reconstruction entière de la ville

qui fut détruite par Guillaume le Conquérant, ou selon les versions, à Henri IV,

qui brûlant d’amour pour la belle Gabrielle d’Estrées aurait eu ces mots : « je suis à Mantes, ma jolie…. »

 

 

Mantes-la-Jolie : ville royale

 

 

A la Révolution, la ville perdit son présidial, ses justices, son grenier à sel et son élection.

Elle devient sous-préfecture par la loi du 28 pluviôse de l’an VIII.

Le tribunal de première instance s’installa dans l’ancien auditoire royal et l’hôtel de Ville fut conservé.

 

Vue aérienne avant 1970 : la collégiale Notre-Dame, et le pont enjambant la Seine.

Depuis le pont, vue sur la Seine en 2019.

 

La commune s'est développée sur la rive gauche de la Seine formant une boucle au sud de la forêt du Vexin. Sur un axe de communication actif habité dès l'époque gallo-romaine, Mantes prend son essor dès le haut Moyen Âge avec la création d'un port entre Paris et Rouen.

 

Vestiges des remparts et des portes.

 

La porte saint Martin, et la porte aux Prêtres.

 

▪ La tour Saint-Martin est l’unique tour qui subsiste de l’ancien rempart, elle doit son nom au prieuré St Martin qui était proche. Durant la guerre de Cent ans, elle fut remaniée pendant l’occupation anglaise. Son volume trapu, son plan en fer à cheval et ses embrasures de tir lui assurait une parfaite défense.
▪ La Porte au Prêtre est une ancienne poterne, bâtie au XIII° siècle, et la seule porte de la ville qui ait été conservée. Elle doit son nom à un prêtre qui se serait introduit par cette porte afin que les Français puissent reprendre la ville aux Anglais.

 

Avant 1910, la porte de Rosny, aujourd'hui disparue.

 

En 911, par le traité de Saint Clair-sur-Epte, Mantes entre dans le domaine des comtes du Vexin, vassaux des rois de France. Guillaume le Conquérant, qui revendiquait le Vexin, prit Mantes et l'incendia. En 1110, Louis VI le Gros accorda à Mantes une charte de commune par laquelle tous ceux qui y demeuraient devenaient, de droit perpétuel, hommes libres. La ville avait le droit de s'administrer elle-même. Au début du XIII° siècle, les hostilités entre la France de Philippe Auguste et l'Angleterre de Henri II reprennent. Les citoyens Mantais se montrent très courageux et Philippe Auguste accorde à la ville de nombreux privilèges. Il meurt à Mantes en 1223.

 

Le siège de Mantes en 1087.

 

Guillaume le Conquérant au siège de Mantes, en 1087.

Selon la tradition, lors du siège, Guillaume le Conquérant aurait été blessé dans la rue de la Herse de Mantes.

Il mourut quelques temps plus tard à Rouen des suites de ses blessures.

 

Guillaume le Conquérant, irrité par les actes de brigandages sur le territoire normand exigea de Philippe 1er , la possession du Vexin et des villes de Pontoise, Chaumont et Mantes. Celui-ci refusa. Au mois de juillet 1087, Guillaume le Conquérant entra par surprise dans Mantes qu’il détruisit entièrement à l’exception du château. Blessé on le ramena mourant à Rouen, se repentant d’avoir brûlé la ville, il légua par testament une forte somme pour reconstruire Mantes.

 

Pendant la guerre de Cent Ans, Mantes tomba aux mains des Anglais, mais fut reprise par la ruse de Du Guesclin et rendue au roi de Navarre à qui elle avait été donnée en dot lors de son mariage avec Jeanne, fille du roi Jean II le Bon.

 

Le château de Mantes.

 

Résidence appréciée des rois de France et de leur entourage, le château fut aménagé au cours du XIV° siècle

par Philippe, comte d'Evreux et par Charles V (1338-1380), roi de France.

Laissé à l'abandon dès le début du XVIII° siècle, son état se dégrada peu à peu, et il fut démoli en 1719.

 

Gravure, sous Charles V, représentant le château de Mantes, la tour Ganne et les remparts.

Les fondations de la Tour Ganne se situaient en bas de l'éperon rocheux sur lequel le château était édifié.

 

La tour de Ganne, sans doute construite au cours des invasions normandes, défendait alors son accès depuis la Seine. En 1604, une manufacture de soie est établie par Henri IV dans le château de Mantes. Après avoir servi d'atelier monétaire, elle s'écroula en 1710.

 

14 mars 1590 : la bataille d'Ivry (Eure).

 

Henri IV passe ses troupes en revue avant
la bataille d’Ivry le 14 Mars 1590. (Lithographie de 1902).

 

Cette bataille opposa l'armée royale commandée par Henri IV à l'armée ligueuse (constituée de catholiques et d'Espagnols) qui défendaient leur religion contre le protestantisme. Après sa victoire, le roi décida d'installer à Mantes son gouvernement. Pendant près de quatre ans, la ville fut donc la capitale politique du pays. Ce choix stratégique s'explique par la situation géographique de la cité fortifiée. Elle permettait d'interrompre la circulation sur la Seine et l'approvisionnement des ligueurs qui détenaient Paris et Rouen. Par ailleurs, à quelques lieues de là, résidait un autre personnage important de l'Etat : Maximilien de Béthune, futur duc de Sully (né à Rosny) et l'un des principaux ministres du roi.

 

Le château de Mantes ou "Le Louvre d'Henri IV".

 

Gravure présentant la ville de Mantes sous Charles V.

Ce jardin d'aujourd'hui, fut autrefois le site du château et de sa tour fortifiée.

C'était ici le coeur du pouvoir royal qui fut à l'époque médiévale au centre d'une double ceinture de remparts.

 

Lorsqu'il vint pour la première fois se promener dans ces jardins, Henri IV confia à la reine Marie de Médicis "Madame, si vous saviez combien cette ville m'est chère ! Mantes a été autrefois mon Paris, ce château mon Louvre, et ce jardin mes Tuileries, où je pris de forts bonnes résolutions". Plusieurs illustres personnages l'ont fréquenté par la suite dont le roi Louis XIII et Mazarin.

 

Les vestiges du château de Mantes, transformés aujourd'hui en square du château.

 

Entrée du square (depuis le chevet de la collégiale, et côté jardin).

 

La collégiale Notre-Dame était incluse dans l'enceinte fortifiée du château royal, qui s'élevait à l'emplacement de ce jardin public, situé derrière le chevet. Il fut détruit au XVIII° siècle. Au fond du square, une belle vue se dégage sur le chevet de la collégiale et sur la tour Saint-Maclou.

 

L'ancien puits.

La première mention du château connue comme possession de Guillaume II Le Blanc,

comte de Vexin, apparaît en 1066.

 

On ne conserva du château que les vastes écuries avec leur importante maréchalerie, le tout construit à droite, en bordure de la place et de l’ancienne ruelle aux Prêtres, celle-ci, aujourd’hui disparue, enclavée dans la propriété qui occupe maintenant l’emplacement du château. De 1721 à 1791, ces écuries servirent à loger les chevaux du relais de la poste royale. Sur les anciennes fondations du château, on construisit, à la fin du premier Empire, une demeure modeste qui fut démolie vers 1920 pour faire place à la propriété actuelle.

 

Les chiens de Mantes  (Sculpture de Bernadette Kanter).

 

Une compagnie d'Arquebuse, sorte de milice bourgeoise, établie à Mantes, en 1452 par Charles VII,

faisait partie avant la Révolution de 1789,  de la force armée de l'arrondissement.

Chaque ville, affiliée à la corporation de l'Arquebuse, avait sa propre devise :

Paris, les badauds / Meaux, les chats / Etampes, les écrevisses / Corbeil, les pêchers /

Magny, les oeufs / Meulan, les hiboux / Limay, les loups / Mantes, les chiens.

 

Pourquoi les Arquebusiers de Mantes prirent-ils comme signe de devise le chien ? Plusieurs explications existent : la plus probable est celle qui fait du "meilleur ami de l'homme" le symbole de la fidélité. On se souvient, à cet égard, des paroles du roi Henri IV  : "Messieurs de Mantes, je n'avais aucune inquiétude pour vous : bons chiens reviennent toujours à son maître".

 

L'ancien hôtel-Dieu.

 

Successivement atelier photographique, théâtre et cinéma, l'hôtel-Dieu est actuellement un musée.

 

D'abord situé près de la place St Maclou, puis au niveau supérieur de la porte du Fort,

l'hôtel-Dieu fut installé sous le règne de Charles V (1338-1380).

L'hôpital, ainsi que la chapelle du XVIII° siècle dédiée à Saint Jean Baptiste, furent désaffectés en 1854.

 

La porte de l'hôtel-Dieu comportait une loge en encorbellement soutenue par deux forts piliers formant consoles.

Des pilastres corinthiens, une grande rosace surmontée d'une tête d'ange ailée

et des guirlandes ornent la façade de la chapelle.

Le fronton sculpté d'un bas-relief représentait l'Annonciation, a disparu.

En 1608, à la demande d'Henri IV, des ouvriers flamands s'établirent à Mantes pour confectionner des toiles.

Ils édifièrent une vaste construction dans les prés de l'hôtel-Dieu.

 

La tour Saint Maclou, du XVI° siècle.

 

La tour Saint-Maclou est le dernier vestige d’une ancienne église paroissiale du même nom, datant du XI° siècle.

Cette église aurait été édifiée après le siège de Mantes mené par Guillaume le Conquérant en 1087,

sur le site d’une première église qui aurait été construite vers 1015. A cette époque, un marché aux harengs,

provenant des pêcheries dieppoises, s’était installé près du sanctuaire.

 

La Seine, la collégiale et la tour Saint Maclou.

 

Cette tour en pierre calcaire comporte un rez-de-chaussée et trois étages. Sous les arcades (aménagement du XX° siècle) sont présentés des panneaux décrivant l’histoire de Mantes. Au premier étage s’ouvrent, sur les quatre faces, des baies ogivales sans ornement. Le deuxième étage est plus travaillé. Ornée aux angles, de gargouilles, la tour compte aussi six statues installées dans des niches. La statuaire de ce deuxième niveau représente les Vertus. Une tourelle flanquée sur l’angle nord-est court sur toute la hauteur de la tour : c’est l’escalier à vis, accès à la tour et terminé par une petite coupole.

 

La ville aujourd'hui.

 

L'industrie, base économique de cette agglomération, est actuellement en profonde mutation.

 

La métallurgie, la chimie et les cimenteries, auxquelles on reprochait leur pollution, sont en déclin, ou même disparaissent. Il est symbolique de constater l'installation, dans des locaux abandonnés par la Cellophane, d'un organisme universitaire, le premier cycle de Nanterre-Paris X, techniques de la communication. La région essaie de se tourner vers les techniques nouvelles.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.manteslajolie.fr/
http://mantes.histoire.free.fr/

"Mantes-La-Jolie", Aurélien Coudurier, Sutton Éditions, 2010.

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 12 février 2019

 

 

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