PROVINS   (Seine-et-Marne)

Région de Île-de-France

Arrondissement et canton de Provins.
 Population : 11.859 Provinois en 2016.

 

D'une superficie de 1.472 hectares, et d'une altitude de 86 à 168 mètres,

la ville est traversée par le cours d'eau le Durteint, et la rivière la Voulzie, affluent de la Seine en rive droite.

 Ancienne capitale des comtes de Champagne, Provins s'élève au coeur de la Brie.

Provins est inscrite depuis le 13 décembre 2001 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

 

Etymologie : le nom de Provins est issu du mot latin profundis (profond, épais).

 

Avant 1970, la ville haute : Tour César et la collégiale Saint Quiriace

 

Au Moyen Age, la cité des roses bénéficia d'un grand renom. Edifiée sur un promontoire, elle conserve de cette époque sa configuration actuelle : une ville haute et une ville basse, ceintes de remparts. Ses monuments, ses rues et ses hôtels particuliers constituent autant de témoins de la vie florissante de la cité au cours des XII° et XIII° siècles. Le rattachement de la province champenoise au royaume de France, les sièges de la guerre de Cent Ans, entraînèrent son déclin.

 

 

La ville haute
 

 

Cette ville haute atteste ses origines médiévales par le nombre des maisons et hôtels particuliers,

la sérénité des places et son aspect villageois.

A l'instar des organisations urbaines médiévales, et pour retrouver son glorieux passé,

Provins s'est doté d'une commune libre de la ville haute

organisant au cours de l'année différentes fêtes et manifestations.

 

Les remparts du XIII° siècle.

 

Ces fortifications entouraient toute la ville et ont mesuré jusqu'à 5 km.

 

Dès le début du XII° siècle, le Châtel de Provins est délimité par une enceinte qui englobe le donjon, point culminant de l'éperon, la collégiale Saint Quiriace et le palais comtal. Cette enceinte est rénovée et complétée à la fin du XII° siècle et la ville basse, alors en pleine expansion, est protégée par une palissade.

 

La porte Saint Jean, la Tour aux Pourceaux, la Tour aux engins, la Porte de Jouy ponctuent cette enceinte.

 

Photo de droite : la porte de Jouy.

Cette nouvelle porte est percée dans la troisième enceinte. La construction commence vers 1233.

Elle encercle largement toutes les maisons et boutiques de foire construites en dehors de la seconde enceinte.

Cette enceinte comporte vingt tours de flanquement de plans différents, circulaire, quadrangulaire,

polygonal sans éperons ou à éperons, et de nombreux dispositifs défensifs, comme les archères.

 

L'ensemble subit des modifications au cours des siècles, jusqu'au XVI° siècle, il s'agit de renforts.

A partir du XVII° siècle, la ville cesse d'entretenir ses remparts qui,

parfois, deviennent de véritables carrières de pierres.

 

La maison du bourreau, des XIV° et XV° siècles : construite à cheval sur la courtine Ouest, cette tour faisait partie de l'ancien système fortifié de Provins et était accessible par le chemin de ronde. Isolée des habitations, elle sert de logement à l'exécuteur des sentences criminelles du bailliage de Provins. Le dernier bourreau qui l'occupe en 1788, Cyr Charlemagne Sanson, aurait participé à l'exécution de Louis XVI.

 

Trou au chat, du XIV° siècle.

 

Le chat est une machine de guerre, sorte de chariot mobile et couvert armé d'un éperon de fer qu'on lance contre la muraille pour l'ébranler. Les soldats montés dans le chariot, à l'abri des chutes d'objets, élargissent l'ouverture avec des pics. Une brèche appelée Trou au chat, faite en 1378, permet d'entrer dans la tourelle attaquée.

 

La porte Saint Jean est un ouvrager d'art militaire des XII° et XIII° siècles,

qui assurait la défense de l'ancienne route de Paris traversant alors la ville haute.

Elle est mentionnée dans les textes entre 1250 et 1270.

 

 

La porte est flanquée de deux tours circulaires

et présentait un pont-levis, une herse et une porte à double battant.

Le corps de garde pouvait communiquer par un souterrain et une galerie située au premier étage

reliant également les salles entre-elles. Un escalier accolé à la muraille donna accès à la courtine.

 

La tour César.

 

L'origine de sa dénomination est obscure :

▪ Selon l'une, un historien provinois lui aurait donné ce nom au XVIII° siècle,

pensant que la tour et les remparts étaient l'oeuvre des Romains.

▪ Selon l'autre, le nom est la traduction de Kaiser :

le chef, parce que la tour était le centre de commandement de la défense.

 

Vue aérienne avant 1970.

 

Le donjon existait déjà en 1137. Lors des troubles, il accueillait les chevaliers, tandis que les habitants de la cité se rassemblaient dans l'enceinte du châtel. La tour servait d'atelier de monnaie, puis de prison. Lors du siège des Anglais en 1432, le capitaine Guérard et sa troupe s'établirent dans la tour qu'ils dotèrent d'une muraille, baptisée "Pâté aux Anglais".

 

Implantée à l'extrémité de l'éperon rocheux, la tour protège l'ancien palais comtal et domine le Val.

Partant d’une base carrée, le donjon s’achève sur une forme octogonale, flanquée de quatre tourelles d’angle.

 

Construite au XII° siècle par les comtes de Champagne, alors que s'élaboraient de nouveaux modèles de donjons,

à la fois défensifs et représentatifs,

la Tour César est l'un des témoignages exceptionnels de l'architecture militaire médiévale.

A l'intérieur, un escalier du XVII° siècle conduit au pied de la face Sud du donjon.

 

En 1433, le donjon fut relié aux fortifications de la cité. A l'angle Sud-Est de la terrasse

fut bâtie la maison du sonneur de cloches.

La tour sert aujourd'hui de clocher à l'église Saint Quiriace.

La maison du sonneur de cloches fait actuellement office de Syndicat d'initiative.

 

▪ Au 1er étage, la salle des gardes couverte d'une voûte, composée de quatre arcades ogivales, avec une grande cheminée de 2,70 m de largeur. Dans la tourelle Sud-Ouest, la chambre du gouverneur, dotée d'une cheminée, d'où l'officier surveillait les différentes parties de l'édifice.

▪ 2° étage : un escalier compris dans l'épaisseur des murs conduit au chemin de ronde, jadis couvert de hourds de bois.

▪ 3° étage : par l'un des quatre escaliers, très étroits, aux hautes marches, accessibles par deux portes à l'Est et à l'Ouest de la galerie, on parvient à l'étage supérieur. Cette terrasse, autrefois à ciel ouvert, fut recouverte en 1554. En 1693, les six cloches du chapitre y furent installées et la charpente et toiture actuelles édifiées. Du chemin de ronde bordé de 16 créneaux, on découvre une superbe vue de la ville haute et du pays environnant.

▪ Rez-de-chaussée : en redescendant, on accède à la salle basse voûtée en calotte et éclairée par quatre meurtrières. De la sortie, un couloir mène, à droite, à un cachot (prison de Jean Clou, aventurier bourguignon du XV° siècle).

 

La maison romane, des XII° et XX° siècles,

actuel Musée de Provins et du Provinois.

 

Vues avant 1970 et en 2019 : un des plus anciens édifices civils de Provins.

 

Sa situation dans le quartier de la Juiverie laisse penser qu'elle aurait abrité une école rabbinique et même une synagogue. Elle a appartenu à un juif converti du nom de Pierre d'Orgemont. Son fils fut tout d'abord 1° Président du Parlement de Paris avant d'être nommé chancelier de France en 1373. La demeure abrite successivement l'école Sainte Lucence, dirigée par la congrégation des dames Célestines, une garderie, puis une école communale. Abandonnée vers 1950, elle est acquise par la Société d'Histoire et d'Archéologue, qui la restaure et y installe le Musée.

 

La grange aux dimes, fin du XII° ou début XIII° siècle.

 

Les deux rangées de corbeaux présents sur la façade servaient à maintenir les poutres des auvents

destinés à protéger les étals. Elle compte trois niveaux d'élévation : une salle basse, une salle haute accessible

par un escalier extérieur en pierre, couvert à l'origine d'un abri rampant,

et un étage sous charpente éclairé par des fenêtres à meneaux.

 

La salle haute a certainement servi de logis, comme l'atteste la présence d'un réduit

destiné à abriter des latrines et les bancs aménagés dans les embrasures des fenêtres.

 

Propriété des chanoines de Saint Quiriace,

la grange était louée en tant que local commercial aux marchands de Toulouse.

 

La salle basse ou caveau, accessible par un escalier en pierre, comporte trois nefs voûtées d'ogives, avec formerets et doubleaux, reposant sur des colonnes à chapiteaux. Les voûtes sur croisées d'ogives de la salle haute sont moins élevées, mais la disposition des colonnes qui les supportent est identique. Les anneaux en fer suspendus aux clefs de certaines voûtes ont pu être utilisés pour l'attache d'instruments de pesage ou de lustres pour l'éclairage.

 

▪ Maison natale de Saint Thibault, transformée au XVII° siècle en orphelinat.

A l'étage noble s'ouvre trois fenêtres ogivales.

▪ Hôtel des Trois Singes, de la Renaissance, avec sa façade à deux niveaux.

 

 

Ses rues, ses maisons à colombages et ses hôtels particuliers

constituent autant de témoins de la vie florissante de la cité au cours des XII° et XIII° siècles.

 

Plantée de tilleuls, bordée à l'Est par l'église Saint Quiriace, et à l'Ouest, par le donjon,

de cette place s'ouvrent les portails de belles demeures des XVIII° et XIX° siècles.

 

La Place du Châtel.

 

Autrefois connue sous le nom de place des Changes,

elle est bordée de maisons à pignons lui conférant un caractère et un charme authentiques.

 

La maison des petits Plaids, de la fin du XII° siècle, et la fontaine.

La demeure qui abrite des caves facilement accessibles, devait remplir une double fonction

commerciale et administrative : le prévôt y tenait ses audiences

et les consoles présentes sur le pignon témoignent de l'existence d'un auvent.

 

La salle basse, qui date de la fin du XII° siècle, comporte deux nefs, séparées en quatre travées, les deux dernières étant désormais murées ; les croisées d'ogives, avec formerets et doubleaux reposent sur des piles aux chapiteaux de motifs végétaux et de crochets.

 

Hôtel de Savigny, le porche est du XVII° siècle,

et la demeure, en brique et en pierres de taille, est du XVIII° siècle.

Maison natale de Marie-Jules-César Lelorgne de Savigny, né le 5 avril 1771.

C’est dans cette commune qu’il est préparateur en pharmacie, avant de partir étudier à Paris.

En 1851, il est enterré dans le cimetière de la ville haute de Provins.

 

Lelorgne de Savigny est un naturaliste français. Issu d’une lignée de magistrats, il fait des études religieuses et est d’abord destiné à la prêtrise. Mais après la Révolution, sa famille est ruinée et Savigny se voit contraint de travailler dès l’âge de seize ans. Il devient préparateur dans une pharmacie et se découvre un intérêt pour la science. Peu de temps après, il entre à l’École de Santé de Paris. Vers 1797, il abandonne la médecine pour se consacrer à sa véritable passion : les sciences naturelles. Il accepte de rejoindre l’expédition d’Égypte menée par Napoléon Bonaparte (1769-1821) et embarque en tant que zoologiste en mai 1798. Il revient en France en 1801 après avoir parcouru l’Égypte et la Syrie. En 1817, il est atteint d’une maladie qui provoque des hallucinations visuelles et auditives. Il part alors en Italie pour tenter de guérir. En 1824, une rechute lui rend le travail impossible, et jusqu’à sa mort, en 1851, il vit cloitré à Versailles.

 

Anciennes maisons médiévales, dans la rue Maufranc, à proximité de la collégiale Saint Quiriace.

 

A gauche, maison canoniale du XIII° siècle.

(Photo du milieu), maison où a vécu André Dhotel (1900-1991).

 

André Dhôtel est un écrivain, à la fois romancier, conteur et poète, ainsi qu'un scénariste.

 

André Dhotel passe ses six premières années dans les Ardennes. Ensuite son, père , commissaire priseur est muté à Autun. D'Autun, il poursuit sa scolarité au lycée Sainte-Barbe à Paris.


Nommé surveillant dès novembre 1918 à Sainte-Barbe, en compagnie du futur chansonnier Raymond Souplex, il prépare en même temps une licence de philosophie.

 

De 1920 à 1923, il effectue son service militaire. Il rencontre Marcel Arland, avec lequel il fonde la revue "Aventure" en 1921, et publie également l'unique numéro de le revue. En 1924, il est nommé professeur à l'Institut supérieur d’études françaises d’Athènes. Rentré en France, il est nommé au collège de Béthune en 1928 et publie ses premiers textes poétiques. Nommé ensuite à Provins, en 1929, il publie en 1930 "Campements", son premier roman.

Il reçoit la consécration avec le prix Femina attribué en 1955 pour "Le Pays où l'on n'arrive jamais", le Grand prix de littérature pour les Jeunes en 1960, le Grand prix de littérature de l'Académie française en 1974 et le Grand prix national des Lettres pour le roman "Les Disparus" en 1975.

 

L'ancien Palais des Comtes de Champagne,

des XII°, XVII° et XIX° siècles.

 

L'ancien Palais avant 1910 et entrée du lycée en 2019, occupant aujourd'hui l'édifice.

Les bâtiments du lycée conservent les traces de l'ancienne demeure des comtes de Champagne.

 

A l'Ouest, le mur d'enceinte est surmonté des ruines d'une tourelle et d'une échauguette. A proximité se trouve une cave du XIII° siècle, à l'Est, le pignon de l'aula (ou grande salle) des suzerains ; il est percé de trois fenêtres, celle du centre étant ornée d'un linteau trilobé et d'une colonnette à chapiteau. Le logis Sud, plus récent, est fortement remanié aux XVII° et XIX° siècles.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.provins.org/
Lelorgne de Savigny : http://archives.seine-et-marne.fr/

André Dhotel : http://histoire08ardennes.over-blog.com/
"Patrimoine des communes de la Seine-et-Marne"

Tome II, éditions Flohic, 2000

Dépliant 5 volets "Monuments historiques de Provins"

reçu à l'accueil de la Tour César, Provins Tourisme

Dictionnaire des églises de France, Île-de-France

Volume IVd, Editions Robert Laffont,1968

Panneaux explicatifs présentés près des différents sites

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 27 juin 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville