BARBIZON  (Seine-et-Marne)
Arrondissement de Melun - Canton de Fontainebleau.
Région : Île-de-France
 Population : 1.160 Barbizonnais en 2016.

 

D'une superficie de 527 hectares, et d'une altitude de 75 à 93 mètres,

Barbizon est un des endroits mythiques de la peinture pré-impressionniste en France.

 

Toponymie : "Barbitio" est mentionné en 808 dans un document de Charlemagne.

La commune est nommée en 1222 sous le nom de Barbuison et en 1392 Barbiron.

Elle est indépendante depuis le 20 novembre 1903, après sa séparation avec Chailly-en-Bière.

 

Au début du XIX° siècle, Barbizon n’était qu’un petit hameau rural, et ne constituait pas une paroisse.

Le village s'est développé avec l'arrivée des peintres, attirés par les paysages de la région,

qui s'y installent à partir de 1822, résidant à l'auberge Ganne.

 

La Grande Rue qui traverse tout le village, avant 1970.

 

 

Le village des peintres
 

 

 

L'hôtel de ville, du XIX° siècle, en pierre et brique.

Occupée depuis 1955, cette maison a été succéssivement l'ancienne demeure de Louis Masson,

l'un des derniers peintres de l'Ecole de Barbizon, avec Chaigneau, Ceramano et Félix Ziem,

et enfin, la demeure du hollandais Kornweiler.

 

Sculpture inaugurée le 25 février 2018 : "Retour à la maison", bronze original du maître Li Xiaochac, sculpteur et peintre né dans le district de Li Quan de la province de Shaanxi, Chine. A l'instar de Millet, 150 ans plus tard, ce très beau témoignage livré par le maître Li révèle tout son amour de l'humain.

 

L'annexe de l'hôtel de ville. L'ensemble renferme

des oeuvres de Ferdinand Chaigneau, Marcel Jacque, Andrée Séailles et Auguste Boulard.

 

 

Le centre Besharat : la Sphinge, Bernard Métranve,

et "Vestige" de Mauro Corda, exposé a Besharat Gallery et Museum, Barbizon.

 

Bernard Métranve est un artiste plasticien né en 1949 à Mézières (Ardennes). C'est un créateur original atypique qui a exposé dans le monde entier. Connu pour ses sculptures en bronze qui associent la pureté de la ligne à la recherche des analogies des associations d'idées. Son œuvre a le plus souvent comme point de départ le dessin et modelage qui aboutit soit à une cuisson (grès, terre cuite) soit à la réalisation de bronzes exécutés selon la technique de la cire perdue, le plus souvent. Cependant, Métranve à pratiqué longtemps la taille directe sur bois.

 

La Grande Rue.

 

L'auberge Ganne : cette grande maison est ouverte en auberge vers 1834 par les époux Ganne,

et fut le principal lieu de passage des nombreux artistes paysagistes et animaliers,

venus du monde entier travailler "sur le motif" en forêt de Fontainebleau, jusqu'en 1870.

 

Félix-François Georges Philibert Ziem.

 

¬ Félix Ziem (vers 1911), photographié dans son atelier. Photo de Dornac (1858-1941)https://archive.org/stream/

 

Peintre français de l'École de Barbizon, né le 25 février 1821 à Beaune et mort le 10 novembre 1911 à Paris. Il est renommé pour ses marines et ses paysages de Venise et de Constantinople. Rattaché au mouvement orientaliste, il est considéré comme un des précurseurs de l'impres-sionnisme.

 

En 1849, il s'installe à Paris et partage son temps entre la capitale et la forêt de Fontainebleau où il devient l'ami de Théodore Rousseau et Jean-François Millet. Il peint alors des scènes de vie quotidienne, des portraits, et des paysages champêtres, qui le rattachent temporairement à l’école de Barbizon où il peint dès 1853.

 

 

Félix Ziem achète cette maison au n° 56 de la Grande Rue, qu'il occupa de 1907 à 1911.

Construite dans la seconde moitié du XIX° siècle, en grès et pans de bois avec enduit.

Son originalité vient de la porte de garage, dont le décor formé de figures et de personnages

mêle des pastiches des styles gothique et Renaissance.

 

Étienne Pierre Théodore Rousseau

 

¬ Photo, Théodore Rousseau par Nadar (vers 1855) / http://www.getty.edu/
 

Dit Théodore Rousseau, artiste-peintre paysagiste, né le 15 avril 1812 à Paris, mort le 22 décembre 1867 à Barbizon, cofondateur de l'école de Barbizon.

 

Il se révéla comme un observateur attentif de la nature à toutes les époques de l'année. Théodore Rousseau perd sa mère en 1837, son chagrin influence son œuvre pendant plusieurs années. Il fréquente régulièrement Barbizon et étudie la nature d’une manière approfondie.

Rousseau voyage en Auvergne, en Normandie, fréquente l’auberge de Chailly-en-Bière (1833). Il commence à sillonner la forêt de Fontainebleau.

 

La forêt de Fontainebleau reste sa principale source d’inspiration. Il est proche de nombreux artistes dont Jules Dupré, Narcisse Diaz de la Peña, Eugène Delacroix, Ary Scheffer, Théophile Thoré, George Sand… Rousseau se retire à Barbizon après la rupture de ses fiançailles avec Augustine Brault, la « fille adoptive » de George Sand. À partir de 1847, il s’isole de ses amis, loue une maison, installe son atelier dans la grange.

 

La chapelle Saint Paul, et la maison-atelier de Rousseau, avant 1960.

 

Rousseau transforme cette grange en atelier au 1er étage, vit dans ce village situé

à l’orée de la forêt de Fontainebleau avec sa compagne Elisa Gros jusqu’à son décès le 22 décembre 1867.

 

Cette maisonnette retirée au fond d'un jardin de paysan, réduite à deux chambres basses et à une grange qu'il transforma en atelier. Le peintre vivra de 1847 à 1867 dans cette maison et travailla dans cet atelier où se regroupaient les artistes de passage pour des veillées chaleureuses. L'atelier sera transformé à l'aube du XX° siècle en chapelle, puis agrandie en église en 1950.

 

Jean Galtier-Boissière.

 

Photo : Jean Galtier-Boissière en 1931/gettyimages. Maison où vécut le journaliste à Barbizon.

Jean Galtier-Boissière, né le 26 décembre 1891 à Paris, mort le 22 janvier 1966 à Neuilly-sur-Seine.

Il est romancier, polémiste, peintre et journaliste . Créateur du périodique satirique Le Crapouillot,

puis un temps journaliste au Canard enchaîné, il se rapproche ensuite de l'extrême droite.

 

Jean Galtier-Boissière est incorporé dans l'armée en 1911 pour trois ans, mais, pour cause de guerre, il ne la quittera qu'en 1918. Il participe à la retraite de septembre 1914 puis à l'avancée de la Marne. Il laissera ses souvenirs de fantassin, marchant dans un sens puis dans l'autre sans comprendre ce qui se passe, dans son roman La fleur au fusil. Puis suit la longue période de la guerre "enterrée".

Il crée dans les tranchées un journal, Le Crapouillot, d’orientation anarcho-pacifiste, qui commence par quelques feuilles ronéotypées et devint un journal majeur de l'après-guerre. Pacifiste et homme de gauche, proche de Gaston Bergery, Galtier-Boissière a de bons rapports avec la LICA. Il collabore à un autre journal, Le Canard enchaîné, lui apportant sa patte de polémiste. En désaccord avec l'influence des communistes dans ce journal, il le quitte durant la guerre d'Espagne, à la suite d'un différend avec Pierre Bénard.

 

La Grande Rue.

 

La villa "Les Chamettes", en grès, pans de bois et enduit.

A l'emplacement de l'hôtel les Charmettes, créé en 1897 par M. Schaller, se trouvait une maison habitée par le

peintre américain William-Morris Hunt (1824-1879), puis par le peintre écrivain suisse Karl Bodmer (1809-1893).

 

 

Dans les jardins, un parcours artistiques jalonné de sculptures

convie les visiteurs à une immersion dans l’art et la nature.

 

Après Atlanta aux Etats-Unis, Besharat Gallery s’est implanté à Barbizon, l’un des lieux mythiques de la période pré-impressionniste en France. Installée dans l’ancienne Villa Les Charmettes (XIX° siècle), la Galerie abrite des œuvres d’artistes contemporains de renom mais aussi de jeunes talents à découvrir. Plusieurs fois par an, des expositions événementielles mettent en lumière le travail d’un artiste ou abordent une thématique spécifique.

 

Narcisse Virgilio Díaz.

 

¬ Narcisse Díaz, photographie anonyme parue dans Galerie Contemporaine. (Musée d'art du comté de Los Angeles).

 

Dit aussi Narcisse Díaz de la Peña, peintre, il est né le 20 août 1807 à Bordeaux et mort le 18 novembre 1876 à Menton. (Le compositeur Eugène-Émile Diaz (1837-1901) est son fils).


Il devient orphelin à Paris en 1817, et perd une jambe des suites d'une morsure de vipère. En 1822, il sera apprenti peintre à la manufacture de porcelaine Arsène Gillet.

 

À partir de 1837, Narcisse Diaz rejoint le groupe de l'École de Barbizon et peint des paysages dans lesquels on retrouve les sites qu’il affectionne particulièrement à Fontainebleau : Bas-Bréau, Apremont, et la vallée de la Solle. Díaz admire Eugène Delacroix et comme les artistes et les écrivains, il est fasciné par l’Orient. Les Orientales de Victor Hugo l’impressionnent. Il se sert par ailleurs de la nature comme toile de fond pour y introduire des figures allégoriques, mythologiques ou proches du réel. Son tableau la Descente des Bohémiens obtient un très grand succès au Salon de Paris de 1844.

 

Il fréquente Théodore Rousseau et Jean-François Millet et leur apporte son soutien. Il peint en travaillant la matière ce qui lui permet d’obtenir des effets lumineux et en cela il influencera les impressionnistes. À partir de 1862 il séjourne régulièrement sur la côte normande, en particulier à Étretat. Il peint plusieurs marines aux côtés de son ami Gustave Courbet. Aux Salons, il reçoit régulièrement des récompenses et on le considère comme un "charmant coloriste". C’est cette qualité que Vincent van Gogh, son fervent admirateur appréciait le plus en lui.

 

 

Pendant son séjour à Barbizon, Narcisse Diaz résida dans cette jolie maison.

 

Jean-François Millet.

 

Il est l'un des fondateurs de l’école de Barbizon, et célèbre pour ses scènes champêtres et paysannes réalistes.

 

¬Portrait de Jean-Francois Millet/fr.wikipedia.org/wiki/

Jean-François Millet est le fils de Jean Louis Nicolas Millet (originaire de Saint-Germain-le-Gaillard) et de Aimée Henriette Adélaïde Henry. Il est né à Gruchy, hameau de Gréville-Hague, intégré depuis le 1er janvier 2017 à la commune nouvelle française de La Hague.

 

Au Salon de 1848, il expose Le Vanneur : c'est la première œuvre inspirée par le travail paysan, veine qu'il développe à partir de 1849 en s'installant à Barbizon avec Charles Jacque pour s’appliquer à peindre beaucoup de scènes rurales souvent poétiques.

 

Dans son atelier, Millet élabora ses principaux chefs-d'œuvre, comme L'Angélus ou Les Glaneuses. Cet endroit, qui a pratiquement conservé son apparence extérieure du XIX° siècle, conserve de nombreux objets du maître et des peintures originales de contemporains.

 

 

Jean-François Millet s'installe dans cette maison appartenant à son ami Alfred Sensier,

mécène et fonctionnaire, en 1849 et y restera jusqu'à sa mort.

L'atelier du peintre occupe le rez-de-chaussée

 

La maison comprenait à l'origine deux autres bâtiments, dont un second atelier. Les différents propriétaires qui ont succédé à Jean François Millet ont progressivement modifié l'habitation. En 1850, Duhamel supprime le plafond de la grande pièce et le rehausse pour l'orner d'un caisson afin de permettre au sculpteur Gallicie d'édifier la cheminée décorée d'une Vierge à l'enfant. Depuis les années 1930 la maison est transformée en musée privé : la Maison-Atelier.

 

Cette jolie propriété, avec son jardin romantique, située également dans la Grande Rue

était peut-être une maison occupée par des artistes ?

 

Louis Barye et Georges Jean Baptiste Gassies.

 

Portrait de Barye, par Nadar (1856), Maisons de : Louis Barye, puis de Georges Gassies.

Photos de droite, maison de Charles Jacque et portrait.

 

▪ Antoine-Louis Barye, sculpteur et peintre, est né le 24 septembre 1795 à Paris, mort dans la même ville le 25 juin 1875. Il est renommé pour ses sculptures animalières. Son fils et élève est le sculpteur Alfred Barye. Sa pratique du croquis fait sur nature d'après les animaux du jardin des Plantes à Paris l'amenèrent petit à petit à pratiquer aussi la peinture. En essayant de situer ses animaux dans leur milieu naturel, Barye les encadra de paysages exotiques qu'il traita avec vigueur et un très grand sens de la vérité.  Au début des années 1850 Barye fréquente Barbizon et finit par s’y installer. Il y côtoie les peintres de l’École de Barbizon et réalise de nombreuses huiles et aquarelles qui témoignent de ses qualités de coloriste.

 

▪ Jean Baptiste Georges Gassies, aquarelliste, poète, historien et conférencier, né en 1829 et décédé en 1919. Il a été professeur d'histoire au collège de Meaux. Il est également l'auteur d'un ouvrage essentiel sur la vie de Barbizon, intitulé "Le Vieux Barbizon".

 

▪ Charles Émile Jacque, peintre et graveur de l'École de Barbizon, est né le 23 mai 1813 à Paris où il est mort le 7 mai 1894. En compagnie de Jean-François Millet, Charles Jacque fréquente la ville de Barbizon dès 1845. Fuyant l'épidémie de choléra qui frappait Paris depuis le 3 mars 1849, Charles Jacque s'installe en août 1849 à Barbizon avec Jean-François Millet et Théodore Rousseau (1812-1867). Au début des années 1850, le groupe est rejoint entre autres par Jules Héreau.

Charles Jacque est aussi réputé comme aquafortiste. Il participe au renouveau de cette technique au XIX° siècle. Il commence sa carrière de graveur en 1836. Après avoir réalisé des gravures de reproduction d'après les maîtres hollandais, Jacque s'adonne à la gravure originale. Aidé par son ami Auguste Delâtre (1822-1907), il imprime ses premières séries d'eaux-fortes.

 

L'Hostellerie du Bas-Bréau.

 

A l'emplacement de l'Hostellerie Bas-Bréau se trouvait l'Hôtel Siron, ouvert en 1867,

par Emmanuel Siron, marchand de bois et de charbon,

dans le but de concurrencer "La villa des Artistes", construite à l'entrée de la forêt par le gendre du père Ganne.

 

Dès 1867, l'établissement est également appelé "Hôtel de l'Exposition"

car les toiles des peintres du village y sont exposées pour la vente.

 

Robert Stevenson, auteur de l'Île au trésor y rédige son ouvrage "Forest".

Le peintre hongrois Ladislas de Paal y séjourne de 1873 à 1876.

Le 25 juin 1984, une réunion rassemble à l'Hôtellerie du Bas-Bréau, les dix pays membres de la C.E.E.

 

Robert Stevenson et Ladislas de Paal.

 

Portraits de Georges Stevenson en 1856 et de Ladislas de Paal, en 1876-1877.

Au centre, plaque commémorative apposée sur la façade de l'Hostellerie de Bas-Bréau,

posée le 4 mars 1929, pour commémorer le 50° anniversaire de la mort du peintre Ladislas de Paas.

 

▪ Robert Louis Stevenson, écrivain écossais et grand voyageur est né le 13 novembre 1850 à Édimbourg et mort le 3 décembre 1894 à Vailima (Samoa). Il est  célèbre pour son roman L'Île au trésor (1883), pour sa nouvelle L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde (1886) et pour son récit Voyage avec un âne dans les Cévennes (1879). Stevenson est parfois considéré comme un auteur de romans d'aventures ou de récits fantastiques pour adolescents, mais son œuvre a une tout autre dimension.

 

▪ Ladislas de Paal, peintre hongrois, est né le 30 juillet 1846  à Zam (aujourd'hui en Roumanie) et mort à Charenton-le-Pont le 3 mars 1879. Elève de Mihály Munkácsy, c'est un représentant du courant impressionniste en Hongrie, rattaché à l'École de Barbizon pour sa production en France. Il découvre la peinture française en 1869 à l’occasion d’une exposition internationale à Munich où il admire particulièrement Gustave Courbet, Jean-François Millet, Diaz de la Peña et Théodore Rousseau. Vers 1872, il vient à Paris rejoindre son ami et compatriote Mihaly Munkacsy dont la carrière connaissait en France un succès certain.

 

Muncaksy et de Paal viennent en 1874 à Barbizon dont la réputation de village d’artistes attirait alors des peintres de toute l’Europe et même d’Amérique. De Paal s’installe à l’auberge Siron jusqu’en 1877. Sujet à la dépression, il est alors interné à l’hospice de Charenton où il demeure jusqu’à sa mort survenue en 1879.

L’essentiel de l’œuvre de Ladislas de Paal a été produit pendant son séjour à Barbizon où il se consacre presque uniquement aux paysages environnants, tant du côté de la forêt et de la plaine que dans le village lui-même. Cette vue de la plaine, rendue par une touche fondue où personnages et animaux se confondent avec le paysage, est caractéristique des œuvres de Ladislas de Paal qui paraît avoir été sensible lors de son séjour en France aux recherches sur la lumière des artistes impressionnistes.

 

Bas-relief commémoratif de Millet et de Rousseau.

 

L'Allée aux Vaches, située à l'entrée de la forêt de Fontainebleau, dans laquelle, est placé ce médaillon,

a été peinte par Jean-François Millet, Théodore Rousseau et Claude Monet.

 

Ce médaillon rend hommage aux deux peintres emblématiques de l'école de Barbizon :

Jean-François Millet (1814-1875) et Théodore Rousseau (1812-1867).

Oeuvre du sculpteur Henri Chapu, originaire du Mée, près de Melun.

Il fut inauguré le 19.04.1884, grâce à une souscription publique organisée par les peintres de Barbizon.

 

L'École de Barbizon.

 

Une des principales innovations de la peinture au XIX° siècle est la dévotion au paysage, qui devient une des manifestations majeures de l'art. Cette école du paysage est symbolisée par les artistes qui se retrouvent à Barbizon de 1825 aux années 1870 (date du premier salon où exposent les peintres bientôt appelés "Impressionnistes".

 

Pendant près de 50 ans, Barbizon devient le centre géographique et spirituel d'une colonie de peintres paysagistes qui abandonnant l'anecdote et l'histoire, se consacrent exclusivement à l'inventaire sur le motif de la nature et de ses métamorphoses. Ils marquent de façon décisive l'évolution de la peinture, l'art devenant le moyen d'interroger les apparences, de suggérer.

 

Aux alentours de 1880, l'attirance pour la peinture des paysages prend figure de découverte. Avec Barbizon, la nature devient la matière, le sujet-même du tableau, elle en sort glorifiée ainsi que celui qui la travaille : le paysan. Les peintres de Barbizon affirment et défendent cette vue nouvelle, mais si on leur reconnaît une attitude commune, chacun à, face à la nature, une approche très personnelle et aucun n'a jamais enfermé son art dans une théorie.

 

La forêt de Fontainebleau.

La forêt de Fontainebleau, autrefois appelée forêt de Bière (dérivé de bruyère),

est un important massif boisé de 25 000 ha, dont 21 600 ha sont aujourd'hui administrés en forêt domaniale.

 

Il y a 35 millions d'années la mer envahit la région et y déposa des sédiments d'une cinquantaine de mètres d'épaisseur. Ce sable, l'un des plus purs du monde, a fourni la célèbre verrerie de Murano à Venise. Vers l'an Mil, la forêt était formée d'enclaves que se partageaient de petits seigneurs et riches propriétaires terriens. Les rois de France s'efforcèrent de constituer un domaine. Sur la route de Sens et de Bourgogne, Fontainebleau représentait une implantation stratégique, d'où l'existence d'une résidence royale depuis le XII° siècle au moins.

 

Gravure rupestre du Massif de Fontainebleau.

Les massifs de grès, grottes et abris rocheux de la forêt de Fontainebleau ont, dès le Paléolithique récent,

été le support d'œuvres d'art rupestre, gravées dans la pierre. On estime à 2 000 le nombre d’abris ornés,

ce qui en fait, pour le territoire français,

le second ensemble rupestre en importance, après celui de la Vallée des merveilles, dans les Alpes.

 

Une partie des œuvres sont supposées dater du Mésolithique. Toutefois les plus anciennes sont datées, selon des critères stylistiques, du Paléolithique. Le reste renvoie au Néolithique, à l'âge du Bronze ou au Moyen Âge. Un certain nombre sont également contemporaines, du XIX° au XX° siècle

 

Les platières, les rochers et les monts, rassemblés en si peu d'espace,

constituent un ensemble exceptionnel, connu et reconnu dans le monde entier.

 

Au Moyen Age, la forêt de Bière fut plusieurs fois comprise dans le douaire des reines de France : Clémence de Hongrie à la mort de Louis X (1431), et Isabeau de Bavière qui en jouit avant la mort de Charles VII. Une parcelle de la forêt s'appelle encore "Les Ventes à la Reine". François 1er, comme ses prédécesseurs, agrandit le domaine royal et ceintura la forêt d'un bornage qui subsiste et est entretenu par l'ONF, y compris la nécessité de la protéger. Au XVI° siècle, l'administration prend la forme qu'elle garde jusqu'à la Révolution.

 

Un paysage chaotique et mamelonné où chênes, pins sylvestres et châtaigniers poussent entre de gros blocs

en grès gris, alternant avec un sol sableux, parfois très blanc,

recouvert de bruyères et fougères séchées par les premiers froids…

 

Ce sable, dont les grains collés avec de la silice ou du calcaire forment le grès. Le grès est exploité depuis 1330. Dès le XVI° siècle, il est utilisé pour le pavage des rues de Paris. En 1831, on embarque encore 3 000 000 de pavés. À la fin du XIX° siècle, sous la pression des artistes, on restreint l'activité de carrière qui comptait alors 2.000 hommes.

En 1907, la dernière exploitation ferme à la suite de l'interdiction de l'exploitation des grès sur le domaine. Mais l'exploitation s'est maintenue en dehors de ces limites. La dernière, aux Trois-Pignons ferma en 1983.

Sur l’ensemble du massif de Fontainebleau, de nombreux sites ont, ainsi, fait l’objet de cette activité intense : le rocher Canon, les gorges de Franchard et du Houx, les Hautes-Plaines, le Long Boyau, etc. Avec l’arrêt de l’extraction en 1907, les savoir-faire et la mémoire ont peu à peu disparu de Fontainebleau. Toutefois, nombreux sont les vestiges de ce patrimoine industriel encore visibles aujourd’hui.

 

Pour ouvrir un atelier d'exploitation, le carrier demandait une autorisation au Capitaine des Chasses et payait un droit de forage. En outre, il devait remettre en état les routes qui avaient permis le transfert des matériaux. Les ouvriers, atteints de phtisie pulmonaire, mouraient jeunes. On exploite toujours le sable en lisière de forêt (comme le groupe Sibelco à Bourron-Marlotte).

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.patrimoine-religieux.fr/

Portrait Louis Barye daguerreotype par Felix Nadar

1856/ http://www.laboiteverte.fr/nadar/
 Photo Charles Jacque/self-portrait, 1862/https://commons.wikimedia.org/

Photo Stevenson à Barbizon en 1876 ou 1877/https://archive.org/

 Portrait de Ladislas de Paal, par Mihály Munkácsy

Budapest, (Galerie nationale hongroise)

"Le patrimoine des communes de Seine-et-Marne"

Tome II, Editions Flohic, 2000

"Le vieux Barbizon", Georges Gassies, Le Livre d'Histoire, 2014

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 26 juin 2019

 

 

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