MEAUX  (Seine-et-Marne)
Arrondissement de Meaux - Canton de Meaux.
Région Ile-de-France
 Population : 53.720 Meldois en 2015.

 

D'une superficie de 1.518 hectares, et d'une altitude de 39 à 107 mètres,

c'est l'ancienne capitale de la Brie. Elle est arrosée par la rivière la Marne, et le canal de l'Ourcq.

 

 

Cathédrale gothique Saint Etienne
 

 

Le plan de l'édifice se présente sous la forme d'un vaste rectangle de 85 mètres de long,

traversé par un transept non débordant. Le nef est de 28,68 m de long

et le choeur, jusqu'à l'extrémité de la chapelle rayonnante d'axe, de 42,65 mètres,

avec une hauteur de voûte de 19 mètres.

 

Vue aérienne avant 1970.

Cette cathédrale succède à une romane construite au même endroit

dont il ne subsiste aujourd'hui que quelques rares vestiges archéologiques.

La tour Sud, appelée Tour noire, à cause de la couleur de son revêtement en bardeaux de bois

était destinée à être provisoire.

 

Le chantier de construction ayant duré plus de trois siècles, l'édifice combine les différentes phases du gothique,

depuis le style classique de la fin du XII° siècle jusqu'au style flamboyant du XV° siècle.

Sa tour Nord achevée vers 1540, s'élevant à près de soixante mètres, marque l'achèvement des travaux.

 

Le portail sud est marqué par les guerres de religion du XVI° siècle : ses côtés sont garnis de saints,

statues décapitées le 25 juin 1562, qui accueillaient tous ceux qui entraient.

Au-dessus du portail, les dernières heures de St Etienne, patron de la cathédrale.

 

Le grand portail central de la façade occidentale est surmonté d'un élégant gable flamboyant.

Plus haut se trouve la rosace flamboyante, créée dans la seconde moitié du XV° siècle.

 

Les cinq portails sont richement décorés, mais leurs sculptures ont très largement soufferts

du marteau des iconoclastes, pendant les guerres de religions au XVI° siècle.

 

Pierre tombale de Jean Rose et de son épouse, du XIV° siècle.

Cette pierre tombale est aujourd'hui adossée au mur de la chapelle du Saint Sacrement

fondée par le bourgeois Jean Rose lui-même, en 1331.

 

Cette dalle funéraire en marbre noir incrusté de marbre blanc représente les gisants dans des niches gothiques très ornées. Ce marchand de grains avait acquis une notoriété de bienfaiteur lors d'une crise de subsistance qui menaçait la ville de famine en ouvrant ses greniers et en vendant son blé à un prix raisonnable. En 1356, il fonde avec l'aide de l'évêque de Meaux, Philippe de Vitry un hôpital dans le faubourg Saint Rémy.

 

La tribune d'orgue fut aménagée à la fin du XV° siècle, par Valéran de Héman et inaugurée en 1627.

Le compositeur Sébastien de Brossard (1655-1730), chanoine et maître de chapelle de la cathédrale de Meaux,

en eut la charge sous l'épiscopat de Bossuet.

 

La chaire, dite "des Trinitaires", du XVII° siècle, en bois.

Elle était installée dans une petite chapelle servant au catéchisme dans la cour de la cité épiscopale.

Tableau "Le Martyre de St André", école française de Rome, du XVII° siècle.

 

En 1752, Louis XV offre à Mgr La Roche de Fontenille, évêque de Meaux, douze tableaux dont dix représentent des scènes inspirées des Actes des Apôtres, copiés d'après les tapisseries du Vatican exécutées à Arras au XVI° siècle à partir de cartons de Raphaël. Les deux autres représentent des scènes du martyre de Saint André. En 1899, le ministère des Beaux-arts fait enlever huit de ces tableaux qui entouraient le choeur de la cathédrale. Du don de Louis XV ne subsistent aujourd'hui que trois grandes toiles.

 

Les Trinitaires.

 

La chaire des Trinitaires rappelle la présence des Trinitaires en cette ville pendant trois siècles. Appelés par Pierre de Cuisy, évêque de Meaux en 1244 pour soigner les pauvres et les malades de l'Hôtel-Dieu, proche de la cathédrale, service accompli jusqu'en 1520.

 

Les Trinitaires, ordre religieux fondé par Saint Jean de Matha et Félix de Vallois, ici représentés entre trois apôtres : St Jean le Majeur, St Philippe et St Matthieu, approuvé par le pape Innocent III en 1198, fondé par le décret des captifs. Son nom fait référence au Dieu Trinité des Chrétiens.

 

Dès l'origine, la maison mère est à Cerfroid dans l'Aisne. Au service des pauvres et des malades, ces religieux étaient aidés par des femmes qui deviendront "les Augustines", congrégation reconnue au XIX° siècle. Toujours actives, elles gardent dans leurs locaux une croix en pierre, provenant de l'ancien Hôtel-Dieu, témoin muet de dévouement séculaire auprès des pauvres.

 

Jacques-Bénigne Bossuet

 

Cet évêque de Meaux (1681-1704) a profondément marqué l'histoire de la ville sous le règne de Louis XIV.

 

Portrait de Bossuet par Hyacinthe Rigaud, Paris, Musée du Louvre

Pierre tombale de Bossuet, en marbre noir, 1854.

Sur la dalle funéraire actuelle se lit, sous les armes de Bossuet au champ d'azur, à trois roues d'or,

posées deux et une, l'épitaphe en latin que l'abbé Bossuet lui avait consacré, "lugens" ou "tout en larmes".

 

Né à Dijon en 1627, Jacques-Bénigne Bossuet se destine très tôt à l’Eglise. Il est ordonné prêtre en 1652 et commence sa carrière ecclésiastique à Sarrebourg puis à Metz, avant d’être appelé à Paris par saint Vincent de Paul en 1659. Il prononce alors des centaines de sermons, notamment devant la cour. En 1669, il est nommé évêque de Condom ; mais sa charge de précepteur du Grand Dauphin, le fils de Louis XIV (1670-1680), l’empêche de résider dans son diocèse. En 1681, Bossuet devient évêque de Meaux, dont la situation géographique permet de concilier son activité pastorale avec sa présence à la cour. A sa mort en 1704, c’est dans sa cathédrale, près du maître-autel, que l’on enterre sa dépouille. Ce prélat infatigable s’est impliqué dans tous les grands débats qui ont animé l’Eglise de son temps, et y a joué un rôle important. Il a affronté Fénelon à propos du quiétisme ; il a lutté contre les protestants dans la lignée de l’édit de Fontainebleau ; sur le plan institutionnel, il a soutenu un gallicanisme modéré, garantissant les libertés de l’Eglise de France sans pour autant rompre avec l’autorité pontificale. Mais c’est surtout par sa prédication qu’il est resté célèbre, avec des œuvres comme le "Sermon sur la Mort" prononcé au Carême du Louvre de 1662, ou l’oraison funèbre d’Henriette d’Angleterre en 1670 : «Les cœurs retentissent encore, après plus d’un siècle, du fameux cri : Madame se meurt ! Madame est morte !» (Chateaubriand).

 

Statue en marbre de Bossuet, du sculpteur Rutxiel, de 1823.

 

Réalisée sur les dessins d'Alexandre Evarist Fragonard, (fils d'Honoré Fragonard), elle devait à l'origine être placée dans le choeur de la cathédrale, à l'endroit où reposent les restes de Bossuet. Le bras tendu devait désigner le maître-autel, symbolisant un ultime message du prélat à l'attention des fidèles. Mais la réalisation fut jugée décevante et indigne du modèle. On choisit donc une place à l'écart pour la statue, d'abord dans le bas-côté sud du choeur, puis à partir de 1897, dans le bas-côté sud de la nef.

 

Monument commémoratif de Bossuet par Ernest Dubois (1911).

 

Réalisé à la suite d'une souscription publique, le monument réunit, au pied de la statue du grand orateur et sous l'aigle qui le symbolise, quatre personnages : Henriette d'Angleterre, la jeune princesse dont Bossuet fit l'oraison funèbre, le Grand Dauphin dont il fut le précepteur, Turenne qu'il convertit au catholicisme, Louise de la Vallière qu'il conduisit de la cour au Carmel.

 

La nef ne comprend que cinq travées, dont les deux dernières font partie de l'extension du XIV° siècle.

Elle est encadrée par deux doubles collatéraux.

Le programme architectural originel prévoyait sans doute sept à huit travées.

Les nombreux coups d'arrêt portés au chantier aux XIV° et XV° siècles, en raison des troubles politiques,

puis d'un contexte financier difficile, ont empêché le prolongement de la nef au-delà de la cinquième travée.

 

Le choeur rayonnant en sept travées à triple élévation apparaît distinctement : entrecolonnements élancés que surmontent les baies du triforium, puis les fenêtres hautes, géminées. Celles-ci conservent encore un superbe vitrail du XIV° siècle.

 

Les voûtes des bas-côtés, exceptionnellement hautes, atteignent la moitié de la hauteur

de celles du vaisseau central et contribuent à la luminosité de l'édifice.

La chaire à prêcher a été fabriquée au XIX° siècle avec des panneaux sculptés du XVII° siècle.

 

La façade intérieure du transept nord, non restaurée date du XIX° siècle.

 

 

Le déambulatoire sud, avec sa chapelle du Saint Sacrement, et au nord,

une chapelle ornée d'un retable architecturé en 1648 avec un tableau de Jean Senelle.

 

La chapelle Saint Fiacre, moine irlandais du VII° siècle, et lors de son arrivée à Meaux,

il demande à l'évêque Faron une terre pour y fonder son ermitage.

 

Statues de Sainte Fare, soeur de Faron qui fonde l'abbaye de Faremoutiers dont elle est la première abbesse, de Sainte Germaine, de Sainte Thérèse de l'enfant Jésus, carmélite † en 1897, de la Vierge de Velankani, vénérée par les Tamouls, une communauté du Sud de l'Inde, et de Jeanne d'Arc (1412-1431) qui a séjourné à plusieurs reprises dans le diocèse de Meaux.

 

Chapelle Sainte Geneviève, patronne de Paris, consacrée aux jeunes par Mgr Nahmias.

Les cinq chapelles absidiales sont reconstruites au XIX° siècle, avec des vitraux des XIX° et XX° siècles.

Au sud, la chapelle Saint Fiacre, Chapelle de la Vierge Marie.

 

Ce n'est qu'au niveau de l'abside que le déambulatoire se réduit à un seul vaisseau en demi-cercle,

lequel fait suite au déambulatoire interne de la partie rectangulaire du chœur,

la partie externe de ce dernier étant remplacée par les chapelles rayonnantes au nombre de cinq.

 

Vitrail de la Crucifixion du XVI° siècle, occupant la fenêtre d'axe du choeur.

 

La chapelle Saint Jean, dite chapelle de la Miséricorde,

avec passage ouvert vers le Vieux chapitre gardé par Saint Joseph.

 

Chapelle Saint Jacques le Majeur visitée par les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle,

Statue de Saint Antoine de Padoue, un franciscain du XIII° siècle.

 

Le chœur de la cathédrale est entouré de grilles en fer forgé.
La hauteur sous voûtes, à l'endroit du chœur, atteint jusqu'à 33 mètres.

 

Après le transept Nord, une petite porte surmontée d'un tympan flamboyant, appelée Porte Maugarni,

du nom d'un malandrin arrêté dans ses vantaux, au mépris du droit d'asile.

Ecce Homo en pierre du XIV° siècle. A l'origine, une polychromie donnait quelque vie à cette sculpture.

Un chanoine est représenté à genoux, portant un phylactère dont l'inscription est effacée.

Il s'agit sans doute du donateur.

Sur le piédestal, deux angelots tiennent un écusson sur le quel sont représentés les instruments de la Passion.

 

Statue funéraire du chevalier Philippe de Castille, en marbre, du XVII° siècle.

Exposition "Les jeunes dans la Grande Guerre : la bataille de la Marne".

Le décret de 1913 prévoit 2 prêtres par corps d'armée, un pasteur et un rabbin.

100 Pasteurs et une cinquantaine de rabbins sont engagés auprès des unités. L'œcuménisme ne s'élabore pas

encore, mais une connaissance mutuelle, une estime, voire une amitié nait entre prêtres, rabbins et pasteurs.

 

En 1914, l'aumônerie militaire française, régie par la loi de 1880 et le décret de 1913, n'est ni structurée, ni organisée. Recruté au sein des classes d'âge non mobilisables, l'aumônerie est rattaché aux services de santé, mais n'appartient pas à la hiérarchie militaire et n'est pas tenu de porter l'uniforme. Les aumôniers ont entre 23 et 73 ans, les titulaires étant plus âgés que les volontaires. Aumôniers militaires : 23.418 prêtres séculiers, 9.281 religieux, 4.500 séminaristes sont mobilisés durant la Grande Guerre. 100 d'entre eux sur 748 perdront la vie.

 

 

La hauteur des voûtes dans le choeur est de 29 mètres et atteint 31,50 mètres à la croisée du transept.

 

Les stalles actuelles sont construites en 1610. Elles n'ont d'autre ornement qu'une branche de feuillage

sous l'accoudoir et une tête d'ange sous le siège.

 

En 1835, le gouvernement français offre un petit orgue d'accompagnement fabriqué par les frères Claude qui est placé au milieu des stalles du côté nord du choeur. (Les premières stalles de la cathédrale sont brisées en 1562, lorsque les Huguenots se répandent dans la ville et saccagent les édifices religieux).

 

Maître autel en marbre et bronze doré, construit en forme de tombeau, et installé en 1726

par le cardinal de Bissy qui modifie l'ancienne disposition du sanctuaire.

Le médaillon en bronze est l'oeuvre du sculpteur Caignard. Il représente la lapidation de Saint Etienne.

Le choeur rayonnant de Gautier de Varinfroy confère aux volumes un élancement qui concourt à la luminosité.

 

Bossuet, ou l'aigle de Meaux.

 

Jacques Bénigne Bossuet est appelé en 1681 à succéder à Dominique de Ligny au siège épiscopal de Meaux.

 

Il fait son entrée officielle dans la ville le 7 février 1682 et séjourne fréquemment dans le diocèse : dans le palais ou plus volontiers dans le pavillon construit par son prédécesseur sur les remparts, ou dans son château de Germigny.

 

Avant 1915, la maison de campagne des évêques de Meaux, à Germigny l'Evêque (Seine-et-Marne)

La campagne de Bossuet, "le paradis terrestre de la Brie", selon ses propres mots.

Il ne reste plus grand-chose de sa résidence d'été, si ce n'est le colombier et deux tourelles.

 

Mentionné en 1180, le village de Germigny, en bordure de Marne, devient la résidence de campagne des évêques de Meaux. Son surnom apparaît au XIV° siècle, Germigny était l'une des quatre filles de l'évêché qui en était le collateur. Le roi Jean II Le Bon venait y chasser en compagnie de l'évêque Jean Boyer. C'est là qu'en 1063, Jean II donne le duché de Bourgogne à son fils Philippe le Hardi. Bossuet aimait y séjourner. Cette résidence est vendue à des particuliers en 1913, puis en 1930.

 

Vingt-deux années à Meaux : très assidu à son diocèse, Bossuet a marqué la ville de son empreinte. Dijon, Metz, Paris, Condom, Versailles : de toutes ses résidences, c'est la cité meldoise qu'il préfère.
Lors de son entrée solennelle dans la cité épiscopale, le 7 février 1682, Bossuet a 54 ans. Il donne le ton devant une large assemblée : "Ma maison, entendez le bien, ma maison va être désormais la vôtre. Une si étroite liaison entre nous tous sera pour moi remplie de douceur".
On dira de lui qu'il s'est toujours montré attentif à visiter l'ensemble de ses paroisses, même s'il a souvent l'obligation de quitter Meaux, à cause de ses attaches à la Cour de Louis XIV.

À Meaux comme à Germigny, été comme hiver, il écrit quelques-unes de ses œuvres les plus réputées. À l'approche de sa mort, il quitte Meaux (1703) mais ses obsèques seront célébrées solennellement dans la Cathédrale Saint Etienne où il sera inhumé.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dépliants 12 volets "Laissez-vous conter la cathédrale

St Etienne", Service du Patrimoine, Meaux

Dépliant 3 volets "Cathédrale St Etienne", disponible à l'entrée de l'édifice

Le patrimoine des communes de Seine-et-Marne, Tome II, Editions Flohic, 2000

Dictionnaire des églises de France, "Ile-de-France"

Volume IVd, Editions Robert Laffont, 1968

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 3 septembre 2018

 

 

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