OFFRANVILLE  (Seine-Maritime)
Arrondissement et canton de Dieppe.
Région : Normandie
 Population : 30.036 Offranvillais en 2016.

 

D'une superficie de 8 hectares, et d'une altitude de 52 mètres,

la ville est traversée par le fleuve côtier la Scie, qui se jette dans la Manche.

 

Toponymie : Offranville remonte à l'époque romane, composé de "Wulfran", nom d'origine germanique

et de "ville", suffixe couramment utilisé aux X° et XI° siècles pour former un nom de paroisse.

 
 

Eglise gothique Saint Ouen
 

 

Dédiée à Saint Ouen et Saint Barthélémy, l'église remplace un édifice roman du X° siècle.

 

Portail de l'ancien cimetière, daté 1665.

 

Vieux de 1100 ans, c'est l'un des plus anciens ifs de la Seine-Maritime,

et mesure environ 7 mètres de circonférence et une dizaine de mètres de hauteur.

Il a été planté vraisemblablement dans le cimetière à l'époque de la première église romane.

La croyance voulait que ces arbres absorbent les miasmes dégagées par la décomposition des cadavres.

 

Bâtie en grès, pierre de Caen et de Vernon,

l'église a été construite à partir de 1482 pour être achevée au début du XVII° siècle.

 

L'église est élevée sur plan en forme de croix latine

et mesure 40 x 18 mètres et compte une nef avec bas-côtés.

 

Le clocher tors, bâti vers 1570 culmine à 45 mètres.

Cette flèche de 8 arêtes, vrillée de gauche vers la droite, c'est-à-dire dans le sens d'un pas de vis à droite.

 

L'Association "Clochers Tors d'Europe" a recensé soixante-dix-neuf clochers tors en Europe : trente-cinq tournent à droite, vingt-huit en France et sept en Allemagne, alors que six sont dits à gauche. Par contre, sept en Autriche et trois en Suisse ne tournent qu'à gauche.

 

 

Toutes les fenêtres sont de style gothique flamboyant.

Le transept, avec quatre gros piliers fasciculés, composés de colonnettes à arêtes vives

délimitant le carré du transept, refait en 1517, en style gothique

 

 

Tribune d'orgues installée en 1832. (Elle provient de l'ancienne église de Dieppe).

 

Depuis le portail occidental, vue sur la nef et le choeur.

 

Bas-côté et chapiteaux sculptés.

 

Chaire à prêcher, en chêne, de 1884.

 

Fonts baptismaux en marbre rose de la fin du XVIII° siècle.

 

 

Poutre de gloire datée 1767 supportant un grand Christ crucifié,

accompagné d'une Vierge douloureuse et de Saint Jean au calvaire, en bois polychrome.

 

Sous le clocher, le mémorial des morts de la guerre 1914-1918.

Tableau sur toile peint par Jacques-Emile Blanche.

 

Statues du Sacré Coeur et de Saint Vincent de Paul, en plâtre peint, du XIX° siècle.

 

 

Dans le croisillon Sud, chapelle Saint Nicolas

et vitraux de l'atelier Boulanger de Rouen, 1878, et Lusson de Paris, 1870.

 

De chaque côté du choeur, les stalles sont datées 1827.

 

Dans le croisillon Nord, chapelle de la Vierge, à côté, chapelle Saint Jean et Saint Clair.

 

Le choeur, reconstruit à partir de 1529, a été achevé en 1616.

Autel, retable et lambris du sanctuaire, du XVIII° siècle, restaurés après l'incendie de 1981.

La toile représente la "Résurrection" - Lutrin à l'aigle daté 1785.

 

Les verrières peintes sont du XIX° siècle.

 

Le parc du colombier.

 

Le parc à l'anglaise William Farcy, du nom de son créateur, est principalement dédié à la rose.

Il propose en complément 21 jardins à thème.

Le cours d'eau traverse le parc apportant de la fraîcheur et un cadre romantique.

 

Au cœur d'un ancien corps de ferme devenu parc du Colombier de 2,5 hectares. Une grange abrite le mécanisme d'un moulin de la fin du XVIII° siècle. La maison du parc, une charreterie du XVIII° siècle, a été rénovée et transformée au rez-de-jardin en café et à l'étage en musée présentant les oeuvres du peintre-écrivain du début du XX° siècle, Jacques-Emile Blanche.

 

Jacques-Émile Blanche : peintre, graveur et romancier.

 

Il est né à Paris le 31 janvier 1861 et mort à Offranville le 30septembre 1942, où il vécut depuis 1902.

 

¬ Autoportrait à la casquette, 1890 - Huile sur toile, Paris, /https://francearchives.fr

 

Jacques-Émile Blanche bénéficie d'une éducation cosmopolite, ayant été élevé à Passy dans une maison qui avait appartenu à la princesse de Lamballe, acquise par son grand-père, Esprit Blanche, psychiatre qui a compté parmi ses patients Gérard de Nerval. Son père, Émile Blanche, est également aliéniste. Cette maison gardait toujours une atmosphère empreinte de l'élégance et du raffinement du XVIII° siècle et a influencé ses goûts et son travail. Élève de Stéphane Mallarmé, son professeur d'anglais au lycée Condorcet, il se lia d'amitié avec Henri Bergson et André Gide. Excellent pianiste, il hésita à une époque entre la peinture et la musique.

 

Bien qu'il ait reçu l'enseignement d'Henri Gervex, Jacques-Émile Blanche peut être considéré comme un peintre autodidacte. Il fit ses premiers pas dans le milieu mondain sous la bienveillante protection du comte Robert de Montesquiou. Il a acquis une grande réputation de portraitiste. Son style, vivant et raffiné, porte l'empreinte de sources française et anglaise.

En 1895, il épouse sa confidente et amie d'enfance : Rose Lemoinne. Il fut aussi ami des surréalistes et des dada, parmi lesquels Jacques Rigaut, René Crevel, Jean Cocteau, dont la mère était très liée avec la famille Blanche. On peut compter parmi ses chefs-d'œuvre les portraits de son père, du poète Pierre Louÿs, du peintre Fritz Thaulow et ses enfants, d'Aubrey Beardsley et d'Yvette Guilbert.

Il fréquentait le salon de Geneviève Bizet, devenue ensuite Madame Straus, bien connu du Tout-Paris littéraire et artistique (Edgar Degas, Marcel Proust, Georges de Porto-Riche, Paul Bourget, etc.). Et le salon de la comtesse Potocka. Au début des années 1900, il est nommé chef d'atelier à l'Académie de la Palette.

En 1926 se crée la « Société Belfortaine des Beaux-arts » qui organise chaque année jusqu'à la Seconde Guerre mondiale des expositions importantes aux musées de Belfort auxquelles Jacques-Emile Blanche participe en compagnie de Georges Fréset, René-Xavier Prinet, Jean-Eugène Bersier, Raymond Legueult, Anders Osterlind, Henry de Waroquier, Jules-Émile Zingg. Il est élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1935.

 

Le colombier.

 

La mare et le parc entourant le colombier.

 

 

Le centre équestre.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.offranville.fr/
Panneaux explicatifs présentés à l'entrée de l'église

"Offranville et ses environs", Olivier Dorien, Le livre d'Histoire

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 12 avril 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville