SAINT WANDRILLE-RANÇON  (Seine-Maritime)

Région Normandie.

Arrondissement de Rouen - Canton de Notre-Dame de Gravenchon.
 Population : 1.196 Wandrégésiliens en 2013.

 

D'une superficie de 1.811 hectares, et d'une altitude de 22 à 122 mètres,

le village est situé sur la rive droite du fleuve la Seine,

et fait partie du parc naturel régional des Boucles de la Seine.

 

Vues aériennes avant 1970 de l'abbaye.

 

 

Abbaye bénédictine Saint Wandrille de Fontenelle.
 

 

Depuis presque 1400 ans, le vallon de Fontenelle, en bordure de Seine, entre Rouen et le Havre,

abrite une communauté de moines bénédictins. L’abbaye de Saint Wandrille,

primitivement abbaye de Fontenelle, est une abbaye bénédictine de la congrégation de Solesmes.

 

 Fondée en 649, l'abbaye a connu une longue histoire avec trois grandes périodes de destructions :

celle de l’invasion des Vikings, puis celle des Huguenots et enfin la Révolution Française.

 

Face aux murs de l'abbaye, entre le portail privé des moines et l'entrée publique du magasin

dans les anciennes écuries de style gothique, cette ancienne et très belle bâtisse,

(certainement une ancienne ferme).

 

La Fontenelle, petit ruisseau au bord duquel la communauté naissante s'établit

et qui se jette non loin de là dans la Seine, donnera son nom à l'abbaye.

 

Le grand portail néo-renaissance, implanté à l'entrée de l'abbaye,

est une adjonction de Lord Stackpoole, donnant une idée des aménagements réalisés par lui au XIX° siècle.

 

Photo de gauche, Hôtellerie masculine de l'abbaye, jouxtant l'entrée publique.

On accède à l'abbaye par le portail latéral surmonté d'un pélican de pierre.

 

 Portail de Jarente. Au-dessus du porche

donnant accès au domaine réservé aux moines, le tympan porte les armes de France.

 

 

Ce second pavillon fait corps avec les bâtiments abbatiaux des mauristes.

La première cour a vu au XVIII° siècle,

le bâtiment gothique remplacé par des deux pavillons encadrant deux portails de Jarente.

 

Les bâtiments conventuels, des XVII°-XVIII° siècles.

 

Ces bâtiments sont dus aux moines mauristes, rebâtis entre 1640 et 1685 dans le style classique mauriste,

concentrant les divers services en quelques bâtiments hauts et vastes. Le plan est régulier et rectiligne.

 

Vues aériennes avant 1970.

Pourvues de grandes fenêtres, les façades sont coiffées de hautes toitures percées de lucarnes,

mais dépourvues de toute ornementation superflue.

Elles reflètent à la fois la majesté du Grand Siècle et l'austérité des moines mauristes.

 

C'est en 649 que Saint Ouen incite Wandrille à fonder une abbaye dans son diocèse de Rouen. Treize siècles plus tard, une cinquantaine de moines, guidés par la règle de Saint Benoît dans leur recherche de Dieu, y forment encore un foyer de Spiritualité.

 

 

Le bâtiment de l'ouest présente une longue façade prolongée par le pavillon de la Grâce,

postérieur de quatre-vingts ans. Ce bâtiment abrite entre autres la bibliothèque du monastère.

 

Wandrille était un jeune aristocrate de la cour du roi Dagobert promis à un avenir brillant lorsqu'il décida, de même que son épouse, de consacrer sa vie à Dieu, Saint Colomban, qu'il avait alors rejoint à Bobbio, l'initia au monachisme irlandais. Il veillera jusqu'à sa mort sur la communauté qu'il avait animée et où germera une floraison de Saints pendant une centaine d'années : Lantbert, Condède, Vulfran, Bain, Hermeland, Hildebert, Bagga, Ravenger, Austrulf...

 

Le cloître.

 

Remplages gothiques flamboyants. Derrière à gauche : le grand réfectoire. A travers les arcades du cloître,

les bâtiments abbatiaux des mauristes apparaissent dans toute la grandeur  de leur construction.

 

D'intéressant fragments lapidaires : chapiteaux du XI° siècle, et fragments de tombeaux

sont déposés dans la galerie Nord. La grande porte au tympan raffiné donne accès au réfectoire

 

Ce cloître gothique a été construit à la place du cloître roman.

Il est utilisé en permanence par la Communauté et deux galeries sont ouvertes à la visite.

 

Les galeries du cloître sont de style flamboyant, entre la fin du XV°  et le début du XVI° siècle.

 

La galerie compte sept travées couvertes de croisées d'ogives retombant sur des colonnettes

aux chapiteaux décorés d'une double rangée de feuillages.

 

Dès 740, l'abbaye connaît une période de décadence sous la direction d'abbés laïcs, et ne s'en relèvera que quelques années avant le début des expéditions des Vikings dans la vallée de la Seine. La communauté finit par abandonner le monastère, pillé et incendié à plusieurs reprises, et trouve asile dans une abbaye de Flandre.

 

Vestiges de l'abbatiale Saint Pierre.

 

Bâtie au temps de Saint Wandrille et remaniée au XI° siècle par Anségise,

l'église avait 87 m de long sur 12 m de large. Les invasions scandinaves la ruinèrent.

 

Vestiges du transept, des piliers de la nef et de ceux de la tour lanterne.

 

En restaurant l'abbaye en 960, Maynard la reconstruisit. Embellie par Saint Gérard, abbé de 1008 à 1031, elle fut complètement détruite par un incendie en 1247. Des fouilles ont permis d'en retrouver la crypte en 1938. L'abbé Pierre Mauviel (1244-1254) en entreprit la reconstruction. Son successeur Geoffroy de Noytot (1254-1288), édifia le choeur dont le maître-autel fut consacré le 6 janvier 1302.

 

On pénètre dans l'église par les ruines de la nef, restée inachevée et minée par le transept,

dont on devine les travées par les bases des piliers, laissées en attente depuis 1341.

 

De 1244 à 1302, l'église Saint Pierre, détruite par un incendie, est réédifiée, du moins le choeur et le transept. La tour-lanterne, trois travées de la nef et la galerie Nord du cloître furent élevées sous Guillaume Le Douillé au XIV° siècle, mais l'édifice restera ainsi inachevé à sa mort en 1341.

 

Le bras Nord du transept donne une idée du volume général

et de la qualité de la construction de l'église du XIII° siècle.

 

A partir de 1523, l'abbaye, sous le régime de la commende doit subsister sur le tiers de ses revenus et sur la part du tiers du lot, les bâtiments sont insuffisamment entretenus, tandis que les huguenots à plusieurs reprises dévastent bâtiments et mobilier, dont les ornements et reliques. Le délabrement s'accentue en 1631 avec la chute de la lanterne et du clocher.

 

Le croisillon Nord. La porte des mâtines. Baie gothique rayonnant du bras du transept.

 

Ce désastre accélère l'introduction de la congrégation des bénédictins de Saint Maur dont la restauration spirituelle s'accompagne d'une restauration matérielle, témoins les splendides bâtiments abbatiaux. Le choeur de l'église Saint Pierre est à nouveau voûté dès 1647.  Le cloître est restauré et la coupole du transept, la salle capitulaire et le dortoir sont réédifier sous la conduite d'Emmanuel Boynet, architecte protestant converti, de 1658 à 1672.

 

Vestiges du transept.

 

Au XVIII° siècle, ce programme de travaux est complété en 1757 par les pavillons et les grands portails de Jarente. La vie monastique est suspendue à Fontenelle après 1790, où les bâtiments vendus sont convertis en filature et carrières de pierres. Le marquis de Stackpoole, reprend l'édifice et le restaure selon ses goûts post-romantiques.

 

Les bases des piliers de la nef.

 

Après un bref retour des moines en 1895, l'abbaye est à nouveau vendue. La Troisième République, par la loi du 1er juillet 1901 sur les associations soumet les congrégations à un régime d'exception qui leur impose d’obtenir une autorisation par une loi. Considérant leurs demandes vouées à l'échec, de nombreuses congrégations partent en exil. Les moines de Saint-Wandrille quittent leur abbaye le 29 septembre 1901 et trouvent refuge au prieuré de Conques, près d'Herbeumont, en Belgique. Les moines reviennent d'exil le 26 janvier 1931. Depuis lors l'abbaye a repris son rythme monastique, et l'office divin y a été célébré sans discontinuer par les moines.

 

Les cloches bénies le 10 juillet 16960 : Pierre-Jean, 2000 kg Note Do,

Jacques, 900 kg, note Fa - Louis, 650 kg, note Sol - Michel, 450 kg, note La.

(Diamètres : 1,51 m - 1,14 m - 1,01 m et 0,90 mètres).

 

Durant cette période l'abbaye redevient une propriété privée, celle de l'écrivain belge, prix Nobel de littérature, Maurice Maeterlinck. Le grand réfectoire sert de lieu de scène. Georgette Leblanc, compagne de l'écrivain et sœur cadette de Maurice Leblanc y joua. C'est d'ailleurs grâce à elle, dont la famille est originaire de Normandie, que Maeterlinck jeta son dévolu sur l'abbaye.

 

La nouvelle église.

 

Cette nouvelle église remplace l'église gothique trop mutilée pour être reconstruite

et est destinée en partie à accueillir le public.

 

Le 21 juillet 1954, veille de la Saint-Wandrille, une partie des communs subit un incendie, là où se situaient les ateliers de l'abbaye. À partir de 1955, l'abbaye accueillit les premiers chapitres généraux de l'ordre des chevaliers de Notre-Dame. L'abbé Pierre séjourna à l'abbaye durant la fin de sa vie, de 1983 à 1991, il est d'ailleurs enterré non loin de là, à Esteville. Le peintre Claude Lagoutte (1935-1990) y séjourna en 1988.

 

À l'origine, il s'agit d'une grange dimière qui se trouvait à Canteloup dans l'Eure, des XIII° et XIV° siècles.

Transférée dans l'enceinte du monastère et reconstruite selon les plans de Marion Tournon-Branly,

elle devient la nouvelle église abbatiale.
C'est un édifice en silex épaulé par des contreforts en pierre de Caen,

un toit de tuile remplace l'ancien en chaume.

Deux nouveaux porches ont été ouverts sur la façade et donnent accès à l'intérieur de cette nouvelle église.

 

A l'emplacement des entrées latérales pour piétons et charrois,

les moines ont bâti la chapelle du Saint Sacrement.

 

La lumière naturelle à l'intérieur est faible,

malgré le percement de quelques fenêtres qui n'éclairaient pas la grange à l'origine.

 

La charpente est une belle construction de chêne datée du XV° siècle.

 

Mise au tombeau du XVI° siècle.

 

Sur le balcon à gauche se trouve l'orgue moderne.

 

Les murs sont blancs, l'église est chauffée par le sol. Une corde délimite les parties réservées au public (la nef) de celles réservées aux moines (le déambulatoire et le chœur). À gauche du déambulatoire est accroché au mur le reliquaire moderne contenant le chef (le crâne) de saint Wandrille, rapatrié de Belgique lors de la dédicace de cette nouvelle église.

 

Faisant face à l'entrée de la nouvelle église, cette très jolie longère à colombages.

 

Chapelle Notre-Dame de Caillouville-la-Neuve.

 

La chapelle a été bâtie par les moines de 1952 à 1968.

 

De plan allongé, la chapelle est à vaisseau unique. Le cimetière des moines.

 

Petit clocher coiffant le faîte de la nef dans sa partie occidentale.

 

Le chevet est plat et percé d'un oculus et de deux baies en plein-cintre.

La chapelle est précédée d'un porche en charpente.

 

D'étroites baies en plein-cintre éclairent l'édifice. Dans l'angle, une très belle Vierge à l'enfant.

 

L’abbaye de Saint Wandrille compte aujourd’hui une communauté de 35 moines. Pendant les horaires consacrés au travail, les moines confectionnent des produits encaustiques tels que de la cire pour parquets, décapant, cire d’imprégnation pour terre cuite... Un atelier de restauration de peintures anciennes a ouvert dans les années 1990. Toujours en service, ce savoir-faire monastique ravive et donne une seconde vie aux tableaux malmenés par l’histoire. L’abbaye de Saint Wandrille propose également des pains d’épices, nonnettes, confitures et moutardes à base de miel, ainsi qu’une large gamme de confiseries. Les moines sélectionnent également avec soin une gamme de miels français et étrangers.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.st-wandrille.com/fr/
https://www.abbayes-normandie.com/

Dictionnaire des églises de France, "Normandie"

Volume IVb, Editions Robert Laffont, 1998

"La route des abbayes en Normandie", Collection itinéraires

de découvertes, Editions Ouest-France, 1997

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite guidée et photos, Chantal Guyon, le 6 avril 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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