BLANDY-LES-TOURS  (Seine-et-Marne)

Région Île-de-France

Arrondissement de Melun  - Canton de Nangis.
 Population : 723 Blandynois en 2016.

 

D'une superficie de 1.402 hectares, et d'une altitude de 59 à 104 mètres,

le village est traversé par la rivière l'Almont (ou ru d'Ancoeur), affluent de la Seine en rive droite.
 

Etymologie : de l'anthroponyme Blandus et du suffixe -acum.

Ce n'est qu'au début du XX° siècle, que la commune de Blandy prend officiellement le nom de Blandy-les-Tours.

 

 

Le château médiéval,

des XII°, XIV°, XVI° et XX° siècles.
 

 

Le château fort de Blandy est l'un des derniers témoins de l'architecture militaire médiévale d'Île-de-France.

L'édifice a traversé l'histoire : manoir fortifié aux XIII°-XIV° siècles,

il devient un véritable château fort pendant la guerre de Cent Ans.

Château résidentiel à la Renaissance, puis simple ferme, il finit par tomber en ruines.

 

Gravure représentant le château en 1707.

 

Vues aériennes avant 1950 : le château, le village et l'église Saint Maurice.

Le château se présente aujourd'hui comme un pentagone irrégulier flanqué de cinq tours.

Il est construit en pierres siliceuses et parements de grès, matériau abondant dans cette région de la Brie.

 

Au XII° siècle, les vicomtes de Melun décidèrent de fortifier leur pied-à-terre de Blandy : ils élevèrent la tour carrée (ancien donjon du château) qui fut par la suite intégrée dans les autres constructions, la crypte, et les remparts Nord défendus par les fossés.

 

La tour des Archives et la tour de la justice.

La tour des archives est une tour de défense et de résidence à la fois,

sa base et son couronnement sont fortifiés. Elle est pourvue de latrines, de cheminées et de larges fenêtres.

 

Au XIV° siècle, les rois de France, comprenant que Blandy était situé en un point stratégique, puisque sur le chemin des Bourguignons alliées aux Anglais, concédèrent une aide financière importante afin de faire du château une véritable forteresse : c'est à cette époque que remontent les tours qui nous pouvons voir aujourd'hui.

 

Tout comme sa voisine la tour Nord, la tour de justice est ronde,

dont le rôle est principalement défensif. Au sous-sol se trouve aussi la prison du château.

 

La tour de justice est datée 1220, et la tour du Nord.

(La première enceinte comptait quatre tours :

la tour carrée, la tour Nord, la tour de justice et un donjon carré qui s'élevait au-dessus du cellier).

La tour de justice : ancienne prison seigneuriale. On y pénètre après avoir franchi deux lourdes portes

de chêne formant un sas de sécurité.

 

Au XVI° siècle, le château,  ayant perdu sa vocation défensive, subit quelques transformations d'ordre esthétique. Les tours furent surmontées de toit à forme conique, dits en poivrière. Lorsque les nouveaux propriétaires, les Orléans-Longueville, firent du château leur séjour habituel, d'importantes constructions style Renaissance furent adossées aux murailles Nord (tour de la justice) jusqu'aux murailles Sud (tour des gardes), coupant la cour en deux.

 

La tour Nord - La tour carrée, qui servait initialement de porte.

 

Entrée principale et mur médiéval.

La porte fortifiée construite au XIV° siècle possédait un double-pont-levis à flèches

répondant à une double porte charretière à droite, porte piétonne à gauche.

 

La tour des gardes, plus vaste que la tour du donjon, possède quatre étages

s'élevant au-dessus d'une salle basse fendue de cinq archères. Les étages supérieurs étaient reliés

à cette salle par un escalier de bois mobile que l'on pouvait retirer en cas de danger.

A l'époque le fossé, à fond plat, mesurait 8 m de large pour 3 à 4 m de profondeur.

 

La cour intérieure.

 

Au milieu de la grande cour s'élevait une chapelle dont seule la crypte

(de vaste dimension 8,80 m x 7,70 m) a survécu.

Sa voûte quadripartite en meulières plates s'appuie sur un pilier central.

Les bâtiments construits au XVII° siècle : le logis seigneurial, le jeu de paume et les galeries reliant les courtines

et les bâtiments entre eux ont aujourd'hui disparu. (Ils n'ont pas été restitués lors de la restauration).

 

Le donjon - La tour des gardes, entreprise dans la seconde moitié du XIV° siècle,

évolua en cours d'exécution, ce qui peut expliquer l'allure distincte de sa partie basse,

le rez-de-chaussée et le premier étage, et de sa partie haute, chemin de ronde compris.

Le donjon, haut de 35 m est sans doute le chef d'oeuvre de cette forteresse : cinq étages se superposent,

son diamètre extérieur est de 12 m et les murs font à la base 3 m d'épaisseur.

 

Au XVIII° siècle, après le décès de la dernière héritière, la duchesse de Nemours, le château, en très mauvais état est acheté par le maréchal de Villars, déjà propriétaire de Vaux-le-Vicomte. Ce dernier le transforme rapidement en exploitation agricole, défigurant définitivement la vieille forteresse.

 

Depuis la cour intérieure, le donjon du XIV° siècle, et la tour des gardes.

Le puits est appelé "puits de la reine Blanche".

Au Moyen Age, cinq puits permettaient d'alimenter le château en eau.

L'eau était indispensable pour la cuisine, l'hygiène et le ménage.

 

 

La salle basse du donjon, est voûtée sous croisée d'ogives.

 

Le donjon et sa herse du XV° siècle - Escalier d'accès au 1er étage.

Du haut de ses 38 mètres, le donjon est la tour la plus haute du château :

c'est le symbole du pouvoir seigneurial.

Il s'agit également de la tour la plus fortifiée, lieu de refuge en cas d'attaque.

 

La salle du 1er étage du donjon communique avec une chambre de manœuvre pour la herse.

De la petite tourelle qui s'appuie sur le donjon, on a accès aux latrines que l'on retrouve à chaque étage.

 

Au 2° étage du donjon se trouve une cheminée du XIV° siècle.

 

Le donjon : palier du 3° étage - Escalier d'accès au dôme - La salle du 3° étage.

Cette chambre était probablement celle du seigneur

comme en témoignent les grandes fenêtres à meneaux et les larges coussièges.

De cet étage, s'amorce l'accès aux courtines qui se faisait autrefois par un pont-levis.

 

 

Depuis le chemin de ronde du donjon et des courtines,

on découvre la campagne environnante, le village briard de Blandy et le château.

 

Chemin de ronde, aujourd'hui intérieur, surplombant la salle de l'auditoire.

 

La salle haute de l'auditoire. Depuis la cour, on peut se rendre dans sa salle basse,

éclairée de fenêtres à croisées. Comme dans les tours, on y trouve des coussièges.

Elle abritait jadis la salle de justice et la salle d'armes.

 

La 2° salle de l'auditoire. Comme la première,

ces deux salles sont aménagées pour accueillir une programmation culturelle.

 

La tour carrée servait initialement de porte.

Dans ses aménagements ultérieurs, elle fut dotée d'un escalier en colimaçon et de latrines.

 

Escalier conduisant aux salles de l'auditoire.

 

 

La salle d'exposition permanente restitue l'histoire de la construction du château

et des familles qui y ont vécu.

La maquette présentée restitue le château dans son environnement actuel.

 

Vendu en 1764 au duc de Choiseul-Praslin, ministre de Louis XV, l'édifice est acheté en 1888 par Pierre-Charles Tuot, maire de Blandy, qui en fait don à la commune la même année. Des fouilles archéologiques, débutent en 1989, et en 1992, le château est cédé au département de Seine-et-Marne, qui en entreprend la réhabilitation.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Panneaux explicatifs présentés près du site

"Guide de visite", 14 pages, acheté à la boutique du château

Dépliant 8 volets "château de Blandy-les-Tours"

publication du département de Seine-et-Marne, 2015

"Patrimoine des communes de la Seine-et-Marne"

Tome 1, éditions Flohic, 2000

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 29 juin 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville