VARENGEVILLE-SUR-MER  (Seine-Maritime)
Arrondissement et canton de Dieppe
Région : Normandie
 Population : 971 Varengevillais en 2016.

 

D'une superficie de 1.075 hectares, et d'une altitude de 0 à 102 mètres,

le village est situé sur la côte d'Albâtre, dans une valleuse,

une brèche creusée dans la falaise qui permet l'accès à la Manche.

 

Vues aériennes, avant 1970 : le village et l'église Saint Valéry.

 

Entre Le Tréport et le cap de la Hève, le littoral est bordé de grandioses falaises, certaines atteignant une hauteur de 120 m, minées par l'assaut des vagues et le ruissellement des pluies. Ce mur de craie est régulièrement interrompu par les vallées que les nombreux fleuves du plateau ont creusées jusqu'à la mer.

 

La valleuse -  Depuis le cimetière marin, vues sur les falaises.

Contrastant avec le paysage venté des falaises, où les buissons à genêts laissent la place aux cultures,

les petites valleuses boisées sont autant de coupures heureuses où sont blottis les villages de pêcheurs.

 

 

Georges Braque
 

 

Georges Braque a façonné Varengeville comme Varengeville a modelé sa palette.

Ils ont fini par se confondre, sous le même ciel, au bord des hautes falaises blanches

et de la mer qui se dérobe au-delà des champs et des valleuses.

 

Photo Georges Braque, http://www.lavie.fr/culture/expos/la-face/
Photo Georges Braque and Pablo Picasso, Vallaruris, 1954, (National Galleries of Scotland)

 

Georges Braque fit construire à Varengeville-sur-Mer sa maison en 1929 et, jusqu'à sa mort en 1963, il y passa la moitié de l'année avec son épouse. Trente-quatre années de travail, de marche, de fêtes en famille ou avec les amis : Miró, de Staël, Prévert, Char, Renoir (le cinéaste) et même Picasso.

 

Tombe monumentale de Georges Braque, peintre, (1882-1962) - Marcelle Braque (1879-1965).

La sépulture très sobre est composée d'une grande dalle surmontée d'une mosaïque

représentant une des ses oeuvres la plus connue.

 

Eglise Saint Valéry.

 

Elle a été bâtie au XII° siècle, sur des fondations bien plus anciennes, et remaniée aux XIII° et XVI° siècles.

 

Au XVI° siècle, la deuxième nef et une chapelle sont ajoutées au nord-est en 1643,

ainsi que la sacristie, en brique et silex, au XIX° siècle.

 

"J'ai le souci de me mettre à l'unisson de la nature bien plus que de la copier".  G. Braque.

 

C'est en 1035, que l'oratoire Saint Valéry, devenu chapelle, prend une nouvelle dimension. Le seigneur de Tosny, un proche du duc de Normandie, Robert le Magnifique, et fondateur de l'abbaye de Conches-en-Ouche, confie le lieu à des moines bénédictins de Conches. Ils transforment l'édifice en prieuré et y construisent l'église.

 

Côté Nord de l'édifice, tombe de Mme Yard, sa fille et son fils.

Une stèle de granit rose, importée de Norvège, jaillit de son socle en silex.

 

A la fin du XII° siècle, les moines quittent ce lieu, pour obéir aux prescriptions du 3° Concile de Latran (1179). Ils conservèrent, jusqu'à la Révolution de 1789, une part des revenus, et la grange dîmière, où ils entreposaient les produits (en général un dixième des récoltes agricoles locales). Le clergé séculier prend donc le relais.

 

 

Le porche d'entrée date du XVI° siècle et s'ouvre dans la nef Sud.

Au-dessus de la porte, les armoiries de Jehan Ango, les armoiries de l'abbaye de Conches,

ainsi que la date de construction en chiffre romain, soit 1548.

 

L'église est composée de deux nefs : l'une romane et l'autre gothique.

L'entrée du choeur est au centre du transept, formant un carré délimité par quatre imposants piliers,

allégés par des faisceaux de colonnettes, et ses arcs en tiers-point, datant du XIII° siècle.

 

Une pierre tombale est adossée au mur au milieu du chemin de croix. Elle date de 1634 :

les deux époux, des laboureurs, Jean Hébert et sa femme Michelle Chiroie,

reposent côte à côte, les mains jointes, la tête sur un coussin.

 

Les vitraux de la nef sud, plus modernes, sont de l'atelier Simon-Marq, maîtres verriers à Reims.

 

Les fonts baptismaux sont datés 1613.

Des feuilles d'acanthe garnissent la base circulaire, et des têtes d'angelots cernent la cuve.

 

Lutrin à l'aigle  en bois du XIX° siècle, sur lequel repose un livre liturgique.

Gisant de Saint Valery réalisé en 1924, oeuvre de la brésilienne Josefa de Vasconcellos,

qui a étudié la sculpture avec Antoine Bourdelle.

 

Le vitrail "l’arbre de Jessé » qui orne l’église, vitrail inauguré en 1962

à partir du carton que Georges Braque a donné à l’Etat en 1956.

 

Le Christ en bois date du XVI° siècle. L'autel est moderne et construit en pierre de l'Oise.

Le vitrail, abstrait, de Raoul Ubac, a été posé en 1961 et réalisé par l'atelier Jean Barillet.

 

Bas relief d'une Vierge à l'enfant, oeuvre de Josefa de Vasconcellos.

Au-dessus, un tableau de Notre-Dame de la Guadalupe, sainte patronne des Amériques.

De chaque côté de l'autel, se trouvent deux statues en bois polychrome datant du début du XIX° siècle :

Saint Valéry, pilier sud, du sculpteur dieppois Michel Borlé

 

La chaire en bois date de 1865, par l'ébéniste Jules Leroux et exécutée dans l'atelier Jacques Danois.

De curieux piliers du XVI° montrent des reliefs figurés de personnages pittoresques en costume de style Henri II

ainsi qu'une tête d'indien, des sirènes et des coquilles Saint-Jacques ; autant de témoignages

de la vie des marins et des voyages au long cours à l'époque des capitaines de Jehan Ango.

 

La statue du pilier Nord représente une sainte femme, qui pourrait être Marie-Madeleine.

 

Depuis le choeur, vue le mur Ouest

 

Sur le mur Ouest se trouvent trois tableaux, offerts par le peintre, résident de Varengeville, Michel Ciry.

Le grand tableau représente le Christ rédempteur,

celui de droite l'apôtre Jean et celui de gauche, Marie-Madeleine.

Juste au-dessus sont posées dans deux niches, les statues de Bernadette Soubirous et de Jeanne d'Arc.

 

Le cimetière marin.

 

Georges Braque y repose. Claude Monet y a installé son chevalet.

Suspendue au-dessus de la mer, l'église de Varengeville

et son cimetière marin fait partie de ces lieux magiques qui nous marquent.

 

Au bord de la falaise, l'église et son cimetière marin

offrent une vue splendide sur Dieppe et les falaises du Tréport.

 

Tombe de la famille Ciry : Georges Ciry (1888-1967), Simone Ciry (1891-1979), Michel Ciry (1919-2018).

Michel Ciry, est né à La Baule le 31 août 1919 et mort à Varengeville-sur-Mer le 26 décembre 2018 :

c'est un peintre-graveur, écrivain et compositeur français

 

Élève à l'école des arts appliqués à Paris de 1934 à 1937, Michel Ciry grave son premier cuivre en 1935 et débute à l'exposition "Artistes de ce Temps" au Petit Palais en 1938. Il est nommé sociétaire à la Société des peintres-graveurs français en 1941. Pendant l'Occupation, il fait partie du milieu officiel des artistes proches du régime de Vichy. À partir des années 1960, il vit et travaille en Normandie à Varengeville-sur-Mer. Il fut candidat à l'Académie française.

 

Monument du compositeur Albert Roussel, qui vivait à Sainte Marguerite.

Il est né à Tourcoing 5 avril 1869 et mort à Royan 23 août 1937.

 

Issu d'une famille d'industriels, il a un an à la mort de son père et huit à celle de sa mère. Son grand-père, Charles Roussel-Defontaine, maire de Tourcoing le recueille. À sa mort ce sera son oncle, Félix Réquillart, qui le prendra en charge. À l'âge de 15 ans, il entre au Collège Stanislas à Paris, passe le baccalauréat, prépare l'École Navale, où il est admis en 1887.

D’abord officier dans la marine, Albert Roussel entreprend des études musicales sérieuses assez tardivement. Pédagogue renommé, son œuvre musicale très variée s’inspire d’un exotisme puisé lors de ses nombreux voyages et fait preuve d’une grande originalité inscrite dans la tradition française.

 

La chapelle Saint Dominique.

Moins connue, la petite chapelle est nichée dans les arbres,

sur la route principale du village en venant de Pourville-sur-Mer.

C’est une ancienne grange dîmière du XVIII° siècle qui a été vendue au diocèse en 1946.

 

Le porche, exécuté en 1956, en colombage avec un soubassement en grès et silex.

 

Cette chapelle est un bel exemple d’architecture locale

avec une construction faite de briques de Varengeville, de silex taillés et de grès.

 

Tableau du peintre de Maurice Denis représentant une apparition de la Vierge.

 

Christ en bois du XVII° siècle - Tabernacle en bois représentant un dessin de Braque.

En complément, l'église possède une vierge en pierre du XVI° siècle, un ange en bois ciré,

une statue de Saint Jean du XVII° ainsi qu'un tableau du Christ, copie d’une icône russe.

 

Statue de la Vierge du XVI° siècle qui provient d’une abbaye cistercienne.

 

Sept vitraux dont trois sont de Georges Braque et les autres du maître verrier Paul Bony

sur indication de l’artiste.  Toutefois, les dessins ont été réalisés par Georges Braque.

 

L'autel a été béni en 1952 par Mgr Martin.

L’œuvre majeure de cette chapelle est le triptyque de vitraux réalisés par Georges Braque

et conçu par le maître-verrier Paul Bony.

L’artiste y représente Saint Dominique en marche vers la sainteté, entouré de deux serpents crucifiés.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.lefigaro.fr/
Brochure de 32 pages "Varangeville-sur-Mer", Les Amis de l'Eglise

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 12 avril 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville