JOUARRE  (Seine-et-Marne)

Région Île-de-France

Arrondissement de Meaux - Canton de La Ferté-sous-Jouarre.
 Population : 4.275 Jotranciens en 2016.

 

D'une superficie de 4.219 hectares, et d'une altitude de 51 à 183 mètres.

la ville est traversée par la rivière le Petit Morin, sous-affluent de la Seine,

et les rus de Rognon et de Bourgogne.

 

Etymologie : du celte Divodurum, "forteresse des Dieux", "Montagne sacrée",

ou du latin Jovis ara, "autel de Jupiter".

 

Avant 1970, vues aériennes : la ville et l'abbaye Notre-Dame.

Le vieux bourg, situé au sommet de la colline, domine le dernier méandre du Petit Morin.

 

 

Abbaye  royale bénédictine Notre-Dame,

du VII° siècle.
 

 

L'abbaye est née du grand élan réformateur de l'église chrétienne mené en Brie par Saint Colomban.

 

L'église abbatiale et sa tour romane.

 

La tour est le seul vestige de l'église romane de l'abbaye.

Elle abrite maintenant le musée historique et archéologique entretenu par les moniales.

 

Cette tour carrée, à puissants contreforts, tronquée à 4,50 m depuis 1882.

A droite, façade Nord de la tour. Le vestibule accolé porte les traces des constructions

mérovingiennes et carolingiennes. L'église abbatiale lui fait suite.

 

 

Reconstruite à l'époque romane, puis au XVII° siècle,

elle est démolie en 1792 et la communauté religieuse dispersée.

Rebâtie vers 1837, à la restauration de la vie monacale, elle intègre les éléments

des constructions précédentes et notamment le massif clocher-porche du XII° siècle.

 

L'abbaye royale est ruinée lors des invasions normandes des VIII° et XIX° siècles, mais aussi lors de la guerre de Cent Ans, au début du XV° siècle. Une grande partie des bâtiments actuels ont été reconstruits, principalement au XVIII° siècle, alors que l'abbaye dépend de l'abbesse de Montmorin.

 

Les expositions présentées à l'intérieur de la tour romane.

 

L'aménagement des trois salles superposées dans la première moitié du XVI° siècle

a été conçu à l'abbesse Madeleine d'Orléans, soeur naturelle de François 1er.

 

Escalier à vis permettant d'accéder dans la salle historique du premier étage.

 

Statue en bois polychrome d'un Christ aux outrages, du XV° siècle, empreint de détresse et de majesté

 

 

Présentation des ateliers d'art de l'abbaye, et d'un audio-visuel sur la vie des religieuses.

 

Les divers objets réalisés dans les ateliers d'art sont vendus dans le magasin d'artisanat monastique,

notamment les spécialités de poterie et santons fabriquées par la communauté religieuse.

 

Dans cette salle du dernier étage,  on est invité à méditer un texte dans le silence et la paix du cœur.

 

Cette salle a été habillée au XVI° siècle, par cette voûte rayonnante,

dont la clef porte les armes de l'abbesse Madeleine d'Orléans (1515-1543).

 

 

Intérieur de l'église abbatiale.

 

 

Les stalles en bois et le choeur.

 

Bas côté de l'édifice et chapelle latérale.

 

Chapiteaux à têtes humaines et de végétaux.

 

 

Le portail d'entrée et les stalles en bois.

 

Les bâtiments conventuels.

 

Depuis 1793, cette rue sépare les divers bâtiments de l'abbaye.

A l'Est du choeur de l'abbatiale, s'étendent les harmonieux bâtiments conventuels élevés au XVIII° siècle.

 

L'abbaye fut fondée vers 630 par Adon, frère de Saint Ouen, archevêque de Rouen, et comprenait à l'origine deux monastères : l'un d'hommes, l'autre de femmes, qui adoptèrent la dure règle de Saint Colomban, puis celle de Saint Benoît. La première abbesse de Jouarre, nommée par Saint Faron, évêque de Meaux, est Téodechilde, célébrée sous le nom de Sainte Telchide.

 

Façade Est du monastère du XVIII° siècle, et pavillon de l'aumônerie, dit pavillon des étrangers.

Il faisait partie de la cour extérieure de l'abbaye avant son morcellement par des rues en 1793.

Au fond, le clocher de l'église paroissiale Saint Pierre.

 

 

Trois églises sont construites dès l'origine, ensemble symptomatique des fondations colombaniennes : Notre-Dame, l'abbatiale des religieuses, Saint Pierre aux religieux (remplacés dès le VIII° siècle par une communauté de chanoines) et érigée en paroisse depuis le Moyen Age, et Saint Paul, église cimetériale dont seules subsistent les cryptes.

 

Les cryptes mérovingiennes.

 

Les cryptes de l'abbaye, auxquelles le village doit sa renommée sont parmi les plus anciennes de France.

 

Il faut distinguer la crypte Saint Paul, mausolée des fondateurs, et la crypte Saint Ebrégésile, fondée elle aussi au VII° siècle, mais reconstruite au milieu du XI° siècle, et qui fut l'église collégiale des chanoines. Les deux cryptes ont été réunies par deux arcs en plein cintre vers 1640.

 

Entrée de la crypte, située sur la Place Saint Paul.

En face, fût monolithe d'une ancienne croix hosannière mutilée. Au centre de ses bras fleuronnés,

un quatre-feuilles encadre une Madone à l'Enfant (XIII°-XIV° siècle).

 

Cette ancienne chapelle du XVIII° siècle, placée au-dessus des cryptes mérovingiennes, abrite le Musée Briard. Il possède une collection d'objets divers remontant aux XVI°, XVII° et XVIII° siècles, et résumant une grande partie des traditions régionales.

 

La crypte Saint Paul.

 

Cette crypte est l'un des édifices mérovingiens les mieux conservés d'Europe.

 

Vues intérieures des cryptes, au Sud.

 

Une salle de trois nefs abrite les sarcophages des fondateurs de l'abbaye, dont celui d'Adon,

fondateur du monastère vers 630, celui de Sainte Telchilde, première abbesse,

et celui de Saint Agilbert, orné de bas reliefs typiques de la sculpture du VII° siècle.

 

Les chapiteaux du VII° siècle sont faits de marbre des Pyrénées.

Les fûts sont des réemplois de villas gallo-romaines du IV° siècle.

 

▪ Cénotaphe de Théodechilde, première abbesse de Jouarre

▪ Tombeau d'Agilbert, évêque de Paris en 667.

▪ Bas-relief à la tête du tombeau d'Agilbert :  le Christ en Tétramorphe,

dans une mandorle, entouré des quatre évangélistes.

▪ Détail du tombeau de Sainte Ozanne, milieu du XIII° siècle.

 

Le mur en opus reticulatum orné de pilastres est placé à gauche en entrant dans la crypte.

Détail du décor de la Torhalle de Lorsch.

 

Un (opus reticulatum) "appareil en filet" est une forme de mur de parement antique romain fait de petits moellons de forme pyramidale (environ 15 cm de côté) en pierre dont la disposition, à 45 ° de l’horizontale, dessine sur le mur comme un filet. La partie intérieure de ces moellons était souvent taillée en biseau pour une meilleure insertion dans le mortier, leur donnant une forme de petites pyramides tronquées.

 

La chapelle Sainte Ebrégisile.

 

A l’extérieur de la crypte, on voit les vestiges de la basilique funéraire qui fut entièrement détruite

lors de la guerre de Cent Ans. L’accumulation des sols au fils des siècles explique qu’il faut descendre

une douzaine de marches avant d’accéder aux cryptes.

 

Cette crypte date du VIII° siècle et s'élève au Sud de la crypte Saint Paul.

Elle abritait le corps de l'évêque de Meaux dont elle porte le nom. Il était le frère de l'abbesse Aguilberte.

 

La dernière abbesse, en mourant, laissa une communauté de 58 moniales unies et ferventes, que la Révolution allait disperser dès sa mort, le 27 septembre 1792. Déjà le domaine était mis en vente. En 1793, il est morcelé et vendu en 34 lots d'habitations particulières, séparées par des rues, et l'abbatiale est démantelée. Les religieuses se regroupèrent, rachetant même des lots de leur abbaye où quelques unes, en 1799, vivaient dans les greniers, nourries par les habitants, attendant d'année en année une restauration que tout décourageait.

 

Au XX° siècle, les lois sectaires de 1903 obligèrent les moniales au départ. 17 années d'exil en Belgique, puis en Hollande, décimèrent la communauté, mais en 1919, au retour, les recrues vinrent nombreuses pour une réinstallation dans les locaux qui avaient été occupés temporairement, de 1915 à 1918, par un hôpital militaire.

 

Aujourd'hui, le monastère compte 80 moniales. Leur vie journalière se ressource, jour et nuit, aux rythme des célébrations liturgiques. Elles maintiennent en outre, pour assurer le travail qui fait vivre, des travaux d'art et d'artisanat.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.jouarre.fr/
https://www.abbayejouarre.org/
"Patrimoine des communes de la Seine-et-Marne

Tome 1, Editions Flohic, 2000

Dictionnaire des églises de France "Île-de-France"

Volume IVd, Editions Robert Laffont, 1968

Brochure "Jouarre et ses cryptes", 60 pages, Guide du visiteur

Panneaux explicatifs présentés sur du site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 13 octobre 2018 

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville