BARBIZON  (Seine-et-Marne)
Arrondissement de Melun - Canton de Fontainebleau.
Région : Île-de-France
 Population : 1.160 Barbizonnais en 2016.

 

D'une superficie de 527 hectares, et d'une altitude de 75 à 93 mètres,

Barbizon est un des endroits mythiques de la peinture pré-impressionniste en France.

 

 

Toponymie : "Barbitio" est mentionné en 808 dans un document de Charlemagne.

La commune est nommée en 1222 sous le nom de Barbuison et en 1392 sous le nom de Barbiron.

Elle est indépendante depuis le 20 novembre 1903, après sa séparation avec Chailly-en-Bière.

 

Vue aérienne du bourg et la forêt de Fontainebleau, avant 1970.

 

Ce qui est encore un hameau de bûcherons accueillera, dès 1830, à l'auberge Ganne, tous les peintres qui viennent chercher l'inspiration auprès de la nature intacte. Plus tard, ils partagent leurs séjours entre Barbizon et Chailly-en-Bière, trouvant leurs sujets dans la campagne ou la forêt de Fontainebleau toute proche, peignant sur le motif.

 

 

L'auberge Ganne
 

 

Façade de l'auberge avant 1970, en meulière et grès.

Vers 1834, un couple d'épiciers, les Ganne décident de transformer leur maison en auberge improvisée

où les jeunes "rapins" pourront trouver un hébergement rudimentaire mais familial.

 

La porte au-dessus de laquelle est inscrite le nom des Ganne, à droite de la porte cochère, donne accès à la salle commune servant d'épicerie, de cuisine et de chambre aux époux Ganne. Les deux fenêtres de gauche éclairent la salle à manger des artistes et celles de droite la salle à manger dite "des officiers".

 

Façade et la porte charretière de l'auberge, en juin 2019.

Dans les années 1835, Barbizon, avec sa nouvelle auberge, réunit les conditions les meilleures

pour attirer les jeunes artistes en quête de liberté et d'expression et de recherche d'authenticité

ou en révolte contre les principes académiques qu'ils jugent désuets.

 

"Barbizon est un endroit très tranquille où l'on pouvait sans crainte d'être dérangé, travailler paisiblement, être logé et nourri à bon marché. Aussi la réputation du village se répandit-elle dans les ateliers de peintres et surtout chez les paysagistes et les animaliers qui étaient sûrs de trouver dans le pays de nombreux modèles".(Gassies).

 

Sous le porche, entrée de la billetterie et, la cour intérieure donnant accès au musée.

 

La salle des Officiers.

 

 

La pièce donnant sur la rue par deux fenêtres sert de salle à manger.

Elle est meublée d'une table, de chaises, d'une armoire .

L'autre plus réduite s'éclaire par une fenêtre sur la cour.

 

Dans le registre destiné à la police, sont mentionnés les noms des artistes séjournant à l'auberge.

 

La salle des artistes.

 

C'est dans cette salle que tous les soirs dînaient nos jeunes artistes,

qui vont changer l'histoire de la peinture.

A travers des discussions animées et passionnées, en buvant beaucoup, en chantant,

ils ont refait le monde de l'art, voulu apprendre à "peindre sur le motif" et ouvert la voie à l'impressionnisme.

 

Cette salle ouvrant à gauche de la boutique est réservée aux artistes.

Elle est curieusement séparée en deux par une cloison en bois percée d'une porte à deux battants.

 

De la boutique, on pénètre à droite dans la salle dite des officiers en souvenir de l'année 1839,

date à laquelle "l'armée des arts, l'épée et la palette s'étaient partagé le cabaret de Barbizon".

 

A droite, la pendule de l'auberge Ganne.

 

Cette pièce éclairée par une fenêtre est meublée d'une table d'hôte, quelques chaises, une armoire énorme peinte par les artistes, une cheminée surmontée d'une glace encadrée de guirlandes de roses par Diaz et d'un trumeau orné d'un paysage de Français qui a inspiré un des couplets de la complainte de Barbizon.

 

 

Photo de gauche, "la danse autour du punch"

Cloisons à la palette, peints par Théodore Rousseau et Narcisse Diaz.

Félix Pigeory, directeur de la Revue des Beaux-arts, décrit ce décor en détail en 1854 :

 

"Deux cartouches qui sont, en raison de leur développement, les oeuvres capitales de ce musée villageois,   décorent la cloison. D'un côté, c'est un paysage de Théodore Rousseau (1812-1867) que couronne un vase de fleurs de Diaz (1807-1876), avec des fruits dus au pinceau de Célestin Nanteuil (1813-1893)... La cloison a été remontée dans la salle de l'auberge dans laquelle elle se trouvait, et les portes qui la fermaient sont exposées des deux côtés de la fenêtre sur cour".

 

Épicerie-cuisine-chambre à coucher des aubergistes.

 

Cette salle, éclairée par la porte et par une fenêtre, a une quadruple destination :

elle est à la fois une boutique, une chambre à coucher, une cuisine, un vestibule ou un parloir.

 

 

Au fond de la pièce, le lit des aubergistes.

 

An premier étage, se trouvent les chambres-dortoirs.

 

L'aménagement du premier étage était assez sommaire et s'improvisait en fonction du nombre de clients.

Il y avait peu de chambres dans l'auberge, aussi chacune était-elle occupée par plusieurs lits.

La plus grande donnait sur la rue principale, il il y avait deux lits avec des rideaux.

Quand la maison était pleine, on dressait au milieu de la chambre autant de lits de camp qu'il en fallait.

 

Lors de la restauration de l’auberge en 1980, on a découvert sous les papiers peints des chambres,

les « tags » des peintres, miraculeusement protégés depuis 1860.

 

Les collections de peintures du 1er étage.

 

Ces tableaux illustrent le travail fait "sur le motif" dans la forêt de Fontainebleau,

par opposition à celui des peintres qui travaillent en atelier de mémoire à Paris.

 

Dès le matin, les peintres partent en forêt en emportant leurs boîtes de couleurs, leurs pinchards ou tabourets pliants, leurs parasols, leurs pique-niques et deux toiles, l'une pour l'effet du matin, l'autre pour celui du soir. Ils réalisent des portraits de la nature dans lesquels ils parviennent à rendre les différentes essences des arbres et à saisir les vibrations de la lumière et ses variations.

 

 

Ces deux petites chambres, séparées par une cloison de bois

conservent les peintures, les dessins et les graffitis laissés par leurs occupants.

 

 

L'enseigne de l'auberge Siron, peinture à l'huile sur tôle fixée sur une âme en bois.

Cette auberge, également appelée "Hôtel de l'Exposition" avait été fondée en 1867,

par Emmanuel Siron, dans la Grande Rue de Barbizon, à l'emplacement de l'actuel Hôtel du Bréau.

 

L'enseigne fut achetée lors de la création du premier musée, puis installée dans l'auberge Ganne en 1936, pour être placée au-dessus de la porte charretière. Comme le montre la photographie réalisée en 1870, le décor primitif de l'enseigne, attribuée traditionnellement à Albert-Heinrich Brenel (1827-1895), montrait des peintres sur le motif encadrant une palette portant l'inscription "Exposition Barbizon". L'auteur du décor actuel, sans doute réalisé dans les années 1880, n'est pas connu.

 

Dans les dernières années du XIX° siècle, la maison cesse d'être une auberge.

Elle est rachetée en 1930 par Pierre-Léon Gauthier, qui y établit sa résidence et crée un musée.

En 1995, elle devient musée municipal de l'école de Barbizon.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.musee-peintres-barbizon.fr/

"Le patrimoine des communes de Seine-et-Marne"

Tome II, Editions Flohic, 2000

"L'auberge Ganne", Musée municipal Barbizon

Marie-Thérèse Caille, Editions Gaud, 1994

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 26 juin 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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