SAINTE MARGUERITE-SUR-MER  (Seine-Maritime)

Région Normandie.

Arrondissement et canton de Dieppe.
 Population : 483 Saint-Margueritais en 2016.

 

D'une superficie de 541 hectares, et d'une altitude de 0 à 87 mètres,

le village est niché au flanc d'une falaise de la côte d'Albâtre et le débouché de la vallée de la Saâne.

 

Etymologie : à son origine, le village s’appelait Caprimont.

Il avait été choisi par l’administration gallo-romaine pour y établir une villa, résidence du gouverneur.

 

Les falaises et le phare d'Ailly, avant 1870.

Sainte-Marguerite est l'ancien Portus Veneti des Romains. On a trouvé sur son territoire

les substructions d'une ville romaine, des sépultures et divers objets antiques.

 

La Côte d’Albâtre :

 

Ses falaises de craies blanches s’étendent sur 130 km, allant de 30 à 120 m de hauteur

(dont les plus renommées sont celles d'Étretat et les plus hautes celles du Tréport).

Elles se sont formées des valleuses, ou vallées suspendues de petits fleuves côtiers,

et exceptionnellement quelques secteurs d'accumulation de sables, argiles et galets (baie de Somme).

 

Baignée par les eaux vertes et bleues de la Manche, la Côte d'Albâtre offre les plus impressionnants paysages de Normandie. Du Havre au Tréport en passant par Fécamp et Dieppe, les stations balnéaires ne manquent pas de charme. Nombreux sont les artistes à avoir succombé.

Les peintres impressionnistes, Monet, Sisley, Boudin, Pissarro y ont trouvé leur inspiration. Sans oublier de grands écrivains, comme Maurice Leblanc qui a fait d'Étretat le terrain de jeu du plus gentleman des cambrioleurs, Arsène Lupin.

 

 

Le phare d'Ailly
 

 

Le phare d'Ailly se rattache à un site de signalisation maritime ancien (fin du XVIII° siècle)

et demeure aujourd'hui l'un des plus puissants de la Manche.

 

Jusqu’au XVIII° siècle, les côtes Normandes n’étaient signalées par aucun phare. Devant la dangerosité de la situation et les demandes des navigateurs, en 1773, la Chambre de Commerce de Normandie prit la décision de faire construire un phare à Sainte-Marguerite sur Mer. C’est cette même décision qui vit la construction du phare de la Hève.

 

Le phare, avant 1970 et en 2019.

Il faut gravir 91 marches pour admirer un panorama exceptionnel :

depuis les falaises de Saint-Valery-en-Caux jusqu’à la baie de Somme.

 

Ce phare, édifié de 1950 à 1953 est l'oeuvre des architectes rouennais Herr, Dumenil et François.

La tour tronconique, en pierre de taille, présente un plan carré. Elle se termine par un couvrement saillant

à balustrade portant le cylindre métallique, qui forme la lanterne.

 

L'intérieur est accessible par un bâtiment-porche au pignon orné des symboles des phares. Un escalier suspendu en pierre calcaire donne sur la salle des veilles traitée en coursive, puis la lanterne où se trouve l'optique à focale, en verre taillé, à lampe à halogène. Entre 1960 et 1964, ont été construits, contre la tour, le bâtiment technique ainsi que la maison du gardien.

 

Trois phares se sont succédés sur la falaise

qui recule sous les assauts répétés des marées et des tempêtes :

 

▪ Le premier phare : une tour quadrangulaire construite sur le haut de la falaise, en pierres blanches, est éclairée dès 1775 par un foyer ouvert, qui est vitré cinq ans plus tard. Il mesure 18 mètres, la lanterne 5 mètres et domine la mer de 93 mètres.

▪ Le deuxième phare : mesure 29 mètres et domine la mer de 99 mètres. Sa focale est d'une hauteur de 24,50 mètres, et date de 1890. En 1897 sur des fondations en béton, une nouvelle tour octogonale en pierres de taille grises et briques rouges sur un large soubassement haut de 5 mètres en pierres de Marquise. Elle est implantée à 90 mètres en retrait de la première tour. Cette dernière est menacée par l’érosion de la falaise et il s'avère impossible d'installer une nouvelle lanterne. L'ancien phare désaffecté n'est pas démoli. On accède à la lanterne par un escalier en colimaçon muni d'une rampe en bronze. L'intérieur de la tour est cylindrique et pavé de faïences bleu ciel. Le sommet est couvert d'une coupole en bronze. En 1944, la tour est détruite par les bombardements alliés.

▪ Phare actuel : les travaux débutent en 1951. On place cinquante deux pieux de huit mètres en béton dont la tête est coulée sous un radier de 1,60 mètre d'épaisseur. Ils sont destinés à recevoir les 1 000 tonnes du phare. La construction de la tour carrée à l'extérieur, en pierres de Mignac, revêtue, à l'intérieur, d'un parement de béton de porphyre rouge bouchardé. Le porche de la tour est en granit.Tant que l'ancien bâtiment fonctionne, la construction du bâtiment prévu pour abriter la machinerie est suspendue. Il est allumé en janvier 1953. La tour carrée en maçonnerie de pierres apparentes gris rosé mesure 16 mètres et est accolée à un bâtiment en L. La lanterne à coupole contemporaine est peinte en vert. Elle s'élève à 16,53 mètres du sol et à 94,58 mètres de la mer. L'ensemble est sur un terrain de 55.200 m².

Le vieux phare de 1775 reste en service jusqu'au 22 avril 1958, date à laquelle le phare actuel est allumé. Cette vieille tour ne survivra pas longtemps. Ébranlée par le dynamitage de 1944, elle ne résiste pas aux glissements du sol et, de 1960 à 1968, s'effondre petit à petit. Un des bâtiments techniques de l'époque existe encore. L'avant-projet de construction d'une salle des machines attenante au phare est approuvé par décision ministérielle le 12 juin 1964. Les travaux durent deux ans, de janvier 1966 à décembre 1967. Depuis 2001, le phare est équipé de capteurs atmosphériques destinés à mesurer la qualité de l'air.

 

 

Église romane Sainte Marguerite,

des XII° - XVI° siècles.
 

 

Vue aérienne du village avant 1970.

 

Avant 1970, le village et l'église Sainte Marguerite.

2019 : "Le Balcon fleuri", ancien hôtel-restaurant fermé depuis 1980,

situé à proximité de l'église, vient d'être réhabilité et transformé en six gîtes meublés.

 

L'abside est en pierre tuffeuse percée de petites fenêtres et couronnée d'une corniche ornée de modillons romans.

 

Le mur nord et ses baies sont d'époque romane, la partie Sud a été édifiée en grès en 1528.

 

Depuis le choeur, vue sur le portail occidental. La partie Nord date du milieu du XII° siècle.

Les arcades en plein cintre s'arrondissent sur un double rang de claveaux, le rang supérieur est orné

d'une frette crénelée alors que le rang inférieur est mouluré en gros boudin.

 

Le nef des XII° et XVI° siècles et les bas-côtés. Les piliers supportant les arcades

sont formés de huit demi-colonnes, dont quatre placées dans les angles rentrants.

 

Angelot en bois polychrome, du XVI° siècle.

(Dérobé en 2000, Johanna Haïväoja, sculpta sa fidèle réplique, réinstallée en 2002).

Traditionnellement en bois doré dans l'art des sculptures religieuses de la Renaissance,

les angelots sont symbole de protection.

 

Les trois grandes arcades en prenant de la hauteur ont supprimé le faux triforium. Supportées au centre par deux colonnes, l'une ronde, l'autre torsadée sur laquelle ont peut voir les coquilles, emblème des pèlerins de Saint Jacques-de-Compostelle. Les chapiteaux polygonaux sont ornés de différents motifs.

 

Les fonts baptismaux Renaissance, des XV° et XVI° siècles.

Sur chaque face de l'octogone sont représentées différentes scènes bibliques : le baptême de Jésus,

la Vierge à l'enfant, une représentation de Saint Jean Baptiste, Saint Michel, Sainte Barbe,

Sainte Catherine, Sainte marguerite et un Ange.

 

Construits à partir du IV° siècle, les baptistères sont de véritables bâtiments généralement édifiés à l'extérieur de l'église, spécifiquement destinés à la cérémonie du Baptême. Ils étaient conçus en forme ronde ou octogonale, à l'instar des fonts baptismaux qu'ils abritaient. Ces derniers, imposants, comportaient trois marches descendant au fond du bassin afin de permettre le baptême par triple immersion selon la tradition.

 

Les vitraux, bénis en juillet 1955 ont été réalisés par le maître verrier Max Ingrand.

 

Statue de Saint Martin.

 

Statue de Saint Martin, datant du XV° siècle, dérobée en 1973, remplacée en 1999 par ce bronze,

oeuvre de François Blosseville, artiste normand.

 

Bien connu pour avoir, rentrant en garnison à Amiens, fendu en deux son manteau pour en donner la moitié à un pauvre mourant de froid. Né en Hongrie, en 316, fils d'un général, Martin fut tour à tour soldat, ermite, chef de monastère, évangélisateur et évêque de Tours. Il mourut en 397.

 

Depuis la nef, vue sur le choeur, et le maitre-autel du XII° siècle.

 

C'est le plus ancien du diocèse, daté du XII° siècle, voire du XI° pour certains historiens. En pierre et de simple facture, mais plus orné que ses contemporains, des traces de peintures (remarquées au XIX° siècle) sur les colonnettes, laissent à penser que ces dernières ont sans doute été peintes, de bleu et de blanc et en spirale, au XIII° siècle. Elles sont coiffées de chapiteaux romans ponctués d'enroulements, de gallions et de feuilles.

 

Statues en bois polychrome : Saint Sébastien et Saint Michel, du XVII° siècle.

Christ en bois polychrome de style Renaissance, du XVI° siècle.

La Renaissance espagnole débuta dès la deuxième moitié du XV° siècle, les artistes faisant tous le voyage

en Italie, leur art, logiquement, se trouva largement influencé par les maîtres italiens.

 

Le chemin de croix, une série de 14 terres cuites, du XX° siècle, réalisée par Denise Laplace-Couderc.

 

Le chemin de croix est fidèle à la tradition dont l'origine remonte aux Franciscains qui, présents au XII° siècle en Terre Sainte, suivent le rite traditionnel en usage dans l'église orthodoxe. L'autorisation de créer des chemins de croix hors églises des Franciscains ne date que de 1731, autorisation donnée par le pape Clément XII.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.ste-marguerite-sur-mer.fr/
https://monumentum.fr/
Notice no PA76000091, base Mérimée, ministère français de la Culture/

http://www2.culture.gouv.fr/

Dépliant 3 volets, guide du visiteur, disponible à l'entrée de l'édifice

Dictionnaire des églises de France, "Normandie"

volume IVb, Editions Robert Laffont, 1968

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 12 avril 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville