CHAILLY-EN-BIERE  (Seine-et-Marne)
Arrondissement de Melun - Canton de Fontainebleau.
Région : Île-de-France
 Population : 2.034 Chaillotins en 2016.

 

D'une superficie de 131 hectares, et d'une altitude de 75 à 93 mètres,

la ville est située dans la partie nord-est de la plaine de la Bière qui est délimitée au nord et à l'ouest

par la rivière École ; à l'est, par la Seine et au sud par la forêt de Fontainebleau.
Elle est traversée au nord-est, sur quelques centaines de mètres, par le ru de la Mare aux Evées,

un affluent gauche de la Seine.
 

Etymologie : Au IX° siècle, lors de la construction de la première église, le village portait le nom de Cadiliaco

ou sa forme gauloise latinisée Cadiliacum (le suffixe -acum faisant souvent référence à une villa

ou à un domaine d'un autochtone gaulois). Le déterminant complémentaire -en-Bière provient

du nom de la plaine environnante (Bière, viendrait du bas-latin beria qui signifiait plaine ou campagne rase).

 

Au Moyen Age, le village fut d'abord fief seigneurial des vicomtes de Melun, proches de la famille royale et figures emblématiques des croisades. Chailly se trouva ensuite au coeur des guerres franco-anglaises. Son seigneur, Denis de Chailly, fut l'un des illustres compagnons de Jeanne d'Arc.

 

Vues aériennes avant 1970 : le Bourg et l'église Saint Paul.

 

A partir de la Renaissance, on compta parmi les seigneurs, des Maîtres forestiers de la forêt royale de Fontainebleau et des Grands Louvetiers de France lorsque Chailly devint le point de départ des chasses du Roi, Louis XV et Madame de Pompadour furent d'ailleurs à l'origine de la reconstruction du clocher de l'église qui avait brûlé et offrirent les boiseries placées dans le choeur.

 

 

Le village des peintres
 

 

Cette petite ville de plaine en lisière de la forêt de Fontainebleau est connue pour avoir accueilli
les peintres faisant partie de l'École de Barbizon, (Barbizon étant à l'époque, un hameau de Chailly).

 

La gare et le tramway, avant 1910
De 1899 à 1938, la commune de Chailly-en-Bière est desservie par le Tramway Sud de Seine-et-Marne (TSM).

 

Cette ligne de chemin de fer secondaire à voie métrique, surnommée le "Tacot" de Barbizon, relie Melun à Barbizon via Chailly-en-Bière et Milly-la-Forêt à Chailly-en-Bière. Outre le transport de voyageurs, qui permet en 1935 aux Chaillotins de se rendre à Melun en vingt-cinq minutes environ et à Milly-la-Forêt en quarante-cinq minutes, le Tacot assure aussi le transport des marchandises et les produits agricoles des maraîchers de la commune tels que carottes, les asperges ou les cerises à destination du marché de Melun ou des Halles de Paris.

 

L'ancienne auberge du Cheval Blanc.

 

L'auberge du Cheval Blanc avant 1908. Cet ancien relais de poste, devenu auberge,

est le premier lieu de rendez-vous des peintres de l'école de Barbizon, au début du XIX° siècle.

 

Du XIX° siècle, l'auberge est bâtie en pierre et enduit.

Les murs sont ornés de fresques conçues par les peintres qui ne pouvaient honorer leurs dettes,

et sont visibles dans la salle du restaurant.

Elles représentent notamment l'église de Chailly, la Tour et des portraits.

Par la suite, les artistes élisent domicile à l'auberge Ganne du hameau de Barbizon,

qui dépend de Chailly jusqu'en 1903.

 

Le cimetière.

 

C’est dans le cimetière communal, que reposent plusieurs d’entre eux :
Jean-François Millet, Pierre Etienne Théodore Rousseau, et tant d’autres peintres, Karl Bodmer,

Léon Joseph Pierre Delambre, François Desportes, Georges Jean Baptiste Gassies, Gaston Lafenestre,

Alexandre-Gabriel Decamps (1803-1860), artiste-peintre, fondateur de l'orientalisme, précurseur du réalisme.

 

Entrée du cimetière.

 

Tombes de : Léon Pierre Delambre (1846-1916), artiste-peintre,
et François Desportes (1849-1909), artiste-peintre.

Il a influencé l'École de Barbizon, vécut plusieurs années à Chailly

où il eut une maison située le long de la route nationale 7. Il a fait don à la commune de plusieurs toiles.

 

Tombes de Jean-François Millet, Rousseau, Lafenestre et Gassies.

 

▪ Jean-François Millet (1814-1875), artiste-peintre, cofondateur de l'École de Barbizon, auteur du tableau L'Angélus (où l'église de Chailly-en-Bière est peinte en arrière-plan), a peint un certain nombre de fresques à même les murs de l'Auberge du Cheval Blanc  toujours visibles.

▪ Théodore Rousseau (1812-1867), artiste-peintre, cofondateur de l'École de Barbizon

▪ Gaston Lafenestre (1840-1877), artiste-peintre, élève de Charles Jacque, a fait partie des exposants annuels de Barbizon.

▪ Georges Gassies (1829-1919), artiste-peintre.

 

C’est en l’an 808, dans l’empire de Charlemagne,

que l’évêque de Sens est venu fonder cette paroisse, et bénir cette église… où sont venus chaque Dimanche,

par le «chemin de la Messe», les paysans des hameaux de Chailly, Fay, et Barbizon. (Tableau de Millet).

C’est à Chailly également que Jean-François Millet a peint en 1859 son célèbre tableau “L’Angélus”.
Frédéric Bazille (né à Montpellier en 1841, † à Beaune la Rolande en 1870),

a peint Claude Monet alité à l’auberge de Chailly.

 

L'église Saint Paul, des XII° et XVI° siècles.

 

L'église a été bâtie en grès et pierre.

Une première église dédiée à Saint Paul est construite en 808.

Menaçant ruine et devenue trop exiguë, elle est remplacée au XII° siècle par un autre édifice.

 

 

L'entrée de l'église et le clocher carré qui date de 1766.

 

En 1763 ou 1765, un incendie ravage le clocher et une partie de la nef. Les réparations sont réalisées dès 1765 grâce à un don de Louis XV. Le clocher est reconstruit en avant du pignon ouest de l'édifice, avec un emploi de la brique tout à fait particulier en Gâtinais. Un cartouche orne ce clocher, mais l'inscription qui y figurait a disparu. (La tourelle d'escalier sur le transept nord, correspondant au clocher détruit).

 

L’église se trouve éclairée par des baies du XV°, sauf quelques lancettes du XIII siècle.
Le roman du XI° et l'ogive du XII° siècle abondent dans les contreforts,

l'escalier et les baies bouchées du clocher.

 

Les trois premières travées de la nef, flanquée d'un collatéral unique et voûtées en berceau, sont d'origine.

Les trois travées suivantes, entourées de deux collatéraux, ont été reconstruites au XVI° siècle.

Du XVI° siècle datent également le choeur à chevet plat et les chapelles latérales

dont les voûtes d'arêtes avec nervures prismatiques retombent sur des piliers poly-cylindriques sans chapiteaux.

 

L'église et l'entrée du presbytère.

 

En 1970, les maraîchers qui constituaient la ceinture verte de Paris, progressivement repoussés par l'urbanisation, la construction des grands ensembles, l'extension des aéroports s'installèrent à Chailly. Avec une terre propice et disponible, l'eau à fleur de terre, la proximité de Rungis, la commune est devenue la capitale de la salade en Ile-de-France.  Près de 250 personnes font reverdir chaque année la plaine de l'Angélus, pour exporter près de 80 millions de salades et des millions de fleurs coupées vers Rungis, l'Europe et d'autres pays lointains.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.patrimoine-religieux.fr/
http://www.mairie-chailly-en-biere.fr/

"Le patrimoine des communes de Seine-et-Marne"
Tome II, Editions Flohic, 2000
"Le vieux Barbizon", Georges Gassies, Le Livre d'Histoire, 2014
C.P.A. collection privée en prêt
Visite et photos, Chantal Guyon, le 26 juin 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville