MANTES-LA-JOLIE  (Yvelines)
Arrondissement et canton de Mantes-la-Jolie.

Région Île-de-France
 Population : 43.969 Mantais en 2016.

 

D'une superficie de 938 hectares, et d'une altitude de 17 à 41 mètres,

la ville est située sur la rive gauche du fleuve la Seine.

 

 

Collégiale gothique Notre-Dame

 

 

Cette ancienne collégiale a été construite en même temps que la cathédrale Notre-Dame de Paris,

et présente avec elle, de nombreuses ressemblances.

Les travaux commencèrent vers 1170-1175 par la façade Ouest,

et l'édifice fut terminé vers 1220, à l'exception des tours, achevées vers 1265.

 

Chevet de la collégiale, le pont sur la Seine, avant 1970.

La collégiale fut édifiée sur le Mont Eclair, à la place de l'église détruite par Guillaume le Conquérant.

 

Bien située en bordure du centre primitif de la ville, la collégiale compose avec la Seine

dont elle est toute proche, un ensemble qui fut cher à beaucoup de peintres dont Corot et Turner.

Dans le square contigu dominant la vallée,

s'élevait ici le château, autre élément essentiel de la ville avec le pont.

 

Chevet de la collégiale, face à l'entrée de l'ancien château.

Ses dimensions : longueur totale 67,70 m, hauteur sous voûte 29,90 m, hauteur des tours 54,40 mètres.

Le collège de chanoines de la ville desservant l'église et sans doute le roi, dont la construction coïncide

avec le règne de Philippe Auguste, mort ici en 1223, sont certainement les financiers de cet édifice.

 

 

Le chevet donne une grande impression de force. La décoration des chapelles rayonnantes avec leurs galeries,

leurs gâbles ajourés et leurs pinacles, offre un contraste marqué avec la nudité de la paroi du déambulatoire,

simplement percée de grands oculi. De hauts contreforts rectangulaires supportent les arcs-boutants.

 

Depuis le chevet, escalier d'accès menant au parvis de la collégiale.

 

La façade, de la fin du XII° siècle, est surmontée de deux tours,

ajourées de hautes lancettes et terminées en plate-forme.

A la base de la façade s'ouvrent trois portails inégaux.

Le plus petit portail au nord, est le plus ancien : il présente au tympan la Résurrection du Christ,

et au linteau les Saintes Femmes au tombeau.

Au-dessus des portails, la façade est subdivisée en deux étages, l'un percé d'une suite de baies régulières,

l'autre ornée d'une rose de huit mètres de diamètre

encadrée d'une arcature en plein cintre et de deux larges fenêtres.

 

Le portail central, de quelques années postérieur, est d'un autre artiste.

Belle décoration aux piédroits, faite de rinceaux, et la riche ornementation des socles, inspirées de l'antique.

 

Les voussures (comme toutes les sculptures de la façade, les statues ont été décapitées) représentent les rois de Juda, ancêtres du Christ, assis sur les branches de l'arbre de Jessé. Le linteau et le tympan sont postérieurs d'une dizaine d'années. Le 1° représente la dormition et l'Assomption de la Vierge, le second, son couronnement. (Ce portail portait autrefois des statues-colonnes, dont certaines têtes subsistent dans les tribunes).

 

Le portail sud, le plus élevé, exécuté en 1300, est très différent : un riche gâble ouvragé,

encadré de pinacles élancés, le surmonte : le tympan raconte en trois registres la vie du Christ.

De part et d'autre, des niches contenaient des statues d'apôtres,

dont certains fragments sont conservés dans les tribunes. Dans les voussures, statuettes de saints.

 

Depuis le choeur, vue sur la nef et le portail occidental.

A l'entrée, se trouve un bénitier en pierre du XV° siècle.

 

La nef, haute de 30 m, est couverte de voûtes sexpartites, supportées,

alternativement par des piles carrées flanquées de colonnettes et des colonnes cylindriques.

 

L'élévation de la nef est partagée en trois étages de hauteurs sensiblement égales : les grandes arcades du rez-de-chaussée, celles des tribunes et enfin les fenêtres hautes. La disposition de la nef est en grande partie due à ses trois voûtes d'ogives à six branches (sexpartites), chacune embrassant deux travées.

 

La grande rose de Mantes est l'une des plus anciennes de France.

Les plus anciens panneaux remontent aux environs de 1210.

Elle a conservé ses vitraux du XIII° siècle, qui représentent le Jugement dernier.

 

L'instrument le plus prestigieux est le grand orgue de Merklin, construit dans la tour Nord en 1897. Sa restauration s'est achevée en 2013. Le grand orgue situé sous la rosace est un instrument plus modeste. Il a été inauguré en 1988. L'orgue de choeur, implanté en 2013 sur une tribune, à droite de l'autel par le facteur d'orgue Cogez est un instrument d'une grande qualité, destiné à répondre à l'orgue de Merklin.

 

Dans la première chapelle Nord, fonts baptismaux du XVIII° siècle.

 

La vasque en marbre noire date d'avant la Révolution. L'autel actuel, dédié à Notre-Dame de Lourdes, fut offert par la paroisse en 1942 à son curé, le chanoine Dévé, en hommage et en remerciement, à l'occasion de son jubilé d'or sacerdotal.

 

Les bas-côtés sont surmontés de larges tribunes, qui s'ouvrent sur la nef par trois baies en arc brisé.

Statue de Jeanne d'Arc du XIX° siècle.

 

Aux deux dernières travées Nord et autour du déambulatoire, les tribunes ont gardé leurs voûtes transversales

primitives en berceau brisé du XII° siècle, éclairées au fond par de grands oculi

et communiquant entre elles par de vastes ouvertures. Statue de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus.

La porte Sud latérale dont le tambour fut autrefois une chapelle dédiée à la Sainte Vierge.

Du premier étage, les notables pouvaient suivre les offices.

Cette tribune du premier étage est occupée maintenant par l'orgue de choeur.

 

 

Au Sud du choeur, la chapelle de Navarre a été élevée au milieu du XIV° siècle,

en l'honneur des comtes de Mantes.

 

De plan rectangulaire, elle est couverte de quatre voûtes d'ogives retombant sur un pilier central, et plus larges vers l'extérieur que vers l'intérieur. Elle est entièrement ajourée de grandes fenêtres, garnies de vitraux du XIV° siècle représentant des familles de France (Philippe Auguste, Saint Louis, Blanche de Castille), d'Evreux, de Navarre.

 

 

Quatre statues de 90 cm de haut accrochées au mur, sont des joyaux de sculptures du XIV° siècle.

Deux sont couronnées (Jeanne de France et Jeanne de Navarre), co-fondatrices de la chapelle.

Les deux autres sont des femmes habillées à la mode du temps, mais non identifiées).

 

Chapelle Notre-Dame des Douleurs, représentée par une pietà au-dessus de l'autel.

 

A présent, chapelle du Souvenir, en mémoire des 320 Mantais morts au champ d'honneur en 1914-1918 et de ceux des autres guerres. Les vitraux, comme ceux des chapelles successives, sont modernes, remplaçant ceux détruits par les bombardements.

 

La chapelle Saint Roch est située entre la chapelle des Douleurs et la chapelle de Navarre.

 

Vue sur la façade occidentale depuis le rond point du déambulatoire.

Aux deux dernières travées Nord et autour du déambulatoire, les tribunes ont gardé leurs voûtes transversales

primitives en berceau brisé du XII° siècle, éclairées au fond de vastes ouvertures.

 

Les autres travées sur les bas-côtés, ont été voûtées d'ogives au XIV° siècle et éclairées par de larges baies à remplage, sauf les deux travées contigües aux tours, qui ont aussi des oculi. Du côté Nord, deux chapelles ont été construites au XIV° siècle.

 

La chapelle Saint Joseph, édifiée au début du XIV° siècle.

 

Un réseau d'arcatures orne ses murs ainsi que des triangles curvilignes. Les petits chapiteaux sont ornés d'un double rang de feuilles découpées, dans le style des années 1310-1320. La statue au-dessus de l'autel, en pierre peinte du XIX° siècle, représente Saint Joseph donnant une leçon à l'enfant Jésus.

 

La chapelle d'axe ou de la Vierge, comprend une travée fort courte, suivie de l'abside.

 

La chapelle du Sacré Coeur, est l'ancienne chapelle dédiée à Saint Eutrope.

Elle fut fondée par Jeanne de France, Reine de Navarre, en 1320.

Ses murs sont ornés du même style d'arcatures et de chapiteaux que la chapelle Saint Joseph.

 

Le choeur est entouré de colonnes supportant des arcs rehaussés.

 

Aux fenêtres hautes du choeur, aux oculi de la tribune

et dans la chapelle d'axe ont été posés des vitraux modernes.

 

Tableau de Saint Paul prêchant à l'aréopage d'Athènes. Il est signé Sébastien Norblin (1844).

 

 

Depuis le portail occidental, vue sur le choeur, l'autel et les stalles.

 

Chapelle Sainte Geneviève, fondée et dotée par Etienne Le Ventrier et sa femme Marie Descauville.

Dédiée d'abord à la Trinité, elle est consacrée à Sainte Geneviève, patronne de Paris et de l'Île de France.

Statue d'une Vierge du XIV° siècle, polychrome.

 

De nombreuses dégradations irréversibles ont eu lieu pendant la Révolution. L'édifice servit successivement de Temple de la Raison, de fabrique de salpêtre, puis d'arsenal. Quelques restaurations d'urgence ont été faites par l'Etat, après la signature du Concordat, en 1801, mais c'est au XIX° siècles que des travaux d'envergure sont effectués. L'architecte Mantais, Alphonse Durand, élève de Viollet-le-Duc, conduit les travaux de 1851 à 1855 environ. Les bombardements alliés du 30 mai 1944 ont fait d'importants dégâts dans ce quartier proche du pont, mais la collégiale ne fut que peu touchée.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.manteslajolie.fr/
Dépliant 3 volets "La collégiale vous accueille", disponible à l'entrée de l'édifice

"La collégiale, guide de visite, 4 pages

Dictionnaire des églises de France, Île de France

Volume IVd, Editions Robert Laffont, 1968

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 12 février 2019

 

 

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