MEAUX  (Seine-et-Marne)
Arrondissement de Meaux - Canton de Meaux.
Région Île-de-France
 Population : 53.720 Meldois en 2015.

 

D'une superficie de 1.518 hectares, et d'une altitude de 39 à 107 mètres,

c'est l'ancienne capitale de la Brie. Elle est arrosée par la rivière la Marne, et le canal de l'Ourcq.

 

Etymologie : le toponyme Meaux (Iantinum à l'origine) est issu du nom du peuple gaulois des Meldes (Meldi).

 

La Marne, la place de l'hôtel de ville et la cathédrale Saint Etienne.

Meaux est implantée au milieu d'une cuvette naturelle creusée par la Marne dans le plateau de la Brie.

 

Il y a plus de 2000 ans une cité gauloise primitive : capitale des Meldes, occupe une presqu'île crée par un méandre de la Marne. Il s'agissait d'un lieu idéal, puisque la rivière, source d'alimentation constante, faisait également office de frontière naturelle contre les envahisseurs.

 

 

Meaux, labellisée ville d'Art et d'Histoire
 

 

Autour de la cité médiévale, les rues se pressent en gardant un visage médiéval.

La "Ville", ainsi dénommée par opposition au "Marché", est le siège du pouvoir.

La bourgeoisie et la noblesse de robe, respectivement enrichies par la prospérité du commerce et de l'artisanat

et par les revenus de leurs offices, firent construire des demeures somptueuses, dont certaines sont toujours visibles.

 

Les remparts.

 

Le rempart gallo-romain  et la Tour de l'Arbalétrière.

Cette tour faisait partie des fortifications médiévales du XV° siècle.

 

La tour était située près de la porte Saint Nicolas, l'une des portes d'entrée de la ville intra-muros. En 1563, le bailli de Meaux, Louis de Fleury, seigneur de Carrouge, concéda cette tour à la Compagnie des arbalétriers. Ces derniers réclamaient un local et un terrain pour s'entraîner au tir à l'arbalète en dehors des murs de la ville.

 

La rue face à la tour, passe en-dessous de l'ancien bras de la Marne qui était encore visible au milieu du XIX° siècle sous l'aspect d'un ruisseau : le Brasset. Ses berges étaient occupées par des mégisseries et des tanneries. Ouverte à la fin du XIX° siècle, la rue accueille depuis de belles villas de la Belle Epoque, la plupart en pierre meulière.

 

Les remparts et le pont Cornillon, avant 1910.

Vers la fin du III° siècle, pour se protéger des invasions barbares,

les gallo-romains construisirent une citadelle dont le périmètre d'enceinte devait mesurer environ 1 km.

 

A l'époque gallo-romaine, la cité désignée sous le nom de Jatinum, devient un centre urbain important et dotée de ses premiers édifices publics : théâtre, temples, thermes... Dorénavant, la pierre remplace progressivement le bois dans les constructions.

 

Vestiges d'une autre tour, située à l'Ouest et qui était également à la disposition des arbalétriers.

 

Au IV° siècle, la ville est érigée en évêché, dès lors son destin urbain est directement lié à sa fonction. L'occupation urbaine se réorganise autour du pôle religieux qui se développe au fil des siècles.

 

A partir du XI° siècle Meaux fait parti du Comté de Champagne et de Brie. Elle est après Troyes et Provins, l'une des capitales des Comtes de Champagne et devient grâce à leur action, un important pôle de commerce et d'échanges agricoles. En 1220, le comte Thibaut IV de Champagne en entreprend la fortification et creuse autour de larges fossés, afin d'en faire une citadelle pour se mettre à l'abri des incursions étrangères. Le marché devient alors l'une des plus importante place-forte du royaume.

 

La Jacquerie du 9 juin 1358 : la révolte urbaine à Meaux.

 

La Jacquerie éclate dans les premières années d'une très longue guerre

qui a opposé les Français aux Anglais, de 1337 à 1453.

 

Gaston Phébus et Jean de Grailly chargent les Jacques et les Parisiens

qui tentent de prendre la forteresse du marché de Meaux où est retranchée la famille du Dauphin.

(Jean Froissart, Chroniques. Miniature du XV° siècle. BnF).

 

En 1658, le roi de France Jean le Bon est capturé par les Anglais à la bataille de Poitiers. L'anarchie s'installe dans le pays. La bourgeoisie parisienne, dirigée par Etienne Martel, se soulève contre les notables. La paysannerie se révolte aussi dans les campagnes : c'est la Jacquerie. Ces paysans portaient la jaquette. Un groupe de révoltés venant de Paris se joint aux partisans d'Etienne Marcel à Meaux qui ont à leur tête le Maire Jean Soulas. Ils menacent la noblesse parisienne qui s'était réfugiée à Meaux dans le quartier du Marché, sur la rive gauche de la Marne. Mais des renforts commandés par Gaston Phébus, comte de Foix, arrivent. Le 9 juin 1358, la révolte urbaine de Meaux est écrasée, les bourgeois complices de la révolte sont punis, tandis que la jacquerie paysanne est violemment réprimée partout dans les campagnes.

 

Le théâtre bâti en 1845 et la Place Henri IV.

Au centre, pharmacie tenue par les parents de Marie-Léonie Lugan, qui a épousé en 1882,

Henri Moisan (1852-1907), prix Nobel de chimie en 1906.

 

Henri Moisan

 

Henri Moissan dans son laboratoire travaillant sur la synthèse des diamants.


Ü  (Cette image est disponible sur la Prints and Photographs division de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis sous le numéro d’identification ggbain.02112).

 

Promoteur de l’emploi du four électrique en chimie, inventeur du carbure de calcium et de la lampe à acétylène,

découvreur du fluor, il fut le premier français à recevoir le Prix Nobel de Chimie en 1906.

 

L'hôtel de la Sirène, construit vers 1740 par Isaac de Monvoisin, architecte arpenteur et géographe du roi,

pour le compte de Claude Marin, ancien capitaine des Gardes Françaises.

 

Après la Révolution, l'hôtel particulier est transformé en un établissement hôtelier et réquisitionné pour le mess des officiers à plusieurs reprises, parmi les officiers de la cavalerie à la fin du XIX° siècle, puis par les Allemands sous l'Occupation, et enfin, par les Américains après la Libération. L'hôtel-restaurant portait le nom de "La Sirène" et ferme ses portes en 1986.

 

Depuis le Pont Neuf, vue sur l'hôtel de ville.

 

L'Hôtel de Ville.

 

La première pierre est posée en 1828 par Charles X.

Il occupe l'emplacement de l'ancien château des comtes de Champagne.

Siège de l'autorité comtale, il servait de justice et de prison.

 

 

Sa façade est caractéristique de l'architecture de la III° République, d'inspiration néo-classique.

Il abrite un vitrail qui commémore la concession, par le comte Henri Le Libéral,

de la charte communale aux habitants de Meaux en 1179, acte fondateur d'une administration municipale.

 

Le quartier "le Marché"

 

C'est le quartier commerçant : ici vivaient les artisans, les boutiquiers, les négociants.

Fortifiés par les comtes de Champagne, le Marché est resté très longtemps

le centre agricole et économique de la Brie.

 

Des 30 tours qui gardaient ses murailles, la tour du Pot-de-Chambre est la seule qui subsiste.

 

Le vieux pont du marché, du XVI° siècle, et les moulins.

 

Devant la Place de l'hôtel de ville on pouvait voir au milieu de la rivière, jusqu'en 1937,

un groupe de moulins appelés "Moulins de l'Echelle" ou "Vieux moulins".

 

Il existait, sans doute depuis le haut Moyen Age, des moulins sur la rivière qui étaient au nombre de cinq.

 

Le pont du Marché, connu également sous le nom de pont Roide, est cité dans le testament de Sainte Fare daté 632. Il constitue alors pour la ville le seul point de franchissement de la Marne dans le prolongement de l'ancienne voie romaine conduisant à Troyes.

 

Avec l'aménagement du quartier du Marché au XIII° siècle, le pont devient la seule voie de contact

entre les deux quartiers fortifiés de la ville, de part et d'autre de la rivière.

 

A chaque extrémité du pont se trouvait une porte que l'on fermait la nuit, isolant ainsi le Marché et la Ville. La présence de moulins sur le pont de Roide remonterait également au VII° siècle. Le testament de Sainte Fare évoque un farinarius sur ce pont donné par la fondatrice à l'abbaye de Faremoutiers.

 

Ces moulins, bâtis sur pilotis communiquaient avec la rive droite de la Marne

grâce à une passerelle en bois couverte et une échelle les reliait à la rive gauche.

Au XIX° siècle et jusqu'en 1920, avec leurs façades en pans de bois et leurs pilotis,

les ponts ont constitués une curiosité architecturale de la ville.

 

A partir du X° siècle, la technique des moulins à eau s'est largement diffusée dans l'Europe médiévale et la ville, compte tenu de sa situation au bord de la Marne, n'échappe certainement pas à cette floraison. Dès le XI° siècle, des documents attestent de l'existence des moulins sur le pont et permettent d'identifier leurs propriétaires, essentiellement des établissements religieux.

 

Le pont, détruit le 3 septembre 1914 par l'armée anglaise.

 

Aujourd'hui, le pont seul subsiste avec ses arches en pierre et ses parois de briques rouges.

 

En 1846, un incendie les ravagea complètement, mais les meuniers entreprirent immédiatement leur reconstruction en pierres et briques. Les nouveaux moulins de cinq à six étages reposaient sur des piles de maçonnerie et fonctionnaient comme de véritables usines modernes à moudre le blé. Cent ans plus tard, face à la concurrence des meules électriques, les moulins de l'Echelle furent fermés et démolis.

 

Les halles.

 

La grande halle avant 1910 et inaugurée de 25 octobre 1879.

L'architecte Miret établit les plans d'une structure posée sur 56 colonnes de fonte supportant

une charpente en fer et une toiture en zinc, avec 20 fenêtres vitrées.

 

D'architecture métallique c'est la 3° halle bâtie à cet emplacement.

Le quartier alentour a conservé sa structure médiévale.

 

Le quartier du Marché.

 

Le Centre Culturel - Eglise N.D. du Marché - Ancien hôpital Général

 

▪ L'espace culturel Charles Beauchart (du nom du directeur des Affaires culturelles de 1979 à 2012) est une des créations architecturales contemporaines de la région de Meaux, oeuvres des architectes Jacques Ripault et Denise Duhart, inauguré en 1994. Il comprend un théâtre et une médiathèque sur 4 niveaux. Il occupe l'emprise de l'ancienne abbaye Notre-Dame du Marché, fondée par Louise de la Vieuville en 1629 et dispersée à la Révolution. Cette petite abbaye était urbaine et née du transfert de la très ancienne abbaye de chanoinesses de Saint Augustin d'Ormont, près de Fismes, fondée en 1234.

Située en pleine campagne, sur le chemin des invasions, elle avait souvent été pillée et la guerre de Trente Ans l'avait réduite à l'état de misère. A leur arrivée à Meaux, les chanoinesses étaient au nombre de 15, et la Congrégation se développa rapidement. Le 8 septembre 1669, c'est le doyen du chapitre de Metz qui prêcha dans la chapelle de l'abbaye, il s'agissait de Jacques Bénigne Bossuet.

▪ L'église Notre-Dame du Marché, de style néo-romane, du XIX° siècle est longue de 29,50 m et large de 8 m. Elle est construite en meulière et pierre de taille.

▪ L'ancien hôpital Général : sa construction débute en 1765 par la construction d'une chapelle, bénie en 1768, pour servir de chapelle à l'hôpital général créé un siècle auparavant. Vendue comme bien national à la Révolution, au Concordat de 1801, la chapelle se trouva réaffectée au culte, servant à la fois à l'hôpital général et à la paroisse. En 1845, avec la fusion de l'Hôpital Général et de l'Hôtel-Dieu, un nouvel ensemble hospitalier est construit. De nos jours, une maison de retraite s'est greffée à l'ensemble des bâtiments constituant la propriété des Augustines.

 

L'église Saint Nicolas : elle était située à l'extérieur des remparts, à l'Est de la cité médiévale.

 

L'église appartenait au couvent des Cordeliers (Franciscains), fondé vers 1234. Pendant les guerres de religion, au XVI° siècle, elle fut plusieurs fois dévastée par les bandes armées et restaurée. En 1789, c'est dans cette église que les trois ordres du bailliage de Meaux se réunirent pour désigner leurs représentants aux états généraux. La Révolution chasse les moines et l'église fut transformée en logement des troupes et même en entrepôt de fourrage. C'est en 1836, par ordonnance royale, que l'église a été restituée au culte. Restaurée et en partie reconstruite, elle fut consacrée par l'évêque de Meaux, Mgr Allou, en mai 1842.

 

La rivière Marne.

 

La Marne et la cathédrale Saint Etienne

 

Avec l'arrivée du chemin de fer à Meaux, la Marne a perdu son intérêt économique.

Désormais, le transport des marchandises et le trafic voyageur ont laissé place à la navigation de plaisance.

La Marne et ses abords sont des espaces de promenade et de détente.

 

Meaux, berceau du protestantisme.

 

Jacques Lefèvre d’Etaples

(1450-1537).

 

Lefèvre d'Étaples fut à la fois un philosophe, un théologien et un humaniste français. Après des études dans divers pays d'Europe, dont l'Italie et la France, il s'installa à Paris et entreprit de traduire les œuvres d'Aristote qu'il estimait trop empreintes des mentalités des anciens traducteurs latins ou byzantins.
 

Ü Gallica/Catalogue général/BnF archives et manuscrits.

 

Lefèvre d'Etaples enseigna les lettres profanes à la Sorbonne. Son goût pour une nouvelle lecture des textes fondamentaux à la lumière de son époque, la Renaissance, l'amena, à partir de 1508, à se pencher plus particulièrement sur la Bible et les Épîtres de saint Paul (1512). Il affirma, avant Martin Luther, la suffisance de la Bible, et la justification par la foi.

En 1521, il rédigea un commentaire des quatre Évangiles, et ses publications, en pleine Réforme, le firent suspecter d'hérésie et d'être trop réceptif aux idées de Luther. Restant au sein de l'Église dont il respectait les dogmes dans leurs grandes lignes (en dépit de ses commentaires sur le célibat des prêtres et les sacrements), il trouva asile chez l'évêque de Meaux, un de ses élèves.

La Bible, dont il entreprit la traduction en français à partir des anciens textes en trois langues, servit aux traductions ultérieures.

Lefèvre d'Etaples n'était pas un lutteur, mais un savant, doux et modeste. Il mérite néanmoins le terme de Père de la Réforme française. Précepteur des enfants de François Ier, il se retira en 1530 auprès de Marguerite d'Angoulême, qui fut très influencée par ses idées évangéliques.
 

C'est sous l'épiscopat de Guillaume Briçonnet que naît la Réforme de France. Nommé en 1516 à l'évêché de Meaux, il remplace les Cordeliers par des prédicateurs formés à l'école de Jacques Lefèvre d'Etaples : le Cénacle de Meaux.

 

Il appelle le théologien à ses côtés en 1521 et le nomme grand vicaire du diocèse, après la publication de ses commentaires sur les quatre Evangiles, datés de Meaux. Dans toutes ses admonestations au clergé, il encourage la réformation des moeurs et de la discipline de l'Eglise. Suspecté d'hérésie, bien qu'il ait de nombreuses fois dénoncé dans ses sermons les hérésies de Luther, il comparait le 20 octobre 1525 devant le Parlement et il ne devra qu'à la protection de François 1er de n'être pas condamné. Le groupe de Meaux est dispersé.

 

Cependant la Réforme a pris corps dans le peuple et les idées nouvelles se sont répandues dans le "Marché" et dans tout le pays de Meaux.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://reseau-chretien-gironde.fr/

Le patrimoine des communes de Seine-et-Marne, Tome II, Editions Flohic, 2000

"Laissez-vous conter Meaux", 12 pages

Ville d'Art et d'Histoire, O.T. de Meaux

Dictionnaire des églises de France, "Ile-de-France"

Volume IVd, Editions Robert Laffont, 1968

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 3 septembre 2018

 

 

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