PROVINS   (Seine-et-Marne)

Région de Île-de-France

Arrondissement et canton de Provins.
 Population : 11.859 Provinois en 2016.

 

D'une superficie de 1.472 hectares, et d'une altitude de 86 à 168 mètres,

la ville est traversée par le cours d'eau le Durteint, et la rivière la Voulzie, affluent de la Seine en rive droite.

 

       Vues aériennes avant 1970 : la ville, Tour César et collégiale Saint Quiriace.

Les contreforts et arcs-boutants épaulant le chevet, ont été en partie refaits au XIX° siècle.

 

 

Collégiale Saint Quiriace
 

 

Il existait de l'époque mérovingienne une église Saint-Quiriace, mais qui n'était pas collégiale.

Des chanoines séculiers y furent introduits au début du XI° siècle.

Des chanoines réguliers tentèrent en vain de les réformer un siècle plus tard,

avec l'appui du comte Thibaut II, ami de Saint Bernard.

 

Le dôme en ardoise, que surmonte une petite lanterne efflanquée (XIX° siècle)

remplace la coupole antérieure en zinc. Les portails des croisillons Nord et Sud,

qui ont beaucoup soufferts, comportent des sculptures du dernier tiers du XII° siècle, et du XIII° siècle.

Le dôme, d'une hauteur actuelle de 44 m remplace le lanternon du transept

qui avait 30 pieds de plus d'élévation. Il était construit en pierres de taille sculptées

que surmontait la statue de Sainte Hélène portant la croix.

 

La paix ne fut rétablie que par l'expulsion des réguliers approuvée par le Pape Adrien IV. On les installa à l'Hôtel-Dieu Saint Jacques. Cet arrangement avait été trouvé grâce à l'appui du comte Henri 1er le Libéral. Celui-ci ne ménagea pas son aide à Saint Quiriace.

 

La façade, très dépouillée, est rythmées de deux contreforts. Celui de gauche renferme un escalier

terminé par la flèche aiguë d'un clocheton polygonal. Le portail central est encadré

de pinacles à feuillages flamboyants. Le tympan est orné de la statue d'un Christ en Majesté,

provenant de l'église Saint Thibault de la fin du XII° siècle.

 

Deux considérables donations et octrois de privilèges financiers et juridiques, en 1161 et 1176, permirent de détruire une église devenue trop petite et de la reconstruire sur un plan digne d'une cathédrale. Il y eut pourtant plusieurs campagnes de construction, et le don du chef de Saint Quiriace au début du XIII° siècle, vers 1209 permit en faisant affluer les pèlerins, de poursuivre leur entreprise.

 

Depuis le choeur, vue sur la nef dont les grandes arcades sont du XIII° siècle.

Ce n'est qu'au XVI° siècle que l'élévation fut achevée.

Les fenêtres hautes sont aujourd'hui maçonnées, et les voûtes appartiennent au XVII° siècle.

Le plan est en croix latine composé d'une nef de deux travées et trois vaisseaux.

 

Cependant dès le XIV° siècle, la grande période de prospérité de Provins est achevée et il faudra attendre le XVI° siècle pour qu'en 1504, l'archevêque de Sens, Tristan de Salazar, relance la construction en consacrant quinze autels et en accordant des indulgences. Toutefois en 1598, le nombre des prébendes qui jadis de 40, avait été réduit à 34 est ramené à 20.

 

A l'entrée de l'église, cette grille en fer forgé est du XVIII° siècle.

Les éléments sculptés du triforium témoignent de l'art de la Renaissance.

 

La façade peu solide doit être bouchée en 1625. En 1662 un incendie détruit la charpente et fait effondrer les voûtes. La restauration est achevée en 1665, mais le dôme d'ardoise a remplacé la croisée d'ogives primitive. La nef étant inachevée, le clocher était isolé de l'église. Il s'effondra en 1689. On installa les cloches dans la Tour du Roi ou Tour César, et la place fut en 1744 plantée des tilleuls qui l'ombragent encore.

 

La croisée du transept, non saillant, est couverte d'une coupole sur pendentifs.

La coupole, avec les quatre évangélistes dans les pendentifs, du XVII° siècle.

 

 

La nef, inachevée, s'élève sur trois niveaux et compte deux travées flanquées de bas-côtés.

 

 

Le déambulatoire est voûté sur croisée d'ogives. Il est bordé d'arcatures encadrant des dalles funéraires.

Au XVIII° siècle on retira le jubé, on modifia l'autel et les stalles, on supprima les vitraux colorés,

on fit blanchir les murs et l'on édifia les grilles.

 

 

Cette église était peinte. Les peintures actuelles n'en donnent qu'une triste idée,

mais heureusement, des relevés en avaient été faits en 1868.

 

 

 

 

Au lieu de se contenter d'une chapelle axiale, comme dans beaucoup d'autres édifices,

on construisit de chaque côté deux autres chapelles.

(Chapelles Saint Quiriace, Saint Edme, archevêque de Canterbury, mort à Soisy, près de Provins en 1240).

 

Déambulatoire : le rond-point se couronne d'une voûte octopartite élevée dès le XII° siècle,

entre les nervures de laquelle les fenêtres hautes maintiennent aussi la tradition  romane.

 

Chapiteaux sculptés romans.

 

Statue d'une Vierge à l'enfant, de la 2° moitié du XV° siècle.

Dans la chapelle du Sacré-Coeur, bas-côté nord, panneau peint provenant des boiseries de la chapelle

Nord du choeur. Les panneaux peints du XVII° siècle sont disposés par séries verticales

et séparés par des panneaux sculptés représentant les attributs du culte.

 

Chœur à quatre travées droites et abside semi-circulaire bordée d'un déambulatoire, les trois premières travées

sud sont doublées. L'église se termine par un chevet semi-circulaire flanqué d'une annexe.

 

C'est le XIII° siècle qui a maçonné, en respectant le parti de l'époque précédente,

la grande voûte à huit compartiments qui s'éploie au-dessus du choeur proprement dit,

couvrant une partie de la fin du XII° siècle en continuité de style avec le sanctuaire.

 

Voûte du sanctuaire. L’autel ainsi que des stalles de style Louis XV

seront installés pour remplacer ceux du Moyen Age jugés trop vétustes.

Fauteuils de célébrant du XVIII° siècle.

 

L'église, désaffectée à la Révolution, devint paroissiale sous l'Empire.

D'importants travaux de restauration furent entrepris au cours du XIX° siècle.

Le chevet se termine par trois chapelles à l'Est. Une salle capitulaire voûtées, servant désormais de sacristie,

est construite au XIII° siècle, sur le côté Sud.

Le décor intérieur est remanié au XVII° siècle, conformément au style classique en vigueur à cette époque.

 

▪ En 316, Sainte Hélène aidée du juif Judas, trouve la croix du Christ à Jérusalem. Conversion, puis baptême de Judas, qu'on appelle depuis Quiriace. La relique prestigieuse de son "chef" était conservée dans la chapelle Sud et exposée à certains moments à la vénération des fidèles.

▪ Dans cette église le roi Philippe Auguste tint Thibault IV le Grand sur les fonts baptismaux en 1201. Charles VI, Charles VII et Jeanne d'Arc ainsi que Louis XI y entendirent la messe. François 1er y assista un Te Deum.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.provins.org/
Brochure de 20 pages "St Quiriace de Provins", 2003

Dictionnaire des églises de France, Île-de-France

Volume IVd, Editions Robert Laffont,1968

Panneaux explicatifs présentés dans l'édifice

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 27 juin 2019

 

 

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